ISBN : 2070119831
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 4.4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres

Cette femme aux pieds nus qui donne le titre à mon livre, c'est ma mère, Stefania. Lorsque nous étions enfants, au Rwanda, mes sœurs et moi, maman nous répétait souvent : Quand je mourrai, surtout recouvrez mon corps avec mon pag... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Chouchane, le 10 mai 2012

    Chouchane
    Avril 1994, c'est le génocide des tutsis du Rwanda. Scholastique Mukasonga exilée en France avant le drame y a survécu mais 37 membres de sa famille seront massacrés dont sa mère Stéfania, La femme aux pieds nus. Au Rwanda une tradition veut que les enfants d'une défunte recouvrent son corps d'un pagne car personne ne doit voir le corps d'une mère ; c'est parce qu'elle n'a jamais pu recouvrir sa mère que Scholastique Mukasonga va écrire ce livre comme un pagne que l'on déploie. Pour honorer la mémoire de ces mères courages, c'est la vie qui est choisie dans ce récit. La description de la vie d'avant, pour faire revivre le rythme des saisons et des coutumes : la récolte du sorgho, la construction des cases, les magnifiques coiffures appelés imasunzu (dont je vous conseille d'aller voir les photos sur Internet) … c'est aussi un quotidien de peur car bien avant le drame les tutsis sont stigmatisés, ils sont les bêtes nuisibles, les cafards. Les signes de l'extermination à venir sont là, le mépris, la terreur, les viols, les meurtres sporadiques, les cases saccagés, les bêtes et les enclos brûlés, l'absence de justice. Au travers de ce récit, Scholastique décrit l'amour infini des mères pour leurs enfants, ces femmes inépuisables qui tentent coûte que coûte, malgré l'exil, la crainte de mourir, l'absence de projets possibles de maintenir vivantes les coutumes. Une vie faite de courage et de solidarité.
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  • Par de, le 18 octobre 2011

    de
    Le portait d'une femme, d'une mère, Stéfania, la vie quotidienne dans les lieux d'exil, la peur permanente. Les apprentissage à travers les yeux d'une fillette, un monde révolu et pourtant qui n'a pas fini de nous hanter. Rwanda, génocide. « Je ne veux pas aller jusqu'au bout du pays des contes car je sais qui m'y attend »
    Une lecture à compléter du précédent ouvrage de l'auteure « Inyenzi ou les Cafards », (Continents noirs, Gallimard, Paris 2006)
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    • Livres 4.00/5
    Par mediatheque, le 10 octobre 2008

    mediatheque
    -«Quand je mourrai, surtout, recouvrez mon corps avec mon pagne, personne ne doit voir le corps d'une mère». Cette mère Tutsi, c'est la sienne, assassinée en 1994. Un cri d'amour, un magnifique roman plein de lumière, une ode à la vie.
    Club de lecteurs de la Médiathèque des Chartreux


    Lien : http://www.mediatheque-agglo-troyes.fr
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Citations et extraits

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  • Par KATE92, le 27 mai 2012

    « Maman, je n’étais pas là pour recouvrir ton corps et je n’ai plus que des mots pour accomplir ce que tu avais demandé. Et je suis seule avec mes pauvres mots et mes phrases, sur la page du cahier, tissent et retissent le linceul de ton corps absent ».
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  • Par KATE92, le 27 mai 2012

    « Quand je mourrai, quand vous me verrez morte, il faudra recouvrir mon corps. Personne ne doit voir mon corps, il ne faut pas laisser voir le corps d’une mère. C’est vous mes filles qui devez le recouvrir, c’est à vous seules que cela revient. Personne ne doit voir le cadavre d’une mère, sinon cela vous poursuivra… vous hantera jusqu’à votre propre mort, où il vous faudra aussi quelqu’un pour recouvrir votre corps ».
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    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par KATE92, le 27 mai 2012

    « Soudain […] je vois trois soldats qui renversent les paniers et les cruches et jettent dans la cour les nattes qui étaient suspendues au plafond. »
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par KATE92, le 27 mai 2012

    « Cette femme aux pieds nus qui donne le titre à mon livre, c'est ma mère, Stefania. »
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  • Par Chouchane, le 10 mai 2012

    La maison de Stefania, celle où elle pouvait vivre une vraie vie de femme, une vraie vie de mère de famille, c'était la maison de paille tressée comme une vannerie, l'inzu (et je lui garderai son nom kinyarwanda, car je n'ai en français que des noms de mépris pour la désigner : hutte, cahute, paillote...). Des maisons comme celle de Stefania, il n'y en a plus guère dans le Rwanda d'aujourd'hui. Elles sont désormais dans les musées, comme ces squelettes de grands animaux disparus depuis des millions d'années. Mais l'inzu, ce n'est pas dans ma mémoire cette carcasse vide, c'est une maison pleine de vie, de rires d'enfants, du bavardage insouciant des jeunes filles, du murmure chantonné des contes, du grincement de la pierre à moudre sur les grains de sorgho, du clapotis des cruches où fermente la bière et, à l'entrée, du battement rythmé du pilon dans le mortier. je voudrais tant que ce j'écris sur cette page soit le sentier qui me ramène à la maison de Stefania.
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Vidéo de Scholastique Mukasonga

Portrait de Scholastique Mukasonga dans l'émission Personnalités de France 24











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