ISBN : 285197923X
Éditeur : L'Herne (2010)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Le tissu, qui est cependant ce qui protège, est perçu plus facilement, ou du moins le fut-il bien tôt, comme ce qui empêtre, et ce qui cache.
Et c'est vrai qu'il met à distance notre origine, cet état de nature qui peut sembler être une innocence, et de la franch... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par rose, le 19 février 2011

    rose
    Au milieu du va-et-vient d'un cabinet d'analyse, tandis que les enfants chiffonnent les prospectus de prévention et que les vieilles dames s'installent péniblement, leurs filles ou belles-filles règlant les questions administratives et interrompant leur rêverie en demandant qui un chèque, qui une carte qu'elles extraient lentement de leurs porte-feuilles, il peut sembler étrange de s'abstraire dans les Pensées d'étoffe ou d'argile d'Yves Bonnefoy, mais il est aussi très réconfortant de retrouver sa voix limpide et pourtant dense, chargée de poésie et de toutes les références mythologiques auxquelles il a si magnifiquement redonné vie dans son œuvre.
    Ces textes théoriques accompagnaient à l'origine un ouvrage et une exposition, mais ils peuvent très bien se lire seuls, tant leur véritable sujet se révèle être la poésie et participe de la réflexion de l'artiste sur la forme. Ainsi, dans « le tissu et ses œuvres », si Bonnefoy montre d'abord quelle méfiance suscite le tissu comme le langage (ce tissu qui cache), il invite aussi à déceler une autre dimension : le tissu qui recouvre dégage le corps de sa simple dimension biologique, il l'amène à réfléchir sur sa forme, et l'art, avec ses savants drapés, l'a bien compris ; le tissu est enfin le lieu d'évocations symboliques qui dépassent la pensée conceptuelle (comme la poésie).
    Dans « le travail du potier », de même, le poète rapproche le langage de la céramique qui recueille et exalte dans l'offrande. Comme le poète, le potier est à la recherche de la forme, d'une beauté qui « nous fait respirer à soudain plus haute altitude ».
    Un très beau « carnet de l'Herne », qui nous permet de suivre la pensée d'un artiste qui ne cesse de réfléchir sur son art.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par liberlibri, le 12 février 2011

    liberlibri
    Pensées d'étoffe et d'argile, paru aux Carnets de l'Herne, regroupe deux textes d'Yves Bonnefoy. “Le tissu et ses oeuvres” est à l'origine une préface rédigée pour l'ouvrage de Patrice Hughes, Tissu et travail de civilisation, paru en 1996. Bonnefoy considère le tissu à la fois comme ce qui protège mais aussi comme ce qui cache, ce qui nous sépare de la nature. le tissu représente de surcroît une métaphore du langage “qui tisse des notions, des concepts, lesquels donnent de ce qui est une représentation simplifiée, et voilent donc autant ou même plus qu'ils ne révèlent ; et peuvent aussi aider à produire de l'illusion”. Bonnefoy, qui voit trois fonctions dans le tissu, le rapproche très étroitement de la poésie, car l'étoffe est canevas et pièce unique, laissant apparents les fils qui la constituent tout en paraissant achevée.
    Le second texte, “Le travail du potier”, écrit en 1976, accompagnait une exposition de l'artiste Norbert Pierlot. Yves Bonnefoy l'a profondément remanié et amendé pour la parution dans les Carnets de l'Herne. Comme le tissu, la poterie présente des similitudes avec la poésie car elle est un “accord” de la matière et de la forme. La poterie, en tant qu'art millénaire, lui apparaît comme portant une dimension sacrée car sa “beauté nous fait respirer soudain à plus haute altitude”.

    Lien : http://www.liberlibri.fr/2011/02/pensees-detoffe-ou-dargile-yves-bon..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (3)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par brigetoun, le 25 mai 2010

    le cas de l'art grec encore, où le sculpteur aima placer sur les corps cette fois féminins des étoffes si mines, si transparentes qu'elles semblent au point de cesser d'être : ce qui signifie que la beauté de ces membres, l'élégance gracieuse qui le raccorde, ont comme fleuri, peu à peu, dans l'enveloppement d'abord d'étoffes plus lourdes et grossières dont maintenant elles se délivrent pour l'existence ^lus haute que la lecture permet.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par brigetoun, le 25 mai 2010

    Le tissu dégagea le corps de son fonctionnement seulement biologique, il le redressa, il déplaça le sentiment d'être de l'obscur de la respiration et du sang vers la figure, de dedans aveugle vers un dehors où l'horizon aussi apparaît, comme lui-même une forme.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par brigetoun, le 25 mai 2010

    La terre vraie, c'est le temps, ce sont les rêves que d'obscures passions ne cessent pas de recommencer.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir Pensées d'étoffe ou d'argile par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz

    Virginie Despentes

    Virginie Despentes est un pseudonyme. A quoi fait-il référence ?

    •   au nom de jeune fille de sa mère
    •   à l'anagramme du nom de son chanteur préféré
    •   au quartier des pentes de la Croix-Rousse à Lyon

    10 questions - 54 lecteurs ont répondu
    Thème : Virginie Despentes

    Créer un quiz sur ce livre.