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ISBN : 2213699313
Éditeur : Fayard (24/08/2016)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Emma, grande lectrice, rêve d'une vie bouillonnante et ayant du sens. Elle s'engage dans l'armée française, découvre la routine, la hiérarchie, l'inconfort, les exercices absurdes et répétés, mais aussi le frisson des chants patriotiques et du lever des couleurs, l'ivresse des marches forcées nocturnes. La découverte des paradoxes d'une nouvelle vie, entre fascination et exécration. Premier roman.
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
SagnesSy
13 septembre 2016
★★★★★
★★★★★
Emma Linarès éprouve, de tous temps, une fascination pour l'armée. Ce qu'elle raconte de son enfance l'explique dans une certaine mesure, mais la façon dont elle pense à une carrière de militaire va au-delà de l'approche psychologisante de sa famille; elle se sent appelée à un grand destin, et elle puise du réconfort dans l'idée de fraternité : « Ma singularité m'inquiétait. Etre soldat, numéro de matricule parmi tant d'autres, n'être que l'un des rouages d'une mécanique puissante, était une idée séduisante. » Elle a vécu chez ses parents jusqu'à vingt-sept ans, elle a fait de bonnes études, elle travaille comme journaliste radio; et cette vie l'asphyxie. Un jour, elle se lance. Elle pousse la porte de l'Armée de Terre. Et elle raconte…
C'est un premier roman et il est vraisemblablement largement autobiographique. Il est aussi profondément intéressant, en dépit (ou peut-être même grâce) à ses quelques fragilités (un chouïa de redites, un moment un peu flou vers le milieu). Il raconte le parcours d'une jeune femme à la recherche d'elle-même, et sait parfaitement faire ressentir l'ambivalence de la narratrice. En être et s'en libérer (militaire), apprécier et en voir le ridicule (les marches au pas, les chants surtout), juger mais accepter totalement (les collègues) – et vraiment accepter : ses portraits sont d'une grande tendresse, sans pourtant rien édulcorer.
« Êtes-vous rustique ? » lui avait demandé le premier recruteur :
« Je ne savais pas encore que ce mot, c'est la base pour tout soldat. La rusticité, c'est la capacité de vivre à la dure sans se plaindre, d'encaisser le pire sans moufter. La rusticité ultime, c'est non seulement de ne pas se lamenter, mais d'aimer ça, ce mélange tourbeux de froid, d'inconfort, de risque. »
Elle avait répondu oui – et c'était vrai, en un sens (elle pensait mentir).
L'année et demi qu'elle aura passé au sein de la Grande Muette lui aura appris les limites de sa rusticité – qui ne sont pas où elle l'aurait pensé.
Féminine », c'est ainsi que sont nommées les soldates dans l'armée. Il y a les hommes, et les féminines. #WTF)
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Carole75
11 septembre 2016
★★★★★
★★★★★
Emilie Guillaumin nous offre avec Féminine une histoire forte, l'histoire d'Emma Limarès, une jeune femme perdue qui s'engage dans l'armée pour donner un sens à sa vie. Un chemin difficile l'attend : une préparation militaire, quatre mois d'école, et enfin l'entrée dans le 3e RC en tant que sous-lieutenant.
Au cours de cet apprentissage Emma Limarès découvrira l'ordre, l'autorité, et la rigueur poussés à l'extrême mais aussi l'omniprésence de la mort. Toute notion de féminité disparaît, tandis que le frisson et la prise de risque l'emportent, sensations qu'elle juge éminemment masculines et interdites à une femme dans la vie civile. L'armée lui ouvre les portes d'une existence très déshumanisée, qu'elle comparera d'ailleurs à une pièce de théâtre, où chacun joue un rôle mais n'existe pas réellement.
L'humanité, l'amour et la douceur, notions bannies de la vie militaire et jugées féminines par Emma, notre femme militaire les trouve dans la vie civile, auprès d'un homme, Hugo, lors de ses permissions.
Alors qu'elle pensait avoir trouvé un équilibre entre vie civile et vie militaire, voilà que la rudesse qu'elle était venue chercher dans l'armée lui devient insupportable, et ce au moment même où elle touche le but de son engagement, à savoir à la veille de son départ pour sa première mission, en Guyane. S'en suivra un burn-out et un retour à une vie civile légère… en Floride !
