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ISBN : 2072446899
Éditeur : Gallimard (2014)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.13/5 (sur 2196 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Lorsque Ferdinand Bardamu s’engage dans l’armée, il côtoie la Grande Guerre et ses horreurs. Il y perd ses illusions, en même temps que son innocence et son héroïsme. En Afrique, où le colonialisme lui montre une autre forme d’atrocité, Bardamu s’insurge de cette exploitation de l’homme par l’homme, plus terrible encore que la guerre. En Amérique, où le capitalisme conduit à la misère des moins chanceux, Bardamu refuse toute morale et survit comme il peut, entre son travail à la chaîne et son amour pour Molly, généreuse prostituée. En France, où il exerce comme médecin de banlieue, Bardamu tente d’apaiser les malheurs humains. Au fil de son voyage, étape par étape, il côtoie sans cesse la misère humaine et s’indigne, cynique et sombre comme la nuit.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 15 septembre 2012

    Nastasia-B
    LE CAS CÉLINE : cela fait un bout de temps que je médite d’écrire un petit billet qui risque fort d’être extrêmement controversé, mal vu ou mal interprété. Mais, comme il n’est pas interdit ni exclu d’être parfois courageux en ce bas monde, je prends sur moi d’assumer toute la hargne ou le mépris qu’il pourrait susciter.
    J’ai déjà presque failli me brouiller avec l’un de mes meilleurs amis à ce propos, un soir de réveillon de Noël, plombant durablement l’ambiance et avec lequel il m’a fallu plusieurs longs mois pour reparler littérature. Sachant que depuis, nous évitons l’un l’autre, soigneusement et tacitement de nous approcher de près ou de loin du cas Céline.
    Question : Peut-on être considéré comme le plus grand écrivain français du XXème siècle quand on a, non seulement tenu des propos, mais aussi et surtout, publié des propos fortement injurieux, racistes, xénophobes, homophobes et très accablants d’antisémitisme ?
    Cette question n’est pas encore tranchée et nul ne sait aujourd’hui si elle le sera un jour de façon consensuelle. Le malaise du ministère de la culture au moment du cinquantenaire de la mort de Céline est là pour l’attester.
    Il nous faut donc nous replier sur des solutions individuelles, locales, idiosyncrasiques et donc fortement teintées de subjectivité pour tâcher, bien modestement, d’y trouver notre propre réponse.
    Puisque nous parlons ici du Voyage Au Bout De La Nuit, faut-il boycotter cette œuvre en raison de ce que l’on sait de son auteur ou lire cette œuvre comme une émanation indépendante d’une personne certes méprisable mais dont, dans un moment de génie, la plume a su sortir une forme de quintessence littéraire ?
    En ce qui me concerne, ni l’un ni l’autre. Une œuvre n’est jamais complètement indépendante de la main qui lui a donné le jour, mais dans le même temps, on peut saluer la réalisation sans adhérer à d’autres réalisations du même bonhomme.
    Je vais risquer un parallèle hasardeux. A-t-on le droit de considérer Napoléon comme le plus grand chef d’état français de tous les temps en dépit de son triste palmarès de boucher en chef et de ré instigateur de l’esclavage ?
    En ce qui me concerne, sans problème. Napoléon a fait plus et mieux que n’importe quel roi ou chef d’état en poste avant ou après lui en ce qui concerne la modernisation du pays et l’émancipation du droit ou des citoyens d’humble extraction.
    Mais dans le même temps, je lui décerne également le prix du plus grand bourreau de l’histoire de France et je l’affuble du plus abject bonnet de calculateur et de bafoueur des droits de l’homme de son temps.
    Considérer l’homme, c’est le considérer dans son entier, dans ses lumières et dans ses côtés sombres. Il n’est ni un dieu, ni un chien. Il est probablement quelque part entre les deux, ayant été capable de monter très haut dans certains domaines et de descendre très bas, bien plus bas que le commun des mortels, dans d’autres. Nul n’est monolithique et les grands hommes moins que d’autres.
    Revenons à l’ouvrage qui nous occupe. Pour ma part, je considère qu’il serait dommage (voire dommageable) de ne pas le lire sous le seul prétexte qu’il a été écrit par Céline. Un restant d’épicurisme me pousse à prendre les bonnes choses là où elles sont. Mais dans le même temps, je considère qu’il serait tout aussi dommage et dommageable de faire « comme si » Céline n’avait jamais été ce qu’il a été et je vais argumenter ce dernier point.
