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ISBN : 2020826011
Éditeur : Seuil (09/09/2005)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 861 notes)
Résumé :
Paul Blick a huit ans lorsque son frère meurt brutalement, le jour où la France entérine la Vᵉ République. De Charles de Gaulle à Jacques Chirac, des premiers baisers aux premiers cheveux blancs, Blick hésite entre désir de révolte, confort bourgeois et recherche d'un absolu désillusionné. Cette vie française, à laquelle chacun peut s'identifier, est inscrite dans une Histoire en marche et subit le monde autant qu'elle le construit.

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Critiques, Analyses & Avis (78) Voir plus Ajouter une critique
latina
22 décembre 2016
« Et ma mère tomba à genoux. Ses mains sur son visage ressemblaient à un pansement dérisoire ».
Ca commence comme ça : avec un malheur. le frère ainé de Jean Blick, Vincent, vient de mourir de complications opératoires. Jean a 8 ans, nous sommes en 1958, et commence pour lui une longue période de purgatoire entre des parents effondrés qui vivent sous l'eau, avec De Gaulle en toile de fond, sur le téléviseur.
Mais rassurez-vous, Jean-Paul Dubois n'est pas du genre à faire se lamenter ses narrateurs, loin de là ! Avec toute l'humanité du monde, mais aussi avec plein d'humour et d'ironie, Jean Blick va vivre. Il va vivre et connaitre ses premières expériences sexuelles (ah là là...son copain et le rôti familial...) . Il va vivre et clamer ses premières convictions politiques. Il va vivre et tomber amoureux fou d'Anna, qui devient sa femme.
Tout ce qui se passe d'important en France défile sous nos yeux (les chapitres d'ailleurs ont comme titre le nom des divers présidents qui se succèdent, c'est tout dire), mais tout ce qui se passe d'important dans la vie de Jean ne nous échappe pas non plus. Ses pensées les plus intimes, ses déchirements, ses peurs, ses joies et ses doutes, surtout, parsèment les pages de ce roman qui emporte, qui enveloppe. Les joies de la paternité, les voyages en mission pour photographier les arbres, les relations peu à peu distantes avec sa femme, le lien de plus en plus profond avec sa mère...tout ceci est raconté en même temps que la guerre d'Algérie, mai 68, les divers scandales financiers, l'affrontement Chirac- l'Autre, comme il dit (vous avez tous deviné de qui il s'agit) ...
Bref, trêve d'explications : je vous invite à entrer dans ce roman, vous vous y sentirez comme chez vous, amusés, attendris, étonnés, et même bouleversés, car je vous assure que l'humour (toutes les sortes d'humour) et l'émotion (toute la gamme des émotions) vous y accueilleront à chaque page.
Jean-Paul Dubois, que j'appréciais déjà énormément après avoir lu « Kennedy et moi » et « le cas Sneijder », eh bien cet auteur entre dans mon panthéon personnel de mes auteurs favoris ! Je l'adore !
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sandrine57
03 juin 2012
Un père patron d'une concession Simca, une mère traductrice, deux fils, Vincent, 10 ans et Paul, 8 ans, une belle maison...En cette année 1958 où la France entre dans la Vème république, la famille Blick mène, à Toulouse, une vie paisible et heureuse. Mais le jour de l'adoption de la nouvelle constitution est aussi le jour terrible où Vincent meurt des suites d'une banale opération. La vie de Paul est bouleversée, ses parents peinent à surmonter leur chagrin. Une chape de plomb s'abat sur la famille. Privé de l'affection d'une mère qui n'est plus capable du moindre sentiment, Paul va grandir avec le son de la télévision pour remplacer les conversations, dans la France de de Gaulle, corsetée dans les traditions et les convenances. Puis le Vème république prend son essor, les présidents se succèdent et Paul prend son envol pour devenir un homme.

De de Gaulle à Chirac
De la nouvelle constitution à la dissolution
De mai 68 au 11 septembre
Du plein emploi à la crise
De l'enfant à l'homme fait
De la mort de son frère à l'effondrement intérieur de sa fille
De l'opulence aux huissiers
De l'homme au foyer au photographe globe-trotter...