Emilie Guillaumin nous livre ici une vraie réflexion sur les notions de féminité et de masculinité, de sens de la vie, du prix de la réalisation de ses rêves. le style est souvent âpre et saillant. Mention spéciale enfin pour le décalage de narration très judicieux entre la description détaillée de la vie militaire, et, la place beaucoup plus discrète et le ton pudique employé pour décrire l'histoire d'amour entre Emma et Hugo dans la vie civile. de son apprentissage de la vie militaire et amoureuse, chacun l'a probablement amené à devenir adulte.
https://accrochelivres.wordpress.com/2016/08/31/feminine-emilie-guillaumin/#more-202
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ciena
21 septembre 2016
★★★★★
★★★★★
Je n'aime pas les livres romantiques. J'ai beaucoup de mal avec ça. Pourtant malgré moi j'ai totalement été happée par ce livre.
Tout d'abord l'histoire de cette jeune fille qui rêve de protéger sa patrie et s'engage dans l'armée mais voilà, ce qu'elle croyait être les raisons pour laquelle elle voulait y être (l'anonymat, la vie à la dure, le patriotisme) grignote progressivement son identité déjà incertaine. S'en suit alors, par le biais de l'amour entre autres, une recherche profonde d'elle-même et une étude poussée sur la féminité qui ne peut laissé indifférent.
L'écriture involontairement maladroite de l'auteur ajoute énormément à la sincérité du récit vraisemblablement autobiographique et on s'attache très rapidement à Emma. Pour autant on n'est pas dans la mièvrerie totale des livres à l'eau de rose (d'où ma première phrase) et franchement on a une reelle vue de la vie à l'armée pour les femmes et de la difficulté de trouver sa place et une identité dans un milieu volontairement anonymisant.
Pour un premier roman c'est vraiment du beau travail. Reste à espérer qu'Emilie Guillaumin, par cette expérience, ait vaincu ses démons et puisse laisser sa plume nous raconter d'autres histoires moins autobiographiques.
Je mets sans hésiter une étoile pour l'histoire originale, pour les personnages, pour l'écriture et je recommande chaudement ce livre.
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Heleniah
12 septembre 2016
★★★★★
★★★★★
Emma a toujours été fascinée par l'armée, le prestige de l'uniforme, les chants patriotiques qui l'ont fait vibrer jusqu'au fin fond d'elle-même. Un jour, elle décide d'arrêter son travail, son ennui quotidien et de s'engager. On la reçoit, mais après un test d'aptitude impeccable le militaire lui avoue qu'elle a un profil idéal, mais qu'elle paraît « trop fragile ». Qu'à cela ne tienne, la voilà à faire plusieurs semaines de préparation, puis l'entraînement véritable. Les journées de 17h voir plus, les courses dans la boue, les chaussures qui ensanglantent les pieds, les relations avec les autres, les jours de perm' auprès de son nouveau compagnon, les phases de désespoir suivies de confiance absolue, elle détaille tout son parcours.
Ce premier roman nous fait entrer en plein au coeur de l'armée, avec les détails des entraînements, des mentalités, de la vie au quotidien. Mais le point de vue est ceui d'une jeune femme qui au fur et à mesure doute de plus en plus, se demandant si finalement c'est bien là sa place. En effet, elle a horreur des armes, de tirer et plus elle côtoie la mort (même de loin), plus elle a envie de vivre.
Cette dualité, ainsi que le rythme soutenu du roman nous donne envie d'en savoir toujours plus, de nous imaginer nous-même à sa place. On est donc très proche de la narratrice, on se remet vraiment en question (en général, il y a toujours une part de nous qui frime en disant que peu importe le mal aux pieds, les réveils en plein milieu de la nuit, on pourrait gérer ; mais c'est facile à dire en lisant depuis son canapé) et ce récit montre l'armée non pas sous un jour négatif, mais réaliste, loin des idéalisations des films hollywoodiens !
Une belle découverte, donc, un bon premier roman, très particulier, mais qui peut plaire à un large public.
Lien : https://girlkissedbyfire.wor..
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Brize
25 octobre 2016
★★★★★
★★★★★
A vingt-sept ans, Emma Linarès décide de céder à l'attrait que, depuis longtemps, l'armée exerce sur elle et s'engage. « Féminine » (nom donné aux personnels féminins de l'armée) est la chronique de l'année qu'elle y a passée, de l'entraînement militaire à l'affectation en régiment, en attendant l'éventuel départ en opération extérieure … si tant est qu'il ait lieu.
