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ISBN : 2070119831
Éditeur : Gallimard (2008)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Cette femme aux pieds nus qui donne le titre à mon livre, c'est ma mère, Stefania. Lorsque nous étions enfants, au Rwanda, mes sœurs et moi, maman nous répétait souvent : Quand je mourrai, surtout recouvrez mon corps avec mon pagne, personne ne doit voir le corps d'une mère. Ma mère a été assassinée, comme tous les Tutsi de Nyamata, en avril 1994 ; je n'ai pu recouvrir son corps, ses restes ont disparu. Ce livre est le linceul dont je n'ai pu parer ma mère. C'est au... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Christw
Christw24 février 2014
  • Livres 4.00/5
Vingt-sept membres de la famille de l'écrivaine ont été massacrés pendant le génocide rwandais. Stefania, sa mère tutsie, était des victimes et ce livre rend un hommage magnifique à cette femme africaine contrainte à l'exil avec sa famille à Nyamata, sous la perpétuelle menace des soldats hutus du camp Gako. Nous sommes dans la région inhospitalière du Bugesera, là où sont déportés les tutsis du nord depuis les massacres ethniques qui les ravagèrent en vagues successives depuis 1959.

"Ma mère n'avait qu'une idée en tête, le même projet pour chaque jour, qu'une seule raison de survivre : sauver ses enfants. Pour cela elle élaborait toutes les stratégies, expérimentait toutes les tactiques."
Le livre raconte comment Stefania préserva et éleva ses enfants, cultiva la terre, fit des projets pour eux comme le font les mères rwandaises, selon leurs coutumes, selon leur pauvreté, attentives aux présages du ciel, des corbeaux, des plantes et des eaux du lac. La description du mode de vie et des codes de cette famille est une source d'information sociologique et ethnographique étonnante. Malgré l'épée de Damoclès — un piétinement de bottes sur la piste, une fusillade dans la nuit, l'arrestation d'un voisin —, subsiste une volonté de vivre dignement comme elle l'a fait autrefois sur les pentes des collines, sous le couvert des bananiers. L'époque racontée doit remonter aux années septante, un peu plus tôt peut-être, alors que Scholastique était adolescente (l'auteure est née en 1956).

Stefania n'aime pas l'habitation de torchis et de tôle, "vide d'Esprits", où logent les déportés. Elle veut sa case, l'inzu, la maison de paille, roseau et papyrus, tressée comme une vannerie. L'eau pour le poisson, l'air pour les hommes, l'inzu à Stefania, une maison où elle pourra vivre une vraie vie de famille, où on entend moudre les grains de sorgho sur la pierre, le clapotis des cruches où fermente la bière, le rire des enfants et le bavardage insouciant des jeunes filles. Elle connut le grand bonheur de voir son fils fonder une famille de neuf enfants, dont sept garçons. La famille se perpétuerait donc si quelques-uns survivaient. Elle se trompait.

"Ma raison de vivre est de représenter ce peuple massacré comme des "cafards", de redonner une identité à ces personnes, de faire admettre qu'il avait droit au premier des droits de l'homme, le droit de vivre." Voilà comment s'exprime Scholastique dans une interview à La Libre Belgique.
Le génocide n'est pas l'objet du livre mais il est partout présent. Dès les premières pages, des responsables sont désignés, à savoir les autorités hutu, placées par les Belges et l'Église à la tête du Rwanda nouvellement indépendant.
Plus loin, il est question d'histoires qu'on racontait qui n'étaient pas celles des tutsis: "Les Blancs avaient déchaîné sur les Tutsis les monstres insatiables de leurs mauvais rêves. [...]. Ils prétendaient mieux savoir que nous qui nous étions, d'où nous venions." L'auteur veut parler du mythe hamitique construit par l'explorateur John Hanning Speke : le peuple tutsi serait une minorité raciale supérieure aux Hutus car il n'est pas originaire du Rwanda mais d'Éthiopie. Ce mythe a été utilisé par les extrémistes hutus pour mobiliser les citoyens ordinaires contre les tutsis «envahisseurs» lors du génocide de 1994.
Le journaliste Jean Hatzfeld dans Une saison de machettes (2003) a interrogé des génocidaires de la région rwandaise. Il explique dans un entretien (Afrik.com) pourquoi il a voulu s'adresser aux tueurs et ce qu'il en a retenu.

On constate que derrière ce livre simple, authentique, d'une grande sobriété, subsistent des blessures irréparables et l'immense question des responsabilités, à laquelle ce modeste billet ne saurait répondre.
La femme aux pieds nus a obtenu le Prix Seligmann.

Lien : http://www.christianwery.be/article-la-femme-aux..
