ISBN : 2877065138
Éditeur : Fallois (2004)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 70 notes) Ajouter à mes livres
Le port de Marseille, dans les années vingt. Marius, le fils de César, patron du bar de la Marine, est partagé entre son amour pour Fanny la petite marchande de coquillages, et son désir de prendre la ruer, de parcourir le monde... Lorsque Marcel Pagnol, en 1929, fait r... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 18 août 2011

    Couperine
    Pièce en 4 actes et 6 tableaux.
    Marius appartient à la trilogie marseillaise comprenant les deux pièces de théâtre Marius et Fanny et une adaptation cinématographique, César.
    Au bar de la Marine, Marius, 23 ans, travaille avec son père, César, homme bourru qui reproche à son fils tout et n'importe quoi : d'offrir des cafés gratuits à la belle Fanny ou encore de ne pas savoir doser le fameux mandarin (picon-citron-curaçao). Ce dernier (parodie du marseillais - « je sais tout, j'ai tout vu ») lui montre comment faire mais lorsqu'il obtient 4/4, il obtient une remarque grinçante de son fils. Ceci dit, ces deux-là ont beau se chamailler, le lien père-fils est tout de même important. Les principaux clients sont M. Brun, le lyonnais, un érudit que l'on prend d'un peu de haut, ici, à Marseille, et Panisse, maître-voilier.
    Dans ce bar, à l'intérieur, travaille également Fanny, fille d'Honorine, qui tient le stand de crustacés. Un beau quiproquo intervient lorsque Panisse vient parler à Honorine d'une chose sérieuse : le mariage. Ce dernier n'est veuf que depuis trois mois et les rumeurs vont bon train sur la rapidité de ce dernier à retrouver quelqu'un. Celui-ci se dit qu'à 50 ans, les commérages ne le touchent pas. Honorine pense que ce mariage lui est proposé et s'empresse de d'accepter dès que Panisse lui annonce que c'est une chose sérieuse pour lui. Cependant, lorsqu'il lui annonce qu'il convoite sa fille, celle-ci déchante.... peu de temps tout de même car la dot est importante. « Maître Panisse » a de l'argent, beaucoup d'argent, et soudain, marier sa petite de 18 ans à un homme de 50 lui convient.
    Fanny révèle à Marius que Panisse veut l'épouser et qu'elle n'est pas contre car cela la mettra à l'abri du besoin. Marius, soudain, lui fait une crise de jalousie. Lui qui n'avait jamais révélé ses sentiments lui fait comprendre qu'il l'aime. Cependant, il lui annonce qu'il ne pourra jamais se marier. Il arrive à ses fins en faisant apercevoir à Fanny l'avenir avec un homme beaucoup plus âgé qu'elle.
    Il semble que les conseils de Marius aient eu un impact sur Fanny puisque les deux tourtereaux roucoulent. Fanny a finalement refusé la proposition de Panisse. César pense, comme le lui avait fait croire son fils, que celui-ci rejoint, tous les soirs, une vieille maîtresse suicidaire et s'en amuse. Il sait que son fils ferme la porte de sa chambre à clé, de l'intérieur pour faire croire qu'il dort, et qu'il passe par la fenêtre. Lorsque la mère de Fanny arrive en pleurs au bar avec la ceinture de Marius, trouvée chez elle, les deux parents décident de les marier. César parle à son fils pour aller dans ce sens. Seulement voilà, si Marius avait dit qu'il ne pouvait pas se marier, c'était parce qu'il était attiré par une autre maîtresse : la mer. Il ne compte pas passer sa vie à laver des verres ou à servir des picons.
    La dernière scène est importante car si, jusqu'à présent, on pouvait se croire dans une comédie, voire un vaudeville, on comprend dès lors qu'il ne s'agit pas de cela ici. On se rapproche pour ainsi dire de la tragédie grecque. D'ailleurs, à bien y regarder, tout y est ou presque : l'unité de temps est réduite (certes pas en 24h mais en 48h), le lieu est unique (tout se passe au bar de la marine), les actions sont peu nombreuses. le pathos intervient, certes pas dans toute la pièce mais dans le dernier acte du moins. Et c'est justement ce qui fait la force du dramaturge ici qui engage son lecteur ou son spectateur dans une voie – l'humour – pour, finalement le faire réagir en dernier lieu.
    Si certains détracteurs de Pagnol avancent le fait que ses œuvres sont « gentillettes », ne servant qu'à mettre en relief la Provence, il convient de regarder un peu plus avant ces dernières car Pagnol fait passer des messages. Certes il ne s'agit pas d'un écrivain engagé, mais il entend tout de même faire comprendre les problèmes de société.

