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ISBN : 2246726212
Éditeur : Grasset (26/08/2009)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 223 notes)
Résumé :
Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. "Toute vie mérite d'être racontée", disent ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient à lui. Il les écoute, met en forme leurs souvenirs, les rédige puis fait imprimer un livre destiné aux amis ou au cercle familial.

Un matin, Lupuline Beuzaboc se présente au biographe.
Tescelin, le père de Lupuline, ancien cheminot du Nord de la Fra... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
14 janvier 2017
  • 4/ 5
Dans ce roman, l'auteur réalise un travail sur la mémoire, en écrivant des biographies à petit tirage, à la demande d'un membre de la famille pour rendre hommage à l'un des leurs. Pour cela, il rencontre les personnes et notent tout ce qu'elles lui confient.
Ici, ce sont les souvenirs de guerre de Beuzaboc, à la demande de sa fille. Mais qui est-il vraiment ?
Il approfondit ainsi ce qu'est le véritable travail du biographe : mettre simplement des mots sur les souvenirs que l'autre raconte, rechercher les émotions, ou vérifier les faits à la manière d'un journaliste ?
"Le client raconte, le biographe écrit. C'est son devoir, sa fonction, son rôle. Et peu importe si tout est trop beau ou trop calme."
Il aborde ainsi très bien la notion de doute : S'agit-il de vrais souvenirs, ou embellit-il les faits pour se construire une légende ? Cela résonne d'autant plus chez le biographe que son propre père a été un héros anonyme, un survivant des camps et qu'il ne connaît pratiquement rien de lui car il était trop petit à son retour.
Certes, on peut vérifier les évènements dans les journaux de l'époque, mais, il est parfois difficile de retracer un parcours individuel (héros de l'ombre ou passé reconstruit?) Tout le monde s'est réveillé Résistant à la Libération alors que les vrais héros, ceux qui revenaient des camps restaient dans l'ombre. Voulait-on vraiment les entendre ?
On voit ainsi se tisser un échange, comme au tennis, entre la culpabilité de celui qui n'a peut-être pas été un héros et celle de celui qui n'a pas écouté son père décédé trop tôt, quand il en parlait avec son frère aîné et tous les regrets que cela peut provoquer ?
"On fait son deuil, mais on ne revient pas d'un rendez-vous manqué"
le style de Sorj Chalandon est direct, les phrase courtes, percutantes, voire lapidaires et la trame s'étoffe, peu à peu, comme les instruments qui se rajoutent pour enrichir le thème dans une partition de musique et il entraîne le lecteur dans une histoire passionnante. J'ai beaucoup aimé ce roman, comme j'avais apprécié "Le quatrième mur".

