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Critiques sur Mon traître (33)


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    • Livres 5.00/5
    Par kathel le 11/11/2011


    Le narrateur, Antoine, est luthier à Paris. Un peu solitaire, il tombe sous le charme de l'Irlande et pas de n'importe quelle Irlande, non, de Belfast et de l'Irlande du Nord en 1977, en plein conflit avec les Britanniques. Les mots de Sorj Chalandon pour dire sa passion sont magnifiques et pleins de vérité... On se doute que cet Antoine monomaniaque s'éloigne encore plus de ses quelques amis parisiens. Mais à Belfast, il a rencontré une amitié plus belle, plus forte, plus authentique, celle de Tyrone Meehan, immense vétéran de la cause irlandaise. Ce même Tyrone qui s'avèrera de longues années plus tard avoir trahi ses idées, sa cause, ses amis… Voilà le pourquoi du titre un peu étrange, Mon traître, car cet homme était son ami et Antoine ne peut s'empêcher de se demander si pendant tout ce temps, l'amitié était réciproque entre eux. La blessure serait immense si ce n'était pas le cas.

    Je suis tombée sous le charme du style de Sorj Chalandon, superbe, à mille lieues de tout cliché, vrai, sincère. Ses mots pour dire l'amitié, la passion pour l'Irlande, l'engagement, la déception, ces mots sonnent toujours juste et forment plus qu'une belle histoire.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir le 13/12/2011


    « La première fois que j'ai vu Mon traître, il m'a appris à pisser » indique Antoine, le narrateur, en ouverture de ce roman. Cette première phrase sèche (malgré le sujet abordé) est déjà révélatrice : d'une part parce qu'elle utilise pour la première fois (le titre excepté) le possessif accolé à ce traître et nous dit toute l'intimité qu'Antoine peut avoir avec lui (que peut-on avoir à cacher à celui qui nous regardé uriner et, même, nous a appris à le faire d'une manière convenable ?) ; d'autre part elle place l'histoire, d'une certaine manière, au rang d'un roman d'apprentissage.
    Car oui, Antoine va apprendre. Ce luthier venu à l'Irlande par la musique et plus particulièrement le violon découvre au milieu des années 1970 la lutte des républicains en Irlande du Nord, à un moment où les revendications nationalitaires sont encore un sujet qui intéresse un peu en France. Il va apprendre cette Irlande loin des clichés sur la verte Erin, l'âpreté d'une guerre et sa réalité loin de son idéal romantique de guerre propre ; une guerre qui se joue autant dans des attentats aveugles que dans des geôles où des prisonniers nus se laissent mourir de faim où qu'ils barbouillent de leurs excréments. Il va apprendre l'amitié aussi. L'amitié qui n'a pas forcément besoin de mots ou de grandes effusions, celle qui s'exprime par un regard, un sourire, un lit proposé ou le récit d'un drame familial.

    Journaliste, Sorj Chalandon a choisi de traiter dans ce roman d'un sujet qui lui est intime, puisqu'il s'inspire de sa propre amitié avec Denis Donaldson, républicain irlandais, membre de l'IRA et du Sin Fein que les Britanniques ont dénoncé comme traître travaillant pour eux depuis plus de vingt ans au moment des accords de paix. Trop proche de son sujet, hanté par des questions qui n'ont pas trouvées de réponses car Donaldson a été abattu avant qu'il puisse le rencontrer une dernière fois, Chalandon cherche par le biais de la fiction à répondre au moins partiellement à ses propres interrogations.
    Par des phrases courtes décrivant des souvenirs ponctuels qui suivent en fait la pensée du narrateur au moment il raconte, comme des réminiscences de ces temps révolus, Sorj Chalandon nous entraîne à sa suite dans cet amour presqu'irraisonné pour l'Irlande du Nord occupée, dans ce combat qui n'est pas le sien mais qu'il intériorise au point de se couper des amis qu'il a chez lui (un isolement décrit en profondeur en seulement quelques phrases), dans cette amitié atypique avec ce chef de l'IRA, avec ce traître. Ce traître dont la traîtrise fait qu'Antoine ne peut plus se demander qu'une chose : s'il a trahi les siens, m'a-t-il aussi trahi en me disant que j'étais son ami ? Son amitié était-elle réelle ? Antoine cherche donc la réponse. Peut-être la trouvera-t-il. Ou pas.

