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ISBN : 2246726212
Éditeur : Grasset (2009)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 153 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. "Toute vie mérite d'être racontée", disent ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient à lui. Il les écoute, met en forme leurs souvenirs, les rédige puis fai... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 19 juillet 2012

    carre
    Encore du bon avec Chalandon, en plus sa rime. Un écrivain public sur la demande d'une cliente rencontre le père de celle-ci pour mettre sur papier son passé de résistant. Mais très vite Fremaux doute de la véracité des propos de son client. Lui qui espérait à travers Bauzaboc retrouver l'héroïsme secret de son propre père, et mettre des réponses sur les non-dits paternels, ressent un profond malaise. Que ça soit à travers Tyrone Meahan (dans les remarquables « Mon traitre » et « Retour à Killibegs ») ou dans celle de ce vieux monsieur qui n'a cesser de raconter ces exploits fictifs à sa fille admirative et demandeuse, Chalandon interroge la mémoire et sa transmission. Avec une question fondamentale, qu'elle est la place de la vérité et celle de la fiction lorsque le doute s'installe ? Comment ne pas salir ceux qui ont vraiment mis leur vie en danger pour un idéal ?
    Le roman de Sorj Chalandon m'a rappelé un peu celui de Jean-François Deniau « un héros très discret » sur sa trame de départ. Se fabriquer un passé héroïque pour un avenir plus acceptable.
    Chalandon tisse de livre en livre une oeuvre profondément cohérente, cette « légendes de nos pères » n'échappe pas à la règle. L'écriture est talentueuse, intense remarquablement prenante. Un livre qui mérite notre admiration. C'est devenu une habitude.
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    • Livres 5.00/5
    Par joedi, le 14 novembre 2014

    joedi
    Une fois de plus Sorj Chalandon m'a comblée ; ses mots sont poésie, ses phrases musicalité, son roman honore la Résistance et la filiation.
    Nous sommes le 17 novembre 1983, Marcel a vingt-sept ans, c'est l'enterrement de son père, Pierre Frémaux, Brumaire de son nom de résistant.
    «Ce fut ce jour-là, regardant les drapeaux et la panthère rouge, observant un à un les trois partisans, écoutant Tristan et ses larmes de pluie, que je fus orphelin. Vraiment. de père et de mère. Mon père était comme mort avant d'entrer en terre. Ma mère allait mourir de l'y avoir conduit. de lui et d'elle resteraient un enfant sans lumière, un autre sans empreinte.»
    [Lucas, frère de Marcel, est devenu aveugle dix ans avant le décès de leur père]
    Marcel ne les connaît pas encore mais il remarque en retrait Beuzaboc et sa fille Lupuline avec ses chaussures rouges, c'est la troisième fois qu'il les aperçoit à un enterrement de Résistant, c'est aux chaussures de la jeune femme qu'il les a reconnus.
    Son père racontait son passé de résistant à Lucas, son frère de dix ans son aîné, avec Marcel, il jouait.
    En novembre 2002 Lupuline Beuzaboc le contacte pour écrire la biographe de son père ou plutôt ses faits de Résistant qu'il lui racontait le soir avant qu'elle ne s'endorme lorsqu'elle avait douze ans, ses histoires ont bercé son adolescence, son père c'est son héros. Marcel avait été instituteur puis journaliste, avant de choisir le métier de biographe familial.
    Marcel, le narrateur, ressent un malaise lorsqu'il écoute Beuzaboc qui raconte sa "résistance", il doute de la véracité de ses récits, lui fils de Résistant à la recherche de la mémoire de son père.
    La légende de nos pères encore une perle de Sorj Chalandon, à lire !
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 01 septembre 2012

    canel
    Le narrateur est biographe familial : il rencontre, sur plusieurs séances, un inconnu qui souhaite voir sa vie rédigée sous forme de livre. Son travail consiste à écouter, transcrire, habiller les propos de son "client", ceci le plus fidèlement possible, avec le maximum de neutralité.

    A ce titre, la fille de Beuzaboc le contacte pour qu'il écrive sur les années de guerre de cet homme en tant que résistant. Faute d'avoir osé/pu discuter avec son propre père de son passé de partisan, l'écrivain y voit (plus ou moins consciemment) l'occasion de retrouver l'histoire paternelle, indirectement, via le témoignage d'un de ses pairs. Il accepte donc. Mais les attentes très personnelles du biographe vont biaiser les échanges avec le vieil homme dont il doit raconter les souvenirs.

