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> Jacques Chambon (Traducteur)
> Henri Robillot (Traducteur)

ISBN : 2070415732
Éditeur : Gallimard (2000)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.03/5 (sur 1426 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 08 juin 2012

    LiliGalipette
    Dans le futur, un monde en guerre interdit la lecture. La brigade 451 intervient dans les maisons pour brûler les livres : ces pompiers d'un nouveau genre ont pour mission de circonscrire les foyers subversifs alimentés par la littérature et la poésie. « Tout homme qui croit pouvoir berner le gouvernement et nous est un fou. » (p. 57) Guy Montag partage avec ses collègues la même jubilation incendiaire débarrassée de tout questionnement. Jusqu'au soir où il rencontre Clarisse. En quelques jours, la jeune femme instille en lui le goût d'autre chose et le doute. « C'est vrai qu'autrefois les pompiers éteignaient le feu au lieu de l'allumer ? » (p. 27) Soudain, Montag ouvre les yeux : qui est vraiment Mildred, cette femme qu'il a épousée ? Quel est donc le sens de son métier ? « Ce n'était que du nettoyage. du gardiennage, pour l'essentiel. Chaque chose à sa place. Par ici le pétrole ! Qui a une allumette ? » (p. 61) À mesure qu'il remet en question le système, sa mission ne lui semble plus si bénéfique.
    Guy Montag franchit le dernier stade vers sa conscience le soir où il sauve un livre des flammes. Dès lors, il veut comprendre les livres et leur pouvoir. Il ne souscrit plus au discours public qui diabolise la lecture. « Un livre est un fusil chargé dans la maison d'à côté. Brûlons-le. Déchargeons l'arme. Battons-en brèche l'esprit humain. » (p. 87) le pouvoir assure que pour éliminer les différences, il faut éliminer les sources de réflexion et de contestation. C'est pour cela qu'il bombarde le peuple d'images et de faits, mais sans émotion, ni réflexion, afin de rendre les gens heureux. Montag ne se satisfait plus de cette vaine corne d'abondance. « Je ne peux pas parler aux murs parce qu'ils me hurlent après. Je ne peux pas parler à ma femme : elle écoute les murs. Je veux simplement quelqu'un qui écoute ce que j'ai à dire. Et peut-être que si je parle assez longtemps, ça finira par tenir debout. Et je veux que vous m'appreniez à comprendre ce que je lis. » (p. 114) Pour bouleverser le système, voire le renverser, Montag se fait aider par Faber, un vieil universitaire. L'homme est une mémoire, une somme de connaissances et un guide.
    Seul face à un système totalitaire et abrutissant, Montag est en danger et sa révolte est bruyante. « Je ne pense pas par moi-même. Je fais simplement ce qu'on me dicte, comme toujours. » (p. 127) Mais il a perdu trop de temps pour être prudent ou accepter de poursuivre l'illusion. « Rentrez chez vous, Montag. Allez vous coucher. Pourquoi perdre vos dernières heures à pédaler dans votre cage en niant être un écureuil ? » (p. 121) Cet opus de Ray Bradbury semble ne pas avoir pris une ride : il résonne toujours aussi juste maintenant. À l'heure où la culture et la lecture oscillent entre élitisme et consommation, à l'heure où l'image déferle par vagues incessantes sur tous les supports possibles, et alors que certains pays en guerre jettent aux flammes des ouvrages supposés subversifs, lire Fahrenheit 451 est un vaccin nécessaire.
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    • Livres 5.00/5
    Par belette2911, le 13 avril 2013

