ISBN : 2020826011
Éditeur : Editions du Seuil (2005)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 241 notes) Ajouter à mes livres

Petit-fils de berger pyrénéen, fils d'une correctrice de presse et d'un concessionnaire Simca à Toulouse, Paul Blick est d'abord un enfant de la Ve République. L'histoire de sa vie se confond avec celle d'une France qui crut à de Gau... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 20 mars 2012

    brigittelascombe
    "Perdre un enfant,ne serait-ce que par fragments,est une ordalie"
    De la perte de son frère à l'âge de 8 ans à la mort psychique de sa fille, Paul Blick, 54 ans, confie (confesse) Une vie française,sa vie ponctuée de traumatismes et mise en parallèle (d'où l'originalité de ce roman, prix FNAC et prix Fémina 2004)avec la vie politique française.
    Une grand-mère Blick revêche qu'il croit mariée à De Gaulle, des Noëls houleux lorsque l'oncle Hubert(ancien milicien) évoque la guerre d'Algérie,une adolescence aux éjaculations impromptues entre De Gaulle et Pompidou, une attirance pour "le bordel" en mai 68, l'amour avec l'assistante d'un "dentiste désaxé" face au LEM télévisé, le mariage avec une "fille de droite d'une famille de droite" qui aime "le monde réel des affaires" alors que "la crise" va sévir avec pertes et fracas de Mitterand à Chirac...jusqu'aux "écarts du monde et à sa brutalité": voilà Une vie française qui mène au succés Paul Blick, surnommé l' "homme-tronc" photographe des arbres, puis le balaie d'un coup de vent comme une simple feuille.
    Un langage imagé,percutant,parfois cru qui touche car nimbé d'émotions.Un talent inné pour créer une ambiance qui sonne juste,raconter le couple, l'érotisme, la conception du bonheur, le tout venant même dramatique en maniant toujours une bonne dose d'humour(quitte à choquer).
    Une vie française de Jean-Paul Dubois(romancier émérite et journaliste-reporter) est à lire car elle pourrait-être une vie (avec ses hauts et ses bas)parmi tant d'autres ce qui permet une bonne identification du lecteur!
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 07 août 2008

    annie
    Une vie française - Prix Femina 2004
    Petit-fils de berger pyrénéen, fils d'une correctrice de presse et d'un concessionnaire Simca à Toulouse, Paul Blick est d'abord un enfant de la Ve République.
    L'histoire de sa vie se confond avec celle d'une France qui crut à de Gaulle après 58 et à Pompidou après 68, s'offrit à Giscard avant de porter Mitterrand au pouvoir, pour se jeter finalement dans les bras de Chirac.
    Et Paul, dans tout ça ? Après avoir découvert, comme il se doit, les joies de la différence dans le lit d'une petite Anglaise, il fait de vagues études, devient journaliste sportif et épouse Anna, la fille de son patron.
    Brillante chef d'entreprise, adepte d'Adam Smith et de la croissance à deux chiffres, celle-ci lui abandonne le terrain domestique. Devenu papa poule, Paul n'en mène pas moins une vie érotique aussi intense que secrète et se passionne pour les arbres, qu'il sait photographier comme personne.
    Une vraie série noire - krach boursier, faillite, accident mortel, folie - se chargera d'apporter à cette comédie française un dénouement digne d'une tragédie antique.
    Jardinier mélancolique, Paul Blick prend discrètement congé, entre son petit-fils bien-aimé et sa fille schizophrène. Si l'on retrouve ici la plupart des " fondamentaux " de Jean-Paul Dubois - dentistes sadiques, femmes dominatrices, mésalliances et trahisons conjugales, sans parler des indispensables tondeuses à gazon -, on y découvre une construction romanesque dont l'ampleur tranche avec le laconisme de ses autres livres.
    Cet admirateur de Philip Roth et de John Updike est de retour avec ce roman dont le souffle n'a rien à envier aux grandes sagas familiales, dans une traversée du siècle menée au pas de charge.
    Vous plaisantez, monsieur Tanner
    Le narrateur hérite d'une maison dans un bien piteux état, mais qu'il décide pourtant de rénover.
    Il doit donc faire appel à des artisans prétendument spécialisés. Là commence une parade délirante.
    Couvreurs, électriciens, plâtriers, chauffagistes se succèdent, semblant lui réserver les spécimens les plus caricaturaux.
    "Une fois encore j'avais ramassé la crème des crèmes. [] Ces types devaient se donner le mot. Ils venaient du monde entier, ne se connaissaient pas, mais tous portaient le même virus, le même Mal. []
    J'étais confronté à une internationale nuisible, une nébuleuse préparée dans des camps d'entraînement, dressée à tuer la raison, à liquider le bon sens, à égorger la logique." Bien qu'on ait envie de le secouer plus d'une fois, Paul Tanner, pourtant fort sympathique, endosse à merveille sa condition de dindon idéal de farces multiples.
    "Souvent je me suis posé la question de savoir s'il n'y avait pas quelque chose qui clochait chez moi. Il n'était pas normal d'attirer à ce point les ennuis et les canailles. Je devais avoir des paroles, une attitude, une façon d'être qui me désignaient, dans la foule, comme un pigeon préférentiel. Il n'y avait pas d'autre explication."
    Un livre frais et léger qui, comme à l'accoutumée chez J.P Dubois, mêle dérision et humour caustique. Une vitrine bien réaliste et finement observée de l'univers du bâtiment. Jean-Paul Dubois a écrit, là, une sorte de parenthèse légère qui, à mon goût, l'est peut-être un peu trop car je n'y retrouve pas l'épaisseur, le corps des personnages de certains de ses précédents livres. Une comédie, un vaudeville somme toute distrayant et agréable pour passer quelques bons moments.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par zazy, le 22 mars 2012