    Voici une histoire d'amour et d'admiration d'une fille pour son père, très belle et émouvante. le récit m'a semblé de plus en plus fort, de plus en plus brillant au fil de la lecture, à mesure que l'on découvre le parcours de Beuzaboc. Il interpelle sur la place du biographe (ou du journaliste), sur son objectivité - parfois difficile lorsqu'il est lui-même trop impliqué. Ce texte interroge également sur les "légendes" familiales, l'image que l'on veut donner de soi, celle que l'on veut avoir (et garder à tout prix) de ceux que l'on aime. Il évoque de ce fait en creux l'acceptation du silence parental, lorsque le passé est déjà trop lourd à porter pour être dit (Allemands de la 2e génération, enfants des combattants en Algérie, etc.).
    Un superbe roman.
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    • Livres 4.00/5
    Par JP11, le 28 août 2015

    JP11
    Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. 'Toute vie mérite d'être racontée', disent ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient à lui. Il a perdu son père ancien résistant et à l'issue de son enterrement où seules étaient présents "Neuf personnes et 3 drapeaux", il est contacté par une femme, présente à l'enterrement, qui souhaite lui commander l'écriture d'un livre retraçant les exploits de son père lui aussi ancien résistant.
    Le vieil homme est réticent, refuse ce projet, et finit par accepter de raconter sa vie.
    Mais Marcel Frémaux, faute d'avoir pu discuter avec son père décédé, va en vrai journaliste, essayer de comprendre l'histoire paternelle en interrogeant, un peu comme un flic parfois, ce vieil homme qui aurait pu croiser son père . Pour comprendre, et retracer au mieux ce passé de résistant, il va vérifier les exploits de ce ancien résistant.... et alors.... !!!
    Un livre sur l'amour et l'admiration pour le père, sur les relations entre deux pères et leurs enfants respectifs. L'un, le narrateur, a eu une relation difficile avec son père avec lequel il a eu beaucoup de peine à communiquer, un père uniquement "présent, on en saura finalement assez peu sur son père, l'autre, la jeune femme, au contraire à qui son père a raconté par le détail sa vie de résistant, père qu'elle admire du fait de son passé.
    Un livre sur le travail d'investigation des auteurs, du journaliste, la vérification des informations, la confrontation du mensonge et de la réalité.
    Un livre sur les "légendes" familiales, l'image que l'on veut donner de soi à ses enfants en temps que père, le silence parental, les non-dits...
    J'avais aimé "Retour à Killybegs" et "Mon traître". Je n'ai pas été déçu par ce livre de Sorj Chalandon, journaliste à Libé puis au Canard Enchaîné. Est-ce une partie de son histoire familiale, de ses interrogations, est-ce une leçon sur l'éthique professionnelle qu'il assume qu'il a voulu nous faire partager?
    Un beau roman.
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    • Livres 5.00/5
    Par BABYBOOK, le 07 juin 2015

    BABYBOOK
    "Mon père s'appelait Pierre, mais c'est Brumaire que les gars avaient fait graver sur la plaque"
    Et c'est l'histoire d'un autre résistant que Marcel FREMAUX,biographe va tenter de raconter. C'est Lupuline, la fille du résistant qui va lui demander de le faire. Il rencontre donc "Beuzaboc", celui_c_ lui dévoile, semaine après semaine sa vie de résistant. Sa vie, ou plus justement quelques épisodes de la Résistance. Ses récits restent cependant assez flous, peu précis et surtout, surtout peu vivants. Ce qui va amener notre biographe à douter des actions de Beuzaboc, a-t-il vraiment tué un Allemend, a-t-il vraiment été actif dans la résistance?Et s'il s'avère que ses histoires sont pures inventions, que doit faire Marcel Brumaire, avouer la vérité,ou, au contraire faire de Buzaboc un héros?
    Je ne vous donnerai pas les réponses , sinon, pourquoi le lire, je vous dirai cependant que c'est un très beau roman. L'auteur nous donne une image vraie et respectueuse de la Résistance. C'est en pensant à tous ses jeunes gens qui risquaient leur vie à vingt, dont mon père, que j'ai refermé le livre avec un pincement au coeur.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de François Aubel pour le Magazine Littéraire

    Et si, à leur mort, nous n’héritions de nos pères que d’un silence, fixé dans une invariable rigidité ? Marcel Frémaux, le héros du quatrième... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par ClaireG, le 23 août 2015

    P. 66 - J'ai raconté mon enfance. Mon père sans confidences, ma mère sans profession, mon frère sans yeux. J'ai avoué ma solitude...

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  • Par joedi, le 13 novembre 2014

    Paupières closes, mains posées sur les accoudoirs du fauteuil, canne entre les genoux, il a chanté. Comme s'il était seul, ou fou, ou fatigué de tout.

    Je viens de fermer ma fenêtre
    Le brouillard qui tombe est glacé
    Jusque dans ma chambre, il pénètre
    Notre chambre pleure le passé

    ... Sa voix était rocaille, sourde, en éclats de briques.
    — Vous connaissez ?
    — Oui, j'ai répondu. La musique, pas les paroles.
    Le vieil homme a souri. ... Il a dit que souvent, c'était ainsi. De la guerre, les gens d'aujourd'hui connaissaient la musique, mais pas les paroles...
    — Cette chanson s'appelle «Seule ce soir», elle était chantée par Léo Marjane en 1941.
    ...
    Encore, il a chanté.

