ISBN : 2020826011
Éditeur : Seuil (2005)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 199 notes) Ajouter à mes livres

Petit-fils de berger pyrénéen, fils d'une correctrice de presse et d'un concessionnaire Simca à Toulouse, Paul Blick est d'abord un enfant de la Ve République. L'histoire de sa vie se confond avec celle d'une France qui crut à de Gau... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 07 août 2008

    annie
    Une vie française - Prix Femina 2004
    Petit-fils de berger pyrénéen, fils d'une correctrice de presse et d'un concessionnaire Simca à Toulouse, Paul Blick est d'abord un enfant de la Ve République.
    L'histoire de sa vie se confond avec celle d'une France qui crut à de Gaulle après 58 et à Pompidou après 68, s'offrit à Giscard avant de porter Mitterrand au pouvoir, pour se jeter finalement dans les bras de Chirac.
    Et Paul, dans tout ça ? Après avoir découvert, comme il se doit, les joies de la différence dans le lit d'une petite Anglaise, il fait de vagues études, devient journaliste sportif et épouse Anna, la fille de son patron.
    Brillante chef d'entreprise, adepte d'Adam Smith et de la croissance à deux chiffres, celle-ci lui abandonne le terrain domestique. Devenu papa poule, Paul n'en mène pas moins une vie érotique aussi intense que secrète et se passionne pour les arbres, qu'il sait photographier comme personne.
    Une vraie série noire - krach boursier, faillite, accident mortel, folie - se chargera d'apporter à cette comédie française un dénouement digne d'une tragédie antique.
    Jardinier mélancolique, Paul Blick prend discrètement congé, entre son petit-fils bien-aimé et sa fille schizophrène. Si l'on retrouve ici la plupart des " fondamentaux " de Jean-Paul Dubois - dentistes sadiques, femmes dominatrices, mésalliances et trahisons conjugales, sans parler des indispensables tondeuses à gazon -, on y découvre une construction romanesque dont l'ampleur tranche avec le laconisme de ses autres livres.
    Cet admirateur de Philip Roth et de John Updike est de retour avec ce roman dont le souffle n'a rien à envier aux grandes sagas familiales, dans une traversée du siècle menée au pas de charge.
    Vous plaisantez, monsieur Tanner
    Le narrateur hérite d'une maison dans un bien piteux état, mais qu'il décide pourtant de rénover.
    Il doit donc faire appel à des artisans prétendument spécialisés. Là commence une parade délirante.
    Couvreurs, électriciens, plâtriers, chauffagistes se succèdent, semblant lui réserver les spécimens les plus caricaturaux.
    "Une fois encore j'avais ramassé la crème des crèmes. [] Ces types devaient se donner le mot. Ils venaient du monde entier, ne se connaissaient pas, mais tous portaient le même virus, le même Mal. []
    J'étais confronté à une internationale nuisible, une nébuleuse préparée dans des camps d'entraînement, dressée à tuer la raison, à liquider le bon sens, à égorger la logique." Bien qu'on ait envie de le secouer plus d'une fois, Paul Tanner, pourtant fort sympathique, endosse à merveille sa condition de dindon idéal de farces multiples.
    "Souvent je me suis posé la question de savoir s'il n'y avait pas quelque chose qui clochait chez moi. Il n'était pas normal d'attirer à ce point les ennuis et les canailles. Je devais avoir des paroles, une attitude, une façon d'être qui me désignaient, dans la foule, comme un pigeon préférentiel. Il n'y avait pas d'autre explication."
    Un livre frais et léger qui, comme à l'accoutumée chez J.P Dubois, mêle dérision et humour caustique. Une vitrine bien réaliste et finement observée de l'univers du bâtiment. Jean-Paul Dubois a écrit, là, une sorte de parenthèse légère qui, à mon goût, l'est peut-être un peu trop car je n'y retrouve pas l'épaisseur, le corps des personnages de certains de ses précédents livres. Une comédie, un vaudeville somme toute distrayant et agréable pour passer quelques bons moments.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ph_hugot, le 01 mai 2011

    ph_hugot
    Tout est dans le titre : en 350 pages et sous 7 Présidences de la République successives, de de Gaulle (1958) à Chirac (2004), Jean-Paul Dubois raconte la vie d'un citoyen français comme les autres, ni pauvre ni milliardaire, ni complètement malheureux ni véritablement heureux, promené par le destin sur toutes les cases de l'existence, de la révolte adolescente au mariage bourgeois.
    Voilà le roman que je considère comme certainement un des meilleurs bouquins des dernières années, et assurément le meilleur roman francais des années 2000.
    Cet ouvrage, superbement ambitieux, raconte, dans la lignée des grandes saga américaines - 'histoire d'un homme plutôt ordinaire de prime abord, à travers ses aventures personnelles, professionnelles, sexuelles, conjugales, familiales, bref, qui se livre au lecteur. Et au passage, il nous offre une magnifique toile représentant des années de politique, et, bien sûr, un splendide portrait de la France. Réussir à méler la petite histoire dans la grande est souvent casse gueule, ici l'exercice est admirablement construit.
    ce récit nous plonge dans un style empli de vigueur, d'intensité, et de lyrisme . le temps passe, rendant cet homme de plus en plus détaché de ce que le matériel lui donne pourtant à profusion.
    La fin, mélancolique à souhait ne fait que renforcer le sentiment de grâce qu'a eu Dubois lors de l'écriture de ce bouquin, prix fémina 2004 et bientot adapté en fiction pour la télévision avec Jacques Gamblin dans le rôle titre.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 11 mai 2011

