-
je n'aime pas la viande. Ni blanche, ni rouge. Il y a trop de souffrance à l'intérieur. A chaque bouchée, à chaque fois que je mastique, je la sens. Parfois c'est si écoeurant. Ca pèse sur ta langue comme un billot de bois. Et parfois tu ne peux même plus avaler.
-
Par Canaju le 03/02/2012
[...] je pris alors conscience de notre incroyable capacité à composer avec l'inacceptable.
-
Par Myrtle le 30/12/2011
Vous voulez que je vous raconte une histoire? Depuis 1990, les boutons censés commander [les ascenseurs] n'ont plus aucun effet sur la fermeture et l'ouverture de leurs portes. Absolument plus aucun. Et pourtant toutes les cabines, même les plus modernes, continuent à être fabriquées avec cet accessoire. On a même conservé le petit éclairage à l'intérieur de ce bouton. Et vous savez pourquoi? Parce que les psychologues, justement, se sont aperçus que les ascenseurs ainsi automatisés accroissaient l'inquiétude à l'intérieur de leur cabine, close, étroite, et par essence anxiogène. Chacun, ont-ils noté, se sentait privé de décider de quelque chose par lui-même, et surtout de commander à la machine. Alors on a laissé le petit bouton. Mais il n'y a rien derrière. Les portes s'ouvrent et se ferment selon des programmes informatiques préétablis. Aveugles aux mouvements nerveux de nos index. Parfois il arrive que le hasard synchronise notre geste avec l'impulsion électronique. Alors se produit un petit miracle, les portes se ferment et nous sommes intimement convaincus d'avoir dirigé, dominé la machinerie. Et notre foi en notre liberté, en notre pouvoir, s'en trouve d'autant plus renforcée.
-
Par oops le 05/11/2011
Les marges de nos vies sont trop étroites pour contenir la somme de nos rêves et le miroir de nos intuitions.
-
Par oops le 04/11/2011
On ne devrait pas avoir besoin de dormir. C'est trop de vie gâchée.
-
C'était ainsi que nous vivions. Déplacés et livrés par paquets de dix ou trente. Colis dimensionnés, calibrés, nous suivions des trajets optimisés, où le temps et l'espace nous étaient comptés de manière différenciée selon que nous étions puissants ou corvéables. Car dans ces tours il existait, comme dans la vie, un monde à deux vitesses, bâti d'après les codes ancestraux des rites aristocratiques. L'employé usait de plates-formes communes, sortes d'omnibus, s'arrêtant au gré des requêtes individuelles, à condition de posséder les sésames requis. Quant aux maîtres vivant dans le sommet de leurs tours, ils possédaient, pour leur ursage exclusif, des navettes express qui menaient directement au ciel leurs précieuses personnes.
-
Suivant l'exemple de sa grand-mère, ma fille s'était engagée sur le chemin de la médecine, puis, à mon grand désarroi, de la dentisterie, corporation avec laquelle j'ai longtemps entretenu des rapports difficiles. Il faut dire que j'appartiens à une génération dont les soins bucco-dentaires furent confiés à une congrégation d'arracheurs de dents, au sens premier du terme, un gang de tortionnaires opérant avec des armes mal dégrossies et des produits anesthésiques élaborés par des officines vétérinaires.
-
Les faillites aiment les week-ends.Et la vie est pleine de dimanches.
-
Je me retrouvais seul, sorte de factotum accrédité, pourvoyeur génétique affublé d’un permis de conduire pour faciliter les transports.
-
Anne se leva d'un bond et se dirigea vers la porte d'entrée. Elle saisit son manteau et sortit de la maison comme un vicaire poursuivi par le diable. La sanction des capteurs fut immédiate. Ma femme fut scannée et détectée.