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Critiques sur Tout seul (52)


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    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan le 16/02/2013


    « Tout seul «  , c'est ainsi que les hommes l'ont surnommé .
    Tout seul , c'est l'état perpétuel auquel il aspire , dans ce phare , depuis près d'un demi-siècle...

    Boom !
    Beauté : œuvre magistrale s'il en est , véritable ode au silence et à la réflexion sur la condition d'être humain et les tourments inhérents à la différence , à SA différence .

    Boom !
    Contemplation : état du lecteur feuilletant ces sublimes pages bicolores au graphisme abouti et maitrisé à l'extrême . L'esprit vagabonde au gré de ces planches maritimes mutiques faisant la part belle à la méditation et au questionnement .

    Boom !
    Onirisme : sentiment prégnant allant de pair avec la solitude et la tristesse qui habitent cet album de bout en bout .

    Boom !
    Trame : dans le cas présent , épurée jusqu'à l'os , elle porte cependant , de par sa simplicité et l'engouement qu'elle suscite , la patte d'un très grand !

    Boom ! Explosions mystérieuses quotidiennes tentant bien humblement de tenir la dragée haute à ces assourdissants flots impétueux battant les flancs escarpés de ce noir ilot de solitude .
    Quatre lettres bien inoffensives pourtant génératrices d'évasion , de peur , de poésie , d'avenir , de liberté...

    Tout seul : à lire par le plus grand nombre !
    http://www.youtube.com/watch?v=dK35oeJzK7I

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    • Livres 5.00/5
    Par Pavlik le 28/05/2014


    Tout seul est une oeuvre minérale, sans fioritures, taillée dans du granit, qu'on imagine Breton. Une oeuvre émouvante mais qui, comme l'océan, sait se faire dure. Pour autant elle ne lorgne pas du côté de la pitié ou du misérabilisme, au contraire Chabouté témoigne d'une tendresse certaine pour Tout seul, le personnage central de ce récit.

    Son véritable nom n'est jamais mentionné. Les gens du coin (la Bretagne ?) l'appelle ainsi car il vit reclus, sur un phare en pleine mer. Difforme, il n'a jamais quitté son refuge depuis sa naissance. Ses parents, anciens gardiens du phare (avant son automatisation), ce sont arrangés pour qu'un pêcheur lui livre des vivres toutes les semaines. Celui-ci a récemment engagé un nouveau marin qui, intrigué par cet homme et son existence surréaliste essaye d'en savoir plus sur lui auprès de son patron. Quelle est sa vie ? Que fait-il de ses journées ?

    Magnifique histoire, Tout seul évoque un peu Silence de Comès, à la différence que ce dernier est victime de la cruauté des hommes, alors que Tout seul souffre de la solitude. La force qui le maintient en vie, dans ce décors ô combien romantique pour le quidam moyen, mais qui est pour lui une prison, est la puissance de son imagination, qu'il nourrit tous les soirs en choisissant, au hasard, une page de son dictionnaire. Mais, si Tout seul rêve de liberté (il collectionne soigneusement les objets de l'extérieur que le hasard du ressac amène à lui), la décision de partir n'est pour autant pas si évidente à prendre. Car dehors menace le regard de l'autre, symbolisé par cette scène magnifique où Tout seul, ouvrant son dictionnaire, tombe sur le mot monstre ce qui le fait se regarder dans le miroir.

    Très aride au niveau du texte, Tout seul se lit d'une traite et Chabouté nous livre, par ailleurs, un dessin très maîtrisé, magnifique noir et blanc, particulièrement dans les scènes nocturnes.

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    • Livres 5.00/5
    Par marina53 le 14/02/2013


    Un phare au milieu d'un vaste océan... Toutes les semaines, un bateau, chargé de deux hommes, ravitaille l'homme qui y demeure. Aucun des deux ne l'a jamais vu. On le surnomme «Tout seul», parce que depuis qu'il est né, il n'a jamais quitté ce phare, ce vaisseau de granit qu'il habite. On dit de lui que c'est un monstre et pourtant personne ne l'a jamais vu. Avec pour seule compagnie son poisson rouge et son dictionnaire, il n'a d'autres occupations que de pêcher et de rêver... Au fil des pages du dictionnaire sur lesquelles il tombe par hasard, il s'imagine tout un monde selon le mot qui s'affiche devant lui.

    Chabouté réussit un coup de maître avec cet album conséquent. Pas moins de 370 pages au cours desquelles, finalement, on contemple les dessins, le destin de cet homme, de ses rêves. Pourquoi quitter ce rocher alors que le vaste monde lui fait si peur?
    Un album des plus surprenant dans lequel Chabouté fait la part belle à l'onirisme, l'imagination, l'humanisme, la solitude, la sensibilité, l'humour et la tendresse.
    Avec ses dessins tout en noir et blanc, de superbes planches où le silence est roi, le graphisme de Chabouté se dévore des yeux... et on en prend plein les mirettes!
    Un véritable exploit graphique..

