> Guillaume Marlière (Traducteur)

ISBN : 2226217398
Éditeur : Albin Michel (2010)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres

Rien à envier au reste du monde, c’est la devise de la Corée du Nord. Depuis des mois, des années, ce pays fait tristement l’actualité : articles, reportages, documentaires éclairent la difficile réalité d’un ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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  • Par ygounin, le 21 septembre 2011

    ygounin
    Aujourd'hui en poste à Pékin, Barbara Demick a été pendant sept ans la correspondante du Los Angeles Times à Séoul. Elle en a rapporté un reportage d'une facture très américaine où elle livre un état des lieux effarant d'une des dernières dictatures au monde.
    La journaliste a choisi de suivre le destin de six Nord-Coréens « ordinaires » originaires d'une ville de province, Chongjin, au nord-est du pays, plus représentative de la Corée du Nord que Pyongyang souvent comparée à un « village Potemkine ». Ces six Nord-Coréens ont en commun d'avoir fui la dictature de Kim Jong-il en traversant la frontière chinoise et d'avoir trouvé refuge en Corée du sud.
    Entrelaçant la petite et la grande histoire, le reportage de Barbara Demick souligne deux choses. La première, dont on n'imaginait pas l'ampleur, est le délire totalitaire du régime nord-coréen. Vingt ans après la chute du Mur, l'implosion du bloc soviétique et l'ouverture de la Chine, la Corée du Nord reste un « anachronisme vivant », un délire orwellien. La seconde est l'ampleur de la famine qui s'est abattue sur elle dans les années quatre vingt dix, lorsque la solidarité du bloc communiste a cessé de jouer. La Corée du Nord s'est retrouvée prisonnière d'un cercle vicieux : privée de pétrole et de matières premières, elle n'était plus capable de produire les biens destinés à l'exportation lui permettant de se procurer les devises nécessaires à l'importation de biens alimentaires. Comme la Chine durant le Grand Bond en avant, un pays tout entier a connu la famine : les plus fragiles, les plus honnêtes en sont morts, les plus débrouillards, les plus roués ont vécu d'expédients, préférant pour certains l'exil à la mort.
    En suivant le parcours de six survivants, Barbara Demick donne de la chair à la description désincarnée des délires induits par le Juche, l'idéologie de Kim Il-sung et de son fils. Elle montre que rien ne prédisposait ces citoyens « ordinaires », élevés dans l'adoration du Grand Leader, à la défection. L'un d'entre eux était même la chef de l'imminban, l'association des voisins, chargée de moucharder les faits et geste de chacun. Mais la situation s'est tellement détériorée dans les années quatre vingt dix que l'exil s'est imposé à chacun comme la seule issue viable.
    Les derniers chapitres du livre sont les plus attachants où l'auteur suit ses héros en Corée du sud. La journaliste y évoque d'abord l'accueil mitigé des Sud Coréens qui, tout en aspirant à la réunification, redoutent son coût excessif. Elle y décrit surtout les difficultés rencontrés par les réfugiés qui ne parviennent pas toujours à s'adapter à une vie si différente de celle qu'ils connaissaient jusque là : ainsi de Mme Song qui ne parvient pas à se faire aux possibilités infinies qui s'offrent à elle. Ces réfugiés, dont les qualifications ne sont pas reconnues, peinent à trouver un emploi : le Dr Kim doit reprendre des études à quarante ans passées. Ils ressentent la culpabilité et la honte de ce qu'ils ont dû faire pour survivre : c'est le cas de Oak-hee qui a dû laisser ses enfants en Corée du Nord. le plus émouvant est le couple formé par Mi-ran et Jun-sang. Un amour impossible et platonique les avait unis au nord pendant de nombreuses années ; une fois au sud, leurs chemins se séparent, comme si leur attirance l'un pour l'autre n'avait trouvé sa source que dans les difficultés à surmonter.
    Tous vivent dans l'attente d'un retour fantasmé dans un Nord réunifié. Or, les années passent et rien ne dit que le départ de Kim Jong-il – dont le fils cadet Kim Jong-un est sur le point de prendre la place – n'entraînera une inflexion du régime.
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    • Livres 4.00/5
    Par benrheinaue, le 17 avril 2012

