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EAN : 9782221193105
378 pages
Robert Laffont (05/01/2017)
3.17/5   12 notes
Résumé :
Nous sommes avant Socrate, Platon, Aristote et dans la Grèce du Ve siècle avant J.-C. À Sparte, la citoyenne Carthas, veuve de grand guerrier, met au monde un fils, Aphranax. L'enfant présente une malformation invisible, dans une société qui élimine les faibles. Victime d'un sentiment maternel interdit chez les siens, la veuve Carthas va dissimuler cette faille. Sa conduite hors la loi provoque le Destin. Le vieux monde vacille : Athènes poursuit son envol démocrati... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Le lecteur de roman compulsif, celui qui en lit plusieurs par mois, voire par semaine, est toujours étonné de découvrir une oeuvre qui plonge profondément ses racines dans un passé lointain. Il s'agit toujours pour l'écrivain d'une prise de risque considérable car n'est pas historien qui veut et les chausse-trappes sont nombreuses lorsque le récit se trouve immergé dans une époque que l'on ne maîtrise pas tout à fait. L'anachronisme et l'uchronie vous guette sauf évidemment si vous nourrissez depuis des années une véritable passion pour cette période historique. Vous avez fini par maîtriser tous les pièges du récit en immersion.
La naissance du sentiment” de Jean-François Kervéan appartient justement à cette catégorie de romans dont la narration s'épanouit à des millénaires de notre siècle. “ A Sparte, nul ne sait jamais pourquoi Gorgophonée Carthas quitta le champ social de sa cité. Cet hiver-là fut dur, mais les Spartiates ne craignent pas le froid, la faim, le deuil – ce peuple n'a peur de rien. Chez eux, lorsque le vent cingle depuis les crêtes du Mont Parnon, personne ne couvre ses épaules d'une fourrure; tu te pèles et au bout d'un moment , en vertu du stoïcisme, tu ne te pèles plus.” Les premières lignes annoncent d'emblée le projet littéraire de l'auteur : une plongée dans la Grèce Antique dans la Grèce du Vième siècle avant JC. Chacun connait l'histoire de Sparte, cité guerrière où la faiblesse était considérée comme une tare. Les plus faibles ne pouvaient pas faire de bons guerriers et étaient donc immédiatement éliminés. C'est à partir de ce constat impitoyable que l'écrivain va introduire un domino fautif dans la longue chaîne des causes et des conséquences du mode de vie spartiate : la citoyenne Carthès, veuve et fille de grands guerriers met au monde Aphranax un fils qui présente une malformation invisible : il souffre d'asthme. Carthès va désobéir en cachant à l'autorité cette tare qui devrait coûter la vie à sa progéniture. Mais désobéir dans la Grèce Antique c'est provoquer irrévocablement le destin. le récit est lancé et il tient toutes ses promesses car Jean-François Kervéan parvient à nous faire pénétrer au sein d'une société obsédée par les codes, qui rejettent les plaisirs et valorisent l'action et le combat pour forger un destin. Celui d'Aphranax va le voir se rapprocher du roi Leonidas qui est le seul à pouvoir l'intégrer au groupe d'élites des 300 meilleurs hoplites mais pour cela il doit passer par l'agögé, ce terrible dressage qui transforme le spartiate en machine de guerre.
La naissance du sentiment” est un roman fort et puissant qui libère une incroyable énergie et fait la peinture d'une cité dyarchique obsédée par l'égalité des citoyens et terriblement collectiviste. On passe une excellent moment et on apprend beaucoup. Une belle réussite autant littéraire qu'historique.
Archibald PLOOM (CULTURE-CHRONIQUE.COM)

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https://dcafeine.blogspot.be/2017/03/la-naissance-du-sentiment-par-jfk.html

L'histoire nous emmène en pleine époque Spartiate. Artys (Historia) Carthas, héros aux tétons saillants et musclé meurt au combat laissant derrière lui sa veuve Gorgophonée (aka Gorge Profonde) et son jeune fils Aphranax au nom déjà prémonitoire pour prévenir les maux de tête.

