ISBN : 2081266040
Éditeur : Flammarion (2011)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
« J'étais un raté moderne. Un type qui a tout fait comme il faut. Pas d'ennuis avec les flics, à part quelques contraventions, un diplôme, pas de handicap, un physique ni gracieux ni disgracieux. Et pourtant j'y arrivais pas. On devrait filer une notice à la naissance :... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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  • Par LiliGalipette, le 03 décembre 2011

    LiliGalipette
    Pierre, la vingtaine un peu entamée, monte à Paris dans l'espoir de faire quelque chose de sa vie. Mais il n'y trouve que la solitude et une forme vicieuse de galère. « J'avais pas toujours souffert d'insomnie. J'avais pas toujours été obligé de boire pour dormir et pour supporter la vie éveillé. Ça remonte à loin. Je devais être enfant et avoir de l'espoir. » (p. 96) Chaque démarche, professionnelle ou personnelle, est une nouvelle incarnation de la lutte pour la survie. « J'ai pensé à tous ces gens qui ont le pouvoir et qui l'utilisent pour briser des échines et accabler leur prochain. Les hommes politiques, les grands patrons et les petits chefs, les musiciens et les femmes. » (p. 68) Autant dire que Pierre ne situe pas bien haut sur l'échelle de la réussite ou de l'ambition. D'ailleurs, selon lui, « l'ambition, c'est quelque chose qui résulte de l'angoisse de manque. Moi, je manquais de tout donc rien ne pouvait me manquer. » (p. 161)
    Quelques velléités d'écriture le taraudent, mais comme il dit, « on est écrivain qu'une fois qu'on a publié. En attendant, on est un tocard. » (p. 137) du fond de son inaptitude, Pierre jette un œil lucide sur ce qu'est devenue sa vie. Entre tuer le temps et tout faire pour oublier qu'il passe, il boit trop et postule sans enthousiasme à des offres d'emploi qui ne lui correspondent pas. D'entretiens foireux à des jobs minables, il survit comme il peut avec le RSA et les allocations et trompe la solitude en rencontrant des filles sur Internet. Après plusieurs relations maladroites ou sans intérêt, il rencontre Chloé. Elle est belle, sa carrière débute et elle ne semble pas vouloir le jeter comme un malpropre. D'accommodements en renoncements, Pierre trouve pied dans une existence qui n'est malgré tout pas vraiment faite pour lui. Mais il faut bien avancer, avant de laisser sa place à d'autres.
    Entre cynisme et lassitude, ce premier roman brosse un portrait convaincant d'une génération perdue. La langue est enlevée et je ne me suis pas ennuyée un instant. Les pages se tournent à toute allure et c'est sans mal que je me souvent reconnue entre les lignes. Galère, mon amie, tu as bien des visages… Y a-t-il des échos autobiographiques dans ce roman ? Probablement, mais ce n'est pas ce qui importe. C'est plutôt de voir que le mal de vivre version 2.0 peut s'écrire avec autant de talent que le mal de vivre d'un Baudelaire ou d'un décadent.


    Lien : http://www.desgalipettesentreleslignes.fr/archives/2011/12/03/228742..
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    • Livres 4.00/5
    Par pops74, le 30 décembre 2011

    pops74
    Comment j'ai choisi ce livre : D'autres prendront nos places a obtenu le prix Welovewords. Welovewords est une plateforme qui permet aux auteurs amateurs de publier leur texte et La Dame Au Chapal est leur nouvelle community manager et c'est grâce à elle que j'ai découvert ce roman !
    Résumé : Pierre est un jeune homme qui, un diplôme d'économie en poche, monte à la capitale dans l'espoir que trouver du travail sera plus simple. Mais finalement rien n'est simple : trouver un logement, un boulot, passer ses journées à écumer les offres d'emploi ou à attendre un coup de fil de pole emploi… Et de désillusions en désillusions, c'est la déprime et la bouteille qui prennne de plus en plus de place dans sa vie. Heureusement, après sa rencontre avec Cholé, il décide de reprendre sa vie en main, de trouver un boulot quitte à trafiquer son CV, et d'arrêter de boire, quitte à ne plus sortir de la maison pour ne pas être tenté.
    Mon avis : Pierre Noirclerc, jeune auteur nous dépeint ici un portrait cruel mais réaliste des jeunes de la génération "Y" qui sont à la recherche d'un idéal qu'on leur à promis mais qui n'est pas si facile à atteindre. Eh oui, même avec un master en poche aujourd'hui, nous ne sommes pas sûr de trouver un emploi à la hauteur de nos attentes. Beaucoup sont obligés de faire comme Pierre et d'enchainer les petits boulots avant de trouver un job à plein temps qui ne correspond pas du tout aux études qu'on a faite. Même si l'écriture est parfois un brin vulgaire, le ton et l'histoire très réaliste m'ont beaucoup plu. Même si rien n'est dit en ce sens, la justesse des propos laisse à penser que certains passages sont autobiographiques, peut être même plus que certains passages.
    Si vous avez entre 20 et 30 ans et que vous souhaitez vous évader et voyager en lisant, ce n'est peut être pas le livre idéal pour vous, mais si vous souhaitez comprendre la génération Y et la galère que certains jeunes vivent alors je vous le conseille vivement. Promis, vous ne sortirez pas déprimer de cette lecture !
    Retrouvez l'interview de l'auteur sur le blog de Welovewords ainsi que les chroniques de Delphine et de Lili_galipette !
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    • Livres 4.00/5
    Par Chaplum, le 17 février 2012

