ISBN : 2742789367
Éditeur : Actes Sud Junior (2010)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 94 notes) Ajouter à mes livres
Révolté par cette trahison, par ce "viol virtuel", le narrateur décide de ne plus adresser la parole à son père. Pour se racheter, ce dernier lui fait un don... une plongée dans le passé qui ne sera pas sans conséquence. Un roman de la filiation et de l'écriture intime.
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Critiques et avis

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    Floué, trahi. Violé, même.
    L'adolescent, narrateur de Blog, n'a pas de mot assez fort pour décrire ce qu'il a ressenti quand il s'est aperçu que son père lisait son Blog à son insu. Sa bouffée d'oxygène, son jardin secret. Si secret qu'il n'en a soufflé mot à personne. Encore moins à ses parents !
    Furieux, il va se confronter sur-le-champ à son père.
    Pris la main dans le pot de confiture, celui-ci s'empêtre dans d'improbables explications, et finit par bredouiller quelques plates excuses.
    Insuffisant. Les représailles ne se font pas attendre : le jeune garçon décide de ne plus adresser la parole à son père.
    "« Il est conscient d'avoir commis une énorme bourde, mais il persuadé que ça me passera et que, s'il se fait oublier quelque temps, les choses rentreront d'elles-mêmes dans l'ordre. Il se met le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Il devrait se souvenir que je peux être extrêmement borné et que j'imite très bien l'autiste. En plus, je serai incorruptible. Inutile de tenter de m'amadouer avec des jeux vidéo ou des places de concert. Je ne céderai pas. Je continuerai à lui battre froid – j'ai appris cette expression-là en cours de français l'autre fois et elle m'a éclaté : c'est vrai, on s'imagine toujours un combat comme un moment chaud et sanguin, mais battre le froid, c'est la classe ultime. L'indifférence, le mépris, il n'y a rien de pire – je vais devenir un vrai congélateur. »"
    Rapidement, l'ambiance s'en ressent à la maison. L'air devient vite irrespirable ; l'atmosphère, tendue. Malgré les intercessions de sa mère, le fils tient bon. Il sera intraitable et reste sourd aux tentatives de rapprochement engagées par le camp paternel.

    Un soir, son père dépose devant la porte de sa chambre un carton recouvert de poussière qu'il vient tout juste de descendre du grenier.
    Feignant l'indifférence dans un premier temps, le garçon va finir par succomber à la tentation et ouvrir la mystérieuse boîte. Il en extrait quelques vieilles photos défraîchies où figure une version rajeunie de son père, en compagnie d'autres jeunes gens de son âge. S'il en reconnaît certains, d'autres en revanche lui sont inconnus.
    Plongeant à nouveau la main dans le carton, il en ressort quatre carnets. Un rapide survol lui confirme ce qu'il pressentait : il tient dans ses mains les journaux intimes que son adolescent de père tenait dans les années 80.
    Peu avare en railleries, il entreprend la lecture du premier carnet, qu'il prend un malin plaisir à “casser” allégrement. Pourtant, nuit après nuit, dans le silence de la maisonnée endormie, il poursuit son travail de reconnaissance.
    "« J'ai réussi à mettre quelques noms et adresses sur quelques prénoms qui apparaissent souvent dans le journal, et même parfois à les faire correspondre à des photos – mais cela ne rend pas l'ensemble plus passionnant."
    "C'est même affligeant de platitude".
    "Je me suis moqué plusieurs fois du style – il hésite encore entre faire dans le saccadé et plonger dans de longues phrases alambiquées. Des ses références pourries. De sa façon de décrire ses états d'âme. Heureux. Pas heureux. Déprimé. Hyper-déprimé. Un lexique de gamin de primaire."
    "Je me suis moqué, donc, et j'ai trouvé ça ennuyeux au possible. Et pourtant. J'y reviens. J'y reviens sans cesse. Je ne parviens pas à me l'expliquer. C'est le même type d'addiction que pour les émissions de téléréalité. Il ne se passe rien, mais tu as quand même envie de connaître la suite. C'est très curieux. Ça me déstabilise. Je me sens ferré par la Secret Story de mon père. C'est quand même pas très glorieux. »"
    Au fil des carnets, il va réaliser qu'un jour son père a eu lui aussi seize ans. Les carnets vont également lui révéler un secret que son père lui avait caché jusque-là pour le préserver.

