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> Georges Belmont (Traducteur)
> Hortense Chabrier (Traducteur)

ISBN : 226606231X
Éditeur : Pocket (1994)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 105 notes) Ajouter à mes livres
Le décor inquiétant de cette fable anti-utopique, nous le connaissons bien : c'est celui de la banlieue concentrationnaire qui va recouvrir peu à peu la surface habitable de la planète. Une immense zone urbaine d'ennui, de désolation et de peur.

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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Hell_Gring_Goth, le 02 mai 2011

    Hell_Gring_Goth
    Le futur vu par un auteur des années 60. (et filmé par un réalisateur des années 70.)
    Avant d'être adapté au cinéma en 1971 (première sortie française en mai 1972) par Stanley Kubrick, Orange mécanique fût tout d'abord un roman publié par Anthony Burgess en 1962.
    Sans m'appesantir sur le film (culte) de Kubrick, je dirai juste que si la trame générale est relativement identique avec le roman, en revanche la fin du film et celle du roman diffèrent pas mal et du coup le message véhiculé est différent.
    Anthony Burgess a pris le parti d'écrire son roman à travers la voix d'Alex (Notre Honoré Narrateur) et d'utiliser son phrasé très particulier*.
    Si cela peut dérouter au premier abord, le livre reste parfaitement lisible et prenant (grâce entre autre à une traduction française d'excellente qualité).
    L'histoire, pour ceux qui ne la connaitrait pas, est celle du jeune délinquant Alex fan de musique classique et évoluant dans un univers futuriste.
    Avec sa bande de drougs (ou amis) il arpente les rues à la nuit tombée, et gavé de drogues et d'alcool, il commet des larcins et martyrisent les rares passants qui osent encore se promener.
    Ces malfrats de la pire espèce n'hésitent pas à battre violemment les plus faibles et à violer les filles qui passent à leur porté.
    Un jour Alex commet l'irréparable, tuant une vieille femme et trahi par ses pseudos amis, se retrouve emprisonné.
    Sa longue peine de prison est commuée en une expérimentation d'un procédé révolutionnaire destiné à éradiquer la violence.
    On le conditionne à être malade à l'idée de toute forme de violence.
    Effet secondaire (considéré par le personnel carcéral comme un dommage collatéral fâcheux mais négligeable), il souffre aussi terriblement dès qu'il entend de la musique classique.
    Remis en liberté, voici NHN lâché dans une nature hostile, sans aucun moyen de défense, abandonné de tous (ses amis, sa famille), battu par les plus faibles.
    Utilisé par des militants anti-gouvernementaux qui souhaitent dénoncer la barbarie du traitement qu'il a subit, Alex n'a plus qu'une idée en tête, en finir avec la vie.
    C'est là qu'intervient une des différences les plus notables entre le roman et le film :
    Le film se termine sur une note plutôt inquiétante, Alex libéré de son conditionnement semble prêt à replonger dans la violence.
    Alors que le roman se termine en quelque sorte sur une rédemption (absente dans le film) et un passage symbolique à l'age adulte.
    * On trouve d'ailleurs un petit lexique en fin de livre.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par orhal, le 29 août 2007

    orhal
    Personne, ou presque, n'a pu passé outre la version cinématographique d'Orange mécanique concoctée par Kubrick. Alors tout le monde connaît l'histoire sulfureuse de cette bande d'adolescents violents et sadiques. Mais tout le monde n'a pas pris le temps de remonter à la source, au roman d'Anthony Burgess publié en 1962. Ce court ouvrage stupéfie d'emblée. Burgess crée un langage incroyable pour son personnage principal, Alex, un dialecte mélangeant russe et français. Désarçonné lexicalement, on entre alors dans une banlieue, dans une zone sinistrée par le vide, l'ennui et la terreur imposée par les jeunes délinquants. Sur fond de musique classique, ça viole, ça tue, ça torture, sans cohérence aucune, l'arbitraire en bandoulière, le sexe dans la main gauche et une chaîne de vélo dans la droite. Ca toltchocke sévère, à tour de bras, dans la joie et le grincement de dents. Alex et ses Drougs ne connaissent pas de limite ni de morale. Jusqu'à ce qu'on décide de les empêcher. Les autorités ouvrent alors un programme spécial pour lutter contre cette peste, grace à des expériences sordides, agressives et lobotomisantes. A coup d'hypnose, de matraquages visuels et d'injections douteuses, l'état compte détruire le Mal qu'abritent les mauvais garçons. Alex nous invite dans sa vision des choses, primale et hargneuse. Il nous prend par la main et ne la lâche plus lorsqu'on voudrait fuir sa réalité. Alex est un "jeune des cités" (au sens des infos sur TF1) avant l'heure et Burgess un visionnaire. Un roman qui vous passe l'encéphale au vitriol et vous laisse un goût particulier de perversité dans le gosier. On ressort de là fort d'avoir vécu une expérience malsaine et jouissive à la fois. Ce livre est culte et absolument incontournable.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par yann-frat, le 17 août 2009

