AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
3,78

sur 93 notes
5
5 avis
4
7 avis
3
2 avis
2
0 avis
1
1 avis
Le dernier livre d'Arnaud Cathrine offert gracieusement par les Editions Verticales et Balélio, qu'ils en soient remerciés.
Car une nouvelle fois ce recueil de dix histoires qui nous parle d'amour, de désamour aussi, confirme le grand talent de son auteur.
Exercice difficile que celui de nous faire entrer dans un univers en peu de lignes ou de pages, Cathrine y réussit parfaitement avec toujours chez lui
une émotion et une mélancolie qui vont droit au coeur. Je suis fan de l'auteur depuis de nombreuses années, « Pas exactement l'amour » m'a une nouvelle
fois ému et touché, et c'est une bien agréable habitude. Découvrez son univers, si ce n'est déjà fait, il le mérite amplement. 4/5
Commenter  J’apprécie          603
« Que reste-t-il de nos amours/Que reste-t-il de ces beaux jours/Une photo, vieille photo/De ma jeunesse/Que reste-t-il des billets doux/Des mois d'avril, des rendez-vous/Un souvenir qui me poursuit/Sans cesse ».

Ces paroles de Charles Trénet (j'aurais pu citer la chanson entière) décrivent parfaitement selon moi l'un des aspects du recueil de nouvelles d'Arnaud Cathrine, « Pas exactement l'amour » : ce qui n'est plus, ou n'est pas encore, de l'amour. L'ivresse de la relation qui s'amenuise, ou celle de la relation qui s'installe, décrites à petites touches discrètes mais tellement élégantes, teintées presque toujours par la mélancolie de ces instants fugaces et voués à disparaître.

« Pas exactement l'amour » ce sont donc dix nouvelles courtes, assez vites lues (j'ai dévoré l'ouvrage en une demi-journée), mais qui laissent des traces profondes. Beaucoup de situations amoureuses sont ainsi décrites, et sont assez générales pour que l'on se reconnaisse dans quelques unes : la relation qui, après les premiers mois de bonheur, fait place au doute et à l'angoisse de la perte de l'être aimé par étouffement (la nouvelle « Pas exactement l'amour », qui donne son titre au livre), l'obsession qui mène à la folie (« Si Mylène voyait ça », l'une des nouvelles les plus étranges du recueil, et dont la chute pousse à la relecture), l'amour repoussé (« Une erreur de jeunesse »), la violence conjugale perpétrée au nom de l'amour (« Monsieur Bricolage »), l'attente parfois vaine de l'être aimé (« J'attendrai », certainement l'une des plus belles, par son sujet comme son traitement : deux personnes délaissées se lamentent sur leur sort tout en imaginant la vie de l'autre, qui est aussi leur voisin d'en face. S'ils se trompent sur certains détails, ils sont plus proches l'un de l'autre qu'ils ne le pensent), l'amour de l'autre qu'on perd par un excès de franchise venu trop tard (« Simone »)...

Même si on pourrait reprocher à l'auteur un style parfois un peu plat, voire « nouvelle littérature (bobo ?) parisienne », « Pas exactement l'amour » a été un beau moment de lecture, qui m'a souvent touchée et émue.
Commenter  J’apprécie          200
Dix nouvelles qui nous parlent des relations amoureuses.
C'est une analyse très juste du sentiment amoureux et surtout de son délitement. En quelques pages l'auteur réussit avec beaucoup de talent à camper des personnages complexes, variés et profonds. C'est émouvant, bouleversant parfois, et souvent triste à pleurer. Chacun peut s'y retrouver...
Le ton est juste et les variations sur l'amour et le désamour sont fines et sensibles. On peut facilement s'identifier aux multiples personnages.
De la littérature d'une rare finesse et pleine d'émotion.
Commenter  J’apprécie          150
Dix nouvelles dont le sujet est l'amour.
Le début d'un amour ou la fin d'un amour, les amours mortes, l'amour non partagé. le sujet est très intéressant, l'univers très différent selon les nouvelles. le style est simple, l'auteur semble économiser les mots.
C'est une lecture très agréable, j'ai aimé presque toutes les nouvelles sauf "Monsieur Bricolage" et la première qui donne son titre au recueil, trop longue et répétitive.
Commenter  J’apprécie          110
Arnaud Cathrine Pas exactement l'amour - Verticales (17, 90 € - 246 pages)

Arnaud Catherine autopsie en dix nuances, sans tabou, les relations amoureuses entre hétérosexuels et LGB. Il nous plonge dans les méandres sentimentaux et l'intimité de couples, voire chez leurs voisins. Il laisse entrevoir les non-dits. Des corps se frôlent, s'enlacent, s'étreignent, se dévorent, bandent, laissent leur empreinte olfactive avant de devenir objets de fantasmes. D'autres corps , moins synchrones, sont confrontés à une « indifférence barbare », témoin de l'écroulement de l'édifice de l'amour. Il reste les souvenirs vivaces , immuables, d'une bouche, d'une langue, de doigts caressant un corps ou celui, « indélébile de l'antre non moins humide et chaud de son sexe ».

