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ISBN : 2859405739
Éditeur : Phébus (1999)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Témoin de la souffrance des pionniers, bien décidé à échapper à l'orphelinat de Brazzaville, le métis Jean Michonet se fait, à quinze ans, recruteur de main-d'oeuvre pour le compte des compagnies forestières. Il écume le sud du Gabon alors inexploré.
Mais les choses seraient trop simples si le jeune aventurier n'était saisi dans l'écheveau des solidarités humaines. Ayant gardé les meilleurs éléments de son "négoce", il crée son propre chantier, seul maître ap... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
sandrine5714 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
En voyage au Gabon dans les années 70, Christian DEDET croise la route de Jean Michonet, grande figure du pays, pionnier, aventurier, qui a vécu mille vies. Les deux hommes se lient d'amitié et très vite DEDET propose à Jean de raconter sa vie pour qu'une trace en soit gardée dans un livre. Commence alors le récit d'un destin chaotique où se mêlent l'aventure, la fortune, la ruine, l'amour du Gabon, les paradoxes du métissage, le goût des autres et tant d'autres choses qui ont fait de Jean Michonet un homme d'exception dans un pays souvent inhospitalier.

Recruteur pour les exploitations forestières, exploitant forestier lui-même, armateur sur le fleuve Ogooué, traceur de routes, chasseur et trafiquant de peaux de crocodile, infirmier luttant contre la lèpre, conseiller de président, Jean Michonet a changé dix fois de vie au gré de ses revers de fortune depuis le jour où, encore adolescent, il a perdu ses parents et décidé de subvenir à ses besoins pour éviter l'orphelinat. Ce métis, français par son père, africain par sa mère, a écumé le Gabon de l'époque coloniale jusqu'à l'indépendance. C'est le parcours hors du commun d'un homme libre, entreprenant, d'un pionnier, d'un aventurier que nous raconte Christian DEDET, un homme qui s'est toujours relevé malgré les aléas de la vie, un homme qui a su faire cohabiter en lui ses deux cultures, un homme sans autre ambition que de faire son petit bonhomme de chemin dans le respect des autres. Sa vie est le roman d'un homme et d'un pays. le Gabon est ici évoqué avec amour, ses odeurs, son climat, ses tribus, ses coutumes, son fleuve, sa forêt, ses dangers car Jean Michonet aimait cette terre d'Afrique et il ne la quitta jamais. L'histoire de Jean Michonet et du Gabon se lit comme un passionnant roman d'aventures.
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Charybde2
Charybde218 mars 2013
  • Livres 4.00/5
Les étonnants mémoires d'un entrepreneur, métis franco-gabonais au Gabon des années 40, 50 et 60...
Déjà apprécié pour son "Au royaume d'Abomey" paru en 2000, remarquable enquête, parfois un peu trop distanciée, autour du vaudou béninois contemporain, Christian Dedet est surtout connu pour cette "Mémoire du fleuve", parue en 1984, qui organise les souvenirs oraux de Jean Michonet, métis franco-gabonais, et en particulier ceux des années 1950-1960.
"Dès cette époque, nous habitions une bonne case en planches, bien faite, à laquelle nous avions tous travaillé. On accédait par un large escalier à une terrasse qui faisait le tour du bâtiment. Au cours de la construction, notre père nous avait donné, à mes frères et à moi-même, des conseils qui nous ont été fort utiles, plus tard, lorsque les uns ou les autres nous avons bâti nos demeures. Je l'entends encore : - Si tu construis trop près du sol, tu ne pourras débroussailler, ni empêcher les serpents de gîter. À mi-hauteur, ce seront les cabris qui cogneront de la corne sous le plancher..."
Récit de longue haleine, très impressionnant, tant pour la qualité de ses détails que pour celle du ressenti du narrateur, parfois un rien hâbleur, parfois très fataliste, taillant son chemin et son destin pour échapper à l'orphelinat de Pointe-Noire qui lui semblait initialement promis, et devenant ainsi tour à tour, avec succès, exploitant forestier, embaucheur de main d'oeuvre pour chantiers, chasseur de crocodiles à grande échelle, pilote de vapeur sur l'Ogooué,... Et tout cela dans une atmosphère où les personnes généreuses et droites, toutes origines confondues, voisinent avec les pires crapules, et dans un cadre, pourtant "récent" (il y a 50 ans), dans lequel le racisme est ordinaire, quasi-généralisé et pleinement assumé... Un témoignage d'une force rare, indéniablement.
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MarcoPolo85
MarcoPolo8521 décembre 2012
  • Livres 5.00/5
Au départ, l'idée de de lire quelque chose qui se passe dans la moiteur de l'Afrique équatoriale parmi une myriade de moustiques, de plus entouré par des prédateurs de tout genre tels le serpent, l'hippopotame ou le crocodile, ne me tentait pas particulièrement.
Par ailleurs, le fait d'aller de marais en marais vers des villages où la tradition est très marquée et où le fétichisme est prégnant ne me donnait pas davantage envie d'aller au delà de la quatrième de couv et des quelques remarques vues çà et là.