    On peut reprocher à Chalandon son écriture sèche et sans fioriture qui, sans nul doute, en rebutera certains. Elle a pourtant pour avantage, dans une histoire où des sentiments profonds sont à l'œuvre, d'en éliminer une grande partie du pathos qui pourrait s'avérer vite lassant. Elle nous met aussi dans la tête d'un narrateur qui peine encore à croire à ce qui se passe et s'en trouve pour ainsi dire anesthésié par le choc. Elle dit et fait ressentir des choses compliquées avec des mots simples mais pas simplistes. C'est une sale et belle histoire.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-mon-traitre-de-sorj-chalan..

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par emmyne le 02/06/2011


    Force et beauté sont les premiers mots qui se sont imposés à mon esprit lorsque j'ai tourné, à regret, la dernière page de ce magnifique roman. Force et beauté du récit, force et beauté de l'écriture. J'ai été saisie par cette lecture dans laquelle Sorj Chalandon parvient à peindre avec sincérité et émotion, malgré le choix de la fiction, l'Irlande, son Irlande, celle du Nord, celle de la guerre tel un personnage principal. Ce portrait, pourtant cruel et réaliste, sa dimension politique et engagée, n'altère en rien la narration intimiste d'une réelle puissance évocatrice. J'ai été charmée par les mots choisis, la poésie, la pureté du style tout en images, sensations et sentiments. Ce détournement autobiographique de témoignage à roman, ce glissement de l'Histoire à l'histoire rend la plume empathique. A chaque rencontre, à chaque questionnement, le narrateur espère que l'Irlande devienne sienne. Elle est devenue mienne. La lecture de Mon traître me laisse émue et admirative.



    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2008/09/13/10541150.html..

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par claracambry le 26/02/2012





    1977 : Antoine, luthier à Paris, découvre L'Irlande du Nord et Belfast. Il tombe amoureux de cette ville où le conflit avec les Britanniques fait rage et où la population se mobilise. Il fait la connaissance de Tyrone Meehan, un membre de l'IRA. Très vite, Antoine veut s'engager dans le combat, devenir un vrai Irlandais.

    Si vous n'avez pas encore lu Retour à Killybegs, je vous conseille fortement de lire ce livre en premier lieu.

    Quel plaisir de retrouver l'écriture concise de Sorj Chalandon ! Avec ce style qui colle comme une seconde peau à l'Irlande qui se bat et jamais ne renonce à ses fils emprisonnés, l'auteur nous amène sur le terrain de l'amitié et de la traitrise. Tyrone Meehan est le traitre de Denis.

    la suite sur :
    http://fibromaman.blogspot.com/2012/02/sorj-chalandon-mon-traitre.html


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2012/02/sorj-chalandon-mon-traitre.html

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par canel le 23/10/2011


    Début des années 70, à Paris. Antoine/Tony, luthier, est sensibilisé à la guerre en Irlande du Nord par un de ses clients. Il se rend à Belfast, est touché, bouleversé même par les événements, noue au fil de ses séjours récurrents des liens solides, avec deux couples en particulier. Bien au-delà de l'amitié, naissent des sentiments forts, fraternels, filiaux... Mais Antoine et ses proches apprendront trente ans plus tard avec stupeur, effroi, que l'un des leurs est un traître de l'armée républicaine, au service des Britanniques. - Non, je ne dévoile rien, les premières pages sont explicites -

    Ce roman est bouleversant, tissé de tristesse, d'incompréhension, de désarroi. Il m'a d'autant plus émue que j'ai récemment entendu l'auteur évoquer avec passion ce témoignage hautement autobiographique et partant, sa douleur. La blessure de Sorj Chalandon reste vive et palpable six années plus tard malgré ce livre "exutoire" (?), d'où la nécessité pour lui d'en écrire un second ('Retour à Killybegs').