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thedoc
thedoc30 mars 2015
  • Livres 4.00/5
« La femme aux pieds nus », c'est la mère de Scholastique Mukasonga, Stefania, morte sous la lame des Hutus lors du génocide de 1994 au Rwanda. L'auteur revient sur ses souvenirs d'enfance et rend hommage à sa mère à travers la description de leur vie quotidienne.
Leur vie, à l'époque décrite, c'est celle dans le Bugesera, cette région insalubre où les Tutsis, rescapés des massacres ethniques qui avaient déferlé en vagues successives sur le pays depuis 1959, ont été déportés au début des années 1960, lorsque les Hutus ont pris le pouvoir. A Gitagata, la vie n'est pas facile. La terre n'est guère propice à la culture, les habitants sont privés d'élevage faute de posséder une vache et les jeunes miliciens hutus sont toujours à l'affût pour les persécuter, voire pire. La première préoccupation de Stefania est d'ailleurs de protéger ses enfants. Toujours aux aguets, elle imagine toutes sortes de stratagèmes pour les cacher, que ce soit dans la maison ou dans la brousse. Sauver les enfants, rien n'est plus important. Les brimades, les arrestations et les saccages sont monnaie courante. Mais il faut survivre quoiqu'il arrive.
Stefania, c'est cette mère qui ne s'est jamais avouée vaincue. Relogée dans la maison de Tripolo, ce logis des Blancs fait de tôles et d'angles droits, elle décide de rebâtir son inzu, cette hutte de chaume et de bambou toute en rondeurs. Au coeur de sa maison, elle veille sur sa famille en effectuant chaque jour les mêmes gestes : souffler sur les braises avant l'aube pour raviver le feu, balayer la maison et la cour avec un faisceau d'herbes fines, surveiller la potée de haricots qui cuit lentement sur les trois pierres du foyer. C'est également dans ce lieu qu'elle raconte et transmet à ses enfants tout son savoir ancestral. Ainsi, en mémoire de sa mère, Scholastique Mukasonga nous fait partager cette vie traditionnelle à la campagne, celle des femmes rwandaises : la longue culture du sorgho et la fabrication de sa bière, ou encore le soin apporté aux plantes médicinales, tâche réservée aux femmes dans leur petit potager. le dimanche, à l'heure des réunions entre femmes, dans l'ikigo, l'arrière-cour qui est le domaine des femmes, les discussions vont bon train. Stefania, marieuse réputée, apporte son avis sur les qualités et défauts des jeunes filles bonnes à marier, sur les grossesses qui tardent à venir chez les jeunes couples. C'est le moment aussi où l'on commente les signes du progrès qui arrivent jusqu'à Gitagata : les toilettes de Félicité, le port des caleçons chez les jeunes filles ou encore le kanta qui garde les cheveux bien noirs. Si la modernité se répand, il reste cependant des rites traditionnels qui eux seuls peuvent effacer les atrocités commises sur les jeunes filles tutsies. le viol, utilisé systématiquement lors du génocide par les hutus, était déjà la menace qui planait sur les jeunes filles tutsies dans les années 1960. Mais là aussi, en invoquant les Esprits, les femmes savent conjurer le mauvais sort.
Stefania et les autres femmes, ce sont ces « gardiennes de la vie », pour qui solidarité et entraide ne sont pas de vains mots.
Dans cette société rwandaise traditionnelle, tout repose sur les relations entre les voisins, sur des usages de politesse, de respect et de solidarité. Tout le monde se connaît, du plus jeune au plus vieux. On travaille ensemble dans les champs, on partage les repas de famille, on célèbre en communauté les événements heureux et malheureux. Et c'est toujours dans cette proximité quotidienne que le génocide de 1994 s'est produit. Les politiques et les militaires se sont appuyés sur ces relations de voisinage pour trouver les tueurs idéaux. Galvanisé par des discours de haine, le voisin est devenu le bourreau. Et c'est également de ce fait que de nombreux tribunaux populaires, les gacacas, ont vu le jour au lendemain du génocide. Tu as tué ton voisin, alors ton juge sera ton voisin. Ton avocat sera ton voisin. le procureur sera ton voisin.
Stefania, son mari et ses enfants sont ainsi morts assassinés chez eux. Scholastique Mukasonga n'était pas là. Ses mots servent aujourd'hui à faire son deuil. Ils servent également à faire revivre sa mère, ces femmes, ces hommes et ces enfants qui partageaient autrefois des pratiques et des histoires. Que Madame Mukasonga se rassure. Comme sa mère, elle a réussi à transmettre à son lecteur une autre vision du Rwanda que celle du génocide. Un Rwanda rempli des couleurs des pagnes des jeunes filles, des rires des enfants au milieu du sorgho, de l'odeur des pipes et du bruit des femmes qui discutent, discutent, discutent…
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Moan
Moan25 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
Dans ce livre, Scholastique Mukasonga rend hommage à sa mère, courageuse et exceptionnelle.
