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Critiques sur Le Quatuor de Los Angeles, tome 1 : Le Dahlia noir (41)


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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette le 12/03/2011


    Lee Blanchard et Bucky Bleichert sont deux flics du L.A.P.D (Los Angeles Police Department), deux hommes forts et puissants qui forment un duo de choc, « Feu et Glace, les flics boxeurs. » (p. 106) Leur amitié s'est forgée sur le ring à coup de gants de boxe et sur le terrain dans la chasse aux criminels. Entre Blanchard et Bleichert, il y a Kay Lake. Elle vit avec Blanchard mais leur relation est toute platonique alors que se noue une romance improbable entre elle et Bleichert. « Adversaires, puis coéquipiers et enfin amis, Kay était inséparable de l'amitié : elle ne venait jamais se mettre entre nous mais elle emplissait nos deux vies, hors des heures de travail, avec grâce et . » (p. 91) Début 1949, le trio Lee/Bucky/Kay vole en éclat avec le meurtre du Dahlia Noir, une actrice de seconde zone, menteuse, rêveuse et pas farouche, retrouvée découpée, mutilée et éviscérée sur un terrain vague. L'affaire déchaîne les médias. « Femme fatale provocante, en robe noire collante » (p. 142), Le Dahlia Noir convoque les démons féminins qui hantent les deux flics, les poussant dans des voies dangereuses. Bleichert le reconnaît en introduction : « Notre équipe ne fut rien d'autre qu'une route cahotante qui menait au Dahlia. Au bout du compte, elle devait nous posséder l'un et l'autre, totalement. » (p. 21) L'affaire du Dahlia Noir dépasse le simple meurtre et dissimule une sordide affaire de mœurs et de famille. L'enquête, qui semble insoluble, obsède Bleichert qui se perd dans les faux-semblants et les ramifications de diverses affaires de crimes qui n'en forment qu'une seule, atroce à souhait.

    Le récit est mené est Bleichert, dans une narration à la première personne qui entraîne le lecteur dans les tourments de la mémoire du policier. On suit l'enquête depuis l'intérieur d'un esprit bourrelé de remords. Avec cynisme et sur le ton d'un humour grinçant, Bleichert rapporte les faits crus et dévide la vérité jusqu'au bout de la pelote. Il remonte aux sources du sordide pour s'y noyer et n'en réchappe qu'au prix d'un ultime sursaut d'horreur. Blanchard et Bleichert traînaient tous les deux des casseroles issues de la seconde guerre mondiale et d'un passé familial traumatisé. Bleichert dévoile lentement son aversion des femmes avant sa rencontre avec Kay, la femme qui le sauve de lui-même : « l'amour avait pour moi un goût de sang, qui se mêlait aux odeurs de résine et d'hémostatique. » (p. 56) Sa liaison avec Madeleine Sprague, riche héritière d'une famille bourgeoise, est un piège dans lequel il s'embourbe doublement et profondément.

    L'affaire du Dahlia Noirest fondée sur un fait divers réel. Une actrice affublée de ce surnom a réellement fait la une des journaux de Los Angeles. le cas n'a jamais été résolu par les services de police, mais James Ellroy se paie le culot de proposer un dénouement et une explication au meurtre qui a ensanglanté les pages des canards de la ville des Anges. J'ai dévoré ce premier tome en constatant que l'horreur fait recette et attire l'œil. Incapable de détacher les yeux des descriptions macabres qui ponctuent le roman, je me suis délectée des mécanismes mis en œuvre par l'auteur pour balader son lecteur.

    Le film éponymede Brian de Palma avec Josh Hartnett, Hilary Swank et Scarlett Johannson est une réussite. J'ai déploré quelques raccourcis mais le film reste fidèle à l'esprit du roman de James Ellroy. Seul bémol – et de taille – j'ai trouvé Josh Hartnett bien trop jeune et trop poupin pour incarner l'agent Bleichert. L'acteur semble ne pas avoir assez vécu pour endosser le pesant costume de ce flic tourmenté


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/03/12/20477896.html

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Bibliolibra le 10/12/2011


    lourd, étouffant, gluant, abject... Ces quelques adjectifs pour désigner cette ambiance si singulière et putride qui nous poursuit tout au long de ce roman.