    benrheinaue
    Reposant sur les témoignages de six personnes, ayant toutes en commun d'avoir fui l'une des dernières dictatures au monde (une institutrice, un étudiant, un mineur, une ouvrière responsable de quartier, un jeune de la rue, une femme médecin), Vies ordinaires en Corée du nord vous fait entrer dans cette bulle opaque, sur cet îlot politique qui échappe même aux yeux des satellites de Google Earth. La journaliste y décrit un monde clos, Orwellien, enfermé dans le mensonge et la mascarade, sous le joug d'un totalitarisme à faire pâlir d'envie les plus méchants de ce siècle, les Staline, Ceaucescu ou Saddam Hussein. Tous les ingrédients y sont : propagande, culte et sur-culte de la personnalité, asservissement de l'Art au profit du Juche, camps de travaux forcés, appropriation de la religion, contrôle de la pensée, embrigadement de la jeunesse... Un monde concentrationnaire, dans lequel très peu de touristes ne peuvent pénétrer (environ 7000 par an), toujours encadrés par des membres du parti, qui s'efforcent bien de masquer la triste réalité : la misère de tout un peuple.
    Là est tout l'intérêt du livre, il sort des rails. Grâce aux témoignages de ces six personnes, Barbara Demick décrit l'âpre réalité, par le biais d'une plume sèche, totalement appropriée. Elle est au plus proche de la misère, d'une extrême pauvreté vécue au quotidien par quelques 23 millions de citoyens, sans cesse soumis à des restrictions d'énergie dantesques (car celle-ci étant réservée à l'industrie), au froid et à la faim. le livre propose également une analyse historique de la situation en Corée du Nord, les leaders qui s'y sont succédés (Kim Il Sung, Kim Jong-il, Kim Jong-un) avec en trame de fond, l'effondrement d'un pays étalé sur plusieurs générations ; il revient ainsi sur la famine des années 90, suite à la chute de l'URSS, qui a fait autant de morts que la guerre de Corée. Misère qui dévore encore aujourd'hui le pays, l'un des plus pauvres du monde. Avec Vies ordinaires en Corée du nord, Barbara Demick ne rend pas seulement hommage à ces six témoins, ces six vies ordinaires et héroïques, qui servent de socle au livre, mais à toutes ces vies ordinaires, toutes celles qui se sont perdues ou se perdent encore en Corée du Nord. Elle rend hommage à l'individu, dans un monde où l'individu ne peut exister.
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    • Livres 5.00/5
    Par billette, le 17 mars 2012

    billette
    Incroyable, glacant... En 1998, 2 millions de personnes sont mortes de faim !! Un peuple entier se meurt à notre époque, à deux pas de chez nous. Je suis bouleversée !
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    • Livres 4.00/5
    Par letendard, le 29 novembre 2010

    letendard
    Saisissant. A découvrir absolument.
    http://www.denecessitevertu.fr/?

    Lien : http://www.denecessitevertu.fr/2010/11/24/la-tragedie-permanente-vie..
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Citations et extraits

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  • Par Neigeline, le 12 février 2012

    Ils ne communiquaient plus que par e-mail ou par texto. L'assouvissement instantané du plaisir d'échanger que procure la communication moderne tuait la magie qui avait existé entre eux. Leur relation est de celles qui s'épanouissent dans l'adversité ; dans l'adversité qui prévalait en Corée du Nord. Les émotions paraissent plus fortes lorsqu'elles sont transmises griffonnées sur un précieux petit bout de papier avant d'être convoyées dans des trains asthmatiques à court de diesel.
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  • Par Neigeline, le 12 février 2012

    C'est un phénomène nord-coréen noté par de nombreux observateurs. Puisqu'il n'y a plus de chaises ou de bancs, les habitants restent accroupis pendant des heures, le long des routes, dans les parcs, au marché. Ils regardent droit devant eux comme s'ils attendaient quelque chose : un tramway, peut-être ou une voiture ? Un ami ou un parent ? Peut-être n'attendent-ils plus rien en particulier. Ou seulement l'espoir d'un changement.
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