    zazy
    Le dimanche 28 septembre 1958, les français adoptent la nouvelle constitution de la Vème république et c'est également le jour de la mort de son frère. Ainsi commence le début de ce roman. A l'aube de ses 54 ans, Paul Blick retrace son enfance, sa jeunesse, son mariage, sa vie de doux rêveur photographe d'objets inanimés. Paul Blick marche à côté de sa vie jusqu'au jour du décès de sa femme dans un petit avion de tourisme en compagnie de son amant. L'amant, passe encore, mais, il s'aperçoit que son entreprise de Jacuzzi qu'il croyait très prospère est en déliquescence complète et qu'il doit tout vendre. C'est également l'instant de son réveil à la vie car il doit se prendre en charge et ne plus se laisser aller au gré des évènements.
    Certains passages sont très amusants. Si vous trouvez un drôle de goût à votre rôti, regardez du côté de votre fils pré-pubère !!!! Lorsqu'il nous parle du héros, à la vie, à la mort, de sa mère, les souvenirs remontent à la surface.
    Sans nous fatiguer ni nous lasser, Jean-Paul Dubois nous dépeint la vie sociale et politique de la seconde partie du XXème siècle qui est celle du baby-boom (je n'aime pas ce nom) à travers sa vie et celle de sa famille proche, la vie d'une famille française bourgeoise.
    Ce n'est pas un simple récit : j'ai fait ci, il m'est arrivé ça. Non Jean-Paul Dubois raconte l'histoire, nous parle de son époque, de cette génération que je connais très bien puisque c'est la mienne. Chaque évènement de la vie personnelle de Paul Blick se trouve lié à un évènement de la vie politique et sociale. Par certains points, je trouve qu'il me ressemble comme un frère, ses doutes, ses espérances, je les ai connus, J'ai marché à côté de lui. Nous sommes passés par les mêmes stades, je n'ai vu et n'ai ressenti aucune nostalgie dans cette lecture. J'ai aimé les titres des chapitres, ne se référant par à l'histoire de la vie de Paul Blick, mais à nos Présidents de la République : Valéry Giscard d'Estaing (27 mai 1974 – 21 mai 1981), François Mitterrand (1) (21 mai 1981 – 7 mai 1988).
    Je voulais lire « Une vie française » depuis fort longtemps et j'ai passé un très bon moment, passant du sourire à l'émotion. Plus je lis Jean-Paul Dubois, plus je l'apprécie. Il n'y a que « Vous plaisantez Monsieur Tanner » que je n'ai pu terminer, il faudra que je retente une lecture.


