Note moyenne : 3.9/5 (sur 10 notes)
Messieurs les ronds-de-cuir2Ajouter à mes livres
La cigarette jaillie des dessous de la moustache et les cuisses baignées de pénombre, celui-ci semait des signatures, pour ampliations conformes, au bas d'arrêtés ministériels. De sa dextre bien soignée, il les étendait,... > voir plus
Une merveille, une perle, un miracle de la littérature comique française !
On retrouve avec ce livre toute la verve et l'humour de Courteline dans ce classique (de 1893) indémodable qui n'a pas pris une ride. Je me suis régalé comme lors de sa découverte il y a au moins trente cinq ans.
Comment décrire la jubilation qui nous prend à la lecture de ce petit chef d'œuvre cocasse et spirituel, de ce modèle de satire piquante, d'une drôlerie sans nom ?
On suit avec amusement les aventures hilarantes de tous les employés et chefs de bureau de cette direction des « dons et legs », joyeuse et cruelle caricature, parfois aux frontières du surréalisme, de n'importe quelle administration française de l'époque (?) MESSIEURS LES RONDS DE CUIR est un livre plus que centenaire qui semble avoir été écrit hier. Je vous engage à le lire ou, comme moi, à le relire. Vous ne le regretterez pas.
Georges Courteline est connu pour son style. Celui-ci peut paraître un peu daté... mais quel plaisir de se laisser embarquer dans des phrases parfois complexes mais aux idées claires. Un véritable voyage, une initiation à un classique. Et même un génie, dans le sens où personne ne peut l'imiter. sans rappeler le maître.
Il s'agit d'une satyre au ton mordant et tout à la fois spirituel. Il n'y a pas vraiment d'histoire. le livre se compose de tableaux qui forment en ensemble... tout à fait décapant. Les personnages de la fameuse Direction des dons et legs sont tout à faits jouissifs. Au delà des fonctionnaires, c'est une critique de l'âme humaine en général. Il est inutile de rappeler qu'elle reste d'actualité.
Une véritable perle ! Un classique méconnu et difficile à trouver. Comme l'écrit le préfacier : un véritable hommage au rire. Il a su attirer à lui des générations entières qui aujourd'hui s'en écartent. Ce qui est bien dommage.
Si Absolument débordée a fait un véritable carton, cet ouvrage en est la source d'inspiration et se révèle bien plus spirituel, plus mordant, plus spirituel, bref plus mieux !
C'était le conservateur du musée de Vanne-en-Bresse. Ce pauvre homme, qui ne trouvait plus la sortie, l'allait quêtant de porte en porte. Successivement il avait pénétré : chez le commis d'ordre Guitare, au même moment où cet ingénieux employé rafistolait son soulier avec un morceau de ficelle ; puis chez Van der Hogen, dont il n'avait vu que les jambes penchées au faîte d'une échelle (toute la partie supérieur du sous-chef disparue au fond d'un placard) ; puis chez Letondu, qu'il avait surpris presque à poil en train de faire de tours de force avec le panier à bois. Si bien que maintenant, habitué déjà, il contemplait sans trop de stupeur ce nouvel et extraordinaire aperçu d'un titulaire officiel dans l'exercice de ses fonctions.
Car voilà pourtant où nous en sommes, et il est inouï de penser que sur trois expéditionnaires, l'un soit fou, le deuxième gâteaux et le troisième à l'enterrement. Ça à l'air d'une plaisanterie ; nous nageons en pleine opérette !