Ce qui m'a poussé à choisir cette histoire de vampires parmi les nombreuses publications sur le sujet ayant innondé librairies et bibliothèques ces dernières années, c'est l'humour non déguisé présent dans cette 4ème de couverture. J'espérais retrouver cet humour tout au long de ma lecture et lire une petit roman rigolo et léger moquant un peu cette mode de la littérature vampirique. Au final, ça n'est pas vraiment ce que j'ai trouvé entre ces pages, mais la surprise a été plutôt bonne. Pas de coup de cœur, mais une claire envie de retrouver les personnages dans les tomes suivants.
Ari est un personnage qui m'a beaucoup touchée. Si le récit de ses péripéties n'est pas bien crédible, j'ai quand même aimé la suivre tout au long de son cheminement personnel, être témoin de son évolution physique et intellectuelle. Finalement cette série, c'est avant tout l'histoire d'Ari, une ado comme beaucoup d'autres, mal dans sa peau qui se cherche, grandit, gagne en maturité, se voit bouleversée par tout un tas de changements. Et son état de vampire n'est là que pour symboliser à quel point elle se sent bizarre et inadaptée au monde, à quel point elle ne maîtrise pas les changements de son corps.Ce qui importe dans ce roman, c'est l'histoire d'Ari, son évolution, sa progression. le fait qu'elle soit vampire, n'est qu'une circonstance, un artifice qui permet d'intensifier ce que l'auteure veut montrer dans son roman.
Surtout, j'aime la façon dont elle s'adresse à ses lecteurs, l'interpelle, l'interroge sur la façon dont il aurait réagi. Ce procédé permet à la fois de mettre en avance sa différence (tout le monde n'est pas synesthésiste et ne possède pas la même histoire familiale) et de la rapprocher du lecteur (qui partage les mêmes interrogations, se débat avec les mêmes émotions…). En outre, Ari est futée et cultivée, douée d'un certain sens de l'humour et c'est un véritable plaisir que de lire ses réflexions.
Pour continuer avec les vampires et l'univers mis en place par l'auteure, je dois dire qu'il m'a plu dans son côté suranné et cliché. Apparence physique (pâleur et tenues ‘gothiques'), érudition, vie coupée du monde, pratiques étranges… Tout est là, et j'ai trouvé cela assez rassurant, amusant parce que l'auteure le fait sans se prendre au sérieux. J'aime la façon dont elle auto-dérise (parfaitement, du verbe auto-dériser) sur le mythe et l'utilisation qu'elle en fait. Il n'a vraiment manqué que l'histoire se déroule au Royaume-Uni ou en Europe de l'Est. Un manoir, tout gothique qu'il soit en jette quand même moins quand il se trouve aux Etats-Unis que dans l'Ancien Monde.
Enfin, du côté de l'intrigue, si, comme je l'ai dit plus haut, certains points semblent bien improbables (le périple de l'héroïne, le mode de vie de nos personnages…), il n'empêche que l'on prend plaisir à la suivre. On se laisse gentiment porter par l'histoire, et si on ne tourne jamais les pages avec fébrilité, peu à peu notre curiosité s'éveille. Et l'avantage c'est que ce tome 1 propose une fin satisfaisante en soi.
Bref, une très bonne surprise. Je ne m'attendais pas du tout à un tel récit en entamant ma lecture. Mais la surprise a été plaisante. J'ai vraiment bien aimé le personnage de Ari et je compte la retrouver dans les deux derniers tomes de la trilogie.
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