> P. J. Herr (Traducteur)
> Henri Robillot (Traducteur)

ISBN : 2070407934
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Depuis quarante ans, Donald Willsson règne en maître absolu sur Personville, petite cité minière du Montana. Pour contrer l'agitation syndicale, il a fait appel à des gangsters qui ont pris le contrôle de la ville. Scandalisé par cette... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par DocteurPlatoche, le 24 janvier 2011

    DocteurPlatoche
    Absolument incontournable pour tout amateur de polar, "La Moisson Rouge" ("The Red Harvest") est souvent considéré comme le parangon du polar américain à plus d'un titre. Si Hammett a eu des prédécesseurs dans le roman "hard-boiled" (Carroll J. Daly par exemple), il est le premier auteur du magazine populaire "Black Mask" à être édité par une maison d'édition reconnue (Knopf, en 1929). Ainsi prédisait-il à son éditrice :
    "I am one of the few – if there are any more – people moderately literate
    who take the detective story seriously. […] Some day somebody's going to make “literature” of it […] […], and I'm selfish enough to have my hopes"
    L'histoire ? Un détective de l'agence Continental Op débarque à Personnville où il a été engagé pour mener une enquête. ça se corse assez rapidement puisque son employeur est tué avant même de l'avoir rencontré et que la ville se révèle être aux mains de la pègre locale. En effet, le vieil Elihu - magnat de Personville - a laissé les truands prendre le pouvoir afin qu'ils brisent le syndicalisme ouvrier. Bien entendu, cette alliance se retourne contre lui et il en vient finalement à engager le détective pour se débarrasser de ses anciens chiens de garde. Lorsqu'on sait que, historiquement, les agences de détectives ont souvent été employées pour briser les grêves, on savoure toute l'ironie de l'intrigue. "La Moisson Rouge" reflète les luttes de classe et la violence du capitalisme du début du XXe siècle. En ce sens, le roman de Hammett affirme le polar comme porteur d'une forte critique sociale et il n'est pas étonnant que J.-P. Manchette s'en réclame quarante ans plus tard.
    Les personnages - même secondaires - sont particulièrement forts : le détective (jamais nommé et pourtant narrateur à la première personne) qui joue du poing, du flingue, boit et se saoule au laudanum - un justicier tellement infréquentable qu'on en vient même à le soupçonner de meurtre ; une femme fatale terriblement séduisante par ses imperfections et sincères dans sa vénalité ; un truand surnommé Whisper (le "murmure") dont la voix se fait plus douce à mesure qu'elle menace ; un assistant du détective qui parle par monosyllabes à tel point qu'il pourrait résumer le style de Hammett.
    Car c'est par son style lapidaire et tranchant que ce polar surclasse une bonne partie de la littérature policière : pas un mot, pas une image inutile. Tout ce qui peut être tu est effectivement éludé. Ce qui doit être dit l'est en de courtes phrases. Pas de description inutile. Quand les personnages parlent, c'est parfois sous la contrainte, et souvent en s'interrompant (pour boire un coup ou prendre une balle). La belle langue se fait argotique, à mesure que la belle société se révèle viciée : et il n'est pas anodin que "Personville" soit surnommée "Poisonville".
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    • Livres 1.00/5
    Par songtsen, le 20 mars 2012

    songtsen
    Mon premier polar américain, premier contact avec le monde D Hammet et sans doute le dernier ! Oh, j'ai eu du mal à le terminer ce bouquin. Je n'y ai trouvé aucun intérêt. L'intrigue est trop simple. Au menu, une classe politique corrompue, des policiers ripoux, plusieurs gangsters prêts à se tirer dans les pattes et vous assaisonnez avec un détective alcoolique et vénal; voilà la recette très démodée. Les personnages sont caricaturaux et la fin convenue; bref je me suis ennuyé. En tant qu'amateur de littérature américaine contemporaine, je n'ai rien trouvé d'intéressant, de bouleversant. Bref, à oublier !
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    • Livres 5.00/5
    Par DanielGauthier, le 10 mars 2010