Et pourtant...! J'ai entamé "la Mémoire du fleuve", doucement d'abord, pour mieux appréhender les lieux et les gens tels la famille de notre héros Jean Michonet (il s'agit d'une histoire vraie).
Et au bout de plusieurs dizaines de pages, j'y ai lu ce que je pensais un peu, c'est à dire des coloniaux qui viennent en Afrique pour s'enrichir dans l'exportation de bois précieux. Bref, pas de quoi vous tenir éveillé toute une nuit... loin de là...
Mais, j'ai compris, au fur et à mesure, que j'entrais dans ce livre comme on entre dans une forêt qu'on ne connait pas. Les premiers pas sont difficiles, craintifs. Et, au bout d'un moment, on s'habitue à la pénombre des sous bois.
Et c'est ce qui s'est passé dans ce livre. La vie de Jean Michonet, tout d'un coup vous happe, et vous prend tout votre corps tel un python qui attaque sa proie. Et, c'est parti pour vivre le coeur de la forêt Gabonaise en compagnie de ce héros métisse.
Ce dernier vous fait partager tour à tour les métiers de sylviculteur, de transporteur et de chasseur. Il s'initie aux danses villageoises (le bwiti), tient tête à des féticheurs et joue de la carabine à merveille.
Il participe à la construction de la nouvelle nation Gabonaise et nous fait découvrir toute la faune et la flore de ce coin d'Afrique.
De nombreuses histoires sont des plus étonnantes qui soient.
Bref, quand j'ai terminé ce livre, j'en était tout retourné. J'ai eu l'impression d'avoir vécu réellement un bout d'histoire de ce continent Noir tout en étant resté collé à mon fauteuil.
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le_Bison
le_Bison22 février 2012
  • Livres 5.00/5
Peut-être faut-il avoir vécu quelques temps au Gabon pour apprécier à sa juste valeur ce livre merveilleux. Mais l'Afrique, et donc plus particulièrement le Gabon,c'est ce bouquin ; avec ses personnages, ses légendes, ses forêts verdoyantes, ses couleurs et ses senteurs, sans oublier son fleuve.
J'ai eu la chance de vivre au Gabon quand j'étais gamin. Maintenant, je suis vieux (ou presque) et grâce à ce livre, je revis quelques moments dans la jungle, au bord du fleuve...
Ce livre s'adresse à tous les amoureux du Gabon, de l'Afrique, des fleuves et des habitants qui naviguent dessus. Bref, à tous ceux qui veulent vivre une aventure HUMAINE extraordinaire.
Si je devais avoir un livre de chevet sur le bord de ma table de nuit (ou dans ma case en bois), nul doute que celui-ci aurait sa place...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Dumakey
Dumakey29 janvier 2014
  • Livres 5.00/5
Les mémoires du fleuve est un roman qui retrace la vie au Gabon dans les années 50-60. le livre est bien écrit on se laisse bien prendre par l'histoire. L'ambiance reflète réellement le Gabon et l'Afrique noire. C'est d'ailleurs un des très rares romans qui a pour sujet le Gabon et en particulier cette époque qui marque un vraie transition dans la vie du pays.
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
MarcoPolo85MarcoPolo8517 décembre 2012
J'ai connu une personne , aujourd'hui adjointe au maire de Port Gentil, qui a été avalée à l'âge de treize ans par un python.
Un serpent affamé l'avait suivie dans un village de brousse alors qu'elle se rendait aux latrines. Aussitôt assommée. Car l'agression par laquelle un python neutralise sa victime est un véritable coup de boutoir.
La chance de la gosse a été que le python, trop pressé, au lieu de l'avaler par la tête, commence par les jambes. Chance supplémentaire : la petite était tombée avec les jambes écartées. Le serpent a donc dégluti un pied, une jambe, mais il s'est trouvé bloqué par l'entrejambe et il n'a pu aller plus loin.
Se réveillant à son évanouissement, la fillette se met à hurler. Les parents, les voisins accourent. Et le serpent inexpérimenté - ou fou de boulimie - a été tué. Il ne pouvait ni régurgiter ni repartir. Il était lui même prisonnier de sa prisonnière.
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MarcoPolo85MarcoPolo8514 décembre 2012
J'ai tiré à dix pas. L'éléphant n'est pas tombé mais, en tournant sur lui-même, il a poussé un barrissement d'une violence inouïe. Ah! ce barrissement!... Jamais aucun hurlement, en forêt, ne m'avait pareillement secoué. C'était de la douleur, bien sûr, mais un cri d'innocence surprise et, plus encore, un chant de guerre à vous glacer le cœur.
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MarcoPolo85MarcoPolo8512 décembre 2012
On imagine le plus souvent que la vie en Afrique est calme, qu'elle est placée sous le signe de l'immobilité. Il n'en n'est rien. Depuis ma naissance et jusqu'à cette ultime remontée du fleuve, j'ai vu mes parents se déplacer sans cesse, chercher fébrilement une paix qui ne se trouve nulle part.
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