    D’où provient l’antisémitisme flagrant de Céline ? De plusieurs raisons qu’il serait long et fastidieux d’égrener ici, mais d’une plus particulièrement : son refus de la guerre. On lit très clairement et très distinctement dans Le Voyage que Céline a été écœuré, bouffé, brisé à jamais par les horreurs qu’il a vécues pendant la guerre de 1914. C’est strictement dit dans ce livre et je pense qu’il ne fait pas tellement débat que Céline se place clairement du côté des pacifistes acharnés.
    Replaçons-nous dans le contexte historique, social et politique où Céline a écrit son premier pamphlet antisémite. Hitler est monté au pouvoir en Allemagne, il a commencé à s’en prendre aux Juifs. Que se passe-t-il en France pendant ce temps et dont Céline est le témoin ?
    Les restes de la crise de 1929, celle qui a mis à genoux le monde, toujours pas complètement épongés, avec le lourd fardeau de soupçons sur certains banquiers juifs américains. En France, Léon Blum au pouvoir, un afflux massif de réfugiés juifs fuyant le nazisme, bref, un terreau idéal pour ressortir les bonnes vieilles théories racistes et antisémites — un grand classique dans l'histoire de l'Europe —, qu'on revoit éclore à chaque épidémie de peste ou à chaque période de crise profonde et qui ont le vent en poupe à ce moment-là.
    Sans oublier les bruits, réels ou supposés, de la " pression " d'un lobby juif français pour pousser Paris à entrer en guerre contre Berlin. Le but recherché par le " lobby " juif serait, d'après ceux qui pensent comme Céline, évident : virer Hitler et ainsi redonner un peu de souffle à une communauté fortement lynchée outre-Rhin.
    Dans la tête de Céline, en revanche, le spectre de telles manœuvres souterraines " des Juifs " (appellation vague et générique, commode car fourre-tout, qui mouille tout le monde au nom de quelques-uns) visant à l’entrée en guerre de la France vont concourir pour lui à la pire chose qui soit : LA GUERRE. Toutes ses images de 14-18 lui remontent au cerveau et du coup, son ennemi intime devient LE peuple juif, dans son entier, sans une ombre de nuance. C'est son interprétation de la situation et elle est méprisable.
    Donc le pro-pacifisme affiché de Céline dans le Voyage et qui souvent ne rebute personne me semble pourtant une cause essentielle, et peut-être même première, de ses prises de position ultérieures et que tout le monde dénonce.
    Alors oui, Céline a écrit certaines des plus abjectes saloperies qui aient jamais été écrites en français sur les Juifs, mais oui également, il a écrit l’un des plus fantastiques bouquins de tous les temps. Céline est tout ça. Ni seulement antisémite, xénophobe et homophobe répugnant, ni seulement écrivain génial, juste un homme, tout simplement, avec ses qualités et ses travers, avec son bon sens, par moments, et ses interprétations inacceptables à d'autres, avec sa plume luminescente, comme ici, et avec ses écrits insoutenables et intolérables, les pamphlets des années 1930, qu'il n'a jamais renié jusqu'à sa mort. Je pense même que c'est par opportunisme et parce que le vent avait tourné qu'il n'a pas produit d'autres de ses torchons infâmes après guerre.
    J’en terminerai seulement en affirmant que, oui, cet homme était complexe et très choquant, dangereux, méprisant, provocant, haineux, fielleux, méprisant, imbu de lui-même, abject et grossier par moments, mais oui il était aussi très sensible, ultra lucide, incroyablement raffiné à d'autres et c’est justement cette complexité et ce tutoiement constant de la limite (parfois en dedans, parfois largement au-delà du supportable) qui rendent son œuvre, malgré tout, si intéressante.
    Au passage, je rappelle aux quelques matheux qui nous entourent qu'on utilise tous les jours le coefficient de Pearson ou les droites de régression (rien que le nom en dit long !), tous ces outils mathématiques et statistiques ayant été mis au point par des notoires antisémites pour " justifier " l'infériorité et la dégénérescence supposée de la " race " juive. Cela n'empêche nullement de considérer ces outils comme de bons outils mathématiques même si les motivations de leurs auteurs ou l'emploi premier qui en fut fait a depuis longtemps été dénoncé et mis au placard.
    Et le livre là-dedans ?
    Fantastique ! Au creux des cimes, au sommet des abysses, il y a toujours dans mes rêves littéraires quelque chose en moi qui me pousse à quêter, à fouiner, à déterrer pour retrouver une ombre, une parcelle, un pastiche, quoi que ce soit d'approchant, de faiblement comparable à ce verbe, à cette vigueur, à cette écorchure, à cette pourriture, à cette brillance-là.
