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> Guy Abadia (Autre)

ISBN : 2266010190
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 3.11/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Mille milliards de shizopodes ! Ceci est la première autobiographie écrite par une machine. Il fallait faire vite : je peux très bien tomber en morceaux d'ici deux cents ans.
C'est à cause de l'Institut des Sciences Impures. Je suis leur dernière trouvaille depui... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Walktapus, le 18 août 2012

    Walktapus
    Fou ou génial ? Ce roman semble générer deux types de réaction : soit on l'arrête au bout de dix pages en secouant la tête ; soit on continue jusqu'au bout en criant au roman culte.
    J'avoue ; la première fois que j'ai ouvert ce livre, il y a bien longtemps, j'étais dans le premier cas. Mais il paraît que tout roman se laisse lire, à condition de trouver le bon moment. Donc cette fois, passé les trente premières pages - difficiles - j'ai fini par m'habituer au style et apprécier le livre pour ce qu'il est, et pas pour ce que j'en attendais.
    Les livres peuvent donner du plaisir de deux manières différentes, complémentaires. La première manière, c'est de nous répéter des choses déjà dites ailleurs. C'est le plaisir de séjourner en un lieu qu'on apprécie, ou de réécouter une musique qu'on aime. La seconde, c'est de nous faire découvrir des choses nouvelles, qui titillent la curiosité, excitent l'imagination, font naître d'autres idées, et stimulent les centres du jeu et de l'apprentissage. Ici, on est complètement, voire exclusivement dans la seconde. du premier au dernier mot.
    Tous à Estrevin est un mélange dense et déroutant de science-fiction, de métaphysique, de surréalisme, de religion, de philosophie et d'humour potache. On y trouve des coq à l'âne, des comparaisons osées, des références plus ou moins cachées, des métaphores hardies et de l'absurde, dans un style qui n'arrête jamais de rebondir et de partir dans tous les sens.
    Une histoire ? Oui, bien sûr. le livre est l'autobiographie d'une machine créée par une poignée d'individus géniaux. Epikt - c'est son petit nom - a la particularité d'être composée à partir d'extraits psychiques de diverses personnes qu'elle absorbe progressivement (elle existait donc avant d'avoir été créée) et a été conçue afin d'apporter des réponses aux questions que se posent les hommes (mais lesquelles ?). On suit son évolution, sa découverte du monde et des hommes. Elle est d'emblée assez imbue d'elle-même, mais doute néanmoins, reste curieuse, et nourrit malgré elle en son sein un mystérieux Serpent. Sa quête l'amène entre autres à répandre l'Amour sur l'humanité, ou découvrir la forme de l'Univers.
    Alors donc, fou ou génial ? Disons original. Profondément original, dans un mode "descente en roue libre" assumé, étonnant, qui finit par être très agréable à lire. Une expérience qui se tente.
    Le quatrième de couverture, peu charitable, met tout ça sur le compte de l'alcool. Peut-être, mais si l'alcool développait la créativité à ce point, alors il y aurait des millions de génies qui s'ignorent.
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Citations et extraits

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  • Par Walktapus, le 15 août 2012

