Ajouter une critique

Critiques sur La légende de nos pères (16)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


    • Livres 5.00/5
    Par Pasdel le 28/01/2012


    La légende de nos pères c'est la confrontation de deux personnages, de deux générations, mais aussi deux     témoignages sur la Résistance: l'une vécue et l'autre "apprise".

    C'est aussi l'histoire des relations entre deux pères et leurs enfants respectifs. Relation difficile pour le narrateur qui n'a connu que la "présence" de son père alors qu'il aurait voulu communiquer avec lui, échanger ses souvenirs. Relation de père prodigue pour l'autre.

    La légende de nos pères c'est aussi la recherche de cet être idéal, ce héros que l'on voudrait être,mais que nous ne sommes pas. Les mensonges qu'on invente et qui finissent par vous dévorer.

    La légende de nos pères, c'est la quête de la guérison, de la vérité, L'affrontement  salutaire de deux hommes en proie à leurs doutes, à leurs souffrances.

    C'est aussi un auteur,  un style épuré où chaque mot est utilisé pour lui même sans rajout, sans fioriture. C'est surtout un roman qui vous prend.


    Lien : http://leslecturesdepasdel.over-blog.com/article-la-legende-de-nos-p..

    critique de qualité ? (39 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par MarieC le 04/04/2012


    Fils de résistant, le narrateur a laissé disparaitre son père sans lui faire raconter son histoire... Lorsqu'il est contacté par une femme qui veut lui faire rédiger l'histoire de son père, héros de la résistance, il voit l'occasion d'éclaircir ses propres rapports avec le passé paternel. Mais rapidement, il doute des récits de Beuzaboc... Plus qu'un roman sur la Résistance, ce beau texte à l'écriture limpide installe, sans prétentions ni contradictions une réflexion sur le mensonge et sur la mémoire du père, de nos pères. Faut-il, au nom de la vérité historique, du respect des véritables héros et martyrs, dénoncer un homme dont la faute a été de vouloir faire rêver sa petite fille ? Faut-il au contraire accepter le mensonge pour ne pas faire déchoir un vieillard dans l'estime de son enfant ? La réponse apportée est bien belle et touchante ! Je retiendrai également - dans un cycle de lectures sur la Résistance - que ce roman raconte aussi la fin d'une époque pour laquelle les luttes des années 40 étaient un absolu intangible.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe le 25/09/2011


    Ah ces pères qui se font mousser face aux jeunes yeux éblouis!
    Lupuline, comme un petit Marcel Pagnol face au fameux doublet de bartavelles, rêvait de la Gloire de son père. Un livre pourquoi pas?
    Ce père,Tescelin Ghesquièree alias Bauzaboc,à l'orée de la mort,ce grand résistant,elle le connait par coeur, elle connait le bruit des bottes, de ces salauds d' allemands, qu'il lui mimait le soir, elle connait "sa fable sur la bravoure" tissée d'anecdotes charentaises sous l'occupation,le voyage à vélo, le cimetière d'Annequin,les sabotages,les représailles,les aviateurs anglais,la blessure à la jambe gauche, l'ouvrier Fives,le lycéen Trompette...
    Trompette?
    Le narrateur, Marcel Frémaux, estime "avoir failli à son devoir de fils".Biographe, chargé en 2003 par Lupuline, la chirurgienne aux chaussures rouges,vingt ans après l'avoir croisée à l'enterrement de son propre père,Pierre Frémaux dit Brumaire, résistant aussi, arrêté,déporté, mais très peu loquace,d'écrire "La guerre de nos pères",il ne respire plus à l'évocation de ce nom car il se revoit petit,"marchant à grand bruit le pouce entre les lèvres.
    La rencontre avec Bauzaboc, les Confidences recueillies et ses propres doutes sur la véracité de ses propos va lui ouvrir certaines portes qui vont bouleverser et enclencher sa vie vers un jour nouveau.
    Le thème du héros démythifié (présent chez Sorj Chalandon dans le traitre et Retour à Killybegs d'un autre ordre ici) prend toute sa valeur dans les yeux des enfants trahis. Connaissons nous bien nos proches ou uniquement à travers l'image qu'ils nous donnent à voir? Peut-on tout écrire? Peut-on tout pardonner?
    La légende de nos pères:un livre fort à l'écriture sensible,qui parle de confiance et d'émotions qui montent en crescendo entre tendresse, colère et espoir dans un coeur à la fois léger et lourd.Qu'il est donc dur de faire un deuil!