    Je n'ai pas relu "Le voyage" récemment et je puis donc témoigner en toute subjectivité sur le lent travail de ver dans le fruit qu'a accompli cette œuvre dans mon cerveau, sur ce souvenir impérissable et qui croît au cours du temps. Je ne me rappelle pas avoir jamais relu depuis un quelconque ouvrage (même les autres bouquins de Céline) qui m'ait autant laissé une impression de puissance littéraire et "d'éclatement à la gueule".
    Quand bien même vous ne goûteriez rien du scénario, vous détesteriez l'homme et sa réputation hideuse, sulfureuse, vous seriez presque à coup sûr fasciné par l'incomparable style de l'auteur.
    Céline est grinçant, cinglant, cynique, cruel, déprimant, rebutant mais c'est surtout un faramineux faiseur de phrases, capable de dégager une puissance incalculable des mots.
    Comment expliquer Céline ? À la fois mélange de prose violente et de lyrisme morbide, à la fois désabusé et lucide, à la fois horrible et magnifique.
    Son style peut être imitable, mais sûrement pas égalable. Il me semble d'ailleurs fort amusant, comme un singulier pied de nez de l'histoire, que le seul auteur francophone contemporain qui puisse être tant soit peu de la carrure de l'antisémite Céline quant au style soit le juif archétypal, le plus juif d'entre tous, le luminescent Albert Cohen.
    Louis-Ferdinand Destouches, alias Céline était toujours très discret sur ses influences littéraires, mais, au détour d'une ou deux remarques laissées ici ou là, il avoue à demis mots qu'il se situe dans la lignée de Zola, probablement pas n'importe quel Zola, celui de la fin de L'Assommoir, dont le style est si particulier, même pour du Zola.
    Le style, (peut-être aurait-il mis une majuscule au mot style, tellement il le tenait en haute estime, dans la lignée très franco-française matérialisée fort tôt par La Bruyère et ses Caractères ou Buffon dans son célèbre Discours Sur Le Style, laquelle lignée fleurira les Balzac, les Stendhal, les Hugo, les Dumas, les Flaubert, les Baudelaire, les Zola, les Rostand, et que sais-je encore ?, les Gide, les Proust , les Camus, les Butor ou les Gracq) semble être le véritable fil conducteur des romans de Céline.
    Le voyage plus que la destination, comme aurait dit Kerouac, et en ce sens, je pense qu'il en est et demeure le plus grand orfèvre français, voire mondial (mais les armes pour juger d'une telle assertion, sont délicates à maîtriser car il faudrait lire toute la littérature en V.O., or j'ai un peu de mal avec le finnois, l'albanais, le japonais et même un peu le swahili !).
    En une phrase, le héros Bardamu fait son voyage initiatique "en négatif", celui qui l'amènera dans un trou perdu à exercer la médecine parmi la populace, après avoir essuyé les ricochets de la guerre, la sueur des colonies d'Afrique, les boulons des usines américaines aux cadences infernales, l'amour avorté, bref, la définition même du "voyage au bout de la nuit".
    Pour ceux qui ne connaîtraient pas du tout Céline, même de réputation, je dirais simplement ceci : quand on écoute Pierre Desproges, on pense "C'est osé, c'est bien dit, c'est cru", quand on lit Céline, après on pense "en fait Desproges, c'est du sous-Céline" (et pourtant j'adore Desproges !).
    Je vous conseille aussi une interview en N & B de Céline sur YouTube où il parle un peu de sa biographie. Vous aurez cerné le personnage. Je m'autorise à ne rien dire de plus sur le livre lui-même vu le nombre impressionnant de commentaires. Mais lisez, savourez, délectez-vous de notre plus grand roman français du XXème, malgré ou en raison de toutes les noirceurs de son auteur, de tout ce qu'on en a dit ou médit, (je pense d'ailleurs que rien de ce qui entache Céline ne transparaît directement dans ce livre).
    Mais bien évidemment, aujourd’hui plus que jamais, vous aurez compris que ce que j’exprime ici n’est que mon avis, un tout petit avis noyé sous la foule des centaines d’autres, une goutte d'eau dans l'océan, autant dire, pas grand-chose.

    P.S. : je n'ai mentionné que l'une des raisons de l'antisémitisme profond et installé de longue date chez Céline, car il me semble que c'est cette raison qui l'a poussé à écrire ses fameux pamphlets "Bagatelles pour un massacre" et "L'école des cadavres".
    Mais rien n'est jamais aussi simple, il semble également que depuis sa plus tendre enfance, dans le foyer familial, on cultivait l'antisémitisme et aussi, surtout devrais-je dire, la brûlure, la blessure à ses yeux que fut la réception de Mort À Crédit, par le monde littéraire, de la critique et de l'édition, où des personnalités éminentes juives prenaient une large part a contribué décisivement à forger le contentieux de Céline avec LE peuple juif.