    Je pourrais reprendre intégralement ici l'introduction de mon billet sur Au rebond, le précédent roman jeunesse de Jean-Philippe Blondel.
    Mot pour mot, ou presque. En plus enthousiaste même, si je ne craignais pas que cela décrédibilise ce qui va suivre. Et aussi en remplaçant le sourire béat par la larme à l'œil.
    Pourtant, ma rencontre avec Blog a commencé sur un malentendu. Contrairement à ce que le titre du roman peut laisser supposer, le Blog n'est pas le sujet central du roman. Il n'est pour Jean-Philippe Blondel qu'un prétexte pour explorer ces thèmes qui lui tiennent à cœur : la perte d'un être cher, la construction de son identité, l'acceptation de soi, la force de l'amour et de l'amitié, la nostalgie du temps qui passe…
    On retrouve également des préoccupations, apparues plus récemment dans ses romans, comme la complexité des relations parents/enfants, la difficulté d'être parent, quoi transmettre à ses enfants, et comment ?
    "« Mais bon, ce n'est pas super simple non plus d'avoir un père instit qui a été ta star pendant toute ton enfance. A un moment donné, au collège, tu t'aperçois que finalement, non, il n'a pas réponse à tout et qu'il ne connaît pas toutes les matières. Tu te rends compte aussi qu'il se trompe souvent, qu'il prend des décisions à l'emporte-pièce et qu'il ne sait pas bien s'occuper des enfants qui grandissent – il ne comprend pas quand il doit lâcher un peu plus la bride et quand, au contraire, il devrait la resserrer. Je ne dis pas que c'est facile. Je dis que c'est son rôle et qu'il ne le remplit pas bien." »
    A travers la voix de son jeune narrateur, Blondel poursuit un bilan de mi-parcours entamé dans Le baby-sitter :
    "« Est-ce que vraiment grandir, vieillir, se marier, avoir des enfants, ça te coupe de tout ce que tu souhaitais devenir ? Est-ce que c'est à cause de moi et de ma sœur qu'il a renoncé à tout ? Je commence à le croire. Je commence à le maudire. Parce que si c'est le cas, alors je suis coincé. Je suis celui par qui le malheur arrive et dont la naissance a signé l'acte de décès des rêves de son père. Si c'est le cas, il n'aurait jamais dû me le faire savoir. Je n'avais rien demandé. »"
    Le thème du Blog et des journaux intimes lui offre l'occasion de livrer quelques réflexions sur l'écriture :
    "« Quand ta phrase s'allonge, la peau se dévoile. En me cachant sous les mots, je mets en scène le plus impudique des strip-teases. »"
    Et puis, au détour d'une phrase, il y a la musique, les chansons, omniprésentes dans l'œuvre de l'auteur, comme autant de jalons de la vie.

    Une fois encore, l'observation est fine et sensible. Tout se tient, tout sonne juste.
    Malgré son épilogue ouvert et optimiste, Blog est plus grave et profond qu'Au rebond. Et, ne serait-ce son nombre de pages réduit, absolument rien ne le destine spécifiquement à un public jeunesse.


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Blog
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    • Livres 5.00/5
    Par Lindorie, le 30 juillet 2010

    Lindorie
    Une chouette roman, qui se rapproche un peu de « Metal Mélodie » dans le thème de la découverte des parents et du chemin initiatique, de la réflexion sur soi-même et envers les autres. Ici la découverte de l'autre se fait par le biais d'un journal intime, celui du père de l'adolescent.
    Beaucoup de réflexions, autant sur le fait de faire un Blog et les dangers de le diffuser sur la toile que de la relation avec les autres.
    C'est un roman très court, mais il n'en fallait pas plus, c'était juste ce qu'il faut. Beaucoup de références culturelles à des romans ou des groupes de musique, tant de notre époque que de l'époque de nos parents.
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  • Par Zazette97, le 04 juin 2011