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par emmyne le 14/05/2011


    Monsieur Chalandon,

    Vous m'avez découvert un coeur littéraire, le coeur des mots. Ceux que vous écrivez, ceux que vous avez dit auxquels j'ai tant appréhendé de répondre. Vous m'avez troublée, impressionnée, intimidée. Avant vos romans, je n'avais ressenti aussi violemment une lecture, été autant saisie par l'émotion d'une écriture. Vous m'avez donné à lire, vous me faites écrire. Ecrire sur vos phrases qui racontent les sentiments et les silences, les guerres et la brûlure des promesses. Votre plume dessine des motifs intimes et trace cette ligne brillante qui relie miraculeusement l'auteur au lecteur. Qu'elle est belle votre quête dans l'écriture, de l'écriture, elle m'offre de purs moments de lecture qui me sont précieux.

    Peu m'importe que vous ne sachiez pas écrire d'histoires de femmes, vous écrivez celle des hommes. J'aime votre façon d'aimer, votre douloureux amour des mots, leur virilité, votre pudeur et votre vérité, la force de vos convictions et votre vocation, la sincérité et la vulnérabilité de votre regard, votre fidélité, votre mémoire, votre résistance.

    L'enfant blessé que vous avez été et le journaliste engagé que vous êtes ne peuvent cesser de témoigner. Je vous prie de ne jamais renoncer à votre chemin d'écriture. Ne me trahissez pas, je vous attends.

    Toujours votre

    Marilyne



    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/05/14/21131187.html..

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par kathy le 18/02/2012


    Mon père s'appelait Pierre Frémaux. Il était dans la Résistance : il s'appelait Brumaire.
    Faute d'avoir pu retrouver les traces de son passé « héroïque » - car il refusait de se confier à moi ; car il disait qu' « il était trop tard pour l'Histoire » ; car pour lui « l'honneur avait perdu patience »… Mais aussi, à cause de son regard de myope, de son corps frêle et cassant, de sa voix terne, de ses gestes murmurés, … Mais encore, parce qu'autour de moi personne ne s'était jamais douté de sa vaillance, ni même évoqué son arrestation et sa déportation,… - j'ai cherché à découvrir la vérité pour tenter de comprendre.

    Je suis le fils de Pierre Frémaux. J'exerce le métier de « prête-plume ».

    Eté 2003. La chaleur est compacte. Elle pèse sur nos épaules le jour comme la nuit.
    En cet été caniculaire, Lupuline est venue me solliciter afin d'écrire la guerre de son père, - prénommé Beuzaboc - et rendre à ses « souvenirs leur parfum de mémoire ».

    Lors de notre premier entretien, je trouvais Beuzaboc impressionnant, fort, beau et attachant. Je décidais alors de partir sur ses traces comme si c'était MON père. « Ce parallèle, ce double, cette envie de fierté pour un père comme pour l'autre ». Moi, son biographe et lui, mon illusion.

    Mais au final, quel désenchantement ! Car je m'aperçois que ce vieux « faussaire », qui avait accepté de se confier à un inconnu, s'est servi de moi pour meurtrir la vérité en voulant être un autre. Simplement pour que Lupuline - sa fille - se souvienne. Ainsi, « il avait recueilli des éclats de vaillance et choisi des bravoures qui n'étaient pas les siens. Il avait volé quelques hommes, s'était glissé dans la peau de l'un, le courage de l'autre, la douleur du troisième, pour les ramener tous les trois à la vie. Il n'était pas la somme de ses renoncements, mais l'addition de leurs courages. Il avait une vie en plus. »

    La légende de nos pères est un roman où le lecteur, tout comme le narrateur, oscille en permanence entre vérité et mensonge. Cette « cérémonie des souvenirs » nous fait éprouver, des doutes, des scrupules, de la colère ; le tout dans une atmosphère caniculaire où chacun se PROTEGE, comme il peut, par des gestes, des regards, des silences…

    Une écriture précise, rythmée, intense, émouvante où l'essentiel est suggéré.