    Puissante, intense, violente... L'écriture de cet auteur.

    Fidèle à la vraie histoire du Dahlia Noire, bien que légèrement romancé, l'auteur parvient avec effervescence à livrer au lecteur une réalité à mille lieux de la petite fille blonde qui court après un lapin en retard! Une réalité qui présente et décrit le paroxysme du côté obscure de l'âme humaine. Paroxysme car, certes! les crimes, les meurtres, la torture ont toujours existé... Mais à quel degré de cruauté..?? Celui que nous dépeint l'auteur atteint les 100°C si ce n'est plus...

    Un roman noir, presque irréel. A ne pas lire si l'on tient à conserver ses tripes en place.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Soundandfury le 05/07/2011


    Avis Chrono'

    Un vrai polar, un modèle du genre. Des flics brutaux, un crime atroce que l'on ne perd pas de vue mais qui n'occupe pas non plus exagérement l'espace, pas au point de nous gâcher le magnifique paysage (sombre, violent) de l'Amérique d'après-guerre. Toute une époque rendue à grands coups de crayon noir. Chef d'oeuvre!

    ___________________________

    Je ne vous dis pas la pression pour cette critique, j'ai vraiment envie de la réussir car je n'avais pas été à ce point happée par un polar depuis longtemps!

    Format livre audio (merci encore une fois à la Médiathèque qui me fournit en abondance cette année). Vous connaissez Elodie Huber? Moi, non, bien sûr, comme d'habitude, mais je connais à présent sa voix... Pure merveille. Une si grande sensualité, pour lire un livre si noir, dont le narrateur est un homme - loin d'être un ange - c'est un choix audacieux et un pari réussi!

    Début du roman. Suis tombée amoureuse tout de suite. Il n'est fait aucune mention du crime avant un bon moment. Les personnages principaux se construisent lentement, ainsi que le cadre: l'amérique, juste après la seconde guerre mondiale. En toile de fond, Hollywood qui se développe, se transforme. Au premier plan, deux flics dont le point commun est d'être boxeurs.

    La boxe est un sport qui me fascine depuis bien longtemps et l'atmosphère est si bien rendue, puissante, brutale, les personnages deviennent si vivants en quelques pages qu'on sent tout de suite que le reste du roman, quel qu'il soit, sera excellent.

    Et il l'est! Elizabeth Short (Le Dahlia Noir) est retrouvée morte, coupée en deux. Les responsables politiques veulent profiter de cette aubaine pour se faire un peu de pub, manque de chance, la demoiselle n'est pas si pure qu'on pouvait l'espérer. Une starlette mythomane, nymphomane, qui rêve de percer dans le cinéma. Sur cette intrigue principale se greffent nos deux héros, Bucky Bleichert et Lee Blanchard (l'horreur cette paronymie, pendant tout le livre, j'ai eu l'impression de devoir me coller un post-it sur le front pour pas les confondre. Bleichert, c'est celui avec les longues dents).

    Intrigue amoureuse, en sus, avec une femme qui complète le triangle amoureux, avant l'intrusion du Dahlia noir : Lee et Bucky en font, chacun à leur manière, une véritable obsession qui dévore peu à peu leur vie.

    Tout est parfait dans ce livre, nous attendons avec impatience la résolution du crime - et la fin est complexe, vraiment. Un peu étrange, peut-être, il y a comme un changement de ton, sur la fin, même si je ne saurais pas l'expliquer, je l'ai senti. Mais encore une fois, c'est vraiment l'aspect reconstitution historique, sociale, l'épaisseur incroyable des personnages qui m'ont scotchée! Wouahou.