Lien : http://leslivresdeve.wordpre..
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carre
19 juillet 2012
  • 4/ 5
Encore du bon avec Chalandon, en plus sa rime. Un écrivain public sur la demande d'une cliente rencontre le père de celle-ci pour mettre sur papier son passé de résistant. Mais très vite Fremaux doute de la véracité des propos de son client. Lui qui espérait à travers Bauzaboc retrouver l'héroïsme secret de son propre père, et mettre des réponses sur les non-dits paternels, ressent un profond malaise. Que ça soit à travers Tyrone Meahan (dans les remarquables « Mon traitre » et « Retour à Killibegs ») ou dans celle de ce vieux monsieur qui n'a cesser de raconter ces exploits fictifs à sa fille admirative et demandeuse, Chalandon interroge la mémoire et sa transmission. Avec une question fondamentale, qu'elle est la place de la vérité et celle de la fiction lorsque le doute s'installe ? Comment ne pas salir ceux qui ont vraiment mis leur vie en danger pour un idéal ?
Le roman de Sorj Chalandon m'a rappelé un peu celui de Jean-François Deniau « un héros très discret » sur sa trame de départ. Se fabriquer un passé héroïque pour un avenir plus acceptable.
Chalandon tisse de livre en livre une oeuvre profondément cohérente, cette « légendes de nos pères » n'échappe pas à la règle. L'écriture est talentueuse, intense remarquablement prenante. Un livre qui mérite notre admiration. C'est devenu une habitude.
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joedi
14 novembre 2014
  • 5/ 5
Une fois de plus Sorj Chalandon m'a comblée ; ses mots sont poésie, ses phrases musicalité, son roman honore la Résistance et la filiation.
Nous sommes le 17 novembre 1983, Marcel a vingt-sept ans, c'est l'enterrement de son père, Pierre Frémaux, Brumaire de son nom de résistant.
«Ce fut ce jour-là, regardant les drapeaux et la panthère rouge, observant un à un les trois partisans, écoutant Tristan et ses larmes de pluie, que je fus orphelin. Vraiment. de père et de mère. Mon père était comme mort avant d'entrer en terre. Ma mère allait mourir de l'y avoir conduit. de lui et d'elle resteraient un enfant sans lumière, un autre sans empreinte.»
[Lucas, frère de Marcel, est devenu aveugle dix ans avant le décès de leur père]
Marcel ne les connaît pas encore mais il remarque en retrait Beuzaboc et sa fille Lupuline avec ses chaussures rouges, c'est la troisième fois qu'il les aperçoit à un enterrement de Résistant, c'est aux chaussures de la jeune femme qu'il les a reconnus.
Son père racontait son passé de résistant à Lucas, son frère de dix ans son aîné, avec Marcel, il jouait.
En novembre 2002 Lupuline Beuzaboc le contacte pour écrire la biographe de son père ou plutôt ses faits de Résistant qu'il lui racontait le soir avant qu'elle ne s'endorme lorsqu'elle avait douze ans, ses histoires ont bercé son adolescence, son père c'est son héros. Marcel avait été instituteur puis journaliste, avant de choisir le métier de biographe familial.
Marcel, le narrateur, ressent un malaise lorsqu'il écoute Beuzaboc qui raconte sa "résistance", il doute de la véracité de ses récits, lui fils de Résistant à la recherche de la mémoire de son père.
La légende de nos pères encore une perle de Sorj Chalandon, à lire !
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spleen
11 mai 2016
  • 5/ 5
Lorsque Lupuline Beuzaboc demande à Marcel Fermaux ancien journaliste reconverti dans la biographie des autres," les obscurs, les sans-grade "de rassembler dans un livre les souvenirs de son père lorsqu'il était dans la résistance pour son quatre vingt quatrième anniversaire , l'écrivain y voit l'occasion de renouer avec ceux de son père disparu quelques vingt ans plus tôt .
Orphelin trop tôt , Marcel s'en veut de ne pas avoir recueilli lui-même les mots de son père racontant si parcimonieusement ses faits de guerre au frère ainé , ce père , Pierre Fermaux devenu Brumaire pour ses frères d'armes, "ses gars".
Mais le doute s'installe rapidement , Marcel vérifie les propos du vieil homme , la confiance s'ébranle et les séances deviennent pénibles pour les deux hommes autant que la canicule installée sur la France en cet été 2002 jusqu'à l'orage .
Comment ne pas trahir l'attente de Lupuline qui veut garder intactes ses émotions d'enfant lorsque son père venait lui raconter le soir dans sa chambre ses exploits .
Comment ne pas trahir le vieil homme prisonnier de son statut de héros vis à vis de sa fille ?
Comment retrouver son père loin de l'image du petit homme fatigué qu'il a gardé ?
Un grand moment !