    Malaura
    Sur près d'un demi-siècle le récit de la vie de Paul Blick se confond avec l'histoire politique de la France. de de Gaulle à Pompidou,de Mitterrand à Chirac, Paul raconte et se raconte. Les ébats sexuels des années 70, le mariage avec une femme riche fervente capitaliste,la passion pour la photo,les enfants...Une existence confortable sans trop d'efforts...Puis la vie qui bascule tout d'un coup: faillite, accident, mort, folie; Paul,devenu jardinier, se retire tout doucement dans le silence de sa vie.
    Jean-Paul Dubois nous invite à une traversée du siècle pleine d'entrain dans cette "vie française" drôle, tendre et émouvante. Un humour qui n'est pas sans rappeler celui de Philip Roth dont l'auteur est un fervent admirateur, un style qui balance agréablement entre ironie incisive, touchante émotion et intensité dramatique, des réflexions pertinentes et drôles sur la France et ses magouilles politiques...On rit, on pleure, il y a du bonheur, il y a du malheur aussi...c'est la vie ! (prix Fémina 2004)
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 19 janvier 2012

    carre
    La toile de fond du roman de Dubois, c'est en premier lieu celle de la France de la 5ème république à travers Paul Blick le personnage central du roman. Il épouse Anne la fille de son patron, à qui il laisse le loisir de diriger l'entreprise familiale. Devenu papa poule, Paul va coucher ces souvenirs personnels Ssur papier avec en parallèle les espoirs et les désillutions d'une époque riche en évenements. de la tragique disparition de son jeune frère, de son adolescence insouciante, son intense activité sexuelle, puis plus tard la maladie de sa fille, l'amour éperdue pour son petit fils, sa passion pour les arbres etc...
    On retrouve toujours avec plaisir l'univers tragi-comique de Jean-Paul Dubois qui par son talent de narrateur fait appel à nos propres souvenirs.
    C'est drôle, mélancolique, tragique, touchant, cinglant, léger. En un mot brillant.
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    • Livres 5.00/5
    Par Eric75019, le 29 janvier 2011

    Eric75019
    Raconter toute la vie d'un homme traversant les faits marquants de son époque est un thème souvent traité par des auteurs américains, mais cette fois-ci, il s'agit d'un Français avec des références bien françaises (les évènements survenus sous les différentes présidences de la 5ème République, les premiers pas sur la lune regardés à la télé...). Ce livre est le récit, à la fois modeste et grandiose, d'une grande partie de la vie du narrateur, que nous visitons à la fois par le petit bout et par le grand bout de la lorgnette. Impression de déjà vu ? Oui, mais dans nos propres souvenirs, dans nos propres vies. C'est parfois drôle, et même très drôle. Puis, brutalement, au passage d'une anecdote, cela devient émouvant, et même très émouvant. Les différents passages de cette "vie française" sont tour à tour désopilants ou tragiques, toujours profondément humains, et sonnent juste. Mais comment faites-vous Monsieur Dubois ? Impossible de lâcher cette histoire. A lire d'urgence.
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Critiques presse (1)


  • LeFigaro , le 03 novembre 2011
    Si les histoires que raconte Jean-Paul Dubois semblent banales et ses personnages légèrement déprimés ou losers, son écriture est une merveille où pointe l'humour (souvent noir, il est vrai). C'est drôle, ça respire le réalisme sans tomber dans les affres de l'autofiction, et Dubois possède cet art de décrire une situation, une époque, une génération avec un rare talent.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par Lencreuse, le 01 novembre 2010

    J’avais, à l’époque, la faiblesse de penser être un père disponible, présent, très proche d’eux. J’étais persuadé de les connaître intimement. De partager l’essentiel de leur vie. En réalité, ils voyaient en moi une sorte d’inadapté social, de collatéral perturbant, brouillant les repères, vivant sans horaires, ni projet, ni but, jouant les hommes de ménage, enchaînant les semaines de dimanches ou les voyages au long cours. Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que les enfants détestaient ce genre de flou excentrique, ces existences flottantes, ces personnages mal définis. Marie et Vincent voulaient un père normal, un type qui rentre et parte du bureau à heures fixes, suive le cours de leur vie scolaire, entretienne des contacts avec leurs professeurs, emmène de temps en temps la famille en week-end, et, l’été, la réunisse un mois au bord de la mer. La seule chose qu’espèraient mes enfants c’étaient quelques rampes solides, fiables, toujours placées au même endroit et auxquelles l’on puisse se raccrocher en cas de besoin. Au lieu de quoi, et à divers titres, leur mère et moi avions mis à leur disposition des balustrades molles, des appuis mouvants, des soutiens inconséquents, là un jour, disparus le lendemain. Sans même que je m’en aperçoive mes enfants s’étaient écartés de moi pour se rapprocher de la vie. Ils se trouvaient aujourd’hui de l’autre côté du fleuve. Sur la rive des gens sans histoire. Là où vivent les pères qui siègent dans les conseils de parents d’élèves.
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  • Par Lencreuse, le 01 novembre 2010

