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ISBN : 2020826011
Éditeur : Editions du Seuil (2005)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 590 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Petit-fils de berger pyrénéen, fils d'une correctrice de presse et d'un concessionnaire Simca à Toulouse, Paul Blick est d'abord un enfant de la Ve République. L'histoire de sa vie se confond avec celle d'une France qui crut à de Gau... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par sandrine57, le 03 juin 2012

    sandrine57
    Un père patron d'une concession Simca, une mère traductrice, deux fils, Vincent, 10 ans et Paul, 8 ans, une belle maison...En cette année 1958 où la France entre dans la Vème république, la famille Blick mène, à Toulouse, une vie paisible et heureuse. Mais le jour de l'adoption de la nouvelle constitution est aussi le jour terrible où Vincent meurt des suites d'une banale opération. La vie de Paul est bouleversée, ses parents peinent à surmonter leur chagrin. Une chape de plomb s'abat sur la famille. Privé de l'affection d'une mère qui n'est plus capable du moindre sentiment, Paul va grandir avec le son de la télévision pour remplacer les conversations, dans la France de de Gaulle, corsetée dans les traditions et les convenances. Puis le Vème république prend son essor, les présidents se succèdent et Paul prend son envol pour devenir un homme.

    De de Gaulle à Chirac
    De la nouvelle constitution à la dissolution
    De mai 68 au 11 septembre
    Du plein emploi à la crise
    De l'enfant à l'homme fait
    De la mort de son frère à l'effondrement intérieur de sa fille
    De l'opulence aux huissiers
    De l'homme au foyer au photographe globe-trotter...
    C'est toute l'histoire d'un pays et d'un homme dans la deuxième moitié du XXème siècle que déroule cette "vie française". Avec drôlerie et tendresse, DUBOIS mêle les petites histoires et la grande Histoire et le lecteur, ravi, voit défiler les grands évènements qui ont marqué la France et les petites anecdotes qui ont marqué une famille française. Et bien sûr, on se reconnait forcément, on a vécu les mêmes choses, on retrouve le passé du pays avec nostalgie, on reconnait ses parents, sa famille, des comportements, des idées.
    Une vie française est un livre à lire absolument. Il a la saveur des grandes oeuvres américaines mais avec un goût "bien de chez nous"!
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    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 06 octobre 2012

    Chouchane
    La vie de Paul Blick est française certes, mais elle est surtout celle d'un homme désenchanté qui revient sur ses cinquante années d'existence. Ce roman primé par le Fémina 2004 « résume » en 400 pages, 5 présidents (De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac ) , un président par intérim (Poher) les enchaînements d'événements qui vont décider de la destinée d'un homme. C'est par la phrase « Et ma mère tomba à genoux », à partir d'un drame la mort de Vincent, son frère ainé, que Paul débute ses souvenirs. Cette disparition sera fondatrice de toutes celles, symboliques ou réelles, à venir. L'Absence ne s'effacera jamais de la vie de Paul et sa famille se fige dans la peine. Sa mère devient lointaine et son père s'investit dans sa concession de voiture simca. Les années soixantes sont là et dans leurs sillages les turbulences sexe-alcool-et-rock-and-roll, l'esprit de révolution de 68, la conquête des femmes. La vie de famille, les enfants et le succès succèdent aux années de coloc. mais le récit de Paul reste désabusé, distant. La morosité gagne du terrain car sa vie continue à charrier son flot de deuils, de tromperies, de folie, de regrets et parfois même de remords. Des familles arthritiques, des amantes de passage, une épouse occupée, des enfants distants tout concours à la dérive des sentiments. Au récit de la vie chaotique de cet homme se superpose les petitesses politiques de la France, peut-être parce qu'on a les gouvernants que l'on mérite ? S'il y a beaucoup d'humour dans ce roman, il y a peu de joie et encore moins de bonheur. Cependant l'écriture fluide de Jean-Paul Dubois nous donne quelques lueurs d'espoir, toutes réfugiées dans la nature, les enfants ou les vieux ; les adultes, eux semblent condamnés à l'enfer ! Paul conclut « La vie n'était rien d'autre que ce filament illusoire qui nous reliait aux autres et nous donnait à croire que, le temps d'une existence que nous pensions essentielle, nous étions simplement quelque chose plutôt que rien ». Par bribes ou par pans entiers cette histoire peut résonner chez chacun.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 20 mars 2012