    belette2911
    Un pompier qui brûle des livres, c'est aussi révoltant qu'un contrôleur à la fraude fiscale qui fraude... qu'un garde-chasse qui braconne... et quand c'est autorisé par l'Autorité Suprême, c'est encore plus révoltant.
    Guy Montag est un pompier qui joui presque à chaque fois qu'il nourri les flammes de son feu avec des feuilles de livres. Cette "purification" par le feu ne se conteste même pas. Aucune questions sur le fait de savoir si ce qu'il fait est bien ou pas. Pour lui, un bon livre est un livre brûlé. Un pompier, c'est fait pour détruire par le feu.
    Un soir, il rencontre Clarisse, une jeune fille de son quartier, une jeune fille différente, une jeune fille qui se pose des questions et qui lui en pose une de taille : "C'est vrai qu'autrefois les pompiers éteignaient le feu au lieu de l'allumer ?". Montag nie. Un pompier qui éteint un incendie, c'est du n'importe quoi.
    Pourtant, Clarisse, à force de le croiser, instille le doute dans son esprit et Montag va tenter d'en apprendre plus sur ces autodafés qui ont lieu depuis des siècles et il commence à faire travailler son cerveau, son esprit... Ce faisant, il va à l'encontre de tout le monde.
    "Fahrenheit 451" fut écrit en 1953... Un vieux brol ? Que nenni, il est plus que d'actualité parce qu'en le lisant, j'avais l'impression de me retrouver dans un monde proche, un monde fait d'écrans de télé, de relations virtuelles, de gens qui ne pensent à rien, qui ne veulent même pas penser, qu'on empêche de penser...
    Puisque les livres vous donnent des informations différentes, ils les ont banis et les détruisent pour vous éviter de vous fouler les neurones avec toutes ces données perturbantes.
    Afin de rendre les gens heureux, on les bombarde d'images et de faits, sans émotion, sans réflexion... Pour être heureux, il ne faut pas penser.
    L'écriture précise et incisive de Bradbury ne m'a laissé aucun répit et j'ai dévoré ce livre plus vite que le feu ne l'aurait consumé.
    Bradbury nous met face à une société ou l'anti-culture est la norme, ou la liberté brille par son absence, où les gens refusent de savoir, préférant se mettre la tête dans le trou ou écouter leur murs - plutôt que d'autres êtres humains - et ils vivent complaisamment dans la soumission.
    Napoléon disait : "Le peuple est le même partout. Quand on dore ses fers, il ne hait pas la servitude". Dans la société décrite par l'auteur, les fers et la cage sont dorés.
    L'auteur ne vous plante pas les actes des autodafé sans vous les justifier, sans donner des arguments à ceux qui accomplissent cette tâche sans conscience ni remords : "Pour éliminer les différences, il faut éliminer les sources de réflexion et de contestation". Dont acte.
    Bam, prends-ça dans la face, Montag, toi qui veux penser, toi qui veux découvrir les livres et lire ce qu'il y a à l'intérieur. Pauvre fou, va ! Tu crois que l'on va te laisser faire ?
    Non, non, dans cette société, on ne pense pas !
    "Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui cassez la tête en lui proposant deux points de vue sur une question, proposez-lui un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun".
    C'est un merveilleux nivellement par le bas que l'auteur nous décrit. Il ne fait pas bon être intello, dans ce monde là.
    Quoi ? Dans le notre non plus ? Quand je vous disais que ce livre n'était pas si vieux que ça ! Les gens s'abrutissent devant de la télé-réalité bête à pleurer et les idiots qui la peuplent sont mis sur un piédestal tandis que les émissions "avec des neurones" sont virées des écrans. Normal, les émissions intelligentes ne donnent pas du temps de cerveau disponible à la marque de boisson gazeuse.
    Comme le dit d'ailleurs Bradbury : "Il y a plus d'une façon de brûler un livre", l'une d'elles, peut-être la plus radicale, étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation (ceci est un extrait de la préface).
    On me disait bien, à moi, que lire c'était s'isoler du monde et certains me raillaient... Ils ne me raillent plus !
    Dans cette préface, on nous dit aussi "Aujourd'hui, on ne brûle pas les livres. Ou plutôt on ne les brûle plus" ce qui me fait réagir et dire "c'est faux". Nous l'avons bien vu au Mali avec des livres transformés en bûcher.
    Je pardonne à la préface, à l'époque où elle fut écrite, on n'en brûlait peut-être plus...
    L'Histoire nous apprend qu'en cas de conflit, c'est toujours la culture qui est sacrifiée en premier. Un peuple sans culture, c'est un peuple sans identité, nus, sans âme,... Sans compter que certains, ne comprenant sans doute rien à rien, sont les premiers à flinguer des livres quand ils en croisent.
    Un sacré visionnaire, Bradbury...
    Oui, en 2013, on interdit toujours certains livres, parce que leur vérité dérangent, parce que l'auteur révèle des choses intimes sur X, parce que certains se déclarent les véritables gardiens ou les vrais interprètes d'un livre religieux ou de la parole de Dieu.
    Oui, des cathos ultra ont manifesté pour empêcher une pièce de se dérouler parce que pour eux, elle était insultante pour dieu sait qui.
    Oui, dans certains pays, certaines vérités ne sont pas bonnes à dire...
    Une vision de l'avenir pas si SF que ça... nous n'en sommes pas encore là, mais qui sait si un jour les lobotomisés du cerveau ne prendront pas le pas sur ceux qui ont encore une cervelle et savent s'en servir ?
    A découvrir si ce n'est pas encore fait, il n'est jamais trop tard !
    Pour conclure, je reprendrai la phrase de Jean d'Ormesson : "On ne brûle pas encore les livres, mais on les étouffe sous le silence".