    yann-frat
    Orange mécanique
    Régulièrement on reparle (on fantasme ?) sur l'ultra violence de « Orange mécanique » le livre (Anthony Burgess 1962) et le film (Kubrick 1971). Pourtant si il y a une histoire qui n'est pas du tout l'apologie de la violence c'est bien celle ci. Histoire d'une incompréhension ?
    L'histoire : Alex est un jeune homme dans une cité futuriste (Londres ?) qui se réunit tous les soirs avec ses amis. Avec eux, sans raison évidente (ses parents ne sont pas pauvres, il pourrait être inséré socialement), il se livre à des actes de violence gratuite. S'il était d'aujourd'hui il mettrait le feu a des voitures, un sauvageon quoi, porteur de notre ultra moderne violence sans motif si ce n'est l'ennui...
    Mais un jour tout change.
    Un jour il va trop loin et est incarcéré. La violence change de camps, il devient à son tour le jouet d'un système. A la faveur d'un changement de gouvernement (plutôt de droite apparemment) Alex se voit alors proposer un traitement révolutionnaire « la méthode ludovico » consistant à le rendre incapable de violence grâce a une programmation pavlovienne. Rééduqué, il sort alors de prison plus doux qu'un agneau (toute idée de conflit le cloue au sol) et la violence se retourne contre lui: incapable de se défendre il devient la victime de ceux qui se servent de lui (anciens amis qui se vengent, politiciens qui l'utilisent) et le pousseront au suicide. Enfin, rattrapé de justesse et devenu un enjeu politique, il est a nouveau « ré éduqué » à la violence pour revenir a la case départ. « Pour ce qui est d'être guéri, je l'étais ».
    Analyse : Si une histoire porte un regard critique sur la toutes les formes de violence c'est bien celle ci. Aux antipodes d'un étalage complaisant de violences (ce à quoi on la réduit bêtement en général) l'orange met en balance violence individuelles et violence institutionnelles pour les renvoyer dos à dos : la violence ne vient jamais à bout de la violence … Mais avant de dire cela orange nous montre aussi qu'une vie en société sans violence est impossible : non violent Alex se fait détruire en trois jours.
    Nous avons donc là un bien étrange axiome : La violence est essentielle à la vie en société / que peut faire la société face à la violence ?
    A ma connaissance, plus de quarante ans après on a toujours pas répondu à cette question et on découvre encore sur tf1 le nouveau sentiment d'insécurité, des jeunes qui en agressent d'autres (en général lorsque cette question sert les intérêts d'un politique). C'est en général à ce moment qu'Orange mécanique pointe le bout de son nez, effrayant le bourgeois avec son beau bandeau « interdit aux moins de 16 ans ». Tout le monde bloque alors sur le premier tiers de l'histoire poussant discrètement les deux autres sous un confortable tapis sombre et l'axiome reste sans réponse.
    Jusqu'à la prochaine fois….


    Lien : http://xannadu.canalblog.com
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Aela, le 14 février 2011

    Aela
    Un roman publié en 1962 et adapté au cinéma par Stanley Kubrick en 1971. C'est la première oeuvre littéraire à rendre compte de la montée de la violence urbaine dans les sociétés occidentales modernes. Livre figurant dans le classement Time Magazine comme faisant partie des 100 meilleurs romans de langue anglaise de tous les temps.
    Anthony Burgess imagine un monde futur terrifiant, acculturé, dégénérescent, où la consommation et le matérialisme semblent être les valeurs premières. Alex est le personnage principal de ce livre; il parle une langue curieuse appelée Nadsat, formée de mots d'argot londonien mais aussi de mots américains et de mots d'origine russe, symbole d'un univers où les frontières culturelles sont tombées. Il dirige une bande de voyous qui commet des actes de violence gratuite. Alex, une fois arrêté et mis en prison, va expérimenter une technique qui vise à rendre inoffensifs les prisonniers. Il va ensuite se retrouver sans défense dans un monde où il n'a plus sa place...
    Une très belle oeuvre qui parle de sujets diffficiles, comme la violence, vue ici comme une réaction à un univers terne, prévisible;
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Les-lectures-de-Cachou, le 04 octobre 2010

    Les-lectures-de-Cachou
    L'orange mécanique fait partie de ces romans qui ont choisi la voie de la provocation pour faire passer un message, souvent moralisateur, parfois interpellant. Ici, il se situe entre les deux. Derrière une sorte de recherche de pardon plutôt catholique se trouve aussi une réflexion intéressante sur l'adolescence.