    brigittelascombe
    "Perdre un enfant,ne serait-ce que par fragments,est une ordalie"
    De la perte de son frère à l'âge de 8 ans à la mort psychique de sa fille, Paul Blick, 54 ans, confie (confesse) Une vie française,sa vie ponctuée de traumatismes et mise en parallèle (d'où l'originalité de ce roman, prix FNAC et prix Fémina 2004)avec la vie politique française.
    Une grand-mère Blick revêche qu'il croit mariée à De Gaulle, des Noëls houleux lorsque l'oncle Hubert(ancien milicien) évoque la guerre d'Algérie,une adolescence aux éjaculations impromptues entre De Gaulle et Pompidou, une attirance pour "le bordel" en mai 68, l'amour avec l'assistante d'un "dentiste désaxé" face au LEM télévisé, le mariage avec une "fille de droite d'une famille de droite" qui aime "le monde réel des affaires" alors que "la crise" va sévir avec pertes et fracas de Mitterand à Chirac...jusqu'aux "écarts du monde et à sa brutalité": voilà Une vie française qui mène au succés Paul Blick, surnommé l' "homme-tronc" photographe des arbres, puis le balaie d'un coup de vent comme une simple feuille.
    Un langage imagé,percutant,parfois cru qui touche car nimbé d'émotions.Un talent inné pour créer une ambiance qui sonne juste,raconter le couple, l'érotisme, la conception du bonheur, le tout venant même dramatique en maniant toujours une bonne dose d'humour(quitte à choquer).
    Une vie française de Jean-Paul Dubois(romancier émérite et journaliste-reporter) est à lire car elle pourrait-être une vie (avec ses hauts et ses bas)parmi tant d'autres ce qui permet une bonne identification du lecteur!
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    • Livres 5.00/5
    Par Dosamuse, le 08 décembre 2013

    Dosamuse
    J'adore ces livres qui une fois refermés laissent planer un doute sur les quelques jours qu'on vient de passer ensemble : est-ce que j'ai lu un livre ou vu un film ?
    C'est beau, c'est bien écrit, c'est fluide, c'est attachant.
    J'ai beaucoup aimé la profondeur des personnages, l'histoire de la France de la 2nde moitié du XXe siècle n'est qu'une trame de fond, des images sur un poste de télévision noir et blanc ; et tant mieux car j'avais pensé en lisant la 4eme que ce serait plus scolaire, plus chronologique.
    Bref, un très bon roman pour un très bon moment.
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    • Livres 4.00/5
    Par zabeth55, le 03 août 2012

    zabeth55
    Une vie… française …. c'est bien de cela qu'il s'agit.
    Une vie : de 1958 à 2002, de l'enfant au grand-père.
    Française : la cinquième république, de De Gaulle à Chirac
    Tout y est, tant pour la vie que pour la France.
    Paul Blick traverse la vie entre oisiveté et solitude. Libre-penseur, anticonformiste, sensuel, il porte un regard extérieur et lucide sur son environnement. En parallèle, il retrace sa vie et celle de son pays.
    L'amour, la famille, le vieillissement, la mort, les parents, les enfants, la religion, la politique, l'économie, les relations humaines. …… pas un sujet ne lui échappe.
    Et on le suit avec délectation dans les méandres de sa vie.
    C'est superbement bien écrit, d'une grande cohérence, avec un vocabulaire riche et précis.
    Un vrai beau roman français dont le succès est amplement mérité.
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Critiques presse (1)


  • LeFigaro , le 03 novembre 2011
    Si les histoires que raconte Jean-Paul Dubois semblent banales et ses personnages légèrement déprimés ou losers, son écriture est une merveille où pointe l'humour (souvent noir, il est vrai). C'est drôle, ça respire le réalisme sans tomber dans les affres de l'autofiction, et Dubois possède cet art de décrire une situation, une époque, une génération avec un rare talent.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par Ode, le 11 décembre 2012

    La mort de Vincent nous a amputés d'une partie de nos vies et d'un certain nombre de sentiments essentiels. Elle a profondément modifié le visage de ma mère au point de lui donner en quelques mois les traits d'une inconnue. Dans le même temps, son corps s'est décharné, creusé, comme aspiré par un grand vide intérieur. La disparition de Vincent a aussi paralysé tous ses gestes de tendresse. Jusque là si affectueuse, ma mère s'est transformée en une sorte de marâtre indifférente et distante. Mon père, autrefois si disert, si enjoué, s'est muré dans la tristesse, le silence, et nos repas, jadis exubérants, ont ressemblé à des dîners de gisants. Oui, après 1958, le bonheur nous quitta, ensemble et séparément, et, à table, nous laissâmes aux speakers de la télévision le soin de meubler notre deuil.
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  • Par JulieBob, le 18 mars 2012

