AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2246726212
Éditeur : Grasset (2009)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 197 notes)
Résumé :
Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. "Toute vie mérite d'être racontée", disent ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient à lui. Il les écoute, met en forme leurs souvenirs, les rédige puis fait imprimer un livre destiné aux amis ou au cercle familial.

Un matin, Lupuline Beuzaboc se présente au biographe.
Tescelin, le père de Lupuline, ancien cheminot du Nord de la Fra... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Critiques, Analyses & Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
carre
carre19 juillet 2012
  • Livres 4.00/5
Encore du bon avec Chalandon, en plus sa rime. Un écrivain public sur la demande d'une cliente rencontre le père de celle-ci pour mettre sur papier son passé de résistant. Mais très vite Fremaux doute de la véracité des propos de son client. Lui qui espérait à travers Bauzaboc retrouver l'héroïsme secret de son propre père, et mettre des réponses sur les non-dits paternels, ressent un profond malaise. Que ça soit à travers Tyrone Meahan (dans les remarquables « Mon traitre » et « Retour à Killibegs ») ou dans celle de ce vieux monsieur qui n'a cesser de raconter ces exploits fictifs à sa fille admirative et demandeuse, Chalandon interroge la mémoire et sa transmission. Avec une question fondamentale, qu'elle est la place de la vérité et celle de la fiction lorsque le doute s'installe ? Comment ne pas salir ceux qui ont vraiment mis leur vie en danger pour un idéal ?
Le roman de Sorj Chalandon m'a rappelé un peu celui de Jean-François Deniau « un héros très discret » sur sa trame de départ. Se fabriquer un passé héroïque pour un avenir plus acceptable.
Chalandon tisse de livre en livre une oeuvre profondément cohérente, cette « légendes de nos pères » n'échappe pas à la règle. L'écriture est talentueuse, intense remarquablement prenante. Un livre qui mérite notre admiration. C'est devenu une habitude.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          380
joedi
joedi14 novembre 2014
  • Livres 5.00/5
Une fois de plus Sorj Chalandon m'a comblée ; ses mots sont poésie, ses phrases musicalité, son roman honore la Résistance et la filiation.
Nous sommes le 17 novembre 1983, Marcel a vingt-sept ans, c'est l'enterrement de son père, Pierre Frémaux, Brumaire de son nom de résistant.
«Ce fut ce jour-là, regardant les drapeaux et la panthère rouge, observant un à un les trois partisans, écoutant Tristan et ses larmes de pluie, que je fus orphelin. Vraiment. de père et de mère. Mon père était comme mort avant d'entrer en terre. Ma mère allait mourir de l'y avoir conduit. de lui et d'elle resteraient un enfant sans lumière, un autre sans empreinte.»
[Lucas, frère de Marcel, est devenu aveugle dix ans avant le décès de leur père]
Marcel ne les connaît pas encore mais il remarque en retrait Beuzaboc et sa fille Lupuline avec ses chaussures rouges, c'est la troisième fois qu'il les aperçoit à un enterrement de Résistant, c'est aux chaussures de la jeune femme qu'il les a reconnus.
Son père racontait son passé de résistant à Lucas, son frère de dix ans son aîné, avec Marcel, il jouait.
En novembre 2002 Lupuline Beuzaboc le contacte pour écrire la biographe de son père ou plutôt ses faits de Résistant qu'il lui racontait le soir avant qu'elle ne s'endorme lorsqu'elle avait douze ans, ses histoires ont bercé son adolescence, son père c'est son héros. Marcel avait été instituteur puis journaliste, avant de choisir le métier de biographe familial.
Marcel, le narrateur, ressent un malaise lorsqu'il écoute Beuzaboc qui raconte sa "résistance", il doute de la véracité de ses récits, lui fils de Résistant à la recherche de la mémoire de son père.
La légende de nos pères encore une perle de Sorj Chalandon, à lire !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          243
ClaireG
ClaireG24 août 2015
  • Livres 5.00/5
Après le Quatrième Mur, qui m' a laissée sur place remplie d'admiration, j'ai entamé La Légende de nos Pères. L'auteur fait dire au biographe "Depuis toujours, je recherche les mots. Je les veux au plus près, au plus pur, au plus nu". C'est ça la force de Chalandon, la clarté, la précision, l'efficacité du mot qui permet d'accrocher le lecteur par la manche et de ne plus le lâcher. Inutile d'ajouter encore un mot de l'histoire après toutes les bonnes critiques déjà déposées. "Vous avez hérité de sa vérité et moi, je ne veux pas léguer mes mensonges". Après bien des doutes, la certitude du faux apparaît et le désir de vengeance perce. Beuzaboc et Frémaux interrogent leurs profondeurs desquelles sortira une finale toute de grandeur et d'humanité.
Commenter  J’apprécie          260
spleen
spleen11 mai 2016
  • Livres 5.00/5
Lorsque Lupuline Beuzaboc demande à Marcel Fermaux ancien journaliste reconverti dans la biographie des autres," les obscurs, les sans-grade "de rassembler dans un livre les souvenirs de son père lorsqu'il était dans la résistance pour son quatre vingt quatrième anniversaire , l'écrivain y voit l'occasion de renouer avec ceux de son père disparu quelques vingt ans plus tôt .
Orphelin trop tôt , Marcel s'en veut de ne pas avoir recueilli lui-même les mots de son père racontant si parcimonieusement ses faits de guerre au frère ainé , ce père , Pierre Fermaux devenu Brumaire pour ses frères d'armes, "ses gars".
Mais le doute s'installe rapidement , Marcel vérifie les propos du vieil homme , la confiance s'ébranle et les séances deviennent pénibles pour les deux hommes autant que la canicule installée sur la France en cet été 2002 jusqu'à l'orage .
Comment ne pas trahir l'attente de Lupuline qui veut garder intactes ses émotions d'enfant lorsque son père venait lui raconter le soir dans sa chambre ses exploits .
Comment ne pas trahir le vieil homme prisonnier de son statut de héros vis à vis de sa fille ?
Comment retrouver son père loin de l'image du petit homme fatigué qu'il a gardé ?
Un grand moment !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
canel
canel01 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
Le narrateur est biographe familial : il rencontre, sur plusieurs séances, un inconnu qui souhaite voir sa vie rédigée sous forme de livre. Son travail consiste à écouter, transcrire, habiller les propos de son "client", ceci le plus fidèlement possible, avec le maximum de neutralité.