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ClaireG
24 août 2015
  • 5/ 5
Après le Quatrième Mur, qui m' a laissée sur place remplie d'admiration, j'ai entamé La Légende de nos Pères. L'auteur fait dire au biographe "Depuis toujours, je recherche les mots. Je les veux au plus près, au plus pur, au plus nu". C'est ça la force de Chalandon, la clarté, la précision, l'efficacité du mot qui permet d'accrocher le lecteur par la manche et de ne plus le lâcher. Inutile d'ajouter encore un mot de l'histoire après toutes les bonnes critiques déjà déposées. "Vous avez hérité de sa vérité et moi, je ne veux pas léguer mes mensonges". Après bien des doutes, la certitude du faux apparaît et le désir de vengeance perce. Beuzaboc et Frémaux interrogent leurs profondeurs desquelles sortira une finale toute de grandeur et d'humanité.
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Citations & extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe17 janvier 2017
Comment approcher l’évident, le simple, des feuilles qui frissonnent. Parce qu’écrire frissonner, c’est déjà s’éloigner de la feuille. Elles ne frissonnent pas, les feuilles. Elles font tout autre chose que ce qu’en dit le vent. Elles ne bougent pas, ne remuent pas, ne palpitent pas. Elles feuillent. Voilà, elles feuillent, les feuilles. Et le ciel, il nuage.
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Eve-YesheEve-Yeshe14 janvier 2017
Son retour de camp, c’était cela. Des résistants en trop, des déportés en plus, une humanité barbelée dont on n’a su que faire.
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Eve-YesheEve-Yeshe15 janvier 2017
On fait son deuil, mais on ne revient pas d’un rendez-vous manqué P 22
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kathykathy16 février 2012
On fait son deuil. C'est effroyable, mais on le fait. Après avoir été au loin, au plus profond, creusé par l'absence et le silence, sans air, sans lumière, sans souffle, sans pensée, sans rêve, sans voix, après avoir perdu la faim, la foi, les nuits, après avoir tremblé à l'infini, après avoir eu froid de tous ces jours sans l'autre, tous ces gestes sans l'autre, après avoir traversé les fêtes maudites, les saisons détestables, après tant de matins pour rien, on défroisse le linceul qui nous couvrait aussi. On caresse l'étoffe, on la regarde encore, on la plie avec soin, on la range dans un coin de sa vie en attendant la suite. On fait son deuil, mais on ne revient pas d'un rendez-vous manqué.
J'avais laissé partir mon père. Pas mon papa. Pas celui qui me portait au lit, sa joue contre la mienne, qui nous avait aimés du regard et de la peau. Mais mon père, l'autre. Ce héros sans lumière, ce résistant, ce brave, ce combattant dans son coin d'ombre. J'avais laissé partir cet inconnu, ce soldat, ce déporté. Qui était retourné à la liberté comme on va au silence. J'avais laissé partir une page de notre histoire commune. J'avais oublié de m'asseoir à ses pieds, de rechercher ses yeux. J'avais tardé à l'assaillir, à le questionner, à moissonner sa mémoire. J'avais failli à mon métier de fils. J'étais devant la tombe et j'avais les mains vides de lui, les poches sans aucun ticket de notre vie à deux.
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joedijoedi13 novembre 2014
Paupières closes, mains posées sur les accoudoirs du fauteuil, canne entre les genoux, il a chanté. Comme s'il était seul, ou fou, ou fatigué de tout.

Je viens de fermer ma fenêtre
Le brouillard qui tombe est glacé
Jusque dans ma chambre, il pénètre
Notre chambre pleure le passé

... Sa voix était rocaille, sourde, en éclats de briques.
— Vous connaissez ?
— Oui, j'ai répondu. La musique, pas les paroles.
Le vieil homme a souri. ... Il a dit que souvent, c'était ainsi. De la guerre, les gens d'aujourd'hui connaissaient la musique, mais pas les paroles...
— Cette chanson s'appelle «Seule ce soir», elle était chantée par Léo Marjane en 1941.
...
Encore, il a chanté.

Dans la cheminée le vent pleure
Les roses s'effeuillent sans bruit
L'horloge, en marquant les quarts d'heure,
D'un son grêle berce l'ennui.
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Videos de Sorj Chalandon (63) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sorj Chalandon
http://www.librairiedialogues.fr/ Extrait de l'émission Dialogues Littéraires où des lycéens de Brest ont fabriqué une boîte à questions pour trois écrivains : Maylis de Kerangal, Hélène Grémillon et Sorj Chalandon. Réalisation : Ronan Loup. Production : librairie Dialogues.
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