    Un livre poignant, qui "vous prend par la manche et ne vous laisse plus respirer", pour tous ceux qui sont à la recherche de LEURS origines et d'une figure paternelle idéale.... et pour les autres bien sûr !

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl le 17/06/2011


    Marcel Frémaux est le fils d'un ancien résistant. Modeste et très pudique, ce dernier n'a jamais voulu parler de son passé à son fils. Il mourra sans lui avoir laissé la clé.
    Devenu adulte, Marcel est devenu biographe. Non pas biographe de personnes célèbres, non. Biographe familial. Biographe des petites gens qui souhaitent léguer leurs histoires à leur famille, à leurs amis.
    "Toute vie mérite d'être contée" argue-t'il dans ses publicités.
    Un jour, c'est une certaine Lupuline Beuzaboc qui se présente à lui. Elle souhaite mettre par écrit les mémoires de son père et toutes les grandes histoires qu'il lui racontait au bord du lit.
    Marcel se souvient : Beuzaboc et sa fille était présent à l'enterrement de son père. Beuzaboc était résistant lui aussi mais c'est également un homme blessé qui refuse tout hommage et qui est réticent à se lancer dans cette biographie. Lupuline réussit à le convaincre et Marcel commence alors ses entretiens avec le vieil homme.
    Cherchant son père à travers le père de Lupuline, Marcel va aller à la recherche de la vérité. Mais la vérité correspond-t'elle toujours à ce qu'on souhaiterait ?

    "La légende de nos pères" est un roman formidable. Ce n'est pas un roman trépidant, l'histoire s'installe lentement. On suit les entretiens du biographe et du résistant, les recherches de Marcel concernant des points de détails de l'histoire ou quelques incohérences. Néanmoins la puissance de ce roman grandit inéxorablement au fil des pages. L'ambiance s'alourdit et va conduire vers la terrible tension finale.

    On pourrait penser qu'il s'agit d'une livre sur la 2ème guerre mondiale mais il n'en est rien.
    Il s'agit surtout ici de la question de la mémoire. La mémoire des vivants et des morts. de la façon dont elle est transmise et des éléments que l'on transmet. Sommes-nous ce que nous sommes ou seulement ce que nous racontons de nous-même ? Où est la part de vérité et d'imagination, d'interprétation de notre passé et de notre vie ?
    Marcel n'a pas su entendre son père avant qu'il meure et il s'aperçoit qu'il ne sait pas qui est réellement son père. Lupuline, au contraire, a grandi avec les récits héroiques que ce dernier lui contait avec enthousiasme pour ne pas la décevoir mais connait-elle mieux pour autant son père ?

    L'auteur ne se pose pas ici en juge et se contente de montrer toute la difficulté de la transmission familiale. Nos propos ne sont-ils pas faussés d'une certaine manière par notre manque de recul, d'objectivité sur nous-même. Ne racontons-nous pas aussi ce que nos interlocuteurs aimeraient entendre ? Les choses que nous choisissons de raconter ont été au préalable passées au prisme de notre propre sélection naturelle. Mais dès lors, peut-on malgré tout nous accuser de mensonges ?
    Etre fidèle à quelqu'un peut signifie en trahir en autre alors où se trouve la juste position ?

    Les mots justes peuvent être difficiles à trouver également, pour le personnage du biographe comme pour l'auteur lui-même. On découvre la difficulté de l'écriture, d'être au plus près de ce que l'on souhaite exprimer à travers nos mots.

