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ISBN : 2207261816
Éditeur : Denoël (2010)


Note moyenne : 3.17/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Présentation de l'éditeur
Le peuple m'a suffisamment comblée en m'appelant Pimpaccia et impia et putain de pape et suceuse d'Innocent et vamp, vampiria et femme à sceptre et Didi un chasse-mouches, il m'a assez conchiée pour que je puisse lever une armée de Pasqu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 4.00/5
    Par herveGAUTIER, le 15 avril 2014

    herveGAUTIER
    N°455 - Septembre 2010
    OlimpiaCéline Minard - Éditions Denoël.
    Est-ce la vie de l'auteur à la Villa Médicis qui lui inspira ces pages de la vie scandaleuse d'Olimpia Maidalchini (1592-1657) dont l'histoire a retenu le nom comme celui d'une papesse? Il est vrai que ce séjour dans la ville éternelle, qui est aussi le siège de l'État du Vatican, ne peut que donner envie de relater les multiples aventures qui émaillèrent l'existence de cette incarnation du pouvoir temporel et de ceux qui l'ont exercé, plus volontiers inspirés par les bassesses et les turpitudes humaines que par la conduite spirituelle du monde qu'ils étaient censés mener.
    Au demeurant, c'est un petit livre en deux parties, la seconde complétant la première de ses précisions historiques sur la vie de cette femme de naissance modeste, belle et intelligente, issue d'une famille « de pauvre culture et de médiocres moyens ». Dans la première phase, l'auteur donne fictivement la parole à cette dernière qui, après des revers de fortune et après avoir régné sur Rome et sur le pape Innocent X quitte volontairement la ville après la mort du souverain pontife avant d'en être expulsée par son successeur. Elle n'oublie pas, dans un monologue haineux, de répandre sa morgue sur cette citée, sur ses habitants( tous ses habitants, des plus humbles aux plus fortunés), sur tous ceux qu'elle a contribué à élever, qui l'ont servie, qui l'on trahie qui l'ont calomniée. Elle distribue aussi les malédictions(« que la peste les étouffe, les broie, les meule, les perce, qu'ils jettent leur dernier souffle en un pet par le cul en ensemble et qu'ainsi Rome en tremble »). Elle mourut l'année suivante de la peste qui envahit toute l'Italie. Comme tous les personnages un peu sulfureux, la légende a comblé le vide de sa présence et, après sa mort on dit qu'elle vient encore hanter une rue de Rome!
    Dans un style truculent, charnel et même parfois ordurier (mais peu importe), l'auteur fait parler Olimpia, lui fait égrener les épisodes de sa vie tumultueuse qui l'amena à Rome. Malgré « ses connaissances lacunaires, propre à la noblesse du temps », elle réussit « à se mouvoir avec grâce parmi les habits ecclésiastiques ». C'est là un euphémisme qui caractérise une vie tout entière consacrée à sa promotion et à son enrichissement personnels puisque, après un éphémère mariage qui fit d'elle une riche et jeune veuve, elle se remaria avec un influent et vieux romain qui eut le bon goût de mourir avant elle. Elle favorisa, à force d'intrigues, de prébendes et de manigances, l'accession au trône pontifical de son beau-frère, le médiocre cardinal Giovani Battista qui devint pape sous le nom d'Innocent X et dont elle devint la maîtresse et l'influent mentor. Rien ne se faisait donc sans elle. Comme il se doit, elle sera l'objet de critiques et de pamphlets mais admet elle-même que sa réputation n'est pas usurpée « Le peuple m'a suffisamment comblée en m'appelant Pimpaccia et impia et putain de pape et suceuse d'Innocent et vamp et vampiria et femme à sceptre... », sa vie scandaleuse la faisant reconnaître comme « Papesse, impie, courtisane, prostituée (tels) furent les noms qui la désignèrent alors dans les murs de Rome et dans les cours d'Europe ». On ne peut mieux caractériser cette femme, fine politique, ambitieuse, dominatrice, dénuée de scrupules et qui sut modeler les événements à son avantage.
    Même si ce livre n'est pas le premier sur le sujet, j'ai goûté cette diatribe forte et brutale autant que l'histoire de cette Olimpia qui illustre l'éternel combat des femmes pour leur réussite en en servant de leur charmes et de leur intelligence au détriment des hommes qu'elles méprisent. Quant à l'histoire de la papauté...!
    Je ne connaissais par Céline Minard, cet ouvrage m'invite à en lire davantage.