    'Mon traître' n'est pas facile à apprécier pleinement si l'on connaît mal le contexte des années 60 en Irlande du Nord - il y est fréquemment fait allusion. Quoi qu'il en soit, sa portée reste universelle : contexte de guerre civile/religieuse/indépendantiste, de conflit armé avec son lot de mort, de deuil, de violence, de lutte... mais aussi de solidarité, d'amour, de dignité humaine. Et tout particulièrement ici une question : celle de l'amitié à l'épreuve de la trahison...

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



  • Par le-mange-livres le 05/04/2012


    Irlande du Nord, fin des années 1970. Antoine, un luthier parisien, tombe amoureux de Belfast, au travers d'une belle histoire d'amitié avec Jim et Tyrone. On est au plus fort de la guerre civile, la violence est partout, la brutalité des Britanniques palpable.

    Antoine, qui devient peu à peu Tony, multiplie ses voyages et devient presque un habitant de la ville. Il porte sa casquette, et sa bague de Claddagh. S'identifiant peu à peu à la lutte indépendantiste de ses amis, il en en vient à proposer son aide à l'IRA, dont ses deux amis sont des officiers importants. Mais il oublie, ce faisant, qu'il ne s'agit pas tout à fait de sa guerre.

    2006 : Antoine apprend que Tyrone, l'un des leaders les plus charismatiques de l'IRA, son ami de trente ans et son père de substitution, trahissait le mouvement républicain depuis 25 ans. Antoine suit un difficile chemin pour tenter de faire coïncider les deux figures de Tyrone.

    Sorj Chalandon est un grand reporter (à Libération), qui a notamment couvert de procès de Klaus Barbie, et qui a beaucoup travaillé en Irlande du Nord, terre à laquelle il paraît profondément attaché. Bien que j'ai eu dans la première trentaine de pages un peu de mal à entrer dans le ton du roman, il faut reconnaître que l'entreprise est séduisante. Entre la petite histoire et la grande, on comprend la complexité de la lutte irlandaise, entre violence, dignité, soumission et révolte. La relation des deux hommes, vue à deux périodes éloignées de plus de trente ans, est passionnante.

    D'autant plus intéressant que l'on apprend, en cherchant un peu, que Sorj Chalandon y a transcrit son expérience personnelle. Derrière l'émotion de l'histoire des hommes, il y aussi le questionnement sur l'engagement et son sens. Chouette petit livre.


    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2010/11/mon-traitre-sorj-chalando..

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par carre le 13/01/2012


    En 1974, Antoine luthier va découvrir l'Irlande du Nord par un ami. Mais loin des images édulcorées, c'est un pays en souffrance, il va rencontrer Tyrone Meehan, leader emblématique de l'IRA et du Sinn Fein.
    Et cet homme avec qui il va lier une profonde amitié est le traitre que l'armée britannique va retourner contre les siens. Après la stupeur et l'incrédulité, Antoine va raconter cette trahison.
    Bien évidemment la fiction met les pas dans la réalité Antoine étant Sorj Chalandon et Tyrone Meehan le pendant fictionnel de Denis Donaldson.
    Le livre est une incroyable plongée dans ce militantisme qui bascule dans le terrorisme avec aussi ces tensions et ces contradictions. Grâce au roman Chalandon permet de poser des questions et d'apporter des pistes que lui s'est refusé d'explorer en tant que journaliste et ami. Cette traversée vers la fiction est l'une des réussites du livre. Mais ce n'est pas la seule, l'oeil journalistique est présent et donne une vision d'un peuple meurtri mais fier d'être resté debout devant l'ennemi.
    Chalandon àprès avoir été un grand journaliste (Prix Albert Londres), est en train de devenir un grand écrivain.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par yv1 le 04/05/2012


