Agu est un enfant-soldat africain, un tueur. Il obéit au Commandant, qui a sur lui droit de vie et de mort. Viols, exécutions, massacres : c'est la guerre civile. Agu voudrait s'éveiller de ce cauchemar. Alors, il parle.
Ce premier roman nous emmène dans les pas d'un enfant soldat Agu dans un pays d'Afrique dont le nom nous est inconnu. le jeune garçon tue, viole, massacre comme si cette barbarie n'était qu'un jeu. Sous l'emprise du commandant Agu et ces jeunes camarades n'ont pas le choix, tuer ou être tuer. Même si Agu se rappelle le temps de la paix pour ne pas sombrer dans la folie. le livre d'Iweala claque avec une violence insoutenable, d'une écriture virtuose, incisive comme les coups de machettes, sanguine comme le sang qui coule des plaies béantes, le livre résonne longtemps en nous comme un chant de lamentation entétant. Mais le livre d' Iweala tend à rendre l'innocence et le rêve volé à tous ces enfants. Absolument bouleversant. Un chef d'oeuvre. Dernière remarque la remarquable traduction d' Alain Mabanckou.
livre très dur, cru, sans concession. Uzodinma Iweala s'est glissé dans la peau d'un enfant-soldat et parle en son nom de toutes les atrocités dont il est à la fois la victime et le coupable. Il n'élude aucune situation et dans un langage enfantin, aborde des thèmes très forts : amour, mort, sexe, violence, guerre, religion, amitié, ... Ce livre qu'on pourrait facilement qualifier de coup-de-poing est écrit dans un style, je l'ai dit, enfantin, ce qui rend sa lecture parfois plus difficile (beaucoup de mots inventés ou mal compris et donc mal retranscrits par Agu), mais qui donne aussi un air de nouveauté, oserais-je dire de fraîcheur, le thème ne s'y prêtant pas ?
J’attends souvent Dike dehors à cause que sa mère elle n’aime pas que nous on la dérange avant les coqs comme ça le matin, donc moi j’attends, j’attends, j’attends comme ça pendant longtemps jusqu’à quand je vois le soleil est bien sorti dans le ciel et les poules elles commencent à faire leurs petites disputes entre elles pour des histoires d’insectes à manger et des ordures dans les caniveaux.
Je vomis sans pauser. C’est impossible que j’arrête de vomir. Le Commandant disait que tuer on dirait quand on tombe amoureux, moi je ne sais pas encore ce que ça veut dire. Je sens comme si on frappe avec un marteau dans ma tête et dans ma poitrine. Le nez et la bouche ça me gratte. Je vois mille couleurs partout, mon ventre est vide. Et je sens en même temps, entre mes jambes, ma chose-là qui grossit, qui devient dure. Est-ce que c’est ça qu’on sent quand on tombe amoureux ?