Un recueil d'une extrême délicatesse, petits éclats de "je", qui arrivent tour à tour sur la pointe des pieds pour parler en leur nom propre. Personnages énigmatiques, acteurs d'un théatre dont seule l'auteur possède les clefs, qui nous livrent leurs secrets,leurs états d'ame,leurs souvenirs pour peupler un monde où sourd le rêve comme une source à jamais tarie.
Il y a l'habitante qui entretient le feu du milieu de son corps de papiers froissés de chansons anciennes, il y a la sommeilleuse et ses longues nuits qu'elle traverse en cognant aux meubles, aux rêves d'une maison depuis longtemps fermée,il y a la femme saumon qui doit accomplir ce qui est écrit sur un endroit de son corps que les gitanes savent lire...il y a mille voix de tous ces autres de sa vie d'oiseau auprès de qui
Marie Huot chante.
C'est doux et nostalgique, c'est magique, un brin incantatoire, je suis,je suis, je suis, des "je suis" qui dérouleraient leurs écheveaux jusqu'à la nuit des temps.
Telle est cette boite de Pandore emplie de voix perdues dont les récits terminent la trilogie ouverte par "Absenta" et poursuivie par "Chants de l'éolienne". J'ai adoré!