    Après avoir dévoré Retour à Killybegs, me voici donc avec Mon traitre, roman écrit précédemment mais qui raconte la même histoire sous un angle différent. Mon souci est le suivant : je suis tout autant emballé que pour Retour à Killybegs, alors comment le dire différemment, histoire de ne pas ennuyer les quelques uns d'entre vous qui auront lu les deux billets ? Bon, je me lance, et tant pis si je me répète.
    Il découvre tout le combat des Irlandais et de l'IRA, prend même part à certaines opérations de passage d'argent, loge des partisans dans son petit local professionnel parisien. Et toujours, cela est fait au nom de l'amitié, de la chaleur humaine qui court dans les villes, les campagnes irlandaises. Adoubé par Tyrone, Tony est devenu le luthier français ami. Il ressent donc au plus fort sa trahison. Pour lui, c'est un monde qui s'écroule. Il se pose beaucoup de questions sur la qualité de l'amitié qui les liait plus que sur les raisons de la trahison. Ce livre ne donne pas d'explications sur ces raisons. C'est vraiment le point de vue de Tony. Pour en savoir plus sur ce qui a poussé Tyrone à trahir, il faudra se reporter sur Retour à Killybegs qui est donc la même histoire, mais vue par "mon traitre".

    Ecrit avec des phrases courtes, rapides, la lecture est vive, dynamique, jamais je ne m'y suis ennuyé. Un bouquin fort, qui ne peut laisser indifférent, assez visuel : on peut sans trop de peine imaginer les paysages, les visages. Un roman sur l'amitié entre deux hommes sur leur rencontre et les bons moments qu'ils passent ensemble dans un contexte dur et dangereux.


    Lien : http://lyvres.over-blog.com

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par valou076 le 02/05/2012


    Sorj Chalandon s'inspire de son passé journalistique en Irlande du Nord pour retranscrire des évènements vécus lors des luttes armées entre l'Ira et les troupes britanniques...
    Qui est ce traître ? quels enjeux découlent de cette succession d'éléments ?
    C'est un livre qui se lit très bien, très vite, et qui ne donne qu'une envie : savoir pourquoi cette personne trahit ? ou encore, tout simplement replonger dans le passé de l'Irlande du Nord...


    Lien : http://lesquotidiennesdeval.over-blog.com/article-belfast-l-ira-et-m..

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl le 25/10/2011


    Années 70, Antoine est luthier à Paris. C'est un homme assez silencieux que sa femme a quitté. Il vit pour son amour du métier et pour la joie de rendre vie aux violons qu'il soigne. Pour ses 30 ans, il s'offre un voyage à Dublin pour y retrouver un ancien ami. La fête est superbe, il joue du violon en public et se saoûle, un peu. le lendemain, quelques heures avant son retour, il erre dans la ville et se souvient tout à coup d'une phrase d'un de ses client : " Vous ne connaissez pas le Nord ? Alors vous ne connaissez pas l'Irlande." Alors Antoine décide de faire un tour à Belfast, un tour rapide de 3h. Un tour qui va changer sa vie.
    Au hasard de sa marche, Antoine va rencontrer Jim O'Leary et sa femme qui le croient perdu et l'invite chez eux. Une grande amitié va naître qui sera le point de départ de nombreux voyages successifs en Irlande du Nord. Des séjours qui permettront à Antoine de rencontrer l'Irlande, la vraie. Celle qui est loin des cartes postales de moutons, de murs en pierre, et de falaises vertigineuses. Celle qui le conduira au creux des pubs enfumés, dans le coeur de l'âme irlandaise, dans l'Irlande républicaine surtout qui se bat contre l'envahisseur britannique. Dans celle de Tyrone Meehan, activiste de l'IRA qu'il va bientôt considérer comme un frère. Un ami tant aimé avec qui il partagera tout, un ami qui pourtant trahira son pays et brisera le petit français.