    Lien : http://zazymut.over-blog.com/article-jean-paul-dubois-une-vie-fran-a..
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    • Livres 5.00/5
    Par clamy, le 12 octobre 2011

    clamy
    Cette saga familiale, récemment adaptée à la télévision a cette originalité de parcourir son chemin sur un rythme chronologique et historique. Croiser le destin de l'auteur avec les grandes périodes de la république ne manque pas de piquant, surtout quand on se retrouve un peu dans les propos tenus par les différents protagonistes. Roman à la fois historique, social, on l'engloutit l'espace d'un rayon de soleil, sur une plage ou ailleurs, avec beaucoup de bonheur. Dommage que l'adaptation télévisuelle ait choisi un raccourci aussi saisissant, mais il eût fallu le talent d'un Raoul Ruiz pour nous en concocter une version complète en 4 heures, avec tout le talent qu'on lui connaissait : hélas, trop tard !
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    • Livres 5.00/5
    Par ph_hugot, le 01 mai 2011

    ph_hugot
    Tout est dans le titre : en 350 pages et sous 7 Présidences de la République successives, de de Gaulle (1958) à Chirac (2004), Jean-Paul Dubois raconte la vie d'un citoyen français comme les autres, ni pauvre ni milliardaire, ni complètement malheureux ni véritablement heureux, promené par le destin sur toutes les cases de l'existence, de la révolte adolescente au mariage bourgeois.
    Voilà le roman que je considère comme certainement un des meilleurs bouquins des dernières années, et assurément le meilleur roman francais des années 2000.
    Cet ouvrage, superbement ambitieux, raconte, dans la lignée des grandes saga américaines - 'histoire d'un homme plutôt ordinaire de prime abord, à travers ses aventures personnelles, professionnelles, sexuelles, conjugales, familiales, bref, qui se livre au lecteur. Et au passage, il nous offre une magnifique toile représentant des années de politique, et, bien sûr, un splendide portrait de la France. Réussir à méler la petite histoire dans la grande est souvent casse gueule, ici l'exercice est admirablement construit.
    ce récit nous plonge dans un style empli de vigueur, d'intensité, et de lyrisme . le temps passe, rendant cet homme de plus en plus détaché de ce que le matériel lui donne pourtant à profusion.
    La fin, mélancolique à souhait ne fait que renforcer le sentiment de grâce qu'a eu Dubois lors de l'écriture de ce bouquin, prix fémina 2004 et bientot adapté en fiction pour la télévision avec Jacques Gamblin dans le rôle titre.
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Critiques presse (1)


  • LeFigaro , le 03 novembre 2011
    Si les histoires que raconte Jean-Paul Dubois semblent banales et ses personnages légèrement déprimés ou losers, son écriture est une merveille où pointe l'humour (souvent noir, il est vrai). C'est drôle, ça respire le réalisme sans tomber dans les affres de l'autofiction, et Dubois possède cet art de décrire une situation, une époque, une génération avec un rare talent.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par franpiper, le 26 mai 2012

    Perdre un enfant... c'est un tourment qui ne finit pas, un poids qui n'écrase pas les épaules mais, plus insidieusement, pèse à l'intérieur de nous-même et enserre le coeur.
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  • Par JulieBob, le 18 mars 2012

    Claire, ma mère, ne parlait guère de son métier de correctrice. Elle m'avait sommairement expliqué une fois pour toutes que son travail consistait à corriger les fautes d'orthographe et de langue commises par des journalistes et des auteurs peu regardants sur l'usage des subjonctifs ou les accords des participes passés. On pourrait croire qu'il s'agit là d'une tâche relativement paisible, répétitive, et en tout cas peu anxiogène. C'est exactement le contraire. Un correcteur n'est jamais en repos. Sans cesse il réfléchit, doute, et surtout redoute de laisser passer la faute, l'erreur, le barbarisme. L'esprit de ma mère n'était jamais en repos tant elle éprouvait le besoin, à toute heure, de vérifier dans un monceau de livres traitant des particularismes du français, le bon usage d'une règle ou le bien-fondé de l'une de ses interventions. Un correcteur, disait-elle, est une sorte de filet chargé de retenir les impuretés de la langue. Plus son attention et son exigence étaient grandes, plus les mailles se resserraient. Mais Claire Blick ne se satisfaisait jamais de ses plus grosses prises. En revanche, elle était obsédée par ces fautes minuscules, ce krill d'incorrections qui, sans cesse, se faufilait dans ses filets. Il était fréquent que ma mère se lève de table en plein repas du soir pour aller consulter l'une de ses encyclopédies ou un ouvrage spécialisé, et cela dans l'unique but d'éliminer un doute ou bien d'apaiser une bouffée d'angoisse. Ce comportement n'était pas spécifique au caractère de ma mère. La plupart des correcteurs développent ce genre d'obsession vérificatrice et adoptent des comportements compulsifs générés par la nature même de leur travail. La quête permanente de la perfection et de la pureté est la maladie professionnelle du réviseur.
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  • Par Lencreuse, le 01 novembre 2010

