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ISBN : 2246726212
Éditeur : Grasset (2009)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 122 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. "Toute vie mérite d'être racontée", disent ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient à lui. Il les écoute, met en forme leurs souvenirs, les rédige puis fai... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 19 juillet 2012

    carre
    Encore du bon avec Chalandon, en plus sa rime. Un écrivain public sur la demande d'une cliente rencontre le père de celle-ci pour mettre sur papier son passé de résistant. Mais très vite Fremaux doute de la véracité des propos de son client. Lui qui espérait à travers Bauzaboc retrouver l'héroïsme secret de son propre père, et mettre des réponses sur les non-dits paternels, ressent un profond malaise. Que ça soit à travers Tyrone Meahan (dans les remarquables « Mon traitre » et « Retour à Killibegs ») ou dans celle de ce vieux monsieur qui n'a cesser de raconter ces exploits fictifs à sa fille admirative et demandeuse, Chalandon interroge la mémoire et sa transmission. Avec une question fondamentale, qu'elle est la place de la vérité et celle de la fiction lorsque le doute s'installe ? Comment ne pas salir ceux qui ont vraiment mis leur vie en danger pour un idéal ?
    Le roman de Sorj Chalandon m'a rappelé un peu celui de Jean-François Deniau « Un Héros très discret » sur sa trame de départ. Se fabriquer un passé héroïque pour un avenir plus acceptable.
    Chalandon tisse de livre en livre une œuvre profondément cohérente, cette « légendes de nos pères » n'échappe pas à la règle. L'écriture est talentueuse, intense remarquablement prenante. Un livre qui mérite notre admiration. C'est devenu une habitude.
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    • Livres 5.00/5
    Par joedi, le 14 novembre 2014

    joedi
    Une fois de plus Sorj Chalandon m'a comblée ; ses mots sont poésie, ses phrases musicalité, son roman honore la Résistance et la filiation.
    Nous sommes le 17 novembre 1983, Marcel a vingt-sept ans, c'est l'enterrement de son père, Pierre Frémaux, Brumaire de son nom de résistant.
    «Ce fut ce jour-là, regardant les drapeaux et la panthère rouge, observant un à un les trois partisans, écoutant Tristan et ses larmes de pluie, que je fus orphelin. Vraiment. de père et de mère. Mon père était comme mort avant d'entrer en terre. Ma mère allait mourir de l'y avoir conduit. de lui et d'elle resteraient un enfant sans lumière, un autre sans empreinte.»
    [Lucas, frère de Marcel, est devenu aveugle dix ans avant le décès de leur père]
    Marcel ne les connaît pas encore mais il remarque en retrait Beuzaboc et sa fille Lupuline avec ses chaussures rouges, c'est la troisième fois qu'il les aperçoit à un enterrement de Résistant, c'est aux chaussures de la jeune femme qu'il les a reconnus.
    Son père racontait son passé de résistant à Lucas, son frère de dix ans son aîné, avec Marcel, il jouait.
    En novembre 2002 Lupuline Beuzaboc le contacte pour écrire la biographe de son père ou plutôt ses faits de Résistant qu'il lui racontait le soir avant qu'elle ne s'endorme lorsqu'elle avait douze ans, ses histoires ont bercé son adolescence, son père c'est son héros. Marcel avait été instituteur puis journaliste, avant de choisir le métier de biographe familial.
    Marcel, le narrateur, ressent un malaise lorsqu'il écoute Beuzaboc qui raconte sa "résistance", il doute de la véracité de ses récits, lui fils de Résistant à la recherche de la mémoire de son père.
    La légende de nos pères encore une perle de Sorj Chalandon, à lire !
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 01 septembre 2012

    canel
    Le narrateur est biographe familial : il rencontre, sur plusieurs séances, un inconnu qui souhaite voir sa vie rédigée sous forme de livre. Son travail consiste à écouter, transcrire, habiller les propos de son "client", ceci le plus fidèlement possible, avec le maximum de neutralité.

    A ce titre, la fille de Beuzaboc le contacte pour qu'il écrive sur les années de guerre de cet homme en tant que résistant. Faute d'avoir osé/pu discuter avec son propre père de son passé de partisan, l'écrivain y voit (plus ou moins consciemment) l'occasion de retrouver l'histoire paternelle, indirectement, via le témoignage d'un de ses pairs. Il accepte donc. Mais les attentes très personnelles du biographe vont biaiser les échanges avec le vieil homme dont il doit raconter les souvenirs.