Seule, elle est contrainte à élever son fils pour le préparer pour l'agogée, rite sélectif et éducatif, afin qu'il puisse devenir la crème de la crème (vanille de préférence) , c'est-à-dire l'un des fiers 300 Hoplite.
Sous la pression d'une société obsédée par codes et des rites élitistes, il y aura de quoi faire car ils cachent un terrible secret qui pourrait coûter la vie à Aphranax ... il est asthmatique ; et dans cette société parfaite, seul les plus forts sont choisis.

L'amour de sa mère , la rencontre de Léonidas seront-ils suffisant ?

Ecrit par Jean-François Kervéan, nègre pour des artistes people éponymes genre Nabila, Drucker, Hervé Villar (que du lourd), ce dernier a également commis l'écriture de certains romans. Alors évidemment les plus vicieux d'entre-vous me diront que ces initiales font très Jacky et Michel et que la destiné de JFK a été assez frontal au niveau des lombaires , loin de moi l'envie de vous contredire ... Prémonitions ? Aucune idée mais dans tous les cas , ce "La naissance du sentiment" à fait naître en moi autre chose qu'une envie assassine ... quoique. :)

Sans langue de bois, ce péplum grec nous transporte dans l'Antiquité avec une fiction dense aux accents politico-romantico-soporifique. Car oui, "La naissance du sentiment" a eu le mérite d'avoir réveillé en moi des sentiments enfuis dans mon tréfonds, un sentiment soporifique (que pensiez-vous?)

Alors je sais qu'il fait partie de la rentrée littéraire, que la couverture annonce une pointe d'humour, que l'auteur a un style certain pour écriture, et il est vrai que le roman est parsemé de notes d'humour qui lui permettent de ne pas trop sombrer dans la frustration de la lecture. Pourtant le sujet aurait pu être plus fin, mieux mené ; le contexte, la complexité de la relation avec sa mère où avec ce Léonidas sur lequel l'on pourrait faire fondre du chocolat sur son torse ... naaan trop facile.

Le roman nous assomme de termes de l'époque qui rebutera les moins érudits d'entre les lecteurs (et croyez moi , nous sommes une armée le glaive tendu), le tout réaménagé avec un langage parfois commun et aux mots savamment menés; Et ce n'est pas le lexique se trouvant à la fin du roman qui me contredira. Trop de termes qui feront que la lecture sera de plus en plus difficile , sans compter l'inaction présente dans la majorité des mots présent à chaque ligne. Un roman voulant contenter trop de lectorat différent et sans prise de risque sur les partis pris.

Pour résumer ? Une histoire de glaive, de yogourt et de noeuds de boudin.

Édité chez Robert , 400 pages, ZZzz (ha ha ) ZZZzzz..!
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Chronique de Scarlett (Chroniqueuse sur le blog Léa Touch Book)

Lorsque j'ai un coup de coeur pour un livre, je suis attentive aux futures parutions de l'auteur. Alors comme j'avais totalement « flashé » sur Animarex de Monsieur Kervéan , me voici , me voilà de retour après la lecture de son nouveau roman : La naissance du sentiment. Et oh bonheur suprême ! J'ai à nouveau été emportée, émue et enthousiasmée par son nouveau récit.

Ce livre nous transporte dans la Sparte antique, en Grèce, à l'époque des guerres médiques contre la Perse.

A Sparte on rencontre la famille Carthas , Gorgophonée la veuve altière d'un héroïque guerrier , donne naissance à un fils Aphranax. Celui-ci est souffreteux, on découvrira au fil de la lecture qu'il est asthmatique. Mais à Sparte, cité guerrière, les jeunes garçons à l'âge de sept ans subissent un rite de passage afin de déceler les enfants handicapés. Et ceux qui ne correspondent pas aux attentes de la Cité meurent. Les autres sont pris en main par des éducateurs afin d'être formé à devenir des êtres forts et courageux dans une ville qui prône l'égalité de tous. Si Sparte est comme Athènes le berceau de la Démocratie occidentale, elle est plus rigide et rigoureuse que sa consoeur dans ses us et coutumes.