C'est un témoignage très fort sur la vie des Tutsis déportés après avoir tout perdu, toujours à la merci de militaires agressifs.
le courage de Stéfania, la mère de Scholastique, est exceptionnel pour protéger ses enfants, rebâtir un lieu protecteur, cultiver la terre, soigner avec les plantes, organiser les mariages, transmettre leur histoire...
Ce livre émouvant est un beau témoignage sur ce village avant la génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.
Scholastique Mukasonga a reçu pour ce livre le prix Seligmann 2008 "contre le racisme, l'injustice et l'intolérance".
Un livre à garder comme un témoignage précieux que je conseille à tous de lire!!
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Soleney
Soleney02 juillet 2013
  • Livres 5.00/5
Happant. Prenant. Bouleversant. Un livre que j'ai dévoré.
Scholastique Mukasonga nous emmène loin de France, à la rencontre du Rwanda, à la découverte d'une culture à cent mille lieues de la nôtre dans un contexte complètement différent. Elle raconte les champs de sorgho, l'enfance tendre et belle, les nombreux frères et soeurs, les coutumes, le quotidien de son peuple. Et plus encore, elle raconte sa mère, Stefania. Une femme de courage, une lionne dont la principale obsession est d'assurer la survie de ses enfants dans un monde qui ne veut pas d'eux. Car c'est la guerre entre les Hutus et les Tutsis. Ou plutôt, c'est le massacre des Tutsis depuis que les Hutus ont pris le pouvoir. le danger est partout. Ils sont déportés, battus, leurs maisons sont saccagées, leurs femmes violées, leurs enfants tués, leur culture menacée... Toute leur vie est organisée autour de la survie. À tout instant, les enfants doivent être capables de se cacher pour réussir plus tard à franchir la frontière du Burundi – dans le meilleur des cas.
Scholastique Mukasonga raconte son évolution au sein de cet univers à la fois hostile et chaleureux, dans l'ombre d'une mère qu'elle aime et admire – à raison ! Une mère qui la protège, une mère qui est un modèle de dévouement pour sa famille. On ne peut s'empêcher d'admirer la force et le caractère de cette femme si particulière et si extraordinaire.
L'histoire décrit le quotidien de la famille au travers de petites anecdotes qui nous montrent à quel point la culture de ce peuple, ses habitudes, ses croyances sont différentes des nôtres. Certaines choses sont tellement inenvisageables pour nous qu'on se demande parfois si on vit sur la même planète ! Par exemple, pour qu'un nouveau-né se fasse accepter par la tribu, celle-ci doit se réunir lors d'une fête et manger ses excréments, mélangés à de la nourriture. Montrer l'intérieur de sa bouche est le comble de l'obscénité, au point que manger en public est extrêmement mal vu et qu'un père ne doit surtout pas manger devant ses enfants. Pour eux, nous n'avons pas de notion de savoir-vivre ; parler de sexe est intolérable ; passer devant une maison sans saluer les habitants pendant de longues minutes est le comble de l'impolitesse – ce qui rend le trajet pour aller chercher l'eau interminable.
Leur quotidien est rempli de surnaturel, ils vivent en permanence avec leurs contes et leurs légendes. Parfois merveilleuses, celles-ci sonnent aussi comme des excuses pour cacher une réalité bien difficile à avouer. Pour eux, un foetus peut très bien se mettre à vagabonder dans le corps de sa mère (le dos, les cuisses, les bras…), mais cela l'empêche de se développer et retarde l'accouchement. Durant son enfance, Scholastique a ainsi connu un homme qui a attendu l'enfant dont sa femme prétendait être enceinte pendant cinq ans. Cinq ans ! Moui. Ils sont bien naïfs, les maris.
Une autre croyance que j'ai trouvé très belle, c'est celle des larmes de la lune, qui tombent parfois sur le ricin, un arbre particulier : « C'était sur ses feuilles que tombaient les larmes de la lune. Ces larmes, elles avaient, au dire de Stefania, la couleur et la consistance d'un beurre un peu mou, elles glissaient sur les feuilles, coulaient ensuite en filets visqueux sur toute la longueur de la plante et se répandaient en flaques jaunâtres à son pied. Cela se passait toujours la pleine lune. Jamais, pas plus que mes soeurs, ne n'ai vu ces larmes de la lune. Et pout Stefania, il n'était pas question de nous les montrer. » En effet, c'est un très mauvais présage qu'il faut enterrer à tout prix. Pratique pour faire disparaître les preuves, n'est-ce pas ?
J'aime cette ambiance entre réel et magie. Pour les Rwandais, tout est prétexte à maléfice ou enchantement. On dirait encore un monde d'enfant.
