ISBN : 9782812602481
Éditeur : Editions du Rouergue (2011)


Note moyenne : 3.98/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
A Guernica, en avril 1937, le jeune Basilio peint des hérons cendrés dans les marais, alors que la population fuit dans la crainte de l’arrivée des nationalistes. A Paris, il découvre le Guernica de Picasso qui décrit la tragédie de la ville en feu alors que le peintre ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 27 mars 2012

    caro64
    Basilio n'est encore qu'un très jeune homme en avril 1937. Un peu à l'écart de la ville, il aime passer du temps à observer et peindre les hérons dans les marais. Avec ce don des peintres de la nature, il sait attraper les couleurs comme personne. Mais lorsque les bombes allemandes tombent sur la ville de Guernica, ce 26 avril, il veut mettre son art au service de la représentation de la guerre dont il est, comme tant d'autres, le témoin, mais avec ce regard unique. Quelques semaines à peine après cette journée tragique, débute l'Exposition Internationale de Paris. Dans le pavillon espagnol, le monde s'apprête à découvrir Guernica, le chef-d'oeuvre de Picasso. Peindre l'horreur de la guerre, représenter avec autant de force cette bataille sans l'avoir vue de ses propres yeux, c'est ce qui interpelle Basilio au moment même où il vient à la rencontre du maître pour lui montrer ses propres peintures.
    De cette rencontre fictive, Antoine Choplin fait naître une boucle qui interroge sur la représentation du réel et la part de ressenti dans l'art. Tout en sensibilité, par touches fines entre fiction et réalité historique, il parvient à élever le personnage de Basilio au rang d'artiste, le faisant s'interroger aux côtés d'un des plus grands artistes du XXe siècle sur la nécessité de voir dans l'art le moyen de dire le réel en le dépassant. C'est une jolie rencontre d'une grande richesse à laquelle nous fait assister Antoine Choplin, et elle aurait sans nul doute plu à Picasso lui-même.
    Un roman porté par une écriture très poétique qui vous touche droit au cœur, tout en finesse, délicatesse, tel le pinceau de notre peintre espagnol pris dans l'horreur du massacre de Guernica. Bouleversant !
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mgeffroy, le 03 février 2012

    mgeffroy
    Comment insuffler la vie à un personnage de tableau, comment peindre un héron sur une toile et éviter l'impression d'animal empaillé ? C'est l'obsession de Basilio, jeune homme de Guernica, qui peint des hérons mais n'accepte pas d'être considéré comme un peintre. Guernica est une petite ville tranquille, les gens semblent tous se connaître. L'auteur prend le temps de nous amener au café, au bal, au marché... Il nous fait suivre Basilio dans les marais pour ses rencontres avec les hérons ; sa timidité lorsqu'il veut vendre son cochon au marché et son amour, timide également pour Celestina. Nous sommes pris par cette sérénité, cette douceur ambiante, à peine troublée par l'arrivée d'un semblant de troupe républicaine qui vient camper aux abords de la ville et qui nous rappelle que l'Espagne est en guerre.
    Alors bien sur, on connaît l'histoire de Guernica, ne serait-ce que par le tableau de Picasso mais quand les Messerschmitt lâchent leurs bombes incendiaires sur la ville, on ne peut s'empêcher d'être surpris par la violence de l'assaut. La "dolce vita" de la première partie du roman nous avait fait oublié que cette deuxième partie était inéluctable, qu'elle arriverait à un moment ou à un autre.
    La force du roman réside dans la capacité d'Antoine Choplin à nous montrer le calme de cette ville avant le déluge de feu, mieux nous faire voir l'atrocité, le cheval calciné, la course des hommes et des femmes affolés, les taurillons meuglant en proie aux flammes... et ce héron à l'aile brisée, la plus réussie des peintures de Basilio.
    Après la lecture de ce roman, j'ai cherché une reproduction du Guernica de Picasso et, comme Basilio, je l'ai regardé, les yeux fermés.
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par horline, le 05 octobre 2011