    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/9-romans-classiques/#19
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    • Livres 5.00/5
    Par ianf, le 05 septembre 2011

    ianf
    Le seul défaut de ce livre, c'est sa classification. Utopie ou dystopie, cela n'est pas vrai. Ou disons que la menace qui plane, c'est que l'utopie devienne réalité. Brûler des livres, regarder des écrans géants toute la journée, être absorbé par l'image qui pénètre le cerveau et martèle aussi bien la conscience que l'inconscient... Dîtes-moi, ne serait-ce pas nous, ça ?
    Fahrenheit 451 est un miracle de la littérature, comme on en connait peu. A la fois un roman magnifique et une oeuvre polémique qui pousse à la réflexion.
    Un roman magnifique, tout d'abord. La prose de Bradbury est exceptionnelle. D'une poésie rare, elle claque les mots comme des fouets qui percutent et nous révoltent, nous fascinent, nous subjuguent. Les métaphores filent, les juxtapositions de termes en créent de nouveaux, et le tout forme un langage nouveau, brûlant, fiévreux et d'une virtuosité rare, dont la beauté est nécessaire pour servir le message.
    Le message, l'oeuvre polémique, maintenant. Il n'y a pas grand chose à dire, si ce n'est que la société que peint Bradbury, c'est celle de l'anti-culture, l'anti-liberté, du refus du savoir, de la complaisance dans la soumission. La confrontation entre Montag et le capitaine Beatty est de ce point du vue la climax du roman. D'un côté, nous avons le livre, l'art, la liberté ; de l'autre, le bonheur, la culture de masse, l'autodafé. En somme, l'opposition classique des utopies/dystopies : liberté ou bonheur, art ou ordre, douleur ou contrôle, résistance ou soumission.
    La fin est absolument bouleversante : la métaphore des hommes-livres, qui fuient le brasier incessant de la société qui abhorre la littérature, est somptueuse. Elle nous fait comprendre que, par delà l'économie, le droit, la politique, ce sont avant tout les mots, c'est avant tout la littérature qui donne au monde sa consistance. La liberté n'existe que parce que la littérature continue d'être. Bradbury est là pour nous le rappeler.
    Sans les livres, pas de réflexion, pas de morale, pas de philosophie, pas de liberté.
    Il fallait un texte magnifique pour nous le faire comprendre. C'est chose faite. Fahrenheit 451, une oeuvre indispensable. Une mise en abîme que tout le monde devrait lire. Ne serait-ce que pour comprendre que lire Shakespeare, lire Flaubert, lire n'importe quel auteur, c'est apprendre à être libre.
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    • Livres 5.00/5
    Par purplevelvet, le 30 juin 2012