On suit les protagonistes dans leurs soliloques, leurs interrogations qui traduisent leurs angoisses, leurs doutes, leurs tourments. Les narrateurs, masculins ou féminins parlent, en majorité, à la première personne sans jamais trop dévoiler de leur identité, ce qui déstabilise parfois. Par flashback, de façon très parcellaire, leur passé est évoqué ou refait surface subitement.

La nouvelle éponyme au titre Pas exactement l'amour met en scène un écrivain, confronté à la page blanche, car prisonnier de sa dépendance amoureuse, poussée au paroxysme. Comment réussira-t-il à s'en désengager afin de retrouver l'inspiration ?
Le récit oscille de lui à elle, deux êtres que tout oppose : différence de classe sociale, rythmes circadiens. Pour lui «  Dormir signifiait : quitter l'autre ».

La violence qui surgit dans Monsieur Bricolage choque :une baffe, deux même et le crâne qui s'écrase « contre le mur ». Mais ne l'avait-elle pas exaspéré cet homme en lui trouvant « une tête de clebs » ? La tension est palpable.Une manière indirecte pour Arnaud Cathrine de pointer que trop de femmes en sont victimes. Mais entre elles, les héroïnes s'avèrent tout aussi redoutables ( gifles, « guérilla lamentable »).

Dans Si Mylène voyait ça,on est témoin du naufrage d'Hervé, 41 ans, pour qui la rupture reste insurmontable. Il s'interroge sur ce qu'il reste d'un amour défunt, sinon « un incommensurable gâchis ».Quant à cet ami qui tente de le sortir de son mal -être, il est bien impuissant quand Hervé dont le comportement flirte avec la folie doit être maîtrisé par les soignants de l'établissement psychiatrique où il placé.

« Ne me secouez pas, je suis plein de larmes » (1), aurait pu confier, le jeune avocat, quand il se retrouve seul, sur la plage, abandonné par cet « ami spécial, pas comme les autres », avec qui il vient d'avoir un différend violent, le jour de son mariage.
Dans cette nouvelle Une erreur de jeunesse,l'auteur pointe le déni du futur marié qui adolescent, a entretenu une relation très intime avec le narrateur. D'ailleurs, cet instant privilégié où il l'aide à être présentable, où leurs corps se frôlent, ravive ses souvenirs. Par flasback, le narrateur revient sur leur parenthèse heureuse, même si en général , il « conchie la nostalgie ». Il fustige le regard méprisant des adultes pour les trentenaires pas encore casés, revendiquant au contraire sa liberté d'aimer.

Dans Simona, les personnages féminins assurent pleinement leur désir pour le même sexe. Arnaud Cathrine y aborde le mariage entre lesbiennes, distille du suspense. Qui dit nouvelle, dit chute. Celle de Simona ébranle l'une des protagonistes, surprend le lecteur et souligne la fragilité du bonheur.
Poignante, la détresse de ce professeur inconsolable, face au vide laissé par la perte de sa bien aimée. Béance abyssale décuplée par le « silence radio », la grève se durcissant, alors qu'il lui « faut des voix ». Pour lui, même bien entouré, « La vie fait un mal de chien ». Un livre comme bouée de sauvetage, ce que confirme Régine Detambel dans Les livres prennent soin de nous.Difficile de répondre à la question de Marina Tsvétaïeva qui scande Silence radio dans ces circonstances. Les livres sont omniprésents dans ce recueil ( V. Woolf, G.Bataille, R. Depardon), rappelant qu'Arnaud Cathrine est un grand lecteur et un conseiller littéraire reconnu.


« Traquer l'autoportrait en creux avait une saveur particulière » pour cette compagne d'un écrivain, qui « aimait le chercher dans ses livres ». Quant à nous, lecteurs, pouvons-nous débusquer l'auteur ?
On retrouve Arnaud Cathrine, l'amoureux de Trouville, fidèle à Marguerite Duras,
dont la structure narratrice des fragments rappelle Barthes. On devine le musicien chanteur de Frère animal dans la nouvelle La bête sauvage.En filigrane on reconnaît l'auteur de : Il n'y a pas de coeur étanche , dans la nouvelle Si Mylène voyait ça.