    Chaplum
    Dans la première partie, le narrateur, jeune diplômé chômeur, monte à Paris dans l'espoir de trouver un travail. Mais ce n'est pas si facile et il se retrouve dans la spirale des petits boulots mal payés, du RSA, des rendez-vous au pôle emploi et des candidatures auxquelles on ne lui répond même pas. Parallèlement, sa vie amoureuse est toute aussi ratée. J'ai trouvé cette première partie particulièrement réussie dans ce qu'elle dénonce. Pourtant, le narrateur m'a parfois irritée par sa façon de ne pas réagir et d'attendre, le verre à la main et le style m'a déroutée dans les premières pages, notamment par l'absence de virgule là où on les attend. Mais, pour avoir vécu la difficile situation du diplômé qui ne trouve pas d'emploi, le récit de Pierre Noirclerc m'est apparu réaliste sur plus d'un point et il dénonce avec justesse l'incohérence et l'absurdité des moyens mis en place pour soi-disant aider les demandeurs d'emploi dans nos pays (que ce soit la France ou la Belgique) Les agences d'interim et les employeurs profitent de cette situation pour engager des gens en demande à moindre coût. J'ai aimé le passage où le narrateur ment pour se faire embaucher et que cela fonctionne alors qu'il se fait toujours rembarrer en étant honnête. Je connais plusieurs cas pour qui ça a aussi marché.
    La deuxième partie voit le destin sourire un peu plus pour notre antihéros des temps moderne. Il rencontre une jeune femme et trouve un boulot, mais on est loin de la perfection qu'il avait idéalisée au cours de ses études. On est plutôt proche de la résignation, de l'acceptation que le monde est ainsi et qu'il faut s'y soumettre.
    Ce roman, rédigé en quelques mois pour répondre à un concours, m'a vraiment parlé. le désenchantement du narrateur, et sans doute de l'auteur (l'interview ICI en dit plus) correspond au mien. Je me suis reconnue dans ce portrait désabusé, du moins dans certaines de ses réflexions. Bien sûr pas dans tout, mais dans une grande partie de la vision de la société développée par le jeune homme. Sans doute parce que je suis plus ou moins de la même génération ? Pas complètement, je suis née à la fin des années 70 et je ne me sens pas totalement en phase avec ce que l'on décrit comme la génération Y. le fait que le roman ait été écrit rapidement et dans des conditions pas toujours faciles que l'auteur décrit dans son interview explique un style un peu trop oral. Mais il est rehaussé par les touches d'humour qui viennent contrebalancer le pessimisme ambiant. J'ai souvent ri au détour de petites phrases glissées ça et là, qui font mouche. Un humour pince sans rire qui me plaît.

    Lien : http://www.chaplum.com/dautres-prendront-nos-places-de-pierre-noircl..
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 03 décembre 2011

    « L’ambition, c’est quelque chose qui résulte de l’angoisse de manque. Moi, je manquais de tout donc rien ne pouvait me manquer. » (p. 161)
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  • Par LiliGalipette, le 03 décembre 2011

    « J’ai pensé à tous ces gens qui ont le pouvoir et qui l’utilisent pour briser des échines et accabler leur prochain. Les hommes politiques, les grands patrons et les petits chefs, les musiciens et les femmes. » (p. 68)
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  • Par LiliGalipette, le 03 décembre 2011

    « J’avais pas toujours souffert d’insomnie. J’avais pas toujours été obligé de boire pour dormir et pour supporter la vie éveillé. Ça remonte à loin. Je devais être enfant et avoir de l’espoir. » (p. 96)
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  • Par LiliGalipette, le 03 décembre 2011

    "J'ai tendance à éviter les jeux de hasard. Généralement, ils ne font que souligner dramatiquement ma propension à l'infortune et je me sens comme un con d'avoir eu l'audace d'essayer." (p. 84)
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  • Par LiliGalipette, le 03 décembre 2011

    « On est écrivain qu’une fois qu’on a publié. En attendant, on est un tocard. » (p. 137)
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