Si
Barjavel ne semble pas avoir la vocation d'un philosophe dans
La faim du tigre, son livre se place tout de même à mi-chemin entre littérature et essai. En effet, l'auteur pose ici certaines questions assez universelles et classiques, mais n'y apporte volontairement pas de réponse et préfère les habiller d'un style très plaisant et d'anecdotes qui le sont tout autant.
Cependant, l'atout majeur de l'oeuvre réside en le fait que
Barjavel ne passe pas par quatre chemins, ne caresse pas les bien-pensants dans le sens du poil, mais préfère nous mettre dans la face que l'homme, comme tout animal, est voué à s'autodétruire, et n'échappera pas à la régulation naturelle si son territoire est surpeuplé. Peut-être n'est-ce pas nouveau, mais nous avons tendance à l'oublier dan sune société ou l'on cherche à tout contrôler (par pitié, laissons-nous un peu aller...).
C'est également une ode à la nature que l'on ne saurait ignorer, dans la continuité de ce que j'ai écrit précédemment.
Malheureusement,
La faim du tigre ne possède de réel impact que durant la lecture, et la volonté de mettre son lecteur face à ce qui est n'est pas assez forte pour que l'effet persiste après la fin du livre, ce qui fait d'elle, et c'est dommage, une oeuvre mineure.