    Tout seul... mais quelle présence!

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    • Livres 5.00/5
    Par MachaLoubrun le 22/10/2013


    Il vit « Tout seul » dans un phare qu'il n'a jamais quitté depuis sa naissance. Est-il vraiment un monstre ? Personne ne l'a jamais vu.

    Un vieux pécheur bourru l'approvisionne régulièrement sans se poser de questions mais un jour il embauche un homme qui est bouleversé par cette situation…Une attente se crée, amplifiant l'empathie du lecteur pour cet homme mystérieux dont on découvre petit à petit le quotidien.
    Pour illuminer ses journées monotones, il déjeune en compagnie de son poisson rouge et pointe son doigt au hasard sur les mots de son dictionnaire. Dès lors, son imagination s'envole, il s'enivre d'images d'un monde qu'il n'a jamais vu. de superbes dessins en noir et blanc illustrent cette BD peu bavarde où paradoxalement l'importance des mots est capitale. C'est une histoire simple, d'un grand humanisme, au cours de laquelle on croise des regards apeurés, émerveillés, curieux ou bienveillants…
    J'ai tourné la dernière page submergée par l'émotion comme après avoir reçu un gros paquet de mer. Chabouté signe une portrait poignant et d'une grande force poétique qui offre un beau message d'espoir.

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    • Livres 5.00/5
    Par Yggdrasil le 15/03/2014


    Face à l'immensité maritime, le vol de la mouette s'étire, lentement, le temps suspend son vol, la solitude imprègne peu à peu le lecteur. Un phare déchire l'horizon, vaisseau de pierre, gardien des côtes, sentinelle des âmes en peine. le phare un refuge, une prison? Nul ne le sait.

    Tout seul y vit cloîtré depuis bientôt cinquante ans. Tout seul, c'est ainsi qu'on le désigne. Personne ne l'a jamais vu, personne ne le connaît, nul ne sait son véritable prénom. Seul un bateau de pêcheur vient le ravitailler une fois par semaine comme on nourrit un animal en cage. Dans son bocal, Tout seul cueille les rebuts de la société, des ramassis de souvenirs, seuls témoignages de vie; des objets épars encombrent les pièces. Dans cette solitude au hasard des mots du dictionnaire, l'homme découvre la vie. La puissance de son imagination irradie chaque définition, mais peu à peu il apprend les mots qui font mal, les mots qui blessent, qui font réfléchir, ceux qui vous font sortir de la candeur, qui vous renvoient votre reflet. Même face à la mer, le temps finit par vous rattraper.

    Au fil des livraisons, on pénètre dans l'intimité de la solitude, un endroit où le temps ne semble plus avoir de prises, où l'innocence enlève les imperfections, les différences. Tout seul apporte un rayon de bonheur iodé à cette solitude, à cet isolement. On sourit avec ce nouveau candide, on s'émeut de ses bonheurs, de son amitié avec un poisson. Mais ce bonheur relatif s'étiole, cède face à l'ouragan de l'aventure, de la découverte. La solitude ne se limite pas à un lieu, elle ne préserve de rien. Tout seul nous ouvre les portes de ces îles désertes, de ces moments privilégiés.


    Lien : http://pmasq.wordpress.com/2014/03/13/tout-seul/

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    • Livres 5.00/5
    Par Coriolis le 05/08/2014


    Seuls les cris des mouettes et le ressac viennent déchirer le silence dans lequel il est emmuré depuis cinquante ans. Isolé du reste du monde par ses parents décédés aujourd'hui, Tout seul vit dans un phare au milieu de l'océan. Guide pour certains, son phare est devenu pour lui à la foi prison et refuge. Un abri de béton qui dissimule aux regards moqueurs les difformités physiques avec lesquelles il a dû apprendre à vivre depuis sa naissance. Loin de la civilisation, il a dû remplir son existence en imaginant ce qui existe au-delà de la barrière d'eau qui l'entoure. Unique contact matériel avec le monde extérieur, un bateau de pêche vient l'approvisionner régulièrement. Tout seul n'a, pour autant, jamais échangé avec l'équipage, ne manquant jamais de se cacher dès que l'embarcation se profilait à l'horizon. Ermite d'une candeur poignante, Tout seul à l'écart de ses contemporains recouvre le monde dont il ignore l'essentiel d'une patine enfantine et onirique. Et le lecteur emporté par l'imagination désinhibée de ce personnage, se surprend tour à tour à l'aimer, à le plaindre et parfois à envier sa douce naïveté.
    Une solitude forcée pour un homme perclus de curiosité et d'envies.
    Un être maintenu à l'écart d'un monde dont il ne connaît rien et qu'il rêve sans cesse.
    Une terre loin du tumulte des eaux où certains hommes, corrompus par les excès, ont perdu innocence et envie.
    Un auteur : Chabouté. Un rêveur qui une nouvelle fois fait mouche avec une histoire où l'émotion est de mise.
    Serti de noir et de blanc et nimbé d'une ambiance minimaliste, un album qui joue sur les différences, la tolérance et la solitude.
    Tout seul, esprit d'enfant dans un corps d'homme, n'est pourtant pas le plus solitaire des êtres qui hantent ces pages. Être lunaire, sorte de mime Marceau perdu au milieu des eaux, il traverse l'existence sans attaches certes, mais en compagnie de ses rêves, ses croyances et ses espoirs... Pourrait-on en dire autant de ses contemporains dont il ignore presque tout...