A ce titre, la fille de Beuzaboc le contacte pour qu'il écrive sur les années de guerre de cet homme en tant que résistant. Faute d'avoir osé/pu discuter avec son propre père de son passé de partisan, l'écrivain y voit (plus ou moins consciemment) l'occasion de retrouver l'histoire paternelle, indirectement, via le témoignage d'un de ses pairs. Il accepte donc. Mais les attentes très personnelles du biographe vont biaiser les échanges avec le vieil homme dont il doit raconter les souvenirs.

Voici une histoire d'amour et d'admiration d'une fille pour son père, très belle et émouvante. le récit m'a semblé de plus en plus fort, de plus en plus brillant au fil de la lecture, à mesure que l'on découvre le parcours de Beuzaboc. Il interpelle sur la place du biographe (ou du journaliste), sur son objectivité - parfois difficile lorsqu'il est lui-même trop impliqué. Ce texte interroge également sur les "légendes" familiales, l'image que l'on veut donner de soi, celle que l'on veut avoir (et garder à tout prix) de ceux que l'on aime. Il évoque de ce fait en creux l'acceptation du silence parental, lorsque le passé est déjà trop lourd à porter pour être dit (Allemands de la 2e génération, enfants des combattants en Algérie, etc.).
Un superbe roman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Citations & extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi13 novembre 2014
Paupières closes, mains posées sur les accoudoirs du fauteuil, canne entre les genoux, il a chanté. Comme s'il était seul, ou fou, ou fatigué de tout.

Je viens de fermer ma fenêtre
Le brouillard qui tombe est glacé
Jusque dans ma chambre, il pénètre
Notre chambre pleure le passé

... Sa voix était rocaille, sourde, en éclats de briques.
— Vous connaissez ?
— Oui, j'ai répondu. La musique, pas les paroles.
Le vieil homme a souri. ... Il a dit que souvent, c'était ainsi. De la guerre, les gens d'aujourd'hui connaissaient la musique, mais pas les paroles...
— Cette chanson s'appelle «Seule ce soir», elle était chantée par Léo Marjane en 1941.
...
Encore, il a chanté.