    purplevelvet
    waaaahptaaaain!
    En fait un bon roman de Sf est un roman qui me fait dire "whaaaaahptaaain" toutes les deux pages ( oui, je sais, mais je suis de Paca que voulez vous). Comprendre " cet auteur a un point de vue très intéressant et pertinent ". En fait, j'ai retrouvé le Bradbury que j'avais adoré avec Les chroniques martiennes , de la SF intelligente, qui ne prend pas ses lecteurs pour des ahuris sans culture.
    Et nom d'un petit bonhomme , quel visionnaire, tout y est: la réalité virtuelle, toujours plus réaliste; le mot "intellectuel" devenu une insulte ( oui, je confirme, j'y ai eu droit plusieurs fois!) dans une société qui glorifie la performance sportive; La flemme grandissante de la population envers tout ce qui demande un minimum d'effort intellectuel, la simplification des livres avant leur suppression pure et simple; la perte de communication dans la société, la suspicions envers celui qui agit différemment ( le promeneur est un hurluberlu, on peut le tamponner en voiture, ça n'a pas d'importance, c'est un inutile, de toutes façons, il serait arrêté pour dissidence... sujet qu'on retrouve dans une nouvelle des pommes d'or ); la mise en scène de la moindre petite information; le show de l'arrestation, pour faire croire à la puissance de la police/milice/brigade.
    Donc : waaaahptaaaain! (cette fois, ça veut dire " ce livre est très bien, lisez le!")

    Lien : http://chezpurple.blogspot.fr/2012/06/fahrenheit-451-ray-bradbury.html
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    • Livres 5.00/5
    Par TwiTwi, le 26 août 2012

    TwiTwi
    Bien à propos, j'ai gagné Fahrenheit 451 à la fameuse loterie du club Présence d'Esprit aux Imaginales ... quelques jours avant le décès de l'auteur. Je me suis donc attelée à la relecture de ce monument, que j'avais découvert il y a fort longtemps.
    Guy Montag est pompier. Son job consiste à brûler des livres découverts chez des particuliers. Oui, car comme chacun le sait, les livres c'est le Mal. S'y cachent la faculté de réfléchir et de prendre conscience de ce qui nous entoure. Or, dans le monde de Montag, ce genre de choses est très mal vue. Chacun se doit de mener gentiment sa petite vie, aussi superficielle que possible.
    Montag bien sûr approuve ce discours. Il brûle son lot de livres toutes les nuits et rentre ensuite retrouver sa femme, Mildred, abrutie par des émissions sortant d'une sorte de télé 2.0. Mais cet équilibre va être bouleversé essentiellement par deux évènements :
    * La rencontre de Montag avec Clarisse, une jeune fille excentrique qui va innocemment lui faire comprendre la vacuité de son existence.
    * Un soir, une vieille femme va préférer brûler en compagnie de ses livres plutôt que de continuer à vivre sans eux.
    C'est le déclic pour Montag, il ne peut plus vivre en se voilant la face comme il l'a toujours fait. Il va ainsi mener sa révolution personnelle, assez maladroitement il est vrai, mais sincère tout au moins.
    Je ne sais pas si j'aurais encore un jour l'occasion de lire un livre aussi intemporel que Fahrenheit 451. Ce qui est dénoncé ici ne sont pas tant les autodafés, ni même la censure, qui sont des attaques frontales aux livres et à ce qu'ils contiennent, mais surtout surtout la censure causée par la manque d'intérêt et la culture de masse abrutissante. Ce n'est pas comme si on n'était pas en plein dedans ...
    C'est encore plus effrayant car plus latent, plus progressif et moins à même de créer des réactions de révolte. C'est une sorte d'abandon consenti de son esprit critique et du Savoir au profit des biens matériels, des distractions vide-cerveau et ... de la tranquillité d'esprit.
    La langue de Bradbury (et celle des traducteurs) est poétique et riche. Ce livre est littéralement bourré de citations (et je lui dois d'avoir relancé mon tumblr), de ce genre de citations qui frappent, qui font se serrer le coeur (celle des papillons géants ci-dessus me donne presque la larme à l'oeil), que l'on retourne dans tous les sens, que l'on relit et que l'on a envie de partager. Chaque phrase frappe juste, aucune n'est de trop. le livre est très dense, très condensé. Il ne fait peut être que 213 pages mais il en dit beaucoup plus que la plupart des livres qui en font 600.
    Fahrenheit 451 est selon moi un livre indispensable, que l'on soit lecteur de SF ou pas. C'est un livre qui transcende les années, les 60 années depuis qu'il a été écrit, et que tout le monde devrait avoir lu.