    Voici une histoire d'amour et d'admiration d'une fille pour son père, très belle et émouvante. le récit m'a semblé de plus en plus fort, de plus en plus brillant au fil de la lecture, à mesure que l'on découvre le parcours de Beuzaboc. Il interpelle sur la place du biographe (ou du journaliste), sur son objectivité - parfois difficile lorsqu'il est lui-même trop impliqué. Ce texte interroge également sur les "légendes" familiales, l'image que l'on veut donner de soi, celle que l'on veut avoir (et garder à tout prix) de ceux que l'on aime. Il évoque de ce fait en creux l'acceptation du silence parental, lorsque le passé est déjà trop lourd à porter pour être dit (Allemands de la 2e génération, enfants des combattants en Algérie, etc.).
    Un superbe roman.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lilou08, le 06 mars 2014

    Lilou08
    Sorj Chalandon… Ma découverte coup de cœur de l'an dernier. Je crois, non je suis certaine, que petit à petit je vais lire tous ses livres. Car à chaque fois, c'est le même ravissement pour son écriture. C'est bête à dire, mais c'est un écrivain… un vrai. Il a l'amour des mots, de la langue française… son écriture est limpide, simple et belle à la fois. Et ce qui renforce son talent, c'est qu'il a l'intelligence de l'humanité, du cœur… Ses histoires, ses personnages sont forts en émotion, et toujours au cœur d'une réalité historique intéressante. J'ai toujours beaucoup de mal à quitter un de ses livres…
    Ici son personnage principal est biographe du quotidien, je dirais. Ce qui permet à Sorj de nous parler de l'écriture, des mots… j'ai adoré… je suis toujours avide et admirative du processus d'écriture.
    Dans ce roman, il y a ce vieux monsieur, Beuzaboc, résistant de l'ombre pendant la seconde guerre mondiale, comme le père du biographe. Et son histoire, son passé de résistant qu'il a gardé secret. Il l'a juste un peu raconté à sa fille, Lupuline, autrefois. Cette dernière veut qu'elle soit retranscrite dans un livre pour lui offrir pour son anniversaire.
    Des rendez-vous sont pris… et… je ne peux pas vous en raconter plus, pour ne pas dévoiler l'intrigue… ce qui serait fort dommage. Je peux juste vous dire que les rencontres sont intenses, tendues, difficiles parfois… que le biographe qui me parait être un bon gars comme on dit… prend un chemin qui personnellement ne me plait pas. Il fait un choix, perturbant pour moi. Que je peux en partie comprendre, mais que je n'approuve absolument pas.
    Ce livre pose questions.
    Ce n'est pas mon préféré de Sorj Chalandon, mais il vaut vraiment le coup d'être lu… c'est du Chalandon !
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    • Livres 5.00/5
    Par dancingbrave, le 03 janvier 2013

    dancingbrave
    très agréable à lire, style réfléchi, quiet et savoureux
    Le héros, Marcel Frémaux, enfant, a souffert de ne pas recevoir les confidences de son père qui le jugeait trop petit et qui préférait raconter sa résistance à son aîné forgeant ainsi sa légende dans le cœur de son cadet.
    Ceci a du conduire l'enfant, devenu homme, sur la voie du biographe : Avoir le droit d'écouter, comprendre, absorber et restituer.
    La biographie qu'il va entreprendre avec Tescelin Beuzaboc est celle qu'il aurait tant voulu écrire à propos de son père ; celle d'un héros de la résistance.
    Ainsi, avec son roman, La légende de nos pères, Sorj Chalandon nous fait entrer dans un véritable travail psychanalytique d'autan qu'il s'avèrera que son client et sa fille sont tous deux dans une même quête ; ils souhaitent, sous couvert d'un tiers, entrer dans un processus de pacification de leurs consciences.
    Chaque mot est pesé, évalué, disposé précisément dans une phrases épurée, efficace, sans « dentelle » comme le dit l'auteur lui-même ; un véritable plaisir.
    Le cheminement intellectuel du biographe héros du roman et sûrement l'auteur lui-même, est parfaitement suscité. Chaque phrase respire le respect, l'admiration du héros pour la « mémoire de nos pères ». (Dommage que ce titre ai déjà été utilisé, il aurait pu tout aussi bien convenir à ce roman).
    Véritable huis clos, ce roman est un formidable affrontement psychologique ; chacun des personnages va naviguer entre fierté, renoncement, rédemption, supplication pour l'un, compassion, pardon pour un autre, admiration puis désir de vengeance pour le dernier. Vraiment du grand art.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de François Aubel pour le Magazine Littéraire

    Et si, à leur mort, nous n’héritions de nos pères que d’un silence, fixé dans une invariable rigidité ? Marcel Frémaux, le héros du quatrième... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par joedi, le 13 novembre 2014

    Paupières closes, mains posées sur les accoudoirs du fauteuil, canne entre les genoux, il a chanté. Comme s'il était seul, ou fou, ou fatigué de tout.

    Je viens de fermer ma fenêtre
    Le brouillard qui tombe est glacé
    Jusque dans ma chambre, il pénètre
    Notre chambre pleure le passé

    ... Sa voix était rocaille, sourde, en éclats de briques.
    — Vous connaissez ?
    — Oui, j'ai répondu. La musique, pas les paroles.
    Le vieil homme a souri. ... Il a dit que souvent, c'était ainsi. De la guerre, les gens d'aujourd'hui connaissaient la musique, mais pas les paroles...
    — Cette chanson s'appelle «Seule ce soir», elle était chantée par Léo Marjane en 1941.
    ...
    Encore, il a chanté.