Si « Féminine » est un roman, il est plus que largement autobiographique et l'héroïne s'avère le double fictif de l'auteur, Emilie Guillaumin, dont elle retrace le parcours. A ce titre, il m'est apparu comme une forme d'auto-thérapie, retour sur une expérience pour l'analyser et la dépasser. Car si l'armée fascine Emma-Emilie, la vision fantasmée qu'elle en a, un rêve romanesque d'existence intense loin de la fadeur commune, aura du mal à s'accommoder de la réalité. L'appel de l'aventure, chez elle, ne rime pas avec l'appel des armes (elle fond en larmes la première fois qu'elle tire au fusil) et l'environnement militaire s'avère ne correspondre, maintenant qu'elle le découvre de l'intérieur, à rien de ce qu'elle est. Rapidement, elle a le sentiment de ne pas être à sa place dans ce milieu mais, prise par le rythme effréné imposé dans le cadre de sa formation, elle préfère ne pas y penser. Ce ne sera que tout à la fin, alors que son départ en Guyane est proche, qu'elle s'accordera le temps de réfléchir à ce qu'elle est en train de faire.
Cet aspect psychologique mis à part, « Féminine » est avant tout le récit dans le détail du quotidien d'Emma-Emilie. L'auteur a été journaliste (et l'est à nouveau) et s'y entend pour croquer les gens, les situations et les ambiances. de quoi donner un aperçu vivant et haut en couleurs, sans langue de bois, de la chose militaire telle qu'elle l'a vécue.
Cette page « Féminine » tournée, l'auteur voudrait maintenant devenir écrivain. On le lui souhaite. Encore que, avec ce roman, ce soit déjà chose faite.

Lien : https://surmesbrizees.wordpr..
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
liliazaliliaza28 juin 2016
Littérature, cinéma. Deux arts majeurs en lesquels je trouvais réconfort et excitation. Si la consolation était immédiate, l'ivresse, elle, était dangereuse. C'était la fièvre sans maladie, la fièvre sans alcool. Le film terminé, la dernière page du livre tournée, il fallait bien que je consente à mener ma propre vie au lieu de vivre par procuration celles des fantômes.
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SagnesSySagnesSy13 septembre 2016
Je suis prise dans la routine de l’exercice physique. Chaque seconde, mes faits et gestes sont dictés. Impossible de réfléchir. Et puis réfléchir, c’est déjà désobéir.
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LePetitCrayonLePetitCrayon09 août 2016
En y pensant, c’est ridicule. Engager sa vie pour un 14 Juillet, un drapeau qui flotte au vent et le cliquetis du « portez armes » hurlé dans le silence recueilli de la foule pour une fois silencieuse. Pourtant, c’est ce que j’ai fait. D’obscures raisons plus ou moins conscientes baignent peut-être aussi dans le magma liquide de mon cerveau. Mais à la base, il y a quoi ? Les visages solennels d’hommes rasés, leur pas qui semble ne jamais vouloir s’arrêter, leurs carrures rigides et l’hymne guttural de leurs cœurs.
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LucilliusLucillius30 octobre 2016
Je n'avais rien à voir avec ces caricatures de femmes auréolés du mystère fleuri de leur féminité. Quelque chose de puissant, quelque chose de viril, était tapi au fond de moi et me demandait qu'à jaillir. Mon sang était celui d'un homme, bouillonnant, vivant, belliqueux, révolté. Car ces qualités, je les attribuais aux hommes. J'enviais leur désinvolture. Je croyais qu'il pouvait tout faire, et surtout qu'ils n'avaient besoin de personne. Dans le jeu amoureux ils étaient ceux qui choisissent, dans la mondanité, ils étaient ceux qui pouvaient faire rire, tout dire sans être vulgaire, se ridiculiser sans perdre de leur superbe, remporter l'adhésion avec de beaux discours, de beaux habits. Les hommes avaient du charisme, les hommes avaient du pouvoir.
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SagnesSySagnesSy13 septembre 2016
Êtes-vous rustique ?
Je ne savais pas encore que ce mot, c’est la base pour tout soldat. La rusticité, c’est la capacité de vivre à la dure sans se plaindre, d’encaisser le pire sans moufter. La rusticité ultime, c’est non seulement de ne pas se lamenter, mais d’aimer ça, ce mélange tourbeux de froid, d’inconfort, de risque.
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