    Lien : http://ledragongalactique.blogspot.fr/2012/08/fahrenheit-451-ray-bra..
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Citations et extraits

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  • Par gill, le 04 février 2013

    Après "Chroniques martiennes" et "L'homme illustré", "Fahrenheit 451" prouve une fois de plus que, non seulement Ray Bradbury est le plus grand écrivain de SF de notre époque, mais qu'encore c'est un esprit nettement subversif, pour ne pas dire asocial.
    N'ose-t-il pas de nouveau s'attaquer aux "digests" de toute sorte, à l'aboutissement systématique, à la civilisation mécanique, aux brûleurs de livres, à ceux qui empêchent les gens de penser, de réfléchir ?
    Jamais peut-être critique de l' "american way of life" ne fut plus féroce, plus amère et, en même temps, plus spirituelle.
    Le postulat de Bradbury est le suivant : les États-Unis ont déclenché et gagné deux guerres atomiques et, en attendant la prochaine, les pompiers, menacés de chômage (toutes les maisons ont été ignifugées), ont été transformés en corps d'élite (désigné "451") et chargés de dépister et de brûler toute création de l'esprit (y compris son propriétaire à l'occasion).
    Mais voilà qu'un pompier, Guy Montag, rencontre une jeune fille Clarisse, qui lui sème le doute dans l'âme.
    A-t-il raison d'être fier de son métier ? Est-il heureux ?
    Clarisse meurt, hélas ! Mais le mal a germé et, un jour, Montag emporte subrepticement des volumes qu'il était censé détruire.
    Dès lors, il sera en butte aux persécutions de la société, une chasse à l'homme télévisée sera organisée, et seule la troisième guerre sonnera l'aube d'une nouvelle époque....
    Un des chapitres les plus extraordinaires de ce roman extraordinaire est la rencontre de Montag avec des "hommes-livres", d'anciens savants qui ont chacun appris par cœur un chef d’œuvre de la littérature mondiale pour le transmettre oralement aux futures générations.....
    (extrait d'un article de "Ici, on désintègre - la revue des livres" signé Igor B Maslowski et provenant du numéro 20 de "Fiction collection" paru en juillet 1955)
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  • Par Amnezik666, le 02 août 2012

    Extrait de la préface de Jacques Chambon :