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    • Livres 5.00/5
    Par Verdorie le 20/02/2013


    Est-ce aussi une critique ? (ou un dithyrambe au talent de Chabouté ?) si je dis simplement : subjuguée !, emportée par les vagues, sous un ciel nuageux, jusqu'au cœur d'un phare, ou vit un homme qui connait une solitude si dense, qu'on est capable de la ressentir physiquement (pour autant que ce soit possible...ma chair de poule en témoigne, en tout cas).
    L'infinitude de la solitude, face à la mer et son propre reflet...

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    • Livres 5.00/5
    Par igaluck le 28/01/2014


    Un gros livre très lourd pour une histoire toute petite. Pour une vie minuscule et humble entre mer et ciel. Les mouettes, par leurs circonvolutions, mettent le décor en place. Comme photographié, le paysage se dévoile par cadrages successifs, en cases simples en noir et blanc. C'est beau, et l'histoire est fascinante. On navigue dans les mots. Poétique et dur. Symbolique et émouvant. Un bien bel album.

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    • Livres 5.00/5
    Par Ameni le 31/12/2013


    Des fois, un petit juron vaut mieux qu'une longue critique. Après avoir fini, à regret, il n'y a que "Bordel de merde…" qui vient (bon, et puis après, on a envie d'en parler quand même, on ne se refait pas).

    Tout seul, c'est l'histoire d'un homme (cousin éloigné de Quasimodo et d'Elephant Man), qui vit seul, a toujours vécu seul d'ailleurs, dans un phare au large des côtes. Aucun contact avec la terme ferme et ses habitants. Bref, vous l'avez compris Tout seul parle de solitude. le gars pêche, mais comme ça ne nourrit pas son homme, celui-ci est ravitaillé par un pêcheur. le Drive avant l'heure.

    Tout seul vaut le détour. Et pas que pour son histoire.

    Par son dessin, noir et blanc, à la fois sobre et détaillé, magnifique (Tout seul Chabouté dans Google Images, ça fera déjà un bon aperçu). Sa construction aussi, on passe de la vie de cet homme aux pêcheurs venant le ravitailler, dont un qui débute et que cet homme seul intrigue, jusqu'à l'activité favorite de l'ermite. La BD est imposante (370 pages) mais jamais l'ennui ne s'invite.

    Et cette activité est assez extraordinaire, une véritable ode à l'imagination. Dans le phare, un "Boom" retentit, un dictionnaire tombe sur la table. Au pif, un doigt est mis sur un mot et c'est parti pour imaginer ce que représente ce mot. Ces épisodes imaginaires sont magiques, drôles et parfois (car les mots aussi peuvent être méchants) terriblement cruels.

    Très, très peu de texte, place à la force des images et de l'histoire. Quelle oeuvre mes aïeux !


    Lien : http://blogameni.wordpress.com/2013/12/31/tout-seul-chaboute/

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    • Livres 4.00/5
    Par yvantilleuil le 13/02/2011


    Certains poètes ont besoin d'une avalanche de mots pour faire passer des sentiments. Dans Tout seul, Chabouté se la joue à l'économie, son graphisme sombre et efficace rendant tout texte superflu. Au milieu de jeux d'ombres splendides, les non-dits et les longs moments de silence, font lentement leur devoir. le lecteur se laisse envelopper par l'ambiance, par la solitude, par les sentiments de cet homme reclus. Les mots se font rares, mais chacun d'entre eux percute le lecteur tel un coup de massue : BOUM !!!

    Le grand nombre de pages et le mutisme du récit permettent à l'auteur de placer méticuleusement son décor et ses quelques personnages. Les attributs qui accompagnent cet homme dans son isolement ne sont pas nombreux, mais sont utilisés avec maestria par un Chabouté en grande forme. Des attributs qui vont graduellement contribuer à comprendre et à développer la psychologie de cet habitant solitaire du phare, à l'image de ce poisson rouge, que l'auteur utilisera par deux fois avec brio.

    Il faut aussi souligner la justesse des deux personnages secondaires, l'un entretenant le mythe de ce personnage que personne n'a jamais vu et l'autre partageant l'envie du lecteur d'en apprendre plus. Un second marin qui, de par son passé, partage les sentiments d'isolement et de solitude de celui que tout le monde surnomme Tout seul.

    Du grand art !


    Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2010/04/14/chaboute-tout-seul/

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