    " J'avais la première phrase de la biographie. “Novembre. C'était novembre, et il pleuvait sur nous.” Non. Trop solennel. Il fallait dépouiller chaque mot. “C'était novembre, et il pleuvait.” Les élaguer encore. “Il pleuvait. C'était novembre.” Les tailler d'avantage. “Novembre, et il pleuvait.” Voilà. C'était ça. Je me suis arrêté à un angle de rue. J'ai sorti mon carnet noir à élastique et écrit cette phrase avant de la souligner. “Novembre, et il pleuvait.” "

    Pourtant que dire de l'écriture de Chalandon : si juste et d'une belle sobriété qui n'empêche pas un style poétique à la force poignante.

    Il sera aussi question ici de choix, d'engagement, de notre culpabilité face à certains mais aussi de pardon et de renoncements. Pleins de choses très belles que je vous laisse de toute manière découvrir.

    "La légende de nos pères" est un très très beau roman qu'il serait dommage d'oublier.


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-la-legende-de-nos-pere..

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par VivianeB le 01/04/2012


    Un style littéraire fort et touchant pour parler de la guerre, de la résistance, du silence lié au traumatisme mais également la transmission d'une histoire familiale qui parfois peut-être une légende... Un beau livre.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Stemilou le 06/01/2010


    Sélection Prix du Roman Fnac 2009



    Résumé
    Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. 'Toute vie mérite d'être racontée', disent ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient à lui. Il les écoute, met en forme leurs souvenirs, les rédige puis fait imprimer un livre destiné aux amis ou au cercle familial. Un matin, Lupuline Beuzaboc se présente au biographe. Tescelin, le père de Lupuline, ancien cheminot du Nord de la France, était un Résistant, un partisan de l'Armée des ombres. Dédaigneux des hommages, il n'a raconté sa bravoure qu'à sa fille. Alors, pour ses 85 ans, Lupuline veut offrir à son père les mémoires de son combat. Elle veut ramener son passé glorieux en pleine lumière. le vieil homme est réticent. Embarrassé. En colère même de tout ce tapage. Et puis il accepte.


    Commentaire

    Le père de Lupuline, Tescelin, était cheminot du Nord de la France et résistant. Allergique des hommages aux anciens soldats, il ne raconte ses exploits qu'à sa fille qui décide pour l'anniversaire de son père de lui offrir ses mémoires, son combat au sein de la résistance. Mais le vieil homme est réticent. Pourquoi ? A-t-il quelque chose à cacher ? Sa fille insiste et il accepte tout de même.



    Lupuline fait appel à Marcel Fremaux, biographe familial, il sera charger de dresser l'histoire de ce partisan. Mais celui-ci est encore sous le coup de la mort de son père, ancien résistant également et qui n'a jamais rien raconté de sa guerre. Alors en écoutant Beuzaboc (Tescelin) c'est comme s'il écoutait son père. Il retrace le périple de Beuzaboc en espérant y repérer son père mais il est troublé par certains détails, il doute.

    D'une écriture fluide l'auteur nous emporte en pleine guerre, cette sale guerre, celle de 39-45 et cette guerre des résistants, de ces héros du quotidien, de Pierre Fremaux et de Beuzaboc.

    Une plongée au cœur des souvenirs, simplement, sans vraiment tremper en pleine Histoire, quelques dates et quelques noms, voilà tout ; mais un personnage, fort, Tescelin Guesquière alias Beuzaboc. On s'attache à ce personnage fort qu'est Beuzaboc et au besoin qu'il a d'émerveillé sa fille en lui contant des exploits qu'il n'a pas commis. On plonge facilement dans ce roman héroïque et dramatique, entre vérité et mensonge pour faire revivre l'histoire de ces héros. L'auteur évoque aussi ce manque que l'on ressent lorsque l'enfant ignore tout de son père, de son passé et de ses gloires.

    De personnages forts on passe à la recherche d'une existence, et à l'oubli.



    Ne connaissant pas cet auteur avant, je me suis baladé sur la blogosphère et on en dit beaucoup de bien donc ne pas hésiter !!!