C'est toute l'histoire d'un pays et d'un homme dans la deuxième moitié du XXème siècle que déroule cette "vie française". Avec drôlerie et tendresse, DUBOIS mêle les petites histoires et la grande Histoire et le lecteur, ravi, voit défiler les grands évènements qui ont marqué la France et les petites anecdotes qui ont marqué une famille française. Et bien sûr, on se reconnait forcément, on a vécu les mêmes choses, on retrouve le passé du pays avec nostalgie, on reconnait ses parents, sa famille, des comportements, des idées.
Une vie française est un livre à lire absolument. Il a la saveur des grandes oeuvres américaines mais avec un goût "bien de chez nous"!
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TCHITAT92
30 août 2015
Je viens à l'instant de finir cette Vie française, roman (jusqu'à quel point?) qui m'a quelque peu chamboulée...
Sur la forme, le récit déroule, la vie d'un homme, le narrateur, depuis le jour où son frère aîné est décédé, encore enfant, jusqu'à l'age de cinquante ans environ. la chronologie est basée, de manière originale, selon les gouvernements alors en place en France.
Le style est fort agréable, à la fois érudit et plein d'humour (souvent noir), de cynisme aussi. J'ai beaucoup apprécié l'écriture de jean-Paul Dubois, sa sensibilité, son sens de la description, son art de mettre les mots qu'il faut sur un ressenti douloureux, tout en pudeur, ses descriptions de personnages, très visuelles, gentiment moqueuses...
Sur le fond, c'est une jolie histoire de vie, très réaliste, qui nous parle, car beaucoup d'éléments présents (événements, époque, style de vie,...) ont été vécus, ou racontés par des proches de ses lecteurs.
le narrateur est un homme de son temps, tout en étant l'homme universel et intemporel, avec ses questionnements, ses remises en question, ses ressentis, ses blessure de l'âme, ses petits travers, sa mémoire douloureuse...
J'ai été très émue par cette vie, qui, partie sur de tristes hospices, monte crescendo (en apparence), pour redescendre, impitoyablement.
Le livre fini, on se sent tout petit, dérisoire, un petit rien plein de questions, de doutes, de souvenirs, et de sentiments.
Très beau roman plein de pudeur, de psychologie, d'instants cocasses aussi.
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Chouchane
06 octobre 2012
La vie de Paul Blick est française certes, mais elle est surtout celle d'un homme désenchanté qui revient sur ses cinquante années d'existence. Ce roman primé par le Fémina 2004 « résume » en 400 pages, 5 présidents (De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac ) , un président par intérim (Poher) les enchaînements d'événements qui vont décider de la destinée d'un homme. C'est par la phrase « Et ma mère tomba à genoux », à partir d'un drame la mort de Vincent, son frère ainé, que Paul débute ses souvenirs. Cette disparition sera fondatrice de toutes celles, symboliques ou réelles, à venir. L'Absence ne s'effacera jamais de la vie de Paul et sa famille se fige dans la peine. Sa mère devient lointaine et son père s'investit dans sa concession de voiture simca. Les années soixantes sont là et dans leurs sillages les turbulences sexe-alcool-et-rock-and-roll, l'esprit de révolution de 68, la conquête des femmes. La vie de famille, les enfants et le succès succèdent aux années de coloc. mais le récit de Paul reste désabusé, distant. La morosité gagne du terrain car sa vie continue à charrier son flot de deuils, de tromperies, de folie, de regrets et parfois même de remords. Des familles arthritiques, des amantes de passage, une épouse occupée, des enfants distants tout concours à la dérive des sentiments. Au récit de la vie chaotique de cet homme se superpose les petitesses politiques de la France, peut-être parce qu'on a les gouvernants que l'on mérite ? S'il y a beaucoup d'humour dans ce roman, il y a peu de joie et encore moins de bonheur. Cependant l'écriture fluide de Jean-Paul Dubois nous donne quelques lueurs d'espoir, toutes réfugiées dans la nature, les enfants ou les vieux ; les adultes, eux semblent condamnés à l'enfer ! Paul conclut « La vie n'était rien d'autre que ce filament illusoire qui nous reliait aux autres et nous donnait à croire que, le temps d'une existence que nous pensions essentielle, nous étions simplement quelque chose plutôt que rien ». Par bribes ou par pans entiers cette histoire peut résonner chez chacun.