Ce recueil basé sur l'amour, avant /après, préludes /ruptures, apprivoisement / éloignement rappelle Combien de fois je t'aime de Serge Joncour. Tous deux embrassent des thèmes universels : la passion, la fusion, l'idolâtrie, l'attente mais aussi le désamour, l'infidélité, l'abandon. Certains sombrent devant le « cadavre de leur amour », se noient dans l'ivresse, flirte avec la folie, l'hystérie. D'autres s'en relèvent, sachant occulter leur passé douloureux, faire preuve de résilience comme le protagoniste de la dernière nouvelle : «  Betty était entrée dans sa vie », vrai miracle « indéchiffrable ».
Au fil des pages, Arnaud Cathrine émeut, touche, remue, bouleverse. Il excelle dans l'art du rebondissement. On imagine le tsunami que la phrase « Je te trompe » peut provoquer. Il glisse un soupçon d'humour pour apporter une note plus légère.
Les figures maternelles intrusives sont sources de séquences théâtrales burlesques.

L'auteur tombe le masque de la pudeur pour une écriture plus sensuelle, voire érotique. Il met nos sens en éveil avec les parfums capiteux Philosykos, No 5, une note de vétiver ou l'odeur du livre de poche. On partage l'extase de Raphaëlle chez le traiteur Italien ( « Le jambon Serrano me faisait de l'oeil, et le gorgonzola... »).

Arnaud Cathrine, remarquable novelliste, se fait ici, entomologiste des coeurs et dissèque avec acuité et psychologie le sentiment amoureux. Il brosse un tableau de l'amour moderne, sans concession, miné par la solitude, l'angoisse, vampirisé par l'autre, cabossé par l'alcool, fracassé par le deuil. le ton est tour à tour pathétique, drôle, grave, touchant, romanesque, mais l'auteur clôt son recueil par une note optimiste, confirmée par les mots « reprise, renaissance ». Arnaud Cathrine nous prouve que l'amour est une intrigue haletante dont on ne cesse de tourner les pages. Et Serge Joncour de conclure dans L'écrivain national qu' « un amour même impossible c'est déjà de l'amour, c'est déjà aimer, profondément aimer, quitte à prolonger le vertige le plus longtemps possible ».


(1) : Citation d'Henri Calet
Commenter  J’apprécie          110
Au travers de dix nouvelles, Arnaud Cathrine parle d'amour avec beaucoup de talent et de tendresse. Si le texte qui ouvre le livre, lui a donné son titre, chaque nouvelle apporte un complément intéressant, un éclairage nouveau et des émotions différentes mais il est vrai que Pas exactement l'amour, le premier récit, laisse une porte ouverte à d'autres perspectives beaucoup plus optimistes que ce qui est relaté car c'est « la fin d'une démence pour lui et la fin d'une attente pour elle. »
« Mylène n'avait pas eu cette indulgence aimante : elle l'avait jeté d'un coup d'un seul, comme l'on se débarrasse d'un jouet dont on s'est lassé. » Cette Mylène qui fait toujours rêver Hervé, nous en apprenons l'identité un peu plus tard. Suit Une erreur de jeunesse, la nouvelle la plus prenante, angoissante aussi avec ces retrouvailles entre deux amis dont l'un refuse même de se souvenir de cet « amour de jeunesse » ou, selon qui parle : « une erreur de jeunesse. »
J'attendrai présente deux points de vue différents d'une même situation. Ce genre de récit est toujours étonnant et particulièrement instructif sur la façon dont nous pouvons voir les choses. Chacun compatit devant les soucis supposés de l'autre et chacun fait fausse route… ou presque.
Laissant découvrir au lecteur les autres nouvelles, il faut quand même parler de Simona. Raphaëlle parle de sa rencontre, dans le métro, avec Simona, son grand amour qui l'a quittée il y a cinq ans. Toujours amoureuse d'elle, elle est fortement troublée alors que, le soir-même, avec Nicole, sa compagne, elles doivent annoncer leur prochain mariage à la mère de celle-ci. Raphaëlle se confie, avoue tout mais la chute est très dure.
Ainsi, d'une histoire à l'autre, Arnaud Cathrine parle de l'amour, des amours, des joies, des déceptions, des ruptures et, si ne n'est pas exactement l'amour, cela y ressemble beaucoup.
Commenter  J’apprécie          100

Arnaud Cathrine livre un recueil de dix nouvelles autour de l'amour.. ou pas. Autour des lisières de l'amour, de ses extinctions, de ses méprises, de ses petites morts.

