" J'suis en pit ", " Lui, c'est un 100 % roro ", " J'ai invité mes sauces au barbecue ", " Laisse tomber, il a toyé tout le monde ! ", " Aujourd'hui je rince un grec ", " Je suis yomb de toi "... Vous avez tout compris ? Non ? C'est exactement pour ... > voir plus
Mauvaise langue est une invitation polémique et constructive au bilinguisme, à ce bilinguisme des jeunes qui ne peuvent pas faire l'économie de la syntaxe et du vocabulaire, sous peine de le payer cher. Nourri d'anecdotes et de réflexion, ce texte dénonce la démagogie ambiante qui consiste à voir dans toute initiative et dans toute rébellion un acte créatif.
Lecture jeune, n°125 - Les auteurs de ce Lexik des cités n’avaient jamais imaginé un quelconque succès. Issus d’un quartier d’Evry, ils se sont lancés sans méthodologie préétablie dans la constitution d’un petit dictionnaire. La collecte et le choix des mots – soit les incontournables, soit les plus novateurs –, leur mise en situation graphique, et la recherche de leur étymologie ont été établis sur trois années. Au final, un recueil de 241 mots, qui ne prétend aucunement être exhaustif, au format pratique, illustré de graffitis et mis en images dans l’esprit peu conformiste et humoristique de ses auteurs. Un vrai travail sans tabou mené avec rigueur – enseignants et linguistes ont été sollicités – sur une langue en constant changement. L’humour prend le relais pour une « étymo-folie » quand la recherche étymologique échoue. Ces jeunes, en prenant du recul sur leur langage, et en ne se satisfaisant pas d’une stricte quête identitaire ont jeté avec succès un pont vers les autres générations et milieux et cherché à réduire la source de malentendus linguistiques et culturels. Ce témoignage de « grande métisserie », selon l’expression d’Alain Rey enthousiasmé par ce dictionnaire, passionnera toutes les générations sensibles aux multiples facettes d’une langue française bien vivante, et mérite de trouver place dans les rayons des médiathèques et des CDI. Marie-Françoise Brihaye
Lecture jeune, n°125 - « Le malaise de la jeunesse est qu’elle semble être de moins en moins en possession d’une syntaxe, d’un vocabulaire riche et varié. Aussi n’est-elle plus dans la disposition de dire qui elle est ni ce qu’elle désire ». Dans cet essai polémique, Cécile Ladjali, professeur de lettres dans un lycée de Seine-Saint-Denis, dénonce l’appauvrissement de la langue de ses élèves et fustige la démagogie ambiante, les tenants du « relativisme culturel ». Selon elle, « l’école permet aux consciences en formation de s’épanouir grâce à une rencontre salvatrice avec le langage. Mais elle doit se battre contre une modernité qui, par certaines des valeurs qu’elle véhicule, tourne le dos au langage dans ce qu’il suppose comme rapport au classicisme, à l’exigence, à la lenteur, et au silence ». L’auteur prône une démarche élitiste et un nécessaire bilinguisme ; les jeunes doivent se confronter aux « classiques », quels que soient l’exigence et la difficulté des textes, parce que leur humanisme leur est adressé. En faisant le pari de la rigueur et de la beauté, elle souhaite donc leur faire comprendre que la langue est un pouvoir. Elle défend également la notion de choix : faire connaître cette culture et lui donner une chance d’être élue par les jeunes. Cécile Ladjali, engagée et intelligente, nous invite à partager une réflexion passionnante et ô combien au cœur de nos pratiques professionnelles quotidiennes. Un ouvrage à lire absolument même si nous n’en partageons pas toutes les positions et si notre démarche se fonde sur d’autres convictions – lecture de littérature de jeunesse, intérêt pour l’univers culturel des adolescents, etc. Hélène Sagnet