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Dosamuse
08 décembre 2013
J'adore ces livres qui une fois refermés laissent planer un doute sur les quelques jours qu'on vient de passer ensemble : est-ce que j'ai lu un livre ou vu un film ?
C'est beau, c'est bien écrit, c'est fluide, c'est attachant.
J'ai beaucoup aimé la profondeur des personnages, l'histoire de la France de la 2nde moitié du XXe siècle n'est qu'une trame de fond, des images sur un poste de télévision noir et blanc ; et tant mieux car j'avais pensé en lisant la 4eme que ce serait plus scolaire, plus chronologique.
Bref, un très bon roman pour un très bon moment.
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Les critiques presse (1)
LeFigaro03 novembre 2011
Si les histoires que raconte Jean-Paul Dubois semblent banales et ses personnages légèrement déprimés ou losers, son écriture est une merveille où pointe l'humour (souvent noir, il est vrai). C'est drôle, ça respire le réalisme sans tomber dans les affres de l'autofiction, et Dubois possède cet art de décrire une situation, une époque, une génération avec un rare talent.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B02 janvier 2017
— Putain, ça pue l'ail.
— Quoi, tes doigts ?
— Non, ma bite. J'ai la bite qui pue l'ail, à mort. C'est à cause du rôti, de ce putain de rôti.
— Quel rôti ?
Et là, David Rochas, quatorze ans, élève de 4e A au lycée Pierre-de-Fermat me raconta comment depuis près d'une année il s'enfilait jusqu'à la garde tous les rôtis de bœuf que Mme Rochas, sa mère, faisait préparer et larder, deux fois par semaine, par M. Pierre Aymar, chef de comptoir à la Boucherie Centrale. David m'expliquait tout cela d'une voix tranquille et posée, un peu à la façon d'un cuisinier qui vous livrerait les rudiments de l'une de ses préparations. « D'abord je le sors du frigo une ou deux heures avant pour qu'il soit à une température normale, tu vois. Ensuite, je prends un couteau assez large et je fais une entaille, bien au milieu du rôti, pile au centre. Pas trop large non plus, juste comme il faut. Ensuite, je met le tablier, je baisse mon froc et la partie peut commencer. Sauf que souvent, ma putain de mère, elle fourre le rôti avec de l'ail. Alors quand je tombe sur une gousse et que je m'y frotte dessus, j'ai la bite qui pue pendant deux jours. Quoi, qu'est-ce que tu as ? C'est l'ail qui te dégoûte ? On dirait que tu viens de voir le diable. »
Ce que je venais de voir était bien plus impressionnant : mon meilleur ami, demi de mêlée et futur capitaine de l'équipe de rugby, debout dans la cuisine, un couteau à la main, la queue affamée et ardente, besognant le rôti familial taillé avec expertise dans les meilleurs morceaux d'un bœuf, servi le soir même accompagné de haricots verts et de pommes dauphine. Je connaissais bien ce plat. Je l'avais à plusieurs reprises partagé avec les Rochas.
— Tu baises le rôti de ta mère ?
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OdeOde11 décembre 2012
La mort de Vincent nous a amputés d'une partie de nos vies et d'un certain nombre de sentiments essentiels. Elle a profondément modifié le visage de ma mère au point de lui donner en quelques mois les traits d'une inconnue. Dans le même temps, son corps s'est décharné, creusé, comme aspiré par un grand vide intérieur. La disparition de Vincent a aussi paralysé tous ses gestes de tendresse. Jusque là si affectueuse, ma mère s'est transformée en une sorte de marâtre indifférente et distante. Mon père, autrefois si disert, si enjoué, s'est muré dans la tristesse, le silence, et nos repas, jadis exubérants, ont ressemblé à des dîners de gisants. Oui, après 1958, le bonheur nous quitta, ensemble et séparément, et, à table, nous laissâmes aux speakers de la télévision le soin de meubler notre deuil.