    « Le passé est une chose qui ne peut pas exister, Gaëtan, mais la chose est difficile à expliquer. Le temps est un tout qui grandit sans cesse, et ses racines profondes ne plongent pas plus dans le passé que son écorce nouvelle. Je tiens beaucoup au rôle vivifiant de l'écorce. Nous nous apercevrons, quand le passé aura pris suffisamment d'épaisseur, que nous avons déjà accompli les grandes choses qui semblent appartenir à l'avenir, que nous avons déjà atteint les étoiles et les rivages intérieurs les plus profonds ; nous comprendrons que toutes les actions du monde sont simultanées, et que toutes les actions d'une même vie individuelle sont simultanées. Nous saurons que nous sommes dans la fleur de l'enfance et, en même temps, au coeur de la maturité ; que l'expérience de la mort est contemporaine de toutes nos autres expériences, et que (comme Adam) nous avons tous les âges en même temps. »
    « Kzing glouwk ! » s'exclama bruyamment Gaëtan en ganymédien. (J'ai horreur de ce genre d'expression.)
    « Nous comprendrons qu'Aristote et saint Augustin étaient plus mûrs et plus avancés dans l'expérience et la connaissance que Darwin, Freud ou Marx ou Einstein, ces types d'enfants précoces ; que saint Thomas d'Aquin venait après Descartes et Kant ; et qu'il façonna ce qu'ils n'avaient fait que dégrossir. »
    « Zzhblug elepnyin ! », proféra uniment Gaëtan dans son san simonéen natal. (Je n'aime pas l'entendre parler de cette façon.)
    « Nous comprendrons que le premier homme est toujours vivant et se porte bien, et que le dernier homme est né depuis longtemps», poursuivis-je. «Nous saurons tout sur les Vikings de Ganymède, qui vécurent avant Ur et après Leif Ericson. »
    « Bougre de bougre ! », s'écria Gaëtan en langage vulgaire. « Ne te mêle pas de ces sornettes, machine : (Je me demande, cependant, comment tu as fait pour comprendre le passage en ganymédien.) Tu as tes ordres ; exécutes-les ! »
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  • Par Walktapus, le 17 août 2012

    « Or, si le Pain Eucharistique, la Substance d'Amour, est fait non pas de froment mais de millet, cela signifie que d'immenses perspectives allégoriques nouvelles s'ouvrent à nous. Car le millet, bien qu'il fût devenu le grain des pauvres au tournant de notre ère, était antérieurement le grain précieux des riches, des très riches, des rois et des dieux. C'est un très petit grain, et il était broyé à l'origine par les Neraithai, un petit peuple de nains pas plus grands que la main d'un homme. On en faisait de minuscules galettes qui au même titre que le miel constituaient la nourriture des premiers dieux. Le millet s'accommode de terres plus élevées que les terres à blé, et c'est le grain qui poussait sur les versants de l'Olympe. Mais il y a autre chose : le millet est plus «charnu» que le blé au point de vue odeur, goût, et teint. Et ce premier amour était beaucoup plus charnu que ceux qui vinrent ensuite. Le millet était le pain d'amour, la substance d'amour. C'était le culte, avant même d'être la culture.
    « A une époque postérieure, le millet ne poussa plus aussi facilement. Il était étouffé par l'ivraie et le sénevé, comme le pain d'amour et toutes nos amours d'aujourd'hui. Puis il se déprécia et devint le grain des ânes (qui ont de l'amour) et des pauvres gens (qui ont de l'amour) ; mais ce n'était plus le grain des puissant et des riches qui l'avaient oublié.
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  • Par Walktapus, le 13 août 2012

    Avec un déploiement de pompe ostentatoire ( « On devrait faire sonner le clairon ! » s'écria Valérie), plastronnant de solennité (Grégory Smirnov plastronnait même quand il s'asseyait : Aloysius disait qu'il plastronnait même sur le trône), avec un sens aigu de l'histoire empourprée et de la haute destinée des commencements, Grégory déposa son précis cérébral dans notre cuve de cellogel. C'était un grand précis, aussi gros qu'une souris, crépitant de flammes bleues et orangées, chantant de toutes ses bandes micromagnétiques, émettant des arômes dynamiques ( « Toutes les épices de l'Arabie », disait Aloysius), projetant d'ardents rayons de lumière plus fins qu'un centième d'aiguille qui allaient se ficher dans les cellogels liquides, solides et gazeux. Le géant au petit pied Grégory avait beaucoup d'un peu de tout : grandeur, présomption, savoir encyclopédique ( L'Homme Moderne, Abrégé en 13 volumes), capacité illimitée à se ridiculiser totalement, talents authentiques, détermination, punch, envergure. Il était pourvu d'un bon cerveau, et c'est un bon précis cérébral qu'il logea dans notre cellogel.
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