    « La fin de tout, oui. Cette fois, j'avais gagné. Et je n'avais pas encore passé quinze ans. » (p.88)
    Je n'avais pas réalisé que le héros était si jeune en voyant le film la première fois (et pour cause, l'interprète d'Alex avait 27 ans - sigh - lors du tournage). L'histoire prend une toute autre allure quand on considère les choses sous cet angle. Alex est donc un adolescent boutonneux qui tient du tyran sadique. Il tabasse, viole et vole allègrement avec sa bande de potes (ou drougs, si vous préférez)(moi pas)(oui, parce que le langage inventé par Burgess m'a plus lassée qu'autre chose, même s'il se justifie). Jusqu'au jour où il est capturé, jugé, emprisonné puis « soigné », d'une manière atroce et apparemment atrocement efficace. Dès lors, Alex ressort dans la société guéri, incapable de violence. Mais peut-on réellement soigner l'agressivité de cette manière?
    « Bien sûr, vous avez fait le mal, mais le châtiment était démesuré. On vous a changé et vous n'être plus un être humain. Vous avez perdu la faculté de choisir. » (p. 179)
    Ce roman offre une réflexion sur la gestion de la violence, et plus loin, surtout sur la différence entre la fougueuse jeunesse et les raisonnables adultes. Mais c'est tout. Alors c'est déjà bien. Cependant, on sent que Burgess tire en longueur son sujet et que le côté « juste retour des choses » est un poil trop « bien pensant » pour convaincre.
    J'ai découvert en lisant quelques trivias sur le film qu'en fait la fin américaine du roman est différente de celle anglaise. Et je dois dire que si j'avais eu cette première version entre les mains (celle qui a été utilisée par Kubrick), j'aurais moins apprécié ce livre. Parce que c'est le chapitre final qui donne toute son importance au récit, tout son retentissement, tout l'aspect « réflexion intéressante ». C'est cette fin qui explique bien le titre du livre. Oh, bien sûr, l'explication est esquissée plusieurs fois auparavant, mais le fait d'avoir l'interprétation directe d'Alex change les choses.
    « Ouais ouais ouais, c'était cela. Faut que jeunesse se passe, hé oui. Sauf qu'être jeune, ça revient à être plus ou moins comme qui dirait un animal. Enfin, non, ce serait plutôt moins un animal qu'un de ces malenkys jouets qu'on reluche à l'étal des camelots, qu'on dirait des petits tchellovecks en fer-blanc, avec un ressort à l'intérieur et, à l'extérieur une clé pour le remonter et on y va grr grr grr et voilà que le truc se met à itter tout seul, l'air de marcher ou pas moins. O mes frères. Seulement itte tout droit devant en butant bang bang dans les choses sans pouvoir s'empêcher de faire ce qu'il fait. Oui, être jeune, c'est ressembler à une de ces malenkys mécaniques. » (p. 213)
    L'orange mécanique offre donc un point de vue choquant et donc marquant sur cette idée qu'« il faut que jeunesse se passe ». Ça part d'un bon sentiment et c'est parfois bien exploité. Mais c'est un poil trop lourd pour réellement être bouleversant.

    Au final, L'orange mécanique est une dystopie intéressante qui offre une réflexion bien pensée sur la jeunesse. Mais elle aurait mérité à être un peu plus troublante.

    Lien : http://leslecturesdecachou.over-blog.com/article-l-orange-mecanique-..
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Citations et extraits

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  • Par Spilett, le 30 avril 2010

    Là-dessus, on y est allés de la castagne en beauté, ricanochant tant et plus du litso, mais sans que ça l'empêche de chanter. Alors on l'a croché aux pattes, si bien qu'il s'est étalé à plat, raide lourd, et qu'un plein baquet de vomi biéreux lui est sorti swoouuush d'un coup. C'était si dégoûtant qu'on lui a shooté dedans, un coup chacun, et alors, à la place de chanson et de vomi, c'est du sang qui est sorti de sa vieille rote dégueulasse. Et puis on a continué notre chemin.
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  • Par Aela, le 14 février 2011

    Le Korova (vient du mot russe signifiant la vache) Milkbar était un de ces endroits où on vendait du lait avec autre chose et vous avez peut-être oublié, vous mes frères, comment étaient ces endroits, les choses changeant si vite de nos jours, tout le monde oubliant tout si vite et presque personne ne lisant plus les journaux non plus. Et bien ce qu'ils vendaient c'était du lait avec autre chose. Ils n'avaient pas de permis pour vendre de l'alcool, mais il n'y avait pas encore de loi qui interdisait la production de ces nouveaux trucs qu'ils avaient l'habitude de mettre dans du bon vieux lait.
    The Korova Milkbar was a milk-plus mesto (mot russe = endroit) , and you may, O my brothers, hve forgotten what these mestos were like, things changing so skorry ( skora = bientôt en russe) these days and everybody very quick to forget, newspapers not being read much neither. Well, what they sold was milk plus something else. They had no licence for selling liquor.
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Interview de Philippe Corti
Thierry ARDISSON reçoit Philippe CORTI, ancien DJ de l'émission, et comédien dans l'adaptation théâtrale "Orange mécanique" d'Anthony Burgess au Cirque d'Hiver Bouglione. Il parle de son rôle, de l'histoire.








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