    J’avais, à l’époque, la faiblesse de penser être un père disponible, présent, très proche d’eux. J’étais persuadé de les connaître intimement. De partager l’essentiel de leur vie. En réalité, ils voyaient en moi une sorte d’inadapté social, de collatéral perturbant, brouillant les repères, vivant sans horaires, ni projet, ni but, jouant les hommes de ménage, enchaînant les semaines de dimanches ou les voyages au long cours. Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que les enfants détestaient ce genre de flou excentrique, ces existences flottantes, ces personnages mal définis. Marie et Vincent voulaient un père normal, un type qui rentre et parte du bureau à heures fixes, suive le cours de leur vie scolaire, entretienne des contacts avec leurs professeurs, emmène de temps en temps la famille en week-end, et, l’été, la réunisse un mois au bord de la mer. La seule chose qu’espèraient mes enfants c’étaient quelques rampes solides, fiables, toujours placées au même endroit et auxquelles l’on puisse se raccrocher en cas de besoin. Au lieu de quoi, et à divers titres, leur mère et moi avions mis à leur disposition des balustrades molles, des appuis mouvants, des soutiens inconséquents, là un jour, disparus le lendemain. Sans même que je m’en aperçoive mes enfants s’étaient écartés de moi pour se rapprocher de la vie. Ils se trouvaient aujourd’hui de l’autre côté du fleuve. Sur la rive des gens sans histoire. Là où vivent les pères qui siègent dans les conseils de parents d’élèves.
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  • Par Lencreuse, le 01 novembre 2010

    Telle était ma famille de l'époque, déplaisante, surannée, réactionnaire, terriblement triste. En un mot, française. Elle ressemblait à ce pays qui s'estimait heureux d'être encore en vie, ayant surmonté sa honte et sa pauvreté. Un pays maintenant assez riche pour mépriser ses paysans, en faire des ouvriers et leur construire des villes absurdes constituées d'immeubles à la laideur fonctionnelle. En même temps, les boîtes des automobiles passaient de trois à quatre vitesses. Il n'en fallait pas plus pour que le pays tout entier fût convaincu d'avoir enclenché la surmultipliée.
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  • Par clarinette, le 29 juin 2008

    "Et ma mère tomba à genoux. Je n'avais jamais vu quelqu'un s'affaiser avec autant de soudaineté. elle n'avait même pas eu le temps de raccrocher le téléphone. J'étais à l'autre bout du culoir, mais je pouvais percevoir chacun de ses sanglots et les tremblements qui parcouraient son corps. Ses mains sur son visage ressemblaient à un pansement dérisoire. Mon père s'approcha d'elle, raccrocha le combiné et s'effondra à son tour dans le fauteuil de l'entrée. Il baissa la tête et se mit à pleurer. Silencieux, terrifié, je demeurais immobile à l'entrée du corridor. En me tenant à distance de mes parents, j'avais le sentiment de retarder l'échéance, de me préserver encore quelques instants d'une terrible nouvelle dont je devinais pourtant la teneur. Je restais donc là, debout, en lisière de la douleur, la peau brûlante et l'oeil aux aguets, observant la vitesse de propagation du malheur, attendant d'être soufflé à mon tour.
    Mon frère Vincent est mort le dimanche 28 septembre 1958 à Toulouse, en début de soirée. La télévision venait d'annoncer que 17 668 790 Français avaient finalement adopté la nouvelle Constitution de la Vème République."

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