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PaigeTurnerPaigeTurner18 mars 2012
Claire, ma mère, ne parlait guère de son métier de correctrice. Elle m'avait sommairement expliqué une fois pour toutes que son travail consistait à corriger les fautes d'orthographe et de langue commises par des journalistes et des auteurs peu regardants sur l'usage des subjonctifs ou les accords des participes passés. On pourrait croire qu'il s'agit là d'une tâche relativement paisible, répétitive, et en tout cas peu anxiogène. C'est exactement le contraire. Un correcteur n'est jamais en repos. Sans cesse il réfléchit, doute, et surtout redoute de laisser passer la faute, l'erreur, le barbarisme. L'esprit de ma mère n'était jamais en repos tant elle éprouvait le besoin, à toute heure, de vérifier dans un monceau de livres traitant des particularismes du français, le bon usage d'une règle ou le bien-fondé de l'une de ses interventions. Un correcteur, disait-elle, est une sorte de filet chargé de retenir les impuretés de la langue. Plus son attention et son exigence étaient grandes, plus les mailles se resserraient. Mais Claire Blick ne se satisfaisait jamais de ses plus grosses prises. En revanche, elle était obsédée par ces fautes minuscules, ce krill d'incorrections qui, sans cesse, se faufilait dans ses filets. Il était fréquent que ma mère se lève de table en plein repas du soir pour aller consulter l'une de ses encyclopédies ou un ouvrage spécialisé, et cela dans l'unique but d'éliminer un doute ou bien d'apaiser une bouffée d'angoisse. Ce comportement n'était pas spécifique au caractère de ma mère. La plupart des correcteurs développent ce genre d'obsession vérificatrice et adoptent des comportements compulsifs générés par la nature même de leur travail. La quête permanente de la perfection et de la pureté est la maladie professionnelle du réviseur.
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Nastasia-BNastasia-B07 janvier 2017
Telle était ma famille de l'époque, déplaisante, surannée, réactionnaire, terriblement triste. En un mot, française. Elle ressemblait à ce pays qui s'estimait heureux d'être encore en vie, ayant surmonté sa honte et sa pauvreté. Un pays maintenant assez riche pour mépriser ses paysans, en faire des ouvriers et leur construire des villes absurdes constituées d'immeubles à la laideur fonctionnelle.

CHARLES DE GAULLE (4 octobre 1958 — 28 avril 1969).
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LencreuseLencreuse01 novembre 2010
J’avais, à l’époque, la faiblesse de penser être un père disponible, présent, très proche d’eux. J’étais persuadé de les connaître intimement. De partager l’essentiel de leur vie. En réalité, ils voyaient en moi une sorte d’inadapté social, de collatéral perturbant, brouillant les repères, vivant sans horaires, ni projet, ni but, jouant les hommes de ménage, enchaînant les semaines de dimanches ou les voyages au long cours. Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que les enfants détestaient ce genre de flou excentrique, ces existences flottantes, ces personnages mal définis. Marie et Vincent voulaient un père normal, un type qui rentre et parte du bureau à heures fixes, suive le cours de leur vie scolaire, entretienne des contacts avec leurs professeurs, emmène de temps en temps la famille en week-end, et, l’été, la réunisse un mois au bord de la mer. La seule chose qu’espèraient mes enfants c’étaient quelques rampes solides, fiables, toujours placées au même endroit et auxquelles l’on puisse se raccrocher en cas de besoin. Au lieu de quoi, et à divers titres, leur mère et moi avions mis à leur disposition des balustrades molles, des appuis mouvants, des soutiens inconséquents, là un jour, disparus le lendemain. Sans même que je m’en aperçoive mes enfants s’étaient écartés de moi pour se rapprocher de la vie. Ils se trouvaient aujourd’hui de l’autre côté du fleuve. Sur la rive des gens sans histoire. Là où vivent les pères qui siègent dans les conseils de parents d’élèves.
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