Gorgophonée n'aura de cesse de protéger son enfant et celui-ci passera donc le test maudit avec succès et deviendra un valeureux soldat de l'élite spartiate. Son destin et notre lecture croiseront les chemins de noms illustres durant cette période de l'invasion Perse. On côtoie Léonidas le roi fratricide, célèbre pour son combat héroïque et mythique contre les Perses au défilé des Thermopyles avec ses valeureux 300.

On chemine aussi avec le Roi des Rois Xerxès le Perse, et on perçoit en lisant ses propos, ses pensées de fortes similitudes avec un autre roi qui fera aussi l'Histoire (clin d'oeil de Monsieur Kervéan à Louis le grand peut-être…)

On lit avec plaisir leurs aventures dans cette Histoire, dans notre Histoire. On apprend, on se cultive sur une civilisation ancestrale dont nous avons hérité le modèle politique : La Démocratie.
On aime, on souffre, on vit, on passe aussi dans ce roman.

On apprend, qui étaient Démarate, Solon d'Athènes, Lycurgue de Sparte ; ce que sont la ligue hellénique, l' agögé , l'isonomie et l'errance (ce passage sur l'errance d'Aphranax !!!). Et ces dialogues savoureux entre les uns et les autres, celui notamment entre Xerxès et Démarate sur la vision géopolitique de tel ou tel souverain, sur la liberté ou la féodalité des peuples est un discours éternel qui fait réfléchir. Ps : il y a un petit lexique en fin de livre bien utile .

Et toujours ce même plaisir de lecture. Jean-François Kervéan sublime et transcende des instants de l'Histoire, des personnages mythiques avec une plume habile, fluide et qui joue avec les mots et avec le temps mélangeant parfois un ton volontairement moderne, insolent et drôle au rythme plus ancien de l'histoire. « et de l'Inconnu arrivent les emmerdes d'où nait la métamorphose. Si les métamorphoses venaient en mangeant du melon, ça se saurait ».

Parfois décalé et plein d'humour mais jamais au détriment de l'histoire, le ton, l'écriture est un régal je vous dis !

