ISBN : 2283024781
Éditeur : Buchet-Chastel (2011)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 58 notes) Ajouter à mes livres
« C’est bizarre, des fois, comme c’est. On croirait pas quand
on arrive qu’on va rester si longtemps. Et puis le temps passe
et voilà. » : c’est le constat que dresse la concierge du lycée où « monsieur Blondel » œuvre depuis tant de temps. Non seulement i... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Canaju, le 08 février 2012

    Canaju
    Avec G229, on passe de l'autre côté du miroir et on découvre le quotidien d'un professeur d'anglais.
    Mal jugé, parfois déconsidéré, le prof est dans notre conscience collective (que celui qui n'y a jamais pensé, me jette la 1ère pierre) "un fonctionnaire qui profite des vacances scolaires". En réalité, le prof est un Homme comme les autres à la différence près qu'il vit par et pour ses classes. Vulnérable et sensible, il est bon et parfois moins bon, il a haït ces élèves un jour pour finalement être heureux de leur progrès l'autre.
    Malgré les années qui défilent et qui se ressemblent, l'auteur nous montre qu'au delà de cette permanence usante, le bon prof n'est pas celui qu'on croit être. Ce n'est pas forcément ce monstre de rigueur et d'exigence, ce pédagogue ordonné et méthodique. Non, c'est celui qui prend son métier à bras le "cœur", celui qui saura guider ses élèves dans leur existence d'adulte, à sa manière, avec ces tripes. Et lorsqu'il se réalise, il déteint sur ces élèves. Tel un "qui m'aime me suive" enthousiaste, ils s'épanouissent en cœur avec lui. Voilà l'équation magique.
    Loin des discours démagogiques, Jean-Philippe Blondel, lui même prof d'anglais dans un lycée de province, nous fait entrer dans son univers. Dans son plus simple appareil, avec ses failles et sa spontanéité, on découvre un personnage attachant, sujet aux questions existentielles et parfois, aux mauvais jours : il a été excédé par l'attitude désinvolte et détachée de ses élèves. Parfois le privé empiétant sur le public, il en a passé des nerfs injustement, il en a même poussé certain à bout jusqu'à les faire pleurer.
    Mais au delà de ces vicissitudes, la vie d'un prof offre son lot de petites réussites, ces instantanés fugaces de bonheur, ces moments où la satisfaction est à son comble, où la communion avec ses classes est évidente. Incontestablement, on trouve dans ce récit quelque chose de profondément humain, une authenticité rafraîchissante.
    Terriblement attachant, ce livre nous renvoie à nos plus belles années collège et lycée, où notre Moi était encore en chantier, lorsque nos émotions et nos valeurs étaient à fleur de peau. Ces années où tout nous semblait possible, que rien ne pourrait nous arrêter. On était naïvement invincible, on emmerdait joyeusement le monde. Une époque où la société et le quotidien n'avaient pas encore finis par user nos vies.
    Mais ce livre nous rappelle avant tout, nos meilleurs profs, ceux qu'on définissait d'un air niais de "cool", ceux qu'on a adoré écouter, ceux qui nous ont offerts d'autres champs de vision, ceux avec qui on a rigolé, ceux qu'on a retrouvé à la fin d'un cours pour discuter 5 minutes...Ces images tutélaires dont le souvenir nous reste tatoué.
    On retiendra de ce livre que la plus grande réussite d'un prof reste encore de nous avoir personnellement apporté quelque chose, même un rien.
    A lire et à aimer.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 28 avril 2012