    On s'y croierait. Les méthodes écoeurantes de la police, vérolée, violente, corrompue par les pots de vin, les trafics... le sexe, l'argent, la politique, le pouvoir dans les mains des puissants, des promotteurs immobiliers.
    La description de l'état d'esprit de Lee et de Bucky, leur évolution...

    Parlant, magique, prenant, réaliste, percutant! Phénoménal! ça vous suffit?

    J'ai cru voir que ce roman constituait le Tome 1 de je ne sais quoi... Mais il fait sens à lui seul. Je ne vais rien oser lire d'autre de cet auteur de peur d'être déçue!

    La seule petite chose qui me dérange - ça m'apprendra à lire autre chose que le texte, rien que le texte, ça m'apprendra à lire des résumés et à m'informer, tiens... - c'est de savoir que ce livre s'inspire d'une célèbre enquête, de la réalité, donc, et de ne pas savoir situer dans le livre ce qui relève de la documentation et ce qui relève de la fiction.

    Bucky et Lee, par exemple. 100% inventés? le dénouement, oui, je le sais, l'affaire n'a jamais été résolue. Mais tout le reste? Où sont les frontières? Arg... je déteste ne pas savoir! D'avance, merci à qui pourra m'éclairer!


    Lien : http://talememore.hautetfort.com/archive/2011/02/16/je-vous-fais-une..

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Malaura le 19/05/2011


    Le 15 janvier 1947, dans un terrain vague de Los Angeles, est découvert le corps nu et mutilé, sectionné en 2 au niveau de la taille, d'une jeune fille de 22 ans: Betty Short, surnommée le "Dahlia Noir" à cause de son penchant à se vêtir totalement de noir. La population est en émoi, la police est sur les dents. Bucky Bleichert, un jeune boxeur entré dans la police, est lui aussi sur le coup avec son co-équipier Blanchard.Mais peu à peu l'enquête va posséder Bucky jusqu'à tourner à l'obsession.

    Le Dahlia Noir c'est une plongée âpre et oppressante dans le Los Angeles sordide de l'après-guerre, c'est une folie obsessionnelle qui submerge tout,c'est un road movie dans la cité de tous les excès,c'est l'implication d'un auteur tourmenté par la mort de sa mère et cherchant la rédemption sur les traces de Betty Short,c'est un étonnant livre noir d'une extraordinaire densité dramatique.Considéré comme monument du roman noir,il a été adapté au cinéma par Brian de Palma en 2006.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Nanou2008 le 15/01/2009


    Je me suis plongée dans la lecture de ce livre début juillet… et ne l'ai plus lâché !!
    Pour être franche, au début du livre, j'ai eu un peu de mal à me repérer. Qui est qui ? Qui fait quoi ? Je trouvais le récit emmêlé, embrouillé et complexe. Un univers inconnu.
    Puis petit à petit, on comprend mieux l'histoire de ces deux flics (Bucky et Lee) et l'on se laisse emporter et happer par leur histoire qui se déroule au cœur du Los Angeles des années 40.
    En tout cas, cela change des polars habituels (style Delon, Belmondo ou Hercule Poirot!) avec leurs policiers intègres et propres sur eux (où même les morts saignent proprement!). Ici tout est glauque, sordide, noir, poisseux. Les flics sont véreux, violents, vicelards, se shootent aux amphétamines, usent de la torture pour arracher le moindre aveu, flirtent dangereusement avec les putains et les drogués et cassent du bridé et du négro quand ils ont envie de se défouler !
    Ellroy nous donne un visage de l'Amérique de l'après guerre cru et bien peu reluisant, loin du rêve américain.
    L'intrigue principale, l'enquête sur le meurtre du Dahlia noir, est absolument palpitante et ce jusque dans ses dernières pages ! C'est aussi l'histoire d'une jeune naïve un peu légère qui est écrasée par la vie et le vice.
    Une vision aussi d'une certaine bourgeoisie aux mœurs dissolues et d'une classe politique aux relations douteuses.
    Le livre aborde vraiment beaucoup de sujets et interpelle par ses scènes chocs.
    Le destin personnel de l'auteur aide à comprendre sa fascination-tendresse-répulsion pour le personnage du Dahlia noir, sa mère ayant elle aussi eu une jeunesse "légère" et aventureuse et ayant fini sa vie à 29 ans assassinée et violée, le corps abandonnée près de la maison familiale. Ellroy n'avait alors que 10 ans et adorait sa mère… Et le crime reste non élucidé.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Charlye le 26/10/2011