    Telle était ma famille de l'époque, déplaisante, surannée, réactionnaire, terriblement triste. En un mot, française. Elle ressemblait à ce pays qui s'estimait heureux d'être encore en vie, ayant surmonté sa honte et sa pauvreté. Un pays maintenant assez riche pour mépriser ses paysans, en faire des ouvriers et leur construire des villes absurdes constituées d'immeubles à la laideur fonctionnelle. En même temps, les boîtes des automobiles passaient de trois à quatre vitesses. Il n'en fallait pas plus pour que le pays tout entier fût convaincu d'avoir enclenché la surmultipliée.
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  • Par clarinette, le 29 juin 2008

    "Et ma mère tomba à genoux. Je n'avais jamais vu quelqu'un s'affaiser avec autant de soudaineté. elle n'avait même pas eu le temps de raccrocher le téléphone. J'étais à l'autre bout du culoir, mais je pouvais percevoir chacun de ses sanglots et les tremblements qui parcouraient son corps. Ses mains sur son visage ressemblaient à un pansement dérisoire. Mon père s'approcha d'elle, raccrocha le combiné et s'effondra à son tour dans le fauteuil de l'entrée. Il baissa la tête et se mit à pleurer. Silencieux, terrifié, je demeurais immobile à l'entrée du corridor. En me tenant à distance de mes parents, j'avais le sentiment de retarder l'échéance, de me préserver encore quelques instants d'une terrible nouvelle dont je devinais pourtant la teneur. Je restais donc là, debout, en lisière de la douleur, la peau brûlante et l'oeil aux aguets, observant la vitesse de propagation du malheur, attendant d'être soufflé à mon tour.
    Mon frère Vincent est mort le dimanche 28 septembre 1958 à Toulouse, en début de soirée. La télévision venait d'annoncer que 17 668 790 Français avaient finalement adopté la nouvelle Constitution de la Vème République."

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  • Par Lencreuse, le 01 novembre 2010

    Vus de l’extérieur, Claire et Victor Blick avaient l’apparence d’un couple résolument en phase avec l’optimisme de ces temps de plein emploi et de regain où l’on voyait partout surgir les buissons ardents du nouvel électroménager. Oui, mes parents ressemblaient à ces hommes et ces femmes débordant de sève et d’espérance alors qu’ils n’étaient que deux troncs creux, absents, immobiles au milieu du fleuve. A heures fixes, ils regardaient vagir ce nouveau monde parturient, mais restaient de marbre face au long déroulé des atrocités. Le destin du Congo belge, les manœuvres de Joseph Kasavubu, Moïse Tshombé, la mort de Patrice Lumumba les touchaient presque aussi peu que les variations des cours de l’Union minière du haut Katanga. Devant ces violences déchaînées, face à ce téléviseur auquel l’on avait, semblait-il, confié le soin de m’éduquer, je ne cessais de supplier mon frère de revenir prendre sa place à table, pour qu’enfin l’on éteigne ce Grandin, que la vie revienne et que, tous, nous reprenions notre conversation là où une complication opératoire l’avait interrompue le 28 septembre 1958.
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  • Par kundry, le 01 juillet 2011

    J'avais, à l'époque, la faiblesse de penser être un père disponible, présent, très proche d'eux. J'étais persuadé de les connaitre intimement. De partager l'essentiel de leur vie. En réalité, ils voyaient en moi une sorte d'inadapté social, de collatéral perturbant, brouillant les repères, vivant sans repères, ni projet, ni but, jouant les hommes de ménage, enchaînant les semaines de dimanches ou les voyages au long cours. Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris que les enfants détestaient ce genre de flou excentrique, ces existences flottantes, ces personnages mal définis. Marie et Vincent voulaient un père normal, un type qui parte et rentre du bureau à heures fixes, suive le cours de leur vie scolaire, entretienne des contacts avec les professeurs, emmène de temps en temps la famille en week-end, et, l'été, la réunisse un mois au bord de la mer. La seule chose qu'espéraient mes enfants, c'était quelques rampes solides, fiables, toujours placées au même endroit et a uxquelles l'on puisse se raccrocher en cas de besoin. Au lieu de quoi, et à divers titres, leur mère et moi avions mis à leur disposition des balustrades molles, des appuis mouvants, des soutiens inconséquents, là un jour, disparus le lendemain. Sans même que je m'en aperçoive, mes enfants s'étaient écartés de moi pour se rapprocher de la vie. Ils se trouvaient aujourd'hui de l'autre côté du fleuve. Sur la rive des gens sans histoires. Là où vivent les pères qui siègent dans les conseils de parents d'élèves.
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La grande librairie 24/11/2011 sur France 5 de François Busnel, Jean-Paul Dubois parle de son nouveau livre "Le Cas Sneijder"








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