    Dans la cheminée le vent pleure
    Les roses s'effeuillent sans bruit
    L'horloge, en marquant les quarts d'heure,
    D'un son grêle berce l'ennui.
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  • Par patrick75, le 27 juin 2012

    A mon frère, il a parlé du convoi du 27 avril 1944. Des six chiffres tatoués sur son avant-bras gauche. Il a raconté son retour, seul. Les drapeaux fanés qui l'avaient accueilli. Son réseau sans honneurs, sans hommages, sans rien.
    La guerre redevenue la paix, les prisonniers errants, les soldats jetés aux civils par milliers. Les douleurs qui glacent, les bravoures qui ennuient, les désarrois qui agacent aussi. Son retour de camp, c'était cela. Des résistants en trop,des déportés en plus, une humanité barbelée dont on n'a su que faire.
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  • Par castabea, le 15 mai 2010

    Un jeudi pluvieux d'avril, nous sommes passés devant le monument aux morts de la place Rihour, mon père et moi. Deux enfants s'amusaient sur le socle de pierre. Ils avaient mon âge. Un homme en manteau noir leur a crié de descendre du monument. Il a dit que c'était comme une tombe. Il a dit que personne n'avait le droit de jouer là. Que c'était interdit. Que c'était sacrilège. L'un des enfants s'est enfui. L'autre a eu peur. Il a glissé. Il est tombé sur le dos. Sa tête a heurté la pluie. Il a pleuré un peu. L'homme est parti. Il a traversé la rue sans regarder derrière. Mon père m'a lâché la main pour relever l'enfant.
    Le petit n'avait rien. Il reniflait. Il était debout, tête basse, papa accroupi devant lui le tenait par les épaules. Je m'en souviens. Pas de tout ce que mon père a dit, mais presque. Il a dit au petit qu'il avait fait la guerre. Il lui a dit qu'il avait eu peur, et froid, et faim, et mal. Il lui a demandé s'il savait pourquoi il avait fait cela. Deux fois, il lui a demandé. Le gamin baissait les yeux. Il était comme puni dans un coin de l'école. Les voix ne semblaient plus lui parvenir. J'étais en retrait, debout, un peu gêné. Je regardais mon père. Je l'écoutais aussi. Il a dit à l'enfant qu'il avait fait cela, la guerre, la résistance, la peur, l'espoir, tout cela pour que lui...
    - Tu t'appelles comment, bonhomme ?
    - Freddy
    - Freddy comment ?
    - Freddy Delsault.
    ... Pour que lui, Freddy Delssault, et n'importe qui d'autre, le copain enfui ou tous ceux à venir, puissent s'amuser sur tous les monuments aux morts.
    - Je me suis battu pour que tu aies le droit de jouer, a souri mon père.
    Il a demandé au gamin s'il avait compris. L'autre a secoué la tête pour dire non. Puis il a rammassé son cartable. Et il est parti en courant. Je me rappelle aussi que mon père a ri. Que la soirée avait été légère
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  • Par kathy, le 16 février 2012

    On fait son deuil. C'est effroyable, mais on le fait. Après avoir été au loin, au plus profond, creusé par l'absence et le silence, sans air, sans lumière, sans souffle, sans pensée, sans rêve, sans voix, après avoir perdu la faim, la foi, les nuits, après avoir tremblé à l'infini, après avoir eu froid de tous ces jours sans l'autre, tous ces gestes sans l'autre, après avoir traversé les fêtes maudites, les saisons détestables, après tant de matins pour rien, on défroisse le linceul qui nous couvrait aussi. On caresse l'étoffe, on la regarde encore, on la plie avec soin, on la range dans un coin de sa vie en attendant la suite. On fait son deuil, mais on ne revient pas d'un rendez-vous manqué.
    J'avais laissé partir mon père. Pas mon papa. Pas celui qui me portait au lit, sa joue contre la mienne, qui nous avait aimés du regard et de la peau. Mais mon père, l'autre. Ce héros sans lumière, ce résistant, ce brave, ce combattant dans son coin d'ombre. J'avais laissé partir cet inconnu, ce soldat, ce déporté. Qui était retourné à la liberté comme on va au silence. J'avais laissé partir une page de notre histoire commune. J'avais oublié de m'asseoir à ses pieds, de rechercher ses yeux. J'avais tardé à l'assaillir, à le questionner, à moissonner sa mémoire. J'avais failli à mon métier de fils. J'étais devant la tombe et j'avais les mains vides de lui, les poches sans aucun ticket de notre vie à deux.
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  • Par kathy, le 17 février 2012

    - Vous allez vous perdre dans les détails, a murmuré le vieil homme.
    J'ai relevé la tête en souriant. Je ne me servirais pas de tous ces éléments. J'ai expliqué que pour raconter une histoire, je devais connaître le motif d'une toile cirée sur une table de cuisine. Je devais entendre les gestes et regarder les mots. Et plus j'aurais de couleurs, et plus j'aurais de musique, et plus le livre serait vivant.
    - Même une crevaison à vélo ?
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