    On ne présente plus ce roman, considéré, à juste titre, comme l'un des plus grands polars noirs de la littérature américaine.
    J'ai adoré ce roman, mais j'émettrai cependant un avertissement pour les lecteurs qui penseraient se plonger dans un roman policier centré uniquement sur l'enquête concernant le meurtre d'Elisabeth Short "Le Dahlia Noir". L'enquête en est seulement le fil rouge, l'ossature principale.
    le roman commence quelques années avant la découverte d'un des meurtres les plus énigmatiques de l'histoire du crime aux États-Unis.
    L'auteur nous présente pendant la première partie du roman, les deux "héros principaux" : Dwight " Bucky" Bleichert et Leland "Lee" Blanchard, deux ex-boxeurs qui sont devenus policiers à Los Angeles. Ils vont se lier d'amitié et devenir collègues. Les deux hommes travaillent ensemble, et forment un duo de flics efficaces.
    C'est au moment de la découverte du corps mutilé d'une jeune femme en janvier 1947, sur un terrain vague de leur secteur que leurs vies vont être complétement bouleversées.
    L'affaire fait grand bruit, et la police, sous la pression du procureur, des médias et de la mairie, doit tout mettre en oeuvre pour retrouver l'assassin.
    Bleichert et Blanchard sont affectés, avec des dizaines d'autres enquêteurs au dossier. Ils vont commencer une véritable descente aux enfers, à la poursuite d'un tueur insaisissable...
    Le Dahlia Noir est un roman très noir, très sombre, qui nous livre un portrait des États-Unis d'après guerre sans aucune concession, la corruption de la police, le carriérisme d'un procureur en campagne électorale, la violence de la pègre, le racisme, la pauvreté etc.
    L'auteur nous fait explorer toutes les couches de la société, chacune ayant des secrets plus ou moins inavouables.
    On y découvre la bassesse et la noirceur de l'âme humaine.
    Ici pas de méchants ou de gentils bien marqués, comme dans les autres romans, seulement des êtres humains avec leurs défauts, en équilibre précaire entre le bien et le mal, certains basculerons, d'autres auront une chance de rédemption.
    James Ellroy nous donne sa version personnelle des faits, sa vision de ce crime avec toute la violence de la douleur qu'il a ressenti pour le meurtre de sa mère resté lui aussi sans coupable.
    Il l'explique lui-même dans la postface du roman, il a mêlé les deux histoires, car elles lui semblaient très proches l'une de l'autre.
    Au terme d'une intrigue très bien construite, qui nous livre une profusion de détails et de personnages secondaires, et après des rebondissements nombreux, l'auteur désigne un meurtrier, pour que cette fois, le crime ne reste pas totalement sans coupable.
    James Ellroy signe ici un roman d'une très grande force que je vous recommande de lire si n'est déjà fait.