Dans Pas exactement l'amour, c'est une rencontre, une fréquence qui s'installe, le rapprochement charnel, 2 milieux sociaux pourtant éloignés, le même appart à lui, toujours, où ils se retrouvent, ses craintes à lui, plus tard. Et une crise. Et puis ensuite ils s'aimèrent, dénouement peu courant en littérature contemporaine.

Dans Si Mylène voyait ça, nouvelle que j'ai un peu moins aimée, il s'agit de l'après relation, la folie, l'internement, l'idolâtrie.

Une erreur de jeunesse, ou l'assassinat d'un amour de jeunesse lorsqu'il se rend au mariage conventionnel de son ami et ancien amant qui feint l'amnésie.

Avec Monsieur Bricolage, on a affaire à une scène déchirante de violence conjugale dans la stricte intimité. Une violence qui est jugée constitutive de l'amour.

J'attendrai, ce sont deux très beaux portraits croisés, en miroir, de personnes face à l'attente. Gestion du manque, réduction des déceptions, réflexion et sentiments en espérant le fils chéri ou l'amante mariée.

Simone. Cette belle italienne que Raphaëlle revoit au détour d'un trajet en métro, alors qu'elle s'apprête le soir même à annoncer à sa future belle-mère son mariage prochain avec Nicole. L'amour peut-il exister en franchise ?

Silence Radio, grève à France Inter. Silence de l'être aimé. Un silence qui s'éternise et une difficile entrée dans le deuil.

Des scènes sensibles, dont l'écriture et la justesse confirment encore la grande maturité de l'auteur face à ce qu'il perçoit des signes révélateurs des prémices ou annonciateurs d'un déclin d'une relation d'amour. Amour filial, amour charnel, amours adolescentes, amour homosexuel, l'Amour contemporain mais sûrement aussi éternel. Eternellement fragile.
Lien : http://chezlorraine.blogspot..
Commenter  J’apprécie          70
De vraies réussites que ces nouvelles sur l'amour, aussi variées que peut l'être ce sentiment et à l'écriture différente selon la thématique abordée. 2 histoires sont plus particulièrement marquantes : la première du recueil pour sa conclusion et "monsieur bricolage" pour sa cruauté.
Commenter  J’apprécie          60
Arnaud Cathrine nous offre son panorama des relations amoureuses en dix nouvelles. Tous ses personnages vivent quelque chose d'unique ou l'ont vécu. Tous réagissent différemment face à ce qu'ils appellent l'amour. le titre annonce la couleur : « Pas exactement l'amour »… Mais alors ? C'est quoi l'amour ?
Véritable exercice de style sous la belle plume d'Arnaud Cathrine qui sait disséquer l'âme humaine dans ses plus beaux et ses plus sombres recoins.
Lien : http://www.librairie-renaiss..
Commenter  J’apprécie          60
Pas exactement l'amour est un recueil de dix nouvelles qui essaye de nous expliquer ce qu'est l'amour. Je ne suis pas familière des nouvelles et à vrai dire j'ai été agréablement surprise.

Que faire quand l'amour s'enfuit ? Comment effacer un amour de jeunesse ? L'amour se trouve dans l'amitié tout comme l'amour et la famille. Il traite de la violence conjugale, tout autant que l'absence, le sexe et la peur de la lassitude.

Des questions s'immiscent au fil de ses nouvelles. J'ai senti la tristesse m'envahir plus d'une fois sans doute parce que ces personnages me semblaient trop vrais et ils le sont d'une certaine manière. Cette mère qui attend son fils, cet homme qui attend son amante en sachant qu'il existe une possibilité pour qu'elle ne vienne pas, cet homme qui n'a pas su tourner la page, cette femme qui a vécu avec le fantôme de l'amour.

Tous ses récits sont poignants d'une certaine manière, il nous montre que l'amour peut se cacher dans de l'affection ou par un brouillard. Cet amour consume autant qu'il rend heureux. Non, ce n'est pas exactement l'amour, mais ça peut l'être aux yeux de ses personnages qui gardent espoir. Dans un sens, c'est peut-être ça l'amour.
Lien : http://unehistoirede.wordpre..
Commenter  J’apprécie          40





Lecteurs (202) Voir plus



Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
5269 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre

{* *}