    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-35551606.html

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe le 24/09/2011


    "Dernier hommage à Brumaire" lors de son enterrement."Neuf personnes et trois drapeaux."
    Brumaire, "ce héros sans lumière,ce résistant,ce brave,ce combattant dans son coin d'ombre" qu'a laissé partir son fils?
    C'est à la recherche de ce père perdu,trop peu loquace,véritable héros soumis à l'indifférence des autres,c'est à travers les mots d'un autre, ceux de Tescelin Beuzaboc,auquel sa fille Lupuline, admirative, veut offrir le livre de sa vie,que le narrateur "biographe familial" va retrouver sa propre vérité et les mensonges d'un autre.
    Un livre qui touche car empreint d'émotions (joies enfantines,douleur,colère,dégoût,paix) qui au départ aurait pu ressembler à Effroyables jardins de Michel Quint dans son évocation de le résistance et de hauts faits d'armes mais qui tourne à la démythification du héros,un thème cher à Sorj Chalandon retrouvé dans l'admirable Mon traître et dans sa suite, Retour à Killybegs.
    La légende de nos pères: un livre humain,sensible et parsemé de poésie qui parle de confiance,d'image,de reconnaissance,de trahison,de remise en question et de pardon.
    Sorj Chalandon, un écrivain hors pair toujours égal à lui même(Une promesse a obtenu le prix Médicis général 2006 et Retour à Killybegs a été sélectionné pour le prix Goncourt 2011)

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle le 27/11/2009


    Marcel Frémaux, ancien instituteur et journaliste pendant six ans en tant que correspondant local pour La Voix du Nord, est aujourd'hui devenu biographe familial. A force d'écouter et de regarder la vie des autres, l'idée lui est venue de devenir biographe des ‘petits riens' des gens, leur offrant des mots là où on lui prête une vie. Ni psychologue ni confesseur, juste un homme qui propose ses services pour mettre en mots les souvenirs des gens, les rédiger et ensuite les imprimer afin d'en faire des livres à compte d'auteur destinés exclusivement aux amis et membres de la famille du client.

    Un travail tranquille jusqu'au jour où se présente à son bureau Lupuline Beuzaboc. Cette jeune femme lui demande de rencontrer son père, un homme âgé aujourd'hui de 85 ans et ancien Résistant qui lui contait - petite fille avant de s'endormir - ses exploits de résistant, afin qu'il écrive sa biographie pour offrir à son père en cadeau le récit de sa vie.

    Une demande qui suscitera une implication inhabituelle dans son travail de biographe : le propre père de Marcel Frémaux, ancien Résistant lui-même, avait toujours refuser de se confier à son fils. Tant et si bien que cet homme simple, terne, cet homme aux gestes murmurés et au corps frêle avait fini par faire douter son fils de sa vaillance. Ce rendez-vous manqué avec son père, Marcel Frémaux compte peut-être le rattraper en devenant le biographe du père de Lupuline, un homme fort et attachant, un peu comme si partir sur les traces de ce père lui permettait de partir sur les traces du sien…

    Mais très vite Marcel Frémaux se met à douter de la véracité des dires de Beuzaboc, et contrairement à son habitude, va commencer à enquêter pour vérifier les faits tels qu'énoncés par ce soi-disant Résistant…

    Sorj Chalandon revient sur des thèmes qui lui sont chers : les liens familiaux, les êtres qui se croisent mais qui ne cessent de se manquer, le mensonge, le doute, le poids des choix que nous posons sur nos vies, l'engagement, la trahison, l'usurpation et la culpabilité sans oublier le pardon et le besoin de rédemption. La légende de nos pères, c'est aussi avant tout l'importance de la transmission de notre histoire, ce que nous sommes mais aussi ce que nous ne sommes pas, un ensemble parfois confus reprenant des éléments vécus personnellement ou pas mais qui témoignent tous de ce qui fut et d'où l'on vient. Un récit très dépouillé, aux phrases courtes et élaguées, taillées pour aller dans le vif des sentiments et des actes posés.


    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-la-legende-de-nos-..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir La légende de nos pères par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (71)

> voir plus

Quiz