    Lien : http://sagabouquins.blogspot.com/2011/10/le-dahlia-noir.html

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64 le 27/07/2011


    Noir. Epoustouflant. Dérangeant. Habité. Torturé.Pour qui aime le polar noir, le polar urbain, Ellroy est totalement indispensable. Pour qui cherche le choc d'une écriture, Ellroy est totalement indispensable.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



  • Par InColdBlog le 09/09/2010


    Si je n'avais pas déniché Le Dahlia Noir sur une brocante, je ne crois pas que j'aurais jamais lu James Ellroy. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir entendu monceaux de louanges au sujet du «maître du roman noir». Il faut dire qu'à part quelques basiques de jeunesse -Agatha Christie, Conan Doyle, Maurice Leblanc, Gaston Leroux- ma connaissance du genre est limitée. Aussitôt lu, aussitôt oublié, pour la plupart. Seule exception, quelques romans de Dennis Lehanne dont j'ai beaucoup aimé le traitement de la psychologie de ses personnages.
    Alors Ellroy à deux euros, c'était l'occasion ou jamais de combler mes lacunes, de lire “mon premier” James Ellroy et d'expérimenter l'excitation d'un nouveau dépucelage littéraire.

    D'autant que Le Dahlia Noir prend pour point de départ un des faits-divers les plus célèbres –et les plus gore aussi- de toute l'histoire des Etats-Unis : le 15 janvier 1947, à Los Angeles, le cadavre de Betty Short est retrouvé dans un terrain vague, atrocement mutilé.

    Jusque-là, pas de quoi entrer dans les annales, sauf que le corps a été sectionné en deux au niveau de la taille, éviscéré et vidé de tout son sang avant d'être déposé sur place. le mythe du Dahlia Noir venait de naître.
    Ellroy s'empare donc de ce mythe en mettant deux flics de la police de Los Angeles sur l'enquête, Blanchard et Bleichert, deux anciens boxeurs devenus amis, puis coéquipiers. Pour les deux hommes, Le Dahlia Noir va rapidement devenir une obsession qui va bouleverser le cours de leur vie et leur faire entrevoir les portes de l'enfer.

    Autant le dire tout de suite, il a fallu que je m'accroche pour passer le cap des cent premières pages : descriptions interminables de combats de boxe s'étirant sur des pages et des pages, ambiance virile de commissariat, le tout truffé d'argot sensé rendre le tout plus réaliste, mais qui sonne plus comme du Gabin que du Bogart (problème de traduction ?). Mais toujours pas l'ombre d'un cheveu de jais de Betty Short.
    Et puis, l'Ange noir fait son apparition et il n'y en a plus que pour elle. L'enquête bat son plein, ça s'agite au L.A.P.D., ça fouine, ça farfouille… et ça remue des choses pas très nettes et plutôt nauséabondes. Et soudain, j'ai réalisé que l'affaire du Dahlia Noir n'était qu'un prétexte pour Ellroy, que ce roman est bien plus qu'une enquête policière macabre, pleine de suspens et de vamps vénéneuses, tout droit sorties d'un film noir des années 1950. L'auteur se sert du Dahlia pour faire de Los Angeles le concentré peu reluisant d'une Amérique loin des images glamour diffusées par le Hollywood de cette époque. le Los Angeles d'Ellroy est une cité malsaine, en putréfaction, où se développe une société corrompue à tous les niveaux : des politiciens véreux prêts à tout pour leur carrière, des policiers racistes aux procédés de voyous et aux accointances mafieuses, des magnats du cinéma plus proxénètes qu'artistes, des hommes d'affaires sans scrupule qui bâtissent leur empire et leur fortune sur des magouilles… On ne distingue plus les bons des méchants. Ils n'y a que des méchants, certains l'étant un peu moins que d'autres. A qui faire confiance, qui croire dans cet embrouillamini de mensonges qui va crescendo ?