C'est une merveilleuse histoire à lire, qui va vous permettre de mieux connaître la grande Histoire, l'origine de la Démocratie, des lois qui furent le fondement du mieux vivre ensemble. Sans que cela ne soit barbant un seul instant. Et c'est tellement d'actualité…
Alors n'hésitez pas, si vous aimez être surpris, sourire, apprendre, être ému en lisant foncez….
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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Si, comme moi, vous avez gardé, grâce à vos cours sur l'antiquité grecque, une image assez positive de cette période de l'histoire, avec, peut-être une petite préférence pour Spartes qui semblait plus guerrière et plus héroïque qu'Athènes, lisez vite ce roman , cela vous redonnera des idées un peu moins romantiques de la réalité spartiate . Bien sûr, vous vous souvenez de cet enfant spartiate qui avait préféré se faire dévorer les entrailles par un petit renardeau plutôt que d'avouer qu'il le cachait sous sa tunique. Mais si c'est votre seul souvenir, je vous promets quelques découvertes bien au-delà de cette anecdote. Si les Spartiates étaient invincibles, ils le doivent à des pratiques très particulières. Dès la naissance, à la moindre « tare », on éliminait les bébés, mais cela ne suffisait pas, vers deux ans on présentait l'enfant à un conseil de sages qui jetait dans un précipice tout enfant un peu bossu, ou ayant des jambes tordues ou qui semblait ne pas bien voir, ne pas entendre correctement, ou déficient intellectuellement … À contrario, tous les ans on pratiquait la nuit de la Cryptie, c'est à dire que durant une nuit entière les citoyens de Spartes avaient le droit de tuer tous les Hilotes (c'est à dire leurs esclaves) qu'ils voulaient . Si j'ai dit « à contrario » c'est que cette fois les Spartiates choisissaient de préférence les hilotes les plus courageux et les plus intelligents de façon à tenir en respect une population beaucoup, beaucoup plus nombreuse qu'eux. Jean-François Kervéan sait nous faire revivre ces meurtres avec force détails, j'ai rapidement été submergée par une impression de dégoût . Comment cette antiquité grecque qui était pour moi un bon souvenir a pu générer autant d'horreurs ? La partie consacrée à la formation du jeune Spartiate (Agogée) est de loin ce qui m'a le plus intéressée, car pour ceux qui ont survécu à la naissance puis à la présentation, il reste une épreuve , celle de « L'Errance ». Avant de devenir adulte un jeune doit rester une année entière à survivre dans la nature sans l'aide de quiconque. Il doit chasser et se nourrir de ce que la nature peut lui offrir à moins qu'il soit lui-même la proie de prédateurs plus forts que lui. Ensuite, il sera citoyen de Spartes et fera partie de l'armée invincible. L'organisation de la vie de la cité est aussi originale et plus sympathique. Tous les Spartiates sont égaux et ont tous les mêmes droits. Bien sûr, il y a les esclaves pris dans les populations vaincues et asservies mais sinon l'égalité est parfaite. Il y a deux corps de dirigeants les « gérontes » des hommes âgés qui resteront jusqu'à leur mort dans une fonction de conseil et cinq « éphores » élu pour un an au sein de l'assemblée. Tous les Spartiates peuvent appartenir à l'assemblée et y prendre la parole. le roi n'a pas plus d'importance qu'un autre citoyen. le roman se situe lors des guerres Médiques contre le roi de Perse, Xerxès 1°. La description de l'opposition entre les deux civilisations et de la guerre m'a moins passionnée. Et puis, il est grand temps que je parle du style de cet auteur. Je ne comprends pas toujours le pourquoi de ses formules. Je sens bien qu'il a voulu désacraliser une certaine représentations de l'antiquité grecque mais parfois, je ne le suis pas dans ses descriptions de héros presque toujours ivres ou drogués qui pètent et « s'enculent » à qui mieux mieux . Cette réserve ne m'a empêchée d'apprécier toutes les réflexions qui sous-tendent ce projet de livre :

Pourquoi finalement c'est la royauté qui a perduré pendant deux millénaires et pas la démocratie,
Pourquoi toutes les tyrannies ont-elles adulé Spartes ?
Est ce que ce système pouvait durer ?
Pourquoi les sentiments ne sont pas compatibles dans un tel système.
Mes réserves viennent du style de l'auteur mais je suis ravie d'avoir lu ce roman car j'ai vraiment beaucoup appris sur cette période et surtout corrigé beaucoup d'idées fausses .
Lien : https://luocine.fr/?p=12668
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La quatrième de couverture nous le précise, mais je peux désormais le confirmer, La naissance du sentiment est bien un roman érudit. La plume de Jean-François Kerveant est distinguée, parfois crûe, mais surtout pleine de sagesse.
Le scénario en devient presque secondaire, tant ce sont les mots qui décrivent les situations qui prennent le pas sur tout le reste. D'ailleurs, il n'y a pas vraiment d'action, ce sont principalement les relations entre les personnages qui sont mises en lumière ici. Principalement la relation entre Gorgophonée et son fils Aphranax qui, séparés par la distance, sont unis par un lourd secret pouvant à tout moment faire basculer la vie du jeune homme.
J'ai appris énormément de choses sur la vie à Sparte, notamment ce côté impitoyable envers les enfants jugés trop faibles. On vise la perfection, la force, la beauté, tout le reste est déprécié et jugé hors-norme. C'est une société très dure, dans laquelle Gorgophonée, qui a perdu son époux à la guerre, doit vivre également loin de son fils. Malgré ses soucis respiratoires, Aphranax souhaite intégrer la prestigieuse armée des 300. Mais très vite, un autre objectif va s'imposer à lui : tuer son rival, qui n'est autre que l'arrogant prince Léonidas. Nous suivons donc par les yeux d'un narrateur omniscient, la vie de Gorgophonée qui tente de gérer sa solitude, et l'apprentissage d'Aphranax. La veuve profite de la compagnie et des conseils avisés d'un vieux diplomate nommé Hypocoon, dont elle repousse incessamment les avances tandis que son fils poursuit ses classes.