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 15 septembre 2011

    brigittelascombe
    marius, l'histoire,c'est le drame d'un fils rebelle sous la coupe d'un père aimant mais autoritaire, un post-adolescent de vingt ans, qui rêve de lointaines destinations et sacrifie Fanny, son amour d'enfance à un désir plus grand encore,celui de la mer.
    marius,la pièce(premier volet de la trilogie:marius,Fanny et César),est une galéjade à lui tout seul tant il foisonne de bons mots et de scènes cocasses. marius,blanc comme "un anti-alcoolique" a "attrappé la neurasthénie" à force de voir arriver prestigieux paquebots aux noms encore plus prestigieux. César, son père, patron haut en couleurs d'un bar sur le Vieux Port, le traite de "couillon".Défilent Panisse, le maître voilier "veuf depuis trois mois,cocu depuis vingt ans"qui "galéje" sur la petite, Monsieur Brun "le Lyonnais", Escartefigue beau comme "la statue de Victor Gélu" lorsqu'il triche aux cartes et que César s'escrime à lui faire couper à coeur(partie de carton inoubliable qui a elle seule est un monument!). Fanny,elle, la jolie marchande de coquillages "a des sentiments", "donne sa vertu" à celui qu'elle aimera toujours mais comprend que marius doit partir pour réaliser sa propre vie et se sacrifie.
    La truculence des scènes contrebalance le mélo pour en faire un chef d'oeuvre.
    Marcel Pagnol écrivain de romans,de pièces de théatre et scénariste du XIX° siècle,a été nommé académicien en 1946.
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    • Livres 4.00/5
    Par quenlore, le 06 novembre 2011

    quenlore
    Le premier volume de la trilogie marseillaise est un vrai régal... A la lecture, on entend l'accent chantant du midi.
    L'histoire se déroule sur le port de Marseille. Fanny, la fille d'Honorine est certainement la plus belle de tout Marseille, et Marius, le fils de César à l'entendre est le plus beau petit. D'ailleurs, une tendre complicité les unit depuis qu'ils sont petits... Panisse, un habitué du bar de César, fait un jour sa demande à Fanny... Celle-ci ne lui dit ni oui, ni non... Par une belle journée où ils buvaient un coup au bar une dispute éclate entre Panisse et Marius. de cette dispute naissent des aveux... Bientôt César découvre que Marius découche tous les mercredis pour aller rejoindre Fanny... Mais Marius a une folie... Une folie bien plus folle que l'amour... Et est-ce que l'amour de Fanny pourra retenir cette folie pour la mer?
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    • Livres 2.00/5
    Par coraline83100, le 19 juillet 2011

    coraline83100
    Une histoire émoustillante.
    César, épris de Fanny, lui fait un jour sa demande. Celle-ci ne donne aucune réponse : ni accord, ni refus. D'une dispute qui éclate entre Panisse et Marius, naissent des aveux. Et bientôt César découvre que Marius découche tous les mercredis pour rejoindre Fanny. Mais est-ce que l'amour pour Fanny pourra le retenir contre cette folie pour la mer ?
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 18 août 2011

    Il est 9 heures du soir. Dans le petit café, Escartefigue, Panisse, César et M. Brun sont assis autour d'une table. Ils jouent à la manille. Autour d'eux, sur le parquet, deux rangs de bouteilles vides. Au comptoir, le chauffeur du ferry-boat, déguisé en garçon de café, mais aussi sale que jamais.

    Quand le rideau se lève, Escartefigue regarde son jeu intensément et perplexe, se gratte la tête. Tous attendent sa décision.

    Panisse, impatient :
    Eh bien, quoi ? C'est à toi !

    Escartefigue :
    Je le sais bien. Mais J'hésite...