    Zazette97
    Après "Au rebond" et "Un endroit pour vivre", "Blog"est le troisième roman jeunesse de Jean-Philippe Blondel publié ce mois-ci chez Actes Sud junior.
    "Blog" est l'histoire d'un ado de 15 ans dont le père découvre et lit en cachette le Blog. Mais le père se laisse facilement démasquer par son fils qui décide de ne plus lui adresser la parole, estimant que son père est allé trop loin en violant son espace privé, son intimité.
    A défaut de se confondre en excuses ou de tenter de racheter sa confiance, son père joue profil bas et dépose un soir une boîte en carton contenant ses anciens journaux intimes d'adolescent.
    Son fils ouvrira-t-il la boîte de Pandore?
    Inutile de dire que ce gros titre vert flashy et pour le moins évocateur m'a rapidement tapé dans l'oeil en librairie, d'autant que l'auteur a déjà souvent été cité par la Blogosphère et que je brûlais d'envie de le découvrir.
    "Blog" me laisse une impression mitigée. Dans les faits, j'ai réellement eu le sentiment d'entrer dans la tête d'un adolescent et de partager ses préoccupations.
    Je me suis assez bien reconnue dans ses propos, même contradictoires, sur son rapport au Blog.
    L'ado (il n'a pas de nom) découvre que son père l'espionne par l'intermédiaire de son Blog et forcément il lui en veut (à mort-à donf-à fond les ballons-exag, biffez la mention inutile).
    Forcément c'est la fin du monde et il ne veut plus lui parler. Bon j'avoue qu'en son temps, j'aurais sans doute fait la même chose. Sauf qu'à mon époque (j'ai l'impression de parler comme une poudre Guerlain), les Blogs n'existaient pas et qu'on se contentait des journaux intimes à cadenas (très faciles à ouvrir...).
    Or, il y a tout de même une petite différence entre le journal intime (fermé à clé et planqué à l'abri des regards indiscrets) et le Blog personnel qui, bien que pouvant être limité à la lecture de quelques personnes, reste tout même un espace accessible par le web.
    Dans le cas présent, le père ne s'est même pas servi de ce qu'il avait appris contre son fils (pour le punir ou lui faire avouer des bêtises) mais bien pour se rapprocher de lui et lui faire des cadeaux.
    Franchement, j'ai eu envie de dire à cet ado qu'il avait bien de la chance que son père se casse le *** à savoir ce qu'il aime alors que beaucoup d'autres pères ne s'en soucient pas le moins du monde (ingrat va, nomého!).
    Raison pour laquelle j'ai trouvé que l'ado dramatisait un peu trop la situation en qualifiant le geste de son père de "viol virtuel".
    Bref, le père va tout de même tenter de se faire pardonner en livrant à son fils les écrits de sa jeunesse à savoir ses journaux intimes datant de l'époque où il avait l'âge de son fils.
    Outre un grand secret que je ne révélerai bien entendu pas ^^, tous ces journaux permettent au jeune homme de se rendre compte que même son père a été jeune un jour, que lui aussi a fait des conneries, a connu des amourettes, s'est pris des vents et qu'ils ont sans doute beaucoup plus de choses en commun qu'il ne le pensait.
    Il va découvrir tout un pan de la vie de son père qu'il ne soupçonnait pas et se rapprocher de lui par l'intermédiaire de ce personnage, Philippe, son père plus jeune.
    Tout ça est bien joli mais j'émets toutefois une sérieuse réserve à ce roman. J'ai trouvé cet ado très réfléchi pour son âge. J'ai trop senti l'adulte qui se cachait derrière tous ces raisonnements, ces remises en question sur la vie, sur la fragilité, sur l'amour.
    De plus je ne pense pas qu'une ado de 15 ans prononcerait des phrases telles que " Je pensais que tu te glorifiais de ne pas être comme les autres garçons"...
    J'ai plus eu l'impression de lire un adulte se souvenant de son adolescence qu'un adolescent racontant directement les faits ( ce qui est censé être le cas dans le livre).
    Un avis moit-moit mais qui ne m'empêchera pas de découvrir la plume de Blondel, mais pour adultes cette fois.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/03/blog-jean-philippe-blondel..
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    • Livres 4.00/5
    Par verobleue, le 11 mai 2012