    Hervé GAUTIER – Septembre 2010.http://hervegautier.e-monsite.com

    Lien : http://hervegautier.e-monsite.com
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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 08 mars 2010

    brigetoun
    torrent (fort bellement travaillé) riche et violent, où l'on cueille en passant des informations réveillant nos éventuels souvenirs de l'histoire de l'époque (mais si pas, cela n' a guère d'importance, d'autant qu'une seconde partie, apaisée, mais toujours en beau style, retrace la vie d'Olimpia Maidalchini)
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  • Par mercure, le 01 avril 2010

    mercure
    Céline Minard n'a pas sa langue dans la poche . Ailleurs on appellerait ça une logorrhée. Son personnage principal ( et unique), la papesse, n'arrête pas de se justifier au long de descriptions haineuses et vindicatives.
    On comprend mieux l'affaire après avoir lu la deuxième partie de l'opuscule : la Olimpia poussa son beau-frère à la Papauté, soit Innocent X. D'indulgence point sauf en monnaies trébuchantes.
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    • Livres 1.00/5
    Par Marti94, le 27 novembre 2013

    Marti94
    Au bout de 30 pages je n'ai toujours pas saisie le sujet du livre à part une succession de mots comme du venin craché de la bouche d'une femme. Pas pour moi, trop glauque !
    Lu en août 2010

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    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 29 avril 2010

    MarianneDesroziers
    Ce court roman (90 pages) est l'un des plus réussis de la rentrée littéraire de janvier. Roman au souffle épique, lyrique, à la fois extrêmement littéraire ...


    Lien : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/search/label/Actualit%C3..

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Citations et extraits

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  • Par herveGAUTIER, le 15 avril 2014

    que la peste les étouffe, les broie, les meule, les perce, qu'ils jettent leur dernier souffle en un pet par le cul en ensemble et qu'ainsi Rome en tremble

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  • Par herveGAUTIER, le 15 avril 2014

    Le peuple m'a suffisamment comblée en m'appelant Pimpaccia et impia et putain de pape et suceuse d'Innocent et vamp et vampiria et femme à sceptre... 

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  • Par Lagagne, le 10 novembre 2010

    Mais je ne t'ai pas laissé crever mon Innocent, mon dit X, mon Didi, tout au contraire, je t'ai taillé, je t'ai insufflé, je t'ai porté comme un gant de chair au sommet du pouvoir, comme un masque, comme une forme de ma volonté sur l'estrade du grand cirque. Tu étais laid et je t'ai paré, tu étais pauvre et je t'ai enrichi, tu étais mol et je t'ai bandé. Sans moi, mon autorité, tu serais resté un petit nonce avachi, un monseigneur-je-ne-peux-pas, un plutôt-pas, un prélat-non-merci, une résistance d'inertie, sans moi rien du tout Didi mais avec moi en robe blanche, en pourpre, tragique, poudré à l'os, gonflé de goutte et d'hydropisie par mes oeuvres, animé par mon fluide, mon éclat, tu as été la plus grande reine de l'Etat. Une merveille de potence, un aigle ma grosse colombe, un loup sous sa louve.
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  • Par brigetoun, le 08 mars 2010

    Le pouvoir n'est que de gueule, de la créance d'autrui, le nom qu'on crie dans les rues, rien n'est plus important, quoi qu'on en dise, en mal ou en pis. La colère du peuple n'est rien, se solde avec trois sacs d'or un jour de fête, il est infect. Je n'ai jamais acheté aucun de mes lieutenants, aucun de mes gens, je les ai vendus à eux-mêmes, à leur désir secret, à leur médiocrité, à leur mesure, leur ambition mesurée, et le besoin du maître était dans tous les corps que j'ai rencontrés.
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  • Par brigetoun, le 08 mars 2010

    Quand l'île Tibérine sera close et cousue par des palissades de bois trempées d'alcool, quand elle servira de crevoir, quand elle débordera dans le Tibre et qu'on ramassera les cadavres dans les rues par brouettes, quand on ne les ramassera plus, quand ils tomberont des ponts, quand les vivants seront pareils aux ectoplasmes, quand le pape refusera de manger, de sortir, quand il se serrera dans les rideaux de sa chambre en tremblant, quand il crachera dans mes vases une boue de suie noire, quand il s'enfuira de Rome comme un rat plein de germes, maigre et plat, la trouille au cul, quand assis sur sa chaise il ne trouvera plus rien de ses génitoires amoindries et que personne ne pourra plus dire et répéter, il en a deux et elles pendent bien, quand il abandonnera la ville à sa perte en laissant pour tout souvenir de sa vie une longue traînée de merde sur le chemin, quand ce jour aura sonné et retenti, je serai moi, je serai en festin !
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