    Claire, ma mère, ne parlait guère de son métier de correctrice. Elle m'avait sommairement expliqué une fois pour toutes que son travail consistait à corriger les fautes d'orthographe et de langue commises par des journalistes et des auteurs peu regardants sur l'usage des subjonctifs ou les accords des participes passés. On pourrait croire qu'il s'agit là d'une tâche relativement paisible, répétitive, et en tout cas peu anxiogène. C'est exactement le contraire. Un correcteur n'est jamais en repos. Sans cesse il réfléchit, doute, et surtout redoute de laisser passer la faute, l'erreur, le barbarisme. L'esprit de ma mère n'était jamais en repos tant elle éprouvait le besoin, à toute heure, de vérifier dans un monceau de livres traitant des particularismes du français, le bon usage d'une règle ou le bien-fondé de l'une de ses interventions. Un correcteur, disait-elle, est une sorte de filet chargé de retenir les impuretés de la langue. Plus son attention et son exigence étaient grandes, plus les mailles se resserraient. Mais Claire Blick ne se satisfaisait jamais de ses plus grosses prises. En revanche, elle était obsédée par ces fautes minuscules, ce krill d'incorrections qui, sans cesse, se faufilait dans ses filets. Il était fréquent que ma mère se lève de table en plein repas du soir pour aller consulter l'une de ses encyclopédies ou un ouvrage spécialisé, et cela dans l'unique but d'éliminer un doute ou bien d'apaiser une bouffée d'angoisse. Ce comportement n'était pas spécifique au caractère de ma mère. La plupart des correcteurs développent ce genre d'obsession vérificatrice et adoptent des comportements compulsifs générés par la nature même de leur travail. La quête permanente de la perfection et de la pureté est la maladie professionnelle du réviseur.
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  • Par Lencreuse, le 01 novembre 2010

    J’avais, à l’époque, la faiblesse de penser être un père disponible, présent, très proche d’eux. J’étais persuadé de les connaître intimement. De partager l’essentiel de leur vie. En réalité, ils voyaient en moi une sorte d’inadapté social, de collatéral perturbant, brouillant les repères, vivant sans horaires, ni projet, ni but, jouant les hommes de ménage, enchaînant les semaines de dimanches ou les voyages au long cours. Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que les enfants détestaient ce genre de flou excentrique, ces existences flottantes, ces personnages mal définis. Marie et Vincent voulaient un père normal, un type qui rentre et parte du bureau à heures fixes, suive le cours de leur vie scolaire, entretienne des contacts avec leurs professeurs, emmène de temps en temps la famille en week-end, et, l’été, la réunisse un mois au bord de la mer. La seule chose qu’espèraient mes enfants c’étaient quelques rampes solides, fiables, toujours placées au même endroit et auxquelles l’on puisse se raccrocher en cas de besoin. Au lieu de quoi, et à divers titres, leur mère et moi avions mis à leur disposition des balustrades molles, des appuis mouvants, des soutiens inconséquents, là un jour, disparus le lendemain. Sans même que je m’en aperçoive mes enfants s’étaient écartés de moi pour se rapprocher de la vie. Ils se trouvaient aujourd’hui de l’autre côté du fleuve. Sur la rive des gens sans histoire. Là où vivent les pères qui siègent dans les conseils de parents d’élèves.
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  • Par Ode, le 12 décembre 2012

    Jamais, sans doute, n'y eut-il, dans l'histoire, une rupture aussi violente, brutale et profonde dans le continuum d'une époque. 1968 fut un voyage intergalactique, une épopée bien plus radicale que la modeste conquête spatiale américaine qui ambitionnait simplement d'apprivoiser la Lune. Car en ce mois de mai, il s'agissait ni plus ni moins que d'embarquer, au même moment, sans budget particulier, ni plan concerté, ni entraînement, ni führer, ni caudillo, des millions d'hommes et de femmes vers une planète nouvelle, un autre monde, où l'art, l'éducation, le sexe, la musique et la politique seraient libérés des normes bornées et des codes forgés dans la rigueur de l'après-guerre.
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  • Par Ode, le 15 décembre 2012

    Le 22 mars, tandis qu'à Nanterre les étudiants occupaient les locaux administratifs de leur faculté, moi, à Toulouse, je m'asseyais au volant de ma première voiture, une Volkswagen de 1961, de couleur « perlweiss », équipée de doubles pare-chocs, d'une batterie de six volts et d'un toit ouvrant en toile. C'était une reprise du garage, soixante-dix mille kilomètres au compteur, garantie familiale. Mon père avait supervisé la révision de ce véhicule avant la remise solennelle des clés dans son bureau. Il avait dit à peu près ceci : « J'espère que cette auto te conduira jusqu'au bac. » C'était bien là de l'humour paternel : concis, minimal, sinistre.
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