    Il y est aussi et surtout question de l’impérialisme des médias, du grand décervelage auquel procèdent la publicité, les jeux, les feuilletons, les « informations » télévisés. Car, comme le dit ailleurs Bradbury, « il y a plus d’une façon de brûler un livre », l’une d’elles, peut-être la plus radicale, étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation.
    De ce point de vue, rien n’est plus révélateur que la comparaison de la « conférence » du capitaine Beatty à la fin de la première partie de Fahrenheit 451 avec ce qu’écrivait Jean d’Ormesson dans Le Figaro du 10 décembre 1992, au lendemain de la suppression de Caractères, l’émission littéraire animée par Bernard Rapp sur France 3 ; à peu de chose près, les deux discours paraissent contemporains : « On ne brûle pas encore les livres, mais on les étouffe sous le silence. La censure, aujourd’hui, est vomie par tout le monde. Et, en effet, ce ne sont pas les livres d’adversaires, ce ne sont pas les idées séditieuses que l’on condamne au bûcher de l’oubli : ce sont tous les livres et toutes les idées. Et pourquoi les condamne-t-on ? Pour la raison la plus simple : parce qu’ils n’attirent pas assez de public, parce qu’ils n’entraînent pas assez de publicité, parce qu’ils ne rapportent pas assez d’argent. La dictature de l’audimat, c’est la dictature de l’argent. C’est l’argent contre la culture (…) On pouvait croire naïvement que le service public avait une vocation culturelle, éducative, formatrice, quelque chose, peut-être, qui ressemblerait à une mission. Nous nous trompions très fort. Le service public s’aligne sur la vulgarité générale. La République n’a pas besoin d’écrivains. »
    Fahrenheit 451 a été écrit pour rappeler à la République (même s’il ne s’agit pas tout à fait de la même) qu’elle a besoin d’écrivains. Et c’est parce que ce besoin est à la fois plus vital et plus négligé que jamais que la fable de Bradbury est un texte d’aujourd’hui pour aujourd’hui et demain.
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  • Par isachon42, le 09 mars 2012

    Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu'il oublie jusqu'à l'existence de la guerre. Si le gouvernement est inefficace, pesant, gourmand en matière d'impôt, cela vaut mieux que d'embêter les gens avec ça. La paix, Montag. Proposez des concours ou l'on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel Etat ou de la quantité de maïs récolté dans l'Iowa l'année précédente. Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de "faits" qu'ils se sentent gavés, mais absolument "brillants" côté informations. Ils auront l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C'est la porte ouverte à la mélancolie.
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  • Par Reka, le 24 août 2011

    A présent, on sait comment les étouffer dans l'oeuf. On ne peut pas construire une maison sans clous ni bois. Si vous ne voulez pas que la maison soit construite, cachez les clous et le bois. Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu'il oublie jusqu'à l'existence de la guerre. Si le gouvernement est inefficace, pesant, gourmand en matière d'impôt, cela vaut mieux que d'embêter les gens avec ça. La paix, Montag. Proposez des concours où l'on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel Etat ou de la quantité de maïs récoltée dans l'Iowa au cours de l'année précédente. Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de "faits", qu'ils se sentent gavés, mais absolument "brillants" côté information. Ils auront alors l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement alors qu'ils feront du sur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur les terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C'est la porte ouverte à la mélancolie. Tout homme capable de démonter un télécran mural et de le remonter, et la plupart des hommes en sont aujourd'hui capables, est plus heureux que celui qui essaie de jouer de la règle à calcul, de mesurer, de mettre l'univers en équations, ce qui ne peut se faire sans que l'homme se sente solitaire et ravalé au rang de la bête. Je le sais, j'ai essayé. Au diable, tout ça. Alors place aux clubs et aux soirées entre amis, aux acrobates et aux prestigiditateurs, aux casse-cous, jet cars, motogyres, au sexe et à l'héroïne, à tout ce qui ne suppose que des réflexes automatiques. Si la pièce est mauvaise, si le film ne raconte rien, si la représentation est dépourvue d'intérêt, collez-moi une dose massive de thérémine. Je me croirai sensible au spectacle alors qu'il ne s'agira que d'une réaction tactile aux vibrations. Mais je m'en fiche. Tout ce que je réclame, c'est de la distraction. (p. 90-91)
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  • Par BMR, le 06 avril 2008

    [...] - Qu'est-ce qui s'est passé ?
    - On a brûlé un millier de livres. On a brûlé une femme.
    - Et alors ?
    ...
    - Tu n'étais pas là, tu ne l'as pas vue. Il doit y avoir quelque chose dans les livres, des choses que nous ne pouvons pas imaginer, pour amener une femme à rester dans une maison en flammes; oui, il doit y avoir quelque chose. On n'agit pas comme ça pour rien.
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