    Seraphita
    Salle G229. Jean-Philippe Blondel, professeur d'anglais, y a posé sa valise pédagogique voilà déjà longtemps. La concierge le sait, qui a vécu ses débuts dans ce lycée, et le lui rappelle, un 3 décembre au soir alors que le conseil de classe est terminé depuis déjà belle lurette : « Ça a toujours été votre salle, ça, hein, monsieur B. ? » J'acquiesce. le nœud monte dans la gorge. La concierge sourit. « C'est bizarre, des fois, comme c'est. On croirait pas quand on arrive qu'on va rester si longtemps. Et puis le temps passe et voilà. » (p. 22)
    « Et puis le temps passe et voilà. » C'est sous l'angle du temps que G229 est construit, le temps passé, depuis les débuts d'un jeune prof d'anglais dans le métier, dans la vie, le temps qui passe, qui voit défiler des générations d'élèves, jusqu'au temps présent. Si le temps file, fluctuant, un élément demeure, pérenne, la salle d'enseignement, la fameuse G229. La construction du roman suit le fil des réminiscences de l'auteur, un fil qui parfois peut paraître chaotique, les périodes temporelles s'enchevêtrant de manière labyrinthique.
    Au fil conducteur du temps, s'ajoute celui du « on » et du « je », comme le souligne le proviseur à Jean-Philippe Blondel lors de sa prise de poste : « le plus dur, dans le métier, vous savez, c'est de manier le on et le je. » (p. 29) le « on » de l'institution Ecole, le « je » de la singularité, de l'individualité. L'auteur joue habilement sur cette dialectique, évoquant diverses facettes du métier d'enseignant, avec beaucoup d'humour, de tact et de pudeur. « On suit les consignes » (p. 45) : si les élèves sont invités à suivre les consignes du prof (ils n'ont d'ailleurs guère le choix…), l'enseignant fait de même : « On écoute l'inspecteur l'inspectrice la conseillère pédagogique la formatrice. On hoche la tête. On se compose un air bovin, les yeux fixes et le sourire à peine dessiné » (p. 49) Les méthodes changent, d'année et année, pour autant, une forme d'absurdité semble demeurer.
    Les relations prof-élèves sont abordées : « On s'engueule. Faut pas croire. On ne vit pas à Eurodisney. On s'énerve. Enfin, je m'énerve. » (p. 95) Les amours lycéennes qui se nouent, se dénouent, au gré des humeurs adolescentes… Les maladresses du prof qui se cogne partout, à force de trop gesticuler dans le théâtre restreint de la salle. Les drames de la vie, la mort, à l'improviste, comme une brèche dans le réel. Mais aussi les manifs : « On sort de la G229. On manifeste – on est connus pour ça. » (p. 67) ou les voyages pédagogiques : « On se déplace. On planifie un voyage pédagogique. » (p. 101)
    « G229 » est une œuvre réjouissante, une ode à l'enseignement, à l'enseignant, aux apprenants, au savoir qui patiemment se construit, se tisse entre tous les acteurs. Une ode d'autant plus rafraichissante qu'elle est pleine d'humour, mais aussi de tendresse, de pudeur, et n'élude ni les moments de joie, ni les doutes ou les souffrances de chacun des protagonistes sur la scène de l'Ecole.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par CyrielF, le 11 mai 2012

    CyrielF
    Ce roman pas fictionnel du tout a eu le don de réveiller en moi des souvenirs pas si lointains. J'ai eu mon bac il y a 4 ans et j'ai l'impression que c'était hier. Lire ce petit "journal" de prof de lycée m'a fait faire un bond de 4-5 ans en arrière et m'a fait revivre mes chères années lycée. Ce que j'ai trouvé intéressant dans G229, c'est qu'on passe de l'autre côté du miroir, du côté des profs. Les profs, ceux qui ne sont souvent pour nous pas tout a fait des êtres humains comme les autres, ceux à qui on aime donner des surnoms plus ou moins méchants, ceux qu'on déteste et à qui on aime mener la vie dure, ceux au contraire qu'on adore et avec qui on fait copain-copine, ceux surtout qui auront laissé une marque indélébile en nous pour n'importe quelle raison... Jean-Philippe Blondel rapporte ici à la fois ses impressions d'homme et de professeur et nous offre un regard parfois las mais toujours tendre et passionné du monde de l'éducation. Tout passe à l'analyse : les relations entre profs, entre élèves, entre élèves et profs, les inspections, les voyages pédagogiques, les réunions obligatoires, les examens, les surveillances... Ce roman m'a arraché beaucoup de sourires, pour la plupart nostalgique de mes années lycée, car on s'y reconnaît tous quelque part.
    Je ne m'attendais pas à ça lorsque j'ai ouvert le livre, mais j'ai été très agréablement surprise ! le style est particulier et je dois avouer qu'il m'a fallu un petit moment avant de m'y adapter. Les phrases sont très courtes et s'enchaînent à grande vitesse, ce qui donne parfois l'impression de lire en accéléré. de nombreux noms et adejctifs se suivent, souvent sans ponctuation : l'auteur se sert de cette forme lorsqu'il donne des exemples. Mais c'est un style qui finalement s'est avéré agréable et qui a rendu le récit plus vivant. de plus, tout est impersonnel : les "on" et les "je" alternent de façon à ce que l'histoire touche tout le monde qui puisse s'y reconnaître. En fin de compte, ce fut une lecture très agréable que je recommande à tous les nostalgiques du lycée ;)
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mgarnier, le 19 novembre 2011