    horline
    La naïveté recèle parfois la faculté insoupçonnée de résister à l'adversité, suscitant une tendresse et un attachement particuliers qu'Antoine Choplin a su retranscrire dans Le héron de Guernica.
    Avril 1937. Sous une apparente sérénité qui ignore la barbarie à venir, on marche dans les pas de Basilio, jeune homme que l'on devine simple d'esprit, à travers les marais et les roseaux qui entourent Guernica. Avec ses pinceaux, il s'évertue à donner vie à un héron cendré qui l'obsède avant d'être appelé à témoigner de la mort qui va frapper son village martyr.
    S'il manifeste de l'agacement à ne pouvoir restituer la grâce de la beauté dans sa peinture, l'œil de l'artiste est saisissant pour capter le chaos et toute la laideur du monde. Une roue de bicyclette qui tourne dans le vide, une course folle de taurillons en proie aux flammes… en filigrane, une réflexion transparaît. La perception de la réalité en matière artistique exige paradoxalement un exercice d'interprétation ; évoquer plutôt que simplement observer le réel pour frapper l'esprit et mieux appréhender le vrai. le tableau de Picasso permet d'en prendre pleinement conscience.
    Antoine Choplin a le talent pour capturer une beauté évidente, épurée, sublimée par une écriture pleine de non-dits, réduite à sa quintessence et faisant certainement écho au parler vrai des villageois basques. Avec cette retenue de mots, de sentiments, on est enclin à prêter une certaine poésie au silence, une véritable sensibilité à l'auteur pour peindre une douceur harmonieuse dans le chaos.
    Au-delà de ce style minimaliste, A. Choplin parvient à attirer l'attention du lecteur sur le pouvoir de suggestion de l'art et le regard singulier que porte l'artiste sur le monde qui nous entoure. Un esprit décalé, parfois à rebrousse-poil des évènements mais qui laisse éclore une sensibilité pleine de sagacité.
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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 16 janvier 2012

    kathel
    C'est au travers du regard de Basilio que l'auteur choisit de nous faire vivre cette journée. Basilio rend de menus services dans des fermes, se prépare dans sa petite chambre à rencontrer la belle Celestina au bal, rend visite à son oncle à l'hospice. Il aime surtout peindre, flâner au long des marais pour tenter de capturer l'image d'un long cou, d'une patte avançant lentement en oblique. Il peint inlassablement des hérons, cherchant à saisir dans leur immobilité la vibration qui les rendra vivants, l'étincelle qui fera briller leur œil.
    Je ne veux pas en dire plus, c'est un livre qui se savoure, où chaque phrase se pose sur la page comme une plume sur la toile, délicatement, tendrement. Les habitants de Guernica vaquent à leurs occupations, se préparent pour le marché, Basilio trouve un moment pour aller esquisser quelques traits sur sa toile. Evidemment, les faits sont loin d'être poétiques, dès lors que les premiers avions se font entendre, mais une certaine distance, qui n'est pas voulue par Basilio, mais plutôt par l'auteur, donne à cette tragédie un son un peu étouffé, un couleur un peu délavée. L'écriture précise, délicate, légère, donne envie de lire et relire encore tout un tas de phrases.
    Vous comprendrez que j'ai été séduite par ce livre, choisi à la rentrée parmi les nouveautés, à cause de son titre intrigant et de sa jolie couverture. Un choix impulsif qui est devenu un coup de cœur, et que je ne saurais que trop vous conseiller !

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-antoine-choplin-le-heron..
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    • Livres 5.00/5
    Par mariech, le 26 septembre 2011

    mariech
    Cet après -midi , j'étais à Guernica , en compagnie de Basilio , je l'ai vu peindre son héron cendré préféré , parcourir les rues paisibles de Guernica , je l'ai accompagné au marché vendre son cochon et son sac de haricots . Enfin , je veux dire que la plume de l'auteur m'a transportée ailleurs pour quelques heures . Une écriture ciselée , une évocation sensible de la destruction de Guernica . J'ai ralenti la lecture aux dernières pages , pour rester quelques instants encore avec les différents protagonistes . Une réflexion originale sur la créativité , sur le devoir de mémoire , la transmission au travers des yeux des artistes . Comment témoigner sur les événements que l'on a vécu ? Peux-on témoigner en n'étant pas présent ?Un questionnement intéressant sur ces être humains , un peu différents , qui n'ont pas toujours les pieds sur terre , qu'on appelle ' les artistes ' Merci à Babélio pour cette nouvelle Masse Critique .
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 21 septembre 2011
    L'auteur de Radeau, L'Impasse ou encore Cour nord prouve, avec ce septième roman, son talent. Et si Antoine Choplin affirme ici la nécessité de l'art pour dire la fureur de la guerre et pour y survivre […], on n'en retrouve pas moins la grande sobriété de son écriture
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par bibliothequegries, le 18 avril 2012