    Magie noire. La vraie violence de ce roman, bien plus que dans sa description de crimes monstrueux ou de perversions sexuelles, réside dans sa noirceur et dans son désespoir. Chaque personnage est en proie à sa part d'ombre et à ses contradictions : l'inspecteur Bleichert qui vit des relations conflictuelles avec son père et le souvenir de sa mère folle, morte en asile ; l'inspecteur Blanchard, dont la petite sœur, kidnappée, a disparu à jamais et dont la femme, Kay, était la petite amie d'un gangster qu'il a mis sous les verrous ; Madeleine Sprague, qui se sert de sa troublante ressemblance avec Le Dahlia Noir pour attirer les hommes dans ses filets ; et puis Betty Short, qui avant de finir en traînée assassinée était une jeune fille éblouie par les uniformes et les lumières d'Hollywood.
    Qui lira Le Dahlia Noir pour y suivre une enquête policière sur ce fait-divers macabre qui a marqué l'Amérique, sera immanquablement déçu. Mais qui affectionne les personnages complexes, les critiques sociales sans complaisance et les ambiances troubles sera envoûté par ce roman.


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Le%20Dahlia%20noir

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par vincentf le 22/06/2010


    Un thriller comme un autre ? Sans doute pas. Il y a dans ce bouquin quelque chose qui happe le lecteur, qui l'empêche de décrocher, qui le fascine. Ce quelque chose va crescendo, comme ma lecture, qui s'achève au sprint, les trois quarts du bouquin dévorés en deux jours. Un homme, le narrateur, simple flic-boxeur, assez banal, voit sa vie bouleversée par une affaire affreuse, un de ces meurtres fanatiques et dégueulasses que la télévision banalise. Contrairement aux flegmatiques des séries (Horacio Cain, Jethro Gibs), Bleichert plonge, la jeune fille mutilée coupée en deux fait de lui une épave, un héros, un menteur et un désespéré. La violence, la noirceurs, la saleté de la vie de flic à Los Angeles sont rendus avec une force de frappe digne des combats de Lee Blanchart, l'ami, le traître, l'assassiné, et de Bucky Bleichert, la glace que la vie réchauffe à coups d'horreurs. Les fous les plus ignobles pataugent dans le sexe, l'argent et la crasse. Bleichert résoud l'énigme. Il retrouvera Kay, son histoire d'amour à la dérive, touché mais pas K.O. le lecteur aussi est touché, mais pas K.O.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Bigmammy le 27/09/2011


    Une mise en perspective entre roman et adaptation cinématographique, à partir d'une histoire vraie : Le Dahlia Noir, vu par James Ellroy et Bryan de Palma.
    Au départ, un fait divers bien réel : une starlette, Betty-Ann Short, surnommée Le Dahlia Noir, est retrouvée le 15 février 1947 sur un terrain vague de Hollywood, sauvagement assassinée.
    James Ellroy, dont la mère a été assassinée en 1958, alors qu'il avait 10 ans, raconte l'enquête du LAPD (Los Angeles Police Department), conduite par deux jeunes flics-boxeurs vedettes, au milieu d'un essaim de collègues alcooliques, corrompus et même post-nazis. Proxénètes et promoteurs immobiliers proches de la Municipalité complètent cette ménagerie de cauchemar.
    En lisant ce roman compliqué et sinistre, on se demande comment le flamboyant Brian de Palma, spécialiste du papier glacé, a bien pu l'adapter pour le cinéma.
    Réponse : en étant assez honnête avec les personnages – Hillary Swank et les deux jeunes héros sont bien - et avec l'environnement – décors verdâtres.
    Mais le papier glacé reprend ses droits, avec Scarlett Johansson, qui pour une fois joue à contre-emploi, et une musique hollywoodienne déplacée.
    Comment faire autrement ? L'intrigue est simplifiée à partir de la deuxième heure, et on se demande si quelqu'un qui n'a pas lu le roman peut comprendre le dénouement !.

    Au total, si le roman est un chef d'œuvre difficile et proliférant, le film est un honnête travail de bon faiseur.

    A noter la qualité des bonus joints au DVD, dont un excellent documentaire français sur la vraie affaire du Dahlia. Un vrai flic de Los Angeles révèle qui, selon toute vraisemblance, a perpétré ce crime abominable….un homme qui lui est proche.....et on découvre que la réalité est pire que l'imagination !



    Lien : http://www.bigmammy.fr

    critique de qualité ? (4 votes positifs)






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