    Le fait est connu, Mon traître s'inspire de l'expérience personnelle de l'auteur. Sorj Chalandon, journaliste à Libération, a longtemps travaillé sur le conflit irlandais. Il a connu les activistes républicains qu'il a abondamment couvert, et en particulier un certain Denis Donaldson qui est devenu son ami. Un ami dont il a découvert avec les autres partisans qu'il avait trahi sa patrie pendant 20 ans... Denis, un des plus fervents leaders de la cause républicaine, était un traître à la solde des britanniques. Une révélation choc qui ébranla ses proches et Sorj Chalandon lui-même. Une trahison qui questionne aussi quant à la véracité de son amitié avec cet homme.
    A travers les figures d'Antoine et de Tyrone mais aussi de Jim et Cathy, Sorj revient sur cet épisode dramatique. On y découvre un jeune homme naïf qui porte une sorte d'amour irraisonné pour un pays qui n'est pas le sien. Une curiosité hasardeuse qui devient vite une sorte de fil conducteur dans sa vie.

    Un amour pour l'Irlande du Nord mais surtout pour ses habitants qui l'ont accueilli si chaleureusement sans rien lui demander. Un amour pour ces hommes et ces femmes qui ont choisi le combat et l'engagement politique en dépit de la pauvreté, de la souffrance et de la répression britannique. Une sorte d'amour admiratif qui s'épanouira particulièrement avec Tyrone, sorte de figure paternelle sous l'égide duquel il fera son apprentissage du combat.
    Sorj Chalandon y décrit donc une Irlande humaine et combattante qui prend corps dans les pubs et ses réunions houblonneuses, dans le quotidien d'un peuple qui voit ses enfants disparaitre par la guerre, la prison ou par une balle perdue. l''auteur s'attarde longuement à décrire la découverte de ce nouveau pays et de ses combats, l'histoire de sa rencontre avec ses hommes, avec Tyrone. On vit avec lui la plénitude de cette amitié déterminante qui grandit au fil des années et sera un des piliers de sa vie. Et lorsque la trahison arrive en fin d'ouvrage, elle n'en est que plus choquante, à l'image de celle d'Antoine et celle de l'auteur, à travers lui.

    "Mon traître" est véritablement un bijou de sensibilité et de pudeur. D'émotion aussi. A travers son héros, Sorj Chalandon livre ses sentiments sur une trahison qui a bouleversé sa vie. Son écriture est libérée de tout superflu. Ses phrases sont courtes, parfois sèches et, à travers leur épure, révèle avec une très grande subtilité l'essentiel des faits et des émotions. On vibre à l'unisson d'Antoine, on découvre une Irlande inconnue toute en humanité, on y ressent l'importance des amitiés, la façon dont elles nous construisent mais aussi la manière dont elles peuvent nous détruire.
    Il y sera question aussi de mensonge. Comment un homme dont la vie était basée sur le mensonge a-t'il pu vivre aux côtés des siens ? Quelle est la part de vrai dans ce qui a constitué son existence ? Se définit-il comme celui qu'il était aux yeux des autres ou comme celui qui trahissait dans l'ombre ? Comment réconcilier les 2 faces du personnage ?
    Antoine, double de l'auteur, se questionne sur la part de mensonge et de vérité chez ce traitre, SON traitre. Leur amitié était-elle réelle ? Ou Tyrone l'a-til utilisé complaisamment pour ses activités d'espion ? Est-il lui-même coupable de n'avoir rien vu ? Coupable d'avoir trahi la cause républicaine à laquelle il s'était attachée, en aidant Tyrone à se loger lors de ses séjours parisiens, prétextes secrets à ses trahisons ?
    Sorj, à travers ses personnages de papier, cherche des réponses, cherche à accepter l'inacceptable, à faire son deuil tout simplement d'un homme, d'un ami qui par sa traitrise remet en cause tous ses gestes et toutes ses paroles.

    Mon traître est un roman admirable qui m'a extrêmement touchée et confirme tout le bien que je pensais de cet auteur après La légende de nos pères. Ma critique n'est bien évidement pas à la hauteur de ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman mais j'espère vous avoir donné envie de découvrir ce grand auteur qui est pour moi un grand coup de coeur !


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-mon-traitre-sorj-chala..

    critique de qualité ? (5 votes positifs)






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