    Au milieu de toute cette désolation, il se sent d'abord pris dans une sorte d'entre-deux, de ceux qu'imposent parfois les réveils affolés et pleins de sueur, quand tout vacille et s'en tient au gazeux, quand le réel continue à ployer sous la force du rêve, renâclant à toute capture.
    Avec cet oeil embué, presque incrédule, il traverse les quartiers meurtris, longe les bâtisses calcinées encore fumantes et les murs effondrés.
    Il atteint la place du marché.
    Il ne remarque pas les trajectoires balbutiantes de ceux qui, mètre après mètre, en soufflant des mots d'effroi, se risquent à nouveau au coeur de l'espace dévasté. Il n'entend pas vraiment la plainte des femmes agenouillées, les cris résonnants des plus forts, prodiguant mille consignes contradictoires.
    Il poursuit son chemin vers la Calle Don Tello.
    e n'est qu'en remontant la rue vers chez lui que, le coeur battant, il commence à éprouver pour de bon les modifications du paysage., les espaces nouveaux dévolus à la lumière, à la circulation de l'air et des sons.
    Avant même qu'il n'y ait porté le regard, il devine les blessures de la ville. La béance de ses plaies, ses amputations.
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  • Par kathel, le 16 janvier 2012

    Il se demande ce qu’elle en dirait Celestina, de cette feuille encore largement vierge, avec cet effet de plumes au milieu, et tout juste quelques traits pour témoigner de la silhouette élancée du héron. ça le fait sourire, Basilio.
    Pendant que tu y es, il se dit, tu n’as qu’à lui offrir une feuille de papier blanc. Le plus beau héron qu’on aura jamais peint.
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  • Par Heureuse, le 19 octobre 2011

    Ce que j'ai vu

    C'est d'abord la trouée bleue au flanc du ciel

    Et la houppe frissonnante des arbres

    Et puis après seulement

    L'assemblée des femmes empressées

    Postées et mains alertes

    Ou trottinant derrière les grilles de l'usine

    Et puis après seulement

    Le nuage d'oiseaux acier laminant des nues

    Pointant l'index vers nos maisons et evrs nos âmes

    Se glissant par les gouffres turquoises

    Jusqu'à griffer nos toits

    Et le cheveux des filles

    Dans le bruit des machines

    Celles de l'usine n'ont rien entendu

    Ni le fer à l'approche

    Ni mes cris d'alerte

    ...
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  • Par yv1, le 28 septembre 2011

    Basilio se dit qu'il conviendrait peut-être un jour ou l'autre de se résoudre à oublier le héron lui-même pour ne s'intéresser qu'à l'âbime qui s'ouvre à l'interstice de son regard. Plonger un peu là-dedans, et seulement ça.

    D'ailleurs, de cette façon, on pourrait au passage abandonner tout le reste. Le héron lui-même donc, son plumage, ses allures fières, la flêche de son bec, mais aussi tout ce qui façonne son environnement. [...] On se dirait que oui, sans doute, la réalité profonde du héron peut être détachée de celle de la matière et des paysages qui l'entourent."(p.55/56)
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  • Par Norlane, le 28 octobre 2011

    Rien que ça, une bicyclette qui repose à terre, au milieu d'une place déserte. Je crois que c'est pas mal pour donner une à deviner tout ce qu'on voit pas sur l'image. Toutes ces choses qui flottent dans l'air et qui fabriquent notre peur de maintenant. Qu'on peut pas graver sur du papier mais qui nous empêchent presque de respirer, par moments. Tu vois ce que je veux dire ?
    Oui.
    Alors je trouve que cette image de bicyclette, elle fait la place à tout ça et c'est dans ce sens qu'elle vaut bien une photographie de bombardier.
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