Je recommande ce livre à TOUT LE MONDE. Ne serait-ce que pour avoir connaissance de ce génocide qui a lieu au Rwanda. Mais aussi pour pouvoir découvrir la plume de Scholastique Mukasonga, entraînante, enivrante, enchanteresse.
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Chouchane
Chouchane10 mai 2012
  • Livres 5.00/5
Avril 1994, c'est le génocide des tutsis du Rwanda. Scholastique Mukasonga exilée en France avant le drame y a survécu mais 37 membres de sa famille seront massacrés dont sa mère Stéfania, la femme aux pieds nus. Au Rwanda une tradition veut que les enfants d'une défunte recouvrent son corps d'un pagne car personne ne doit voir le corps d'une mère ; c'est parce qu'elle n'a jamais pu recouvrir sa mère que Scholastique Mukasonga va écrire ce livre comme un pagne que l'on déploie. Pour honorer la mémoire de ces mères courages, c'est la vie qui est choisie dans ce récit. La description de la vie d'avant, pour faire revivre le rythme des saisons et des coutumes : la récolte du sorgho, la construction des cases, les magnifiques coiffures appelés imasunzu (dont je vous conseille d'aller voir les photos sur Internet) … c'est aussi un quotidien de peur car bien avant le drame les tutsis sont stigmatisés, ils sont les bêtes nuisibles, les cafards. Les signes de l'extermination à venir sont là, le mépris, la terreur, les viols, les meurtres sporadiques, les cases saccagés, les bêtes et les enclos brûlés, l'absence de justice. Au travers de ce récit, Scholastique décrit l'amour infini des mères pour leurs enfants, ces femmes inépuisables qui tentent coûte que coûte, malgré l'exil, la crainte de mourir, l'absence de projets possibles de maintenir vivantes les coutumes. Une vie faite de courage et de solidarité.
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Citations & extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
KATE92KATE9227 mai 2012
« Maman, je n’étais pas là pour recouvrir ton corps et je n’ai plus que des mots pour accomplir ce que tu avais demandé. Et je suis seule avec mes pauvres mots et mes phrases, sur la page du cahier, tissent et retissent le linceul de ton corps absent ».
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MoanMoan25 novembre 2012
Moi, je connaissais bien les lunettes; comme je l'ai dit, papa en possédait une paire même si, à la maison, il ne les mettait jamais, sauf pour lire la Bible. Mais personne d'autre n'en avait au village. Beaucoup pensaient que c'était réservé aux missionnaires, qu'avec les lunettes ils lisaient dans les pensées, traquaient jusqu'aux tréfonds de nos âmes les péchés qu'on s'efforçait de leur dissimuler.
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KATE92KATE9230 mai 2012
« La femme aux pieds nus, elle fait le portrait vivant d'une Mère Courage au cœur de l'Afrique et qui donne son cœur pour que vivent ses enfants ».
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ChouchaneChouchane10 mai 2012
La maison de Stefania, celle où elle pouvait vivre une vraie vie de femme, une vraie vie de mère de famille, c'était la maison de paille tressée comme une vannerie, l'inzu (et je lui garderai son nom kinyarwanda, car je n'ai en français que des noms de mépris pour la désigner : hutte, cahute, paillote...). Des maisons comme celle de Stefania, il n'y en a plus guère dans le Rwanda d'aujourd'hui. Elles sont désormais dans les musées, comme ces squelettes de grands animaux disparus depuis des millions d'années. Mais l'inzu, ce n'est pas dans ma mémoire cette carcasse vide, c'est une maison pleine de vie, de rires d'enfants, du bavardage insouciant des jeunes filles, du murmure chantonné des contes, du grincement de la pierre à moudre sur les grains de sorgho, du clapotis des cruches où fermente la bière et, à l'entrée, du battement rythmé du pilon dans le mortier. je voudrais tant que ce j'écris sur cette page soit le sentier qui me ramène à la maison de Stefania.
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SoleneySoleney01 juillet 2013
Cependant les Tutsi de Nyamata comprirent bien vite que la survie précaire qu'on semblait leur avoir concédée n'était qu'un sursis. Les militaires du camp de Gako, établi entre les villages et la frontière toute proche du Burundi, étaient là pour leur rappeler qu'ils n'étaient plus tout à fait des êtres humains mais des inyenzis, des cafards, qu'il était loisible et juste de persécuter et, en fin de compte, d'exterminer.
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Videos de Scholastique Mukasonga (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Scholastique Mukasonga
Scholastique Mukasonga "prix Océans" France Ô 2012 .Scholastique Mukasonga a reçu le prix Océans France Ô 2012.Parrainé par Alain Mabanckou et en partenariat avec Babelio.com, ce nouveau prix initié par France Ô récompense un roman écrit en français mettant en lumière les valeurs d'ouverture sur le monde, d'échanges et d'humanisme publié dans les douze mois précédant
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