    Il se gratte la tête. Un client de la terrasse frappe sur la table de marbre.

    César, au chauffeur :
    Hé, l'extra ! On frappe !

    Le chauffeur qui faisait tourner la roue du comptoir tressaille et crie.

    Le Chauffeur :
    Voilà! Voilà!

    Il saisit un plateau vide, jette une serviette sur son épaule et s'élance vers la terrasse.

    César, à Escartefigue :
    Tu ne vas pas hésiter jusqu'à demain !

    M. Brun :
    Allons, capitaine, nous vous attendons !

    Escartefigue se décide soudain. Il prend une carte, lève le bras pour la jeter sur le tapis, puis, brusquement, il la remet dans son jeu.

    Escartefigue :
    C'est que la chose est importante ! ( À César. ) Ils ont trente-deux et nous, combien nous avons ?

    César jette un coup d'œil sur les jetons en os qui sont près de lui, sur le tapis.

    César :
    Trente.

    M. Brun, sarcastique :
    Nous allons en trente-quatre.

    Panisse :
    C'est ce coup-ci que la partie se gagne ou se perd.

    Escartefigue :
    C'est pour ça que je me demande si Panisse coupe à cœur.

    César :
    Si tu avais surveillé le jeu, tu le saurais.

    Panisse, outré :
    Eh bien, dis donc, ne vous gênez plus ! Montre-lui ton jeu puisque tu y es !

    César :
    Je ne lui montre pas mon jeu. Je ne lui ai donné aucun renseignement.

    M. Brun :
    En tout cas, nous jouons à la muette, il est défendu de parler.

    Panisse :
    Et si c'était une partie de championnat, tu serais déjà disqualifié.

    César, froid :
    J'en ai vu souvent des championnats. J'en ai vu plus de dix. Je n'y ai jamais vu une figure comme la tienne.

    Panisse :
    Toi, tu es perdu. Les injures de ton agonie, ne peuvent pas toucher ton vainqueur.

    César :
    Tu es beau. Tu ressembles à la statue de Victor Gelu.

    Escartefigue, pensif :
    Oui, et je me demande toujours s'il coupe à cœur.

    A la dérobée. César fait un signe qu'Escartefigue ne voit pas, mais Panisse l'a surpris.

    Panisse, furieux :
    Et je te prie de ne pas lui faire de signes.

    César :
    Moi je lui fais des signes ? Je bats la mesure.

    Panisse :
    Tu ne dois regarder qu'une seule chose : ton Jeu. ( À Escartefigue ) Et toi aussi.

    César :
    Bon.

    II baisse les yeux vers ses cartes.

    Panisse, à Escartefigue :
    Si tu continues à faire des grimaces, Je fous les cartes en l'air et je rentre chez moi.

    M. Brun :
    Ne vous fâchez pas, Panisse. Ils sont cuits.

    Escartefigue :
    Moi, Je connais très bien le jeu de la manille et je n'hésiterais pas une seconde si j'avais la certitude que Panisse coupe à cœur.

    Panisse :
    Je t'ai déjà dit qu'on ne doit pas parler, même pour dire bonjour à un ami.

    Escartefigue :
    Je ne dis bonjour à personne. Je réfléchis.

    Panisse :
    Eh bien ! réfléchis en silence... Et ils se font encore des signes ! Monsieur Brun, surveillez Escartefigue. Moi, je surveille César.

    César, à Panisse :
    Tu te rends compte comme c'est humiliant ce que tu fais là ? Tu me surveilles comme un tricheur. Réellement, ce n'est pas bien de ta part. Non, ce n'est pas bien.

    Panisse, presque ému :
    Allons, César, je t'ai fait de la peine ?

    César :
    Quand tu me parles sur ce ton, quand tu m'espinches comme si j'étais un scélérat, eh bien, tu me fends le cœur.

    Panisse :
    Allons, César...

    César :
    Oui, tu me fends le cœur. Pas vrai, Escartefigue ? Il nous fend le cœur.

    Escartefigue, ravi :
    Très bien !

    Il jette une carte sur le tapis. Panisse la regarde, regarde César, puis se lève brusquement, plein de fureur.