Malgré un style complexe, l'humour est au rendez-vous. Mais attention c'est une lecture ardue qui demande énormément de concentration pour être appréciée à sa juste valeur.
Je suis contente d'avoir découvert ce roman, même s'il s'éloigne de mes lectures habituelles, les ouvrages romancés sur la Grèce antique sont si rares qu'il serait bête de passer à côté.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
"Le bonheur ne fleurit pas pour ceux qui prennent des chemins obliques ".
Pindare , poète thébain.
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Pendant les cinq cents ans que durera la civilisation grecque, la terre, les ressources, les hivers ne furent pas plus facile ni cléments que durant les siècles suivants. Pourtant leurs annales évoquent rarement une famine. Chez les Grecs, si imparfaits, on pouvait manquer, avoir le ventre vide mais pas au point d’en mourir au porte de ceux qui mangent. Au temps modernes, famine et malnutrition furent la première cause de mortalité dans les royaumes d’Occident. Les victimes se chiffraient encore par millions dans l’Europe fertile du XVIIe siècle. L’espérance et la qualité de vie d’un forgeron sous Périclès était supérieure à celle d’un artisan du Val de Loire sous François 1er, deux mille ans plus tard. Pourquoi ? On ne sait pas.
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"Il est aussi dur d'aimer que de ne pas aimer".
Anacréon, poète lyrique ionien. 550.464 av;J.C-
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Tous les ilotes, les esclaves sans exception sont aussi la cryptie- du verbe « cacher, se cacher ».
la lumière du soir rase la campagne, tu es Spartiate. Quand l’aiguille du cadran solaire indique la dix-huitième heure ou que la trompe retentit du Temple, tu peux tuer tous les ilotes que tu vois de tes yeux, n’importe, en particulier ou au hasard, de tous âges, en déambulant ou en allant fouiller leur cabane, les fossés, les sous-bois, comme tu veux. La Cryptie n’est pas la guerre. Le nom de « Jour de guerre contre les ilotes » inventé plus tard par Plutarque n’est pas bon. À partir de la dix-huitième heure jusqu’à la dernière avant l’aube, beaucoup d’ilotes ne bougent pas de la place où ils sont, de l’arène de leur condition où vont surgir les fauves. D’autres emmènent leurs femmes leurs enfants se terrer le plus loin possible. Après avoir lâché ton outils, tu te sauves mais il n’y a pas d’abri. Les Spartiates ne hurlent pas, ne t’insultent pas en principe, les Spartiates donne la mort. Partout. En bande sanglante ou seul à seul.
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Les enfants avancent au centre, accrochés à la tunique de leur mère, les père ne sont jamais présents. De part et d’autre se postent gérontes, éphores et commandants, chacun scrutant le groupe selon ses critères : les militaires jugent des morphologies, les dignitaires des comportements tous à la recherche de la mauvaise graine qui poussera de travers. Le branle du boiteux, la bosse du bossu, le débile ou la naine, toutes les cécités, les anomalies ayant pu échapper à l’examen de la première heure. Retenus depuis des jours à l’intérieur, les enfants exultent en plein air, leurs ébats et la lumière à plomb de midi révèlent mieux les tares de quelques déficients. Arrivés face au ravin, les autorités rendent leur verdict et les soldats balancent les indésirables du haut du précipice, scène qui grave à jamais dans le regard des autres la grandeur d’une société ou la gloire coule du sacrifice comme la rosée des aurores.
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