    mgarnier
    J'ai hésité à lire ce livre. Encore le vécu d'un prof ! Puis, la curiosité l'a emporté, ainsi que la sympathie pour son auteur. J'ai lu plusieurs de ses livres pour la jeunesse, Au rebond, Blog et (Re)play. J'ai aimé leurs univers, surtout celui du dernier, peut-être parce que je me suis reconnue dans ces années lycée, ces années rock. Après tout, Jean-Philippe Blondel et moi n'avons que trois ans de différence et sans doute pas mal de points communs à partager sur notre vie adolescente et notre vie… professionnelle ! Parce que je suis prof aussi. Pour toutes ces raisons, j'ai franchi la porte de la salle G229 et je n'ai pas été déçue.
    Jean-Philippe Blondel nous raconte sa vie de professeur d'anglais dans un lycée de province et livre tout ce dont on ne parle jamais, à ses collègues, à sa famille, à ses élèves ; La solitude du prof dans des locaux désertés « Pourtant, ce n'est pas de la peur que je ressens. C'est un malaise diffus. Les couloirs ne sont jamais vides, en temps normal », l'étrangeté de sa fonction « Quand je fais cours, je m'oublie. Je me dilue. » au cœur d'une institution où il est difficile de garder son individualité, comme le lui rappelle son proviseur. Les relations avec les élèves : les rires, les connivences, les émotions mais aussi les colères, le décalage avec leur univers. le formidable travail qu'il mène avec eux, à travers la découverte de la littérature anglaise ou américaine, de faits de société « On s'ouvre au monde ». Monde terrible qui fait exploser les murs de la salle G229 quand les événements du 11 septembre s'affichent sur l'écran de télévision de la classe, suite à une manipulation du lecteur de cassette. Solitude et désespoir du prof. Interrogations sans réponses des élèves.
    Et aussi les rapports avec les collègues, l'inspection, les nouveaux programmes, les grèves, les doutes, la fatigue, l'ennuie, le sentiment qu'on aurait pu faire sans doute, peut-être, mieux, ailleurs, les ambitions déçues, les années passées à la même place, dans cette même salle, la vie quotidienne avec femme et enfants… Et au-delà des doutes, des renoncements, cette affirmation «C'est pour cela que je fais ce métier. C'est pour cela que nous le faisons tous. Parce qu'ils vivent – et que nous vivons avec eux. »
    Alors, non, je n'ai pas été déçue. On en a tous en nous quelque chose de Jean-Philippe Blondel.


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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par fee-tish, le 26 octobre 2011

    fee-tish
    Ce livre, je l'ai découvert il y a un peu plus d'un an, dans l'émission "La Grande Librairie", diffusée sur France 5 le jeudi soir. Depuis ce jour-là, je voulais absolument découvrir ce livre et surtout cet auteur, qui m'a apparu très sympathique, humble, presque timide.
    Déjà, la couverture, je la trouve très sympa : un bout de tableau noir avec le titre du livre écrit à la craie blanche. Elle m'a tout de suite plu et attirée.
    Cette histoire est celle de Jean-Philippe Blondel, même si dans le livre il s'appelle "Monsieur B." Il nous propose un aperçu de son métier de professeur d'anglais en lycée, avec des anecdotes parfois très drôles et parfois vraiment tristes. Il parle du blues du prof qui s'attache aux élèves, les aiment et les voit partir en juin pour ne peut-être plus jamais les revoir. Il parle de ce poste qu'il occupe depuis maintenant vingt ans et il repense à ses rêves et ses ambitions de jeune homme qui voulait partir en Amérique du Sud.
    Mais c'est aussi un roman qui propose une belle réflexion sur le temps qui passe. Les élèves qu'il revoit dis ou quinze après les avoir quitter. Les élèves qui viennent le voir en lui disant qu'il a eu un de ses parents en cours, il y a tellement longtemps. Il se revoit aussi quand lui-même était lycéen. Assurément il s'agit donc d'un roman emprunt d'une très grande nostalgie. Cela ne rend pas l'histoire mièvre. Au contraire, personnellement ce livre m'a vraiment touché. J'ai eu les larmes aux yeux à beaucoup de moments.
    Et surtout, une écriture qui m'a plu au-delà de ce que j'aurais pensé. Je trouve que Jean-Philippe Blondel arrive vraiment à nous transmettre ses émotions ; émotions dont il n'a pas honte et qu'il assume entièrement. C'est à la fois poétique et tragique. C'est juste beau.
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Critiques presse (2)