    Panisse :
    Est-ce que tu me prends pour un imbécile ? Tu as dit : " II nous fend le cœur " pour lui faire comprendre que je coupe à cœur. Et alors il joue cœur, parbleu !

    César :
    ...

    Panisse, il lui jette les cartes au visage :
    Tiens, les voilà tes cartes, tricheur, hypocrite ! Je ne joue pas avec un Grec; siou pas plus fade qué tu, sas ! Foou pas mi prendre per un aoutré ! ( Il se frappe la poitrine. ) Siou rnestré Panisse, et siès pas pron fin per m'aganta !

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  • Par Couperine, le 18 août 2011

    CÉSAR
    ..Tu ne sais même pas doser un mandarin-citron-curaçao.
    Tu n'en fais pas deux pareils !

    MARIUS
    Comme les clients n'en boivent qu'un à la fois,
    ils ne peuvent pas comparer.

    CÉSAR
    Ah ! Tu crois ça ! Tiens le père Cougourde, un homme admirable qui buvait douze mandarins par jour, sais-tu pourquoi il ne vient plus ?
    Il me l'a dit. Parce que tes mélanges fantaisistes risquaient de lui gâter la bouche.

    MARIUS
    Lui gâter la bouche ! Un vieux pochard qui a le bec en zinc.

    CÉSAR
    C'est ça ! Insulte la clientèle au lieu de te perfectionner dans ton métier ! Eh bien, pour la dixième fois, je vais te l'expliquer, le picon-citron-curaçao. (Il s'installe derrière le comptoir.) Approche-toi !
    (Marius s'avance et va suivre de près l'opération. César prend un grand verre, une carafe et trois bouteilles. Tout en parlant, il compose le breuvage.) Tu mets d'abord un tiers de curaçao. Fais attention : un tout petit tiers. Bon. Maintenant, un tiers de citron. Un peu plus gros. Bon. Ensuite, un BON tiers de Picon. Regarde la couleur. Regarde comme c'est joli. Et à la fin, un GRAND tiers d'eau. Voilà.

    MARIUS
    Et ça fait quatre tiers.

    CÉSAR
    Exactement. J'espère que cette fois, tu as compris.
    (Il boit une gorgée du mélange).

    MARIUS
    Dans un verre, il n'y a que trois tiers.

    CÉSAR
    Mais, imbécile, ça dépend de la grosseur des tiers !

    MARIUS
    Eh non, ça ne dépend pas.
    Même dans un arrosoir, on ne peut mettre que trois tiers.

    CÉSAR (triomphal)
    Alors, explique moi comment j'en ai mis quatre dans ce verre.

    MARIUS
    Ça, c'est de l'arithmétique.

    CÉSAR
    Oui, quand on ne sait plus quoi dire, on cherche à détourner la conversation. Et la dernière goutte, c'est de l'arithmétique aussi ?

    MARIUS
    La dernière goutte de quoi ?

    CÉSAR
    Toutes les dernières gouttes ! Il y en a toujours une qui reste pendue au goulot de la bouteille ! Et toi, tu n'as pas encore saisi le coup de la capturer. Ce n'est pourtant pas sorcier ! (Il saisit une bouteille sur le comptoir, et tient le bouchon dans l'autre main. Il verse le liquide en faisant tourner la bouteille.)

    MARIUS
    Tu verses en faisant un quart de tour, puis, avec le bouchon, tu remets la goutte dans le goulot. Tandis que toi, tu fais ça en amateur. et naturellement, tu laisses couler la goutte sur l'étiquette... Et voilà pourquoi ces bouteilles sont plus faciles à prendre qu'à lâcher !
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  • Par brigittelascombe, le 15 septembre 2011

    Panisse
    Voyons,Norine!Vous ne pensez pas qu'à votre âge...
    Honorine (se lève furieuse)
    Qué,mon âge?Il y en a de plus jolis que vous qui me courent derrière!Mon âge!Et il faut s'entendre dire ça par un vieux polichinelle que les dents lui bougent!
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  • Par grisette, le 10 juin 2010

    Si on ne peut plus tricher avec ses amis, ce n'est plus la peine de jouer aux cartes.
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  • Par litolff, le 06 novembre 2011

    Il se peut que tu aimes la marine française, mais la marine française te dit m...
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