    verobleue
    « Blog » c'est l'occasion pour Jean-Philippe Blondel d'approfondir les relations père-fils. Catastrophe du fiston qui découvre que son père lit son Blog. La belle affaire, quand vont-ils enfin comprendre qu'un Blog est public !
    Le père tente une réconciliation en lui offrant un carton contenant sa propre adolescence : photos, lettres, journaux intimes... le fiston va pénétrer dans l'adolescence de son père et découvrir qu'en fait, celui-ci n'a pas cherché à l'espionner mais cherchait simplement à se rapprocher de lui.
    Une belle histoire de partage et d'échange entre un père et un fils. A lire !
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    • Livres 4.00/5
    Par atchoumgirl, le 26 juillet 2010

    atchoumgirl
    Avoir un Blog, c'est accepter le regard des autres sur ses écrits, sur ce qu'on livre de soi. A l'heure des réseaux sociaux (face de bouc and co), le narrateur s'aperçoit que son Blog est lu par...son père. Il se braque et n'accepte pas, alors que la terre entière a accès à son site, que son père s'immisce dans son intimité. Un excellent livre, très sensible qui fait bien comprendre la frontière entre réel et virtuel, les risques de la surexposition et de la mise en scène de soi sur la toile. Qui suis-je ? Comment les autres me perçoivent-ils et pourquoi je me mets en scène sur internet grand renfort de "je t'aime", "t'es trop belle" ? L'auteur est enseignant et a su cerner ses personnages, ses contradictions (nos contradictions aussi car je parie que vous avez vous aussi un profil sur ces fameux sites !!!).
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Citations et extraits

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  • Par merlin, le 14 mai 2012

    Je me suis pris au jeu. Mon blog s’est étoffé. Du coup, à ma grande surprise, il a fidélisé mes amis, féminines surtout, bien sûr, mais pas seulement. ils sont une petite quinzaine à commenter régulièrement. Mais le plus âgé a dix-sept ans, point barre. Et aucun d’entre eux n’est de ma famille.
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  • Par merlin, le 14 mai 2012

    Nous sommes si fragiles, nous sommes si éphémères.
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  • Par Lindorie, le 30 juillet 2010

    Je ne me mets pas en valeur. J'ai vu, en lisant d'autres blogs, que c'était un vrai risque. Le blog, ça te donne l'impression d'exister et d'être puissant, et de là à te prendre le melon, il n'y a qu'un pas – surtout quand ceux qui lâchent des coms ne font que te brosser dans le sens du poil. Moi, j 'ai opté pour l'angle inférieur – pour l'auto-dérision. Certains me font remarquer qu'en fait, c'est encore plus tordu. Que c'est de la fausse humilité pour se faire cajoler et vous savez quoi ? - je crois qu'ils n'ont pas tort. A chacun sa technique. La mienne, c'est de me déprécier constamment jusqu'à piquer la curiosité des lecteurs, pour qu'ils soient tentés de vérifier mes affirmations.
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  • Par Lindorie, le 30 juillet 2010

    Quand je suis rentré, ma mère montait l’escalier. Elle allait se coucher. Elle m’a souri et elle m’a demandé si tout s’était bien passé, chez Anne-Sophie. Les larmes me sont instantanément montées aux yeux. C’était la première fois que je me rendais compte à quel point ma mère pouvait être touchante. A que point elle a dû être jolie il y a une vingtaine d’années. Et à quel point tout cela est fragile. D’une fragilité telle que nous préférons tous multiplier les activité et les contrats d’assurance-vie pour l’oublier
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  • Par chardonette, le 20 février 2011

    Et puis soudain, hier, dans la nuit, mon verre d'eau à la main, dans la cuisine endormie, en humant les odeurs du jardin par la fenêtre ouverte, mon cœur s'est serré comme jamais à l'idée qu'un jour, dans un avenir bien plus proche que je ne voulais bien l'admettre, j'allais quitter ce lieu. Qu'après, il y aurait une vie à inventer, des pont à construire, des territoires à explorer. Loin d'ici. Avec une sœur qui s'émancipe. Des parents qui vieillissent. Se rapetissent. T'invitent le dimanche midi et s'endorment dans le canapé. Ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. La fragilité de tout ça.
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