  • Telerama , le 23 février 2012
    Parlant souvent à la première personne, « Monsieur B. » décrit un quotidien nostalgique, drôle, parfois grave.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Bibliobs , le 16 juin 2011
    Jean-Philippe Blondel poursuit sa veine autobiographique et signe un récit pétri de tendresse, jalonné de références littéraires et musicales.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 13 février 2011

    On habite une ville de soixante mille âmes – cent mille avec l’agglomération, se plaisent à rappeler les élus. Il y a un périmètre de rues commerçantes que les habitants aiment à arpenter le samedi après-midi. On s’y reconnaît. On s’y salue d’un hochement de tête. Parfois, on s’arrête et on échange quelques mots. Il y a des endroits stratégiques à éviter ou à fréquenter selon le désir de société qui nous anime. Deux librairies, une pizzeria, une poignée de bars qui ouvrent tard. On s’y donne des nouvelles. On y croise des étudiants pressés qui dénigrent leur ville d’origine, trop petite, trop cancanière, trop repliée sur elle-même alors qu’il y a la région, le pays, le monde, l’univers à découvrir. On acquiesce. On croise les mêmes, quelques années plus tard, fatigués mais pleins d’énergie, ils ont laissé tomber l’expansion géographique pour l’ascension sociale et économique, ils grimpent les échelons, ils parlent de réussite. On acquiesce encore. Les mêmes, après un lustre ou deux, enfants en bas âge, léger embonpoint, des cheveux blancs ou rares, un sourire – oui, on est revenus là, on sait que ça paraît bizarre, mais les parents vieillissent les enfants naissent les amis se sont dispersés finalement ici ou ailleurs. On acquiesce toujours.
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  • Par InColdBlog, le 13 février 2011

    Des relations de travail. Je ne sais pas encore aujourd’hui ce que ça recoupe. Il y a des collègues que je côtoie depuis si longtemps que j’ai l’impression de les connaître par cœur – simplement, je ne sais pas si c’est vrai ou pas. Ce qui est sûr, c’est que je peux dire s’ils prennent des cafés, court long sucré non sucré, cappuccino noisette, que je peux donner le nom de leurs enfants, leurs âges et ce qu’ils deviennent. Que je peux reproduire leurs tics de langage, leurs tics corporels aussi. Est-ce que c’est de l’amitié, ça ? Est-ce que c’est de l’intimité ?
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  • Par Prunella, le 22 janvier 2012

    Le pire le mieux, c'est qu'on est tous comme ça. On marche, on gesticule, on se prend les pieds dans la poubelle et on se demande comment on a fait pour en arriver là. On se coince le doigt dans les portes les chaises les tables. On avance, on recule, tout en continuant à discourir et on se dit mentalement "bon, là, je dois en être à peu près au bureau", on s'assied, c'est une erreur de jugement fatale, le bureau est encore à un mètre, on s'aplatit au beau milieu de la salle, les fiches qu'on tenait à la main volent, on est sonné. On se cogne dans le poste de télévision nouvellement suspendu, on s'ouvre l'arcade sourcilière, les collègues paniquent, ils demandent qui t'a agressé, qui t'a agressé, on pisse le sang, on répond : une télé. On craque sa braguette, son bouton de chemise, son ourlet, l'entrejambe du pantalon, on marche en crabe vers la sortie, on se précipite vers la chaise du bureau, on s'enfuit du cours. On en rit longtemps.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par chardonette, le 25 août 2011

    On se croise, plus tard. Ils ont passé le bac il y a six, sept, dix ans. Nous avons toujours la même différence d'âge, mais rien n'est plus pareil. Nous nous débattons dans les mêmes problèmes, emploi, couple, enfants, assurance de la voiture, canalisations bouchées, ordinateur en panne, catastrophe climatique à venir. Nous nous sourions.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 13 février 2011

    C’est une des premières choses qui m’aient scié dans ce métier. Et dont je n’ai jamais osé parler, parce que c’est trop étrange, et que je redoute chez mon interlocuteur le sourcil qui se fronce, le mouvement de recul et la sévérité dans la mine. Quand je fais cours, je m’oublie. Je me dilue. Je suis sûr que nous sommes des milliers comme ça – à disparaître momentanément tous les jours. Un sucre dans le café. Il est là, partout dans la tasse – mais il n’est plus nulle part.
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