    Dans la cheminée le vent pleure
    Les roses s'effeuillent sans bruit
    L'horloge, en marquant les quarts d'heure,
    D'un son grêle berce l'ennui.
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  • Par castabea, le 15 mai 2010

    Un jeudi pluvieux d'avril, nous sommes passés devant le monument aux morts de la place Rihour, mon père et moi. Deux enfants s'amusaient sur le socle de pierre. Ils avaient mon âge. Un homme en manteau noir leur a crié de descendre du monument. Il a dit que c'était comme une tombe. Il a dit que personne n'avait le droit de jouer là. Que c'était interdit. Que c'était sacrilège. L'un des enfants s'est enfui. L'autre a eu peur. Il a glissé. Il est tombé sur le dos. Sa tête a heurté la pluie. Il a pleuré un peu. L'homme est parti. Il a traversé la rue sans regarder derrière. Mon père m'a lâché la main pour relever l'enfant.
    Le petit n'avait rien. Il reniflait. Il était debout, tête basse, papa accroupi devant lui le tenait par les épaules. Je m'en souviens. Pas de tout ce que mon père a dit, mais presque. Il a dit au petit qu'il avait fait la guerre. Il lui a dit qu'il avait eu peur, et froid, et faim, et mal. Il lui a demandé s'il savait pourquoi il avait fait cela. Deux fois, il lui a demandé. Le gamin baissait les yeux. Il était comme puni dans un coin de l'école. Les voix ne semblaient plus lui parvenir. J'étais en retrait, debout, un peu gêné. Je regardais mon père. Je l'écoutais aussi. Il a dit à l'enfant qu'il avait fait cela, la guerre, la résistance, la peur, l'espoir, tout cela pour que lui...
    - Tu t'appelles comment, bonhomme ?
    - Freddy
    - Freddy comment ?
    - Freddy Delsault.
    ... Pour que lui, Freddy Delssault, et n'importe qui d'autre, le copain enfui ou tous ceux à venir, puissent s'amuser sur tous les monuments aux morts.
    - Je me suis battu pour que tu aies le droit de jouer, a souri mon père.
    Il a demandé au gamin s'il avait compris. L'autre a secoué la tête pour dire non. Puis il a rammassé son cartable. Et il est parti en courant. Je me rappelle aussi que mon père a ri. Que la soirée avait été légère
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  • Par kathy, le 16 février 2012

    On fait son deuil. C'est effroyable, mais on le fait. Après avoir été au loin, au plus profond, creusé par l'absence et le silence, sans air, sans lumière, sans souffle, sans pensée, sans rêve, sans voix, après avoir perdu la faim, la foi, les nuits, après avoir tremblé à l'infini, après avoir eu froid de tous ces jours sans l'autre, tous ces gestes sans l'autre, après avoir traversé les fêtes maudites, les saisons détestables, après tant de matins pour rien, on défroisse le linceul qui nous couvrait aussi. On caresse l'étoffe, on la regarde encore, on la plie avec soin, on la range dans un coin de sa vie en attendant la suite. On fait son deuil, mais on ne revient pas d'un rendez-vous manqué.
    J'avais laissé partir mon père. Pas mon papa. Pas celui qui me portait au lit, sa joue contre la mienne, qui nous avait aimés du regard et de la peau. Mais mon père, l'autre. Ce héros sans lumière, ce résistant, ce brave, ce combattant dans son coin d'ombre. J'avais laissé partir cet inconnu, ce soldat, ce déporté. Qui était retourné à la liberté comme on va au silence. J'avais laissé partir une page de notre histoire commune. J'avais oublié de m'asseoir à ses pieds, de rechercher ses yeux. J'avais tardé à l'assaillir, à le questionner, à moissonner sa mémoire. J'avais failli à mon métier de fils. J'étais devant la tombe et j'avais les mains vides de lui, les poches sans aucun ticket de notre vie à deux.
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  • Par patrick75, le 27 juin 2012

    A mon frère, il a parlé du convoi du 27 avril 1944. Des six chiffres tatoués sur son avant-bras gauche. Il a raconté son retour, seul. Les drapeaux fanés qui l'avaient accueilli. Son réseau sans honneurs, sans hommages, sans rien.
    La guerre redevenue la paix, les prisonniers errants, les soldats jetés aux civils par milliers. Les douleurs qui glacent, les bravoures qui ennuient, les désarrois qui agacent aussi. Son retour de camp, c'était cela. Des résistants en trop,des déportés en plus, une humanité barbelée dont on n'a su que faire.
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Vidéo de Sorj Chalandon

A l'occasion de la rentrée littéraire 2015, Sorj Chalandon a présenté, devant les libraires, son nouveau livre "Profession du père" (Grasset). Plus d'infos sur http://www.myboox.fr Crédit Photo ©Jf Paga Musique : "Play with me" - Ayden Blackbird








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