Par Marine Bramly

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Jean-Claude Lattès 2008
ISBN : 2709629607  
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Elle traversa le vestibule sur la pointe des pieds, s'appliquant comme par le passé à ne marcher que sur les cabochons noirs du carrelage en damier, moins par superstition que par crainte de laisser des traces de son passage sur le marbre blanc. Elle retrouvait ses vieux réflexes. De peur que les Rausbœrling ne se lassent de sa présence, elle avait toujours veillé à se faire aussi discrète qu'une souris, et se cantonnait autant que possible dans la Petite Maison, au fond du jardin. Elles étaient les meilleures amies du monde. Sophie la provinciale, la mal-aimée, idolâtrait Deya, fille de grands bourgeois protestants, décadents et singuliers. Livrées à elles-mêmes, les adolescentes régnaient sur la Petite Maison au fond du jardin de l'hôtel particulier des Rausbœrling. Puis Sophie a été chassée du paradis. Les années ont passé, et soudain ce coup de fil de Deya... Mais comment revenir en arrière, comment ressusciter la magie ? Roman d'amour et d'amitié, roman de mœurs, de démence et de ténèbres, ce Festin de miettes nous entraîne de Saint-Germain-des-Prés à la brousse sénégalaise, dans une épopée contemporaine haletante.

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roman   amour   moeurs   amitié   français  

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Critiques et avis sur Festin de miettes


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    • Livres 0.00/5
    Par buveursdemots, 2009-04-09 10:44:07

    bibliothèque

    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par choupynette, 2008-04-01 20:25:53

    bibliothèque

    Deya et Sophie sont deux ados écorchées par la vie. Des parents absents ou indifférents, voire les deux, leur ont fait prendre conscience de leur solitude dans le monde. Leur rencontre, un jour de rentrée scolaire dans un lycée parisien

    va sceller une amitié profonde, exclusive. Presque en autarcie. Elles seront surnommées "le Bloc monolithique" par leurs professeurs. Mais, et on l'apprend dès les premières lignes de ce roman étonnant, une rupture sans appel mettra fin à cette idylle. Huit ans plus tard, Deya, fille de bourgeois parisiens un peu bizarres, décadents, rappellera Sophie issue quant à elle d'un milieu provincial catholique très rigide. Leurs retrouvailles seront à l'image de leur relation: faites de sous-entendus, d'ambiguïtés, jusqu'à la folie.

    Comment vous parler de ce livre sans déflorer toute l'histoire? Difficile. J'espère pas impossible! Essayons donc.

    Narratrice de roman, Sophie n'a jamais été aimée par ses parents, des êtres froids, indifférents à sa présence. Qui n'ont même pas la bonne idée de former un couple soudé par autre chose que le devoir catholique. Le jour où elle rencontre Deya, Sophie voit ce qu'elle n'a jamais été, et ce qu'elle n'a jamais eu: une personne remarquable et l'amitié/l'intérêt d'un autre être humain. Deya sera sa bouée, son bourreau, son rempart contre le monde. Son seul et unique intérêt dans la vie.

    Nous découvrons petit à petit, par épisodes du passé et du présent intercalés, l'histoire de ce duo improbable, qui, après ces retrouvailles, partira en Afrique à la recherche d'Ariane mère instable de Deya, dont on est sans nouvelles depuis plus de 13 ans. Un voyage qui mènera les deux personnages de ce roman aux frontières de leur relation. A la vérité. Vérité de leur histoire, vérité sur elles-mêmes. Vérité que la narratrice refusera jusqu'au bout, ou presque, de reconnaître.

    La plume de Marine Bramly est étonnante de justesse, malgré sa crudité parfois, qui peut surprendre mais dont on saisit vraiment tout le sens à la fin du roman. L'intrigue se tient diablement bien, le lecteur est porté, emporté, subjugué et horrifié à la fois par cette histoire. La frontière entre l'amour et la haine n'aura jamais été aussi floue. L'auteure nous emmène dans le dédale des émotions réprimées ou hurlées, dans la relation fondée sur le besoin viscéral d'appartenance et de reconnaissance. Une oeuvre prenante, captivante, pétrifiante. Comme disait Sartre, "l'enfer, c'est les autres". A juste titre ici.



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