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Soie de
Alessandro Baricco
C'était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre.
On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie.
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Par le_Bison, le 02/02/2012
Novecento : Pianiste de
Alessandro Baricco
« C’était quoi ?
- Je ne sais pas. »
Ses yeux se sont mis à briller.
« Quand tu ne sais pas ce que c’est, alors c’est du jazz. »
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Par ccha, le 14/04/2010
Novecento : Pianiste de
Alessandro Baricco
On jouait parce que l'Océan est grand, et qu'il fait peur, on jouait pour que les gens ne sentent pas le temps passer, et qu'ils oublient où ils étaient, et qui ils étaient. On jouait pour les faire danser, parce que si tu danses tu ne meurs pas, et tu te sens Dieu.
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Soie de
Alessandro Baricco
Il vie les visages muets qu'ont les gens quand ils sont en fuite. Et il vit un arbre, au bord de la route, Et accroché à une branche, pendu, le garçon qui l'avait emmené jusque là. Hervé Joncour s'approcha, et resta là un moment, à le regarder, comme hypnotisé. Puis il denoua le corps du jeune homme, l'étendit sur le sol et s'agenouilla près de lui. Il n'arrivait pas détacher ses yeux de ce visage. C'est ainsi qu'il ne vit pas le village se remettre en chemin mais entendit seulement, comme de très loin, le bruit de cette procession qui le frôlait, remontant la route. Il ne leva pas les yeux, même quand il entendit la voix d'Hara Kei, à deux pas de lui, qui disait
_ Le Japon est un très ancien pays, le saviez-vous? Sa loi est très ancienne : elle dit qu'il existe douze crimes pour lesquels il est permis de condamner un homme à mort. Et l'un de ces crimes est d'accepter de porter un message d'amour pour sa maîtresse.
Hervé Joncour ne quitta pas des yeux le visage du jeune garçon tué.
_ Il ne portait aucun message d'amour.
_ Cest lui qui était un message d'amour.
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Par liliba, le 28/05/2010
Soie de
Alessandro Baricco
... Parfois, les jours de vent, Hervé Joncour descendait jusqu’au lac et passait des heures à regarder, parce qu’il lui semblait voir, dessiné sur l’eau, le spectacle léger, et inexplicable, qu’avait été sa vie.
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Par Elora, le 02/06/2010
Sans sang de
Alessandro Baricco
On a beau s’efforcer de vivre une seule vie, les autres verront mille autres vies dedans, et c’est pour ça qu’on n’arrive pas à éviter de faire du mal.
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Par liliba, le 28/05/2010
Soie de
Alessandro Baricco
Devant lui, il vit l'immense volière, avec ses portes grandes ouvertes, absolument vide. Et devant la volière, une femme. Il ne regarda pas autour de lui et continua simplement à marcher, lentement, ne s'arrêtant que lorsqu'il fut face à elle.
Ses yeux n'avaient pas une forme orientale, et son visage était celui d'une jeune fille.
Hervé Joncour fit un pas vers elle, tendit le bras et ouvrit la main. Sur sa paume, il y avait un billet, plié en quatre. Elle le vit et son visage tout entier se mit à sourire. Elle posa sa main sur celle d'Hervé Joncour, serra avec douceur, s'attarda un instant, puis la retira, gardant entre ses doigts ce billet qui avait fait le tour du monde. Elle l'avait à peine caché dans un pli de son vêtement que la voix d'Hara Kei se fit entendre.
— Soyez le bienvenu, mon ami français.
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Par mathieupl, le 30/11/2010
Châteaux de la colère de
Alessandro Baricco
Il faut imaginer ça. Un train lancé dans une course furieuse sur deux lames de fer, et dans ce train un petit coin d'immobilité magique minutieusement découpé par le compas d'une petite flamme. La vitesse du train et la fixité du livre éclairé. L'éternellement changeante multiformité du monde tout autour, et le microcosme pétrifié d'un oeil qui lit. Comme un noyau de silence au coeur d'une détonation. Si l'histoire n'était pas vraie, si ce n'était pas la vraie histoire, on pourrait se dire: c'est juste une jolie métaphore exacte. Au sens où peut-être, toujours, et pour tout le monde, lire ce n'est jamais que fixer un point pour ne pas se laisser séduire, et détruire, par la fuite incontrôlable du monde.
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Par pilpilip, le 11/12/2011
Soie de
Alessandro Baricco
Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille.
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Par Ikebukuro, le 06/11/2010
Soie de
Alessandro Baricco
Hara Kei était assis sur le sol, les jambes croisées, dans le coin le plus éloigné de la pièce. Il était vêtu d'une tunique sombre, et il ne portait aucun bijou. Seul signe visible de son pouvoir, une femme étendue près de lui, la tête posée sur ses genoux, les yeux fermés, les bras cachés sous un ample vêtement rouge qui se déployait autour d'elle, comme une flamme, sur la natte couleur de cendre.