    DanielGauthier
    Avec la "Clé de verre", ce polar est, à mon sens, le chef d'oeuvre de Dashiell Hammet. L'histoire, en un mot : un détective arrive dans une ville que se partagent deux bandes rivales ; il va naviguer de l'une à l'autre pour les pousser à s'entretuer.
    Cette thématique a été pillée sans vergogne par le cinéma ("Pour une poignée de dollars", "Miller's crossing", entre autres), mais l'écriture demeure inimitable : c'est froid, sec, amer, avec juste ce qu'il faut de rapidité.
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    • Livres 3.00/5
    Par MissAlfie, le 18 juillet 2011

    MissAlfie
    L'écriture, extrêmement visuelle, m'a donné l'impression par moment de me trouver au milieu d'un film, faisant défiler devant mes yeux des images empruntées à Public Ennemies, au Dahlia noir ou aux Incorruptibles. Dans ce roman, il devient au fur et à mesure des pages difficile de faire la part des choses entre le bien et le mal, de poser une frontière entre les pourris et les incorruptibles, bien loin d'un Hercule Poirot ou d'un Sherlock Holmes...
    Si La moisson rouge est indéniablement un roman noir à découvrir pour son aspect précurseur, il n'aura cependant pas été un coup de coeur. J'avoue m'être parfois perdue au milieu de nombreux personnages, et avoir également été perturbée par l'utilisation massive de termes d'argot. Ceci dit, il semblerait que la collection Série noire de Gallimard ait réédité en 2009 ce livre sous le titre Moisson rouge avec une nouvelle traduction plus proche du texte original et moins marquée de ces termes d'argot.

    Lien : http://croqlivres.canalblog.com/archives/2011/07/14/21487241.html
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    • Livres 4.00/5
    Par guile, le 28 janvier 2009

    guile
    Quand les durs de l'agence Continental de San Francisco fait du ménage, c'est en grand. Surtout quand il s'agit d'une ville pourrie jusqu'à l'os.
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Citations et extraits

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  • Par nathalie_MarketMarcel, le 28 mai 2011

    J’ouvris les yeux dans la lumière terne du soleil matinal qui filtrait au travers de stores baissés.
    J’étais allongé à plat ventre sur le sol de la salle à manger, la tête sur l’avant-bras gauche, le bras droit perpendiculaire au corps, la main crispée sur le manche rond, bleu et blanc, du pic à glace de Dinah Brand. La lame de quinze centimètres, pointue comme une aiguille, était plantée dans le sein gauche de la jeune femme.
    Elle gisait sur le dos, morte. Ses longues jambes musclées étaient orientées vers la porte de la cuisine. Son bas droit était filé sur le devant.
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  • Par DocteurPlatoche, le 24 janvier 2011

    The first policeman I saw needed a shave. The second had a couple of buttons off his shabby uniform. The
    third stood in the center of the city’s main intersection […] directing traffic, with a cigar in one corner of his
    mouth. After that I stopped checking them up.

    ( Le premier agent
    que je vis avait besoin d’une coupe. Il manquait quelques boutons à l’uniforme miteux du second. Le troisième
    était posté au centre du carrefour principal de la ville […] réglant la circulation avec un cigare au coin des
    lèvres. Après, je n’ai plus fait attention. )
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  • Par DocteurPlatoche, le 24 janvier 2011

    I first heard Personville called Poisonville by a red-haired mucker named Hickey Dewey in the Big Ship
    in Butte. He also called his shirt a shoit. I didn’t think anything of what he had done to the city’s name.
    Later I heard men who could manage their r’s give it the same pronunciation. I still didn’t see anything in
    it but the meaningless sort of humor that used to make richardsnary the thieves’ word for dictionary. A
    few years later I went to Personville and learned better.
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