Dans la cheminée le vent pleure
Les roses s'effeuillent sans bruit
L'horloge, en marquant les quarts d'heure,
D'un son grêle berce l'ennui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          152
kathykathy16 février 2012
On fait son deuil. C'est effroyable, mais on le fait. Après avoir été au loin, au plus profond, creusé par l'absence et le silence, sans air, sans lumière, sans souffle, sans pensée, sans rêve, sans voix, après avoir perdu la faim, la foi, les nuits, après avoir tremblé à l'infini, après avoir eu froid de tous ces jours sans l'autre, tous ces gestes sans l'autre, après avoir traversé les fêtes maudites, les saisons détestables, après tant de matins pour rien, on défroisse le linceul qui nous couvrait aussi. On caresse l'étoffe, on la regarde encore, on la plie avec soin, on la range dans un coin de sa vie en attendant la suite. On fait son deuil, mais on ne revient pas d'un rendez-vous manqué.
J'avais laissé partir mon père. Pas mon papa. Pas celui qui me portait au lit, sa joue contre la mienne, qui nous avait aimés du regard et de la peau. Mais mon père, l'autre. Ce héros sans lumière, ce résistant, ce brave, ce combattant dans son coin d'ombre. J'avais laissé partir cet inconnu, ce soldat, ce déporté. Qui était retourné à la liberté comme on va au silence. J'avais laissé partir une page de notre histoire commune. J'avais oublié de m'asseoir à ses pieds, de rechercher ses yeux. J'avais tardé à l'assaillir, à le questionner, à moissonner sa mémoire. J'avais failli à mon métier de fils. J'étais devant la tombe et j'avais les mains vides de lui, les poches sans aucun ticket de notre vie à deux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
castabeacastabea15 mai 2010
Un jeudi pluvieux d'avril, nous sommes passés devant le monument aux morts de la place Rihour, mon père et moi. Deux enfants s'amusaient sur le socle de pierre. Ils avaient mon âge. Un homme en manteau noir leur a crié de descendre du monument. Il a dit que c'était comme une tombe. Il a dit que personne n'avait le droit de jouer là. Que c'était interdit. Que c'était sacrilège. L'un des enfants s'est enfui. L'autre a eu peur. Il a glissé. Il est tombé sur le dos. Sa tête a heurté la pluie. Il a pleuré un peu. L'homme est parti. Il a traversé la rue sans regarder derrière. Mon père m'a lâché la main pour relever l'enfant.
Le petit n'avait rien. Il reniflait. Il était debout, tête basse, papa accroupi devant lui le tenait par les épaules. Je m'en souviens. Pas de tout ce que mon père a dit, mais presque. Il a dit au petit qu'il avait fait la guerre. Il lui a dit qu'il avait eu peur, et froid, et faim, et mal. Il lui a demandé s'il savait pourquoi il avait fait cela. Deux fois, il lui a demandé. Le gamin baissait les yeux. Il était comme puni dans un coin de l'école. Les voix ne semblaient plus lui parvenir. J'étais en retrait, debout, un peu gêné. Je regardais mon père. Je l'écoutais aussi. Il a dit à l'enfant qu'il avait fait cela, la guerre, la résistance, la peur, l'espoir, tout cela pour que lui...
- Tu t'appelles comment, bonhomme ?
- Freddy
- Freddy comment ?
- Freddy Delsault.
... Pour que lui, Freddy Delssault, et n'importe qui d'autre, le copain enfui ou tous ceux à venir, puissent s'amuser sur tous les monuments aux morts.
- Je me suis battu pour que tu aies le droit de jouer, a souri mon père.
Il a demandé au gamin s'il avait compris. L'autre a secoué la tête pour dire non. Puis il a rammassé son cartable. Et il est parti en courant. Je me rappelle aussi que mon père a ri. Que la soirée avait été légère
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
patrick75patrick7527 juin 2012
A mon frère, il a parlé du convoi du 27 avril 1944. Des six chiffres tatoués sur son avant-bras gauche. Il a raconté son retour, seul. Les drapeaux fanés qui l'avaient accueilli. Son réseau sans honneurs, sans hommages, sans rien.
La guerre redevenue la paix, les prisonniers errants, les soldats jetés aux civils par milliers. Les douleurs qui glacent, les bravoures qui ennuient, les désarrois qui agacent aussi. Son retour de camp, c'était cela. Des résistants en trop,des déportés en plus, une humanité barbelée dont on n'a su que faire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
BABYBOOKBABYBOOK03 juin 2015
L'accident de Lucas l'avait bouleversé,puis affaibli, puis tué.Il disait qu'il avait le cancer du chagrin.
Nous n'attendions pas des honneurs, des insignes,des récompenses exceptionnelles, des traitements de faveur. Nous ne nous apprêtions pas à jouer le rôle de héros nationnaux.
Je suis seul et cela me va.Je peux ne pas parler,me taire des heures et des jours.
Pour que son journal parle,il fallait que son père raconte. C'est pour cela que la fille de Tescelin Beuzoboc a fait appel à moi.
Devenue Beuzaboc,Lupuline se rattachait à ce qui lui restait,elle héritait de l'histoire de son père,de son courage, de sa force.
Brumaire avait déserté Beuzaboc.Il avait quitté la cérémonie des souvenirs.Et soudain, je me suis demandé si mon client disait la vérité.



+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Videos de Sorj Chalandon (63) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sorj Chalandon
http://www.librairiedialogues.fr/ Extrait de l'émission Dialogues Littéraires où des lycéens de Brest ont fabriqué une boîte à questions pour trois écrivains : Maylis de Kerangal, Hélène Grémillon et Sorj Chalandon. Réalisation : Ronan Loup. Production : librairie Dialogues.
autres livres classés : résistanceVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Sorj Chalandon

Combien de romans a écrit Sorj Chalandon jusqu'à présent (mars 2014) ?

2
4
6
8

11 questions
40 lecteurs ont répondu
Thème : Sorj ChalandonCréer un quiz sur ce livre
. .