    Sa conception de la "dégénérescence orchestrée par les Juifs" et sa farouche homophobie semblent également liées à ces vieux comptes qu'il règle au monde littéraire qui l'a boudé et critiqué abondamment quelques années plus tôt. N'écartons pas non plus l'opportunisme financier de Céline, qui, en écrivant ses pamphlets anti-juifs, caressait une partie de l'opinion dans le sens du poil et produisait en moins d'un an des torchons semi-plagiaires qui se vendaient mieux et qui lui rapportaient plus que ses chefs-d'œuvres accouchés dans la douleur après quatre ans ou plus d'un travail acharné.
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    • Livres 5.00/5
    Par totom, le 25 mars 2010

    totom
    Ouvrez-le à n'importe quelle page, et lisez-en un passage à haute voix...
    Céline ne mâche pas ses mots, il les mastique jusqu'à en extraire le suc.
    Ca claque, ça grouille, ça pète, ça chie, ça pleure, car "l'existence, ça vous tord et ça vous écrase la face"
    Il y a un avant et un après avoir lu ce livre.
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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 16 juin 2011

    Cath36
    Immense coup de coeur ! On a tellement dit du mal de Céline que j'ai longtemps renâclé à le lire, et puis j'ai voulu me faire moi-même ma propre idée. Haineux, Céline ? Certes, mais pas dans "voyage au bout de la nuit", où il démonte au contraire un par un les mécanismes qui conduisent à la haine, et ce avec une lucidité impitoyable. (Le problème du personnage, c'est qu'à force de faire de la provocation, et une provocation odieuse j'en conviens, il a fini par tomber dans les travers qu'il dénonce). Pas d'illusions sur la nature humaine, pas de fioritures, pas de complaisances sur une pseudo-fraternité, mais des tentatives pour prendre du recul face à ce qui détruit l'être humain et tenter d'apprendre à vivre malgré cela ou plutôt avec. Il y a chez cet écorché vif un mélange contradictoire entre désespoir et désir de vivre envers et contre tout que je trouve magnifique et qui pourrait aider la plupart d'entre nous. Car ce n'est pas de se voiler les yeux qui fait avancer, mais de regarder les choses en face et d'en rire si on le peut. Ainsi que le disait Pascal, l'homme est plus grand que ce qui l'écrase parce qu'il est doué de conscience. Je pense que le regard de Céline sur la vie m'accompagnera longtemps, comme celui d'un ami qui aura eu le courage de dire tout haut ce que je pensais tout bas, sauf en ce qui concerne son racisme évidemment et ses prises de position en faveur du nazisme. Oui "voyage au bout de la nuit" est un très grand livre.
    Et tant pis pour le "politiquement correct" ! C'est la vérité qui nous aide, pas le mensonge.
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    • Livres 1.00/5
    Par finitysend, le 20 septembre 2012

    finitysend
    À en juger par le nombre de textes qui témoignent de la qualité de la prose de Céline je pense qu’il est légitime ici de noter deux ou trois peccadilles , et même c’est un devoir et un droit .
    Je tiens à attirer l’attention de ceux qui serait tentés de prendre des vessies pour des lanternes et qui seraient portés ingénument à faire directement ou indirectement l’apologie de Céline , ou bien seulement l'apologie ségmenté de céline .
    Un auteur qui n’a malheureusement rien d’ambigu , car c’était le cas se serait plus compliqué , mais au contraire , c’est désespérément simple , à pâtir du moment où on considère le tout et où on ne segmente pas cette problématique selon une approche relativiste , qui de ce fait peut se manifester sans complexe comme apologétique , ouvrant indirectement la porte aux légitimations des idées les plus noires.
    Je note que les textes où Céline manifeste ses penchants pour un racisme forcené ou pour l’apologie de l’Allemagne nazie , sont moins commentés . Pourquoi ?
    Et quand il le sont , ils sont approchés le plus souvent selon un angle littéraire pour constater leur moindre qualité , comme si c’était anodin !
    Je trouve très curieux que l’on puisse faire l’apologie de cet écrivain sans mentionner son caractère odieux et nocif . Surtout autour d’un roman qui introniserai potentiellement l’auteur comme un humaniste mâtiné d’une fascinante misanthropie et un pacifisme notoire reposant sur l’expérience .
    A ceux qui prétendraient qu’il est déplacé ici , à ce voyage au bout de la nuit , de noter ce paradoxe , je les inviterais à un autre voyage , un du type : nuit et brouillard .....
    C’est le droit plus strict , de tout démocrate de rappeler ici que Céline est une figure aussi noire que la nuit la plus sombre et que l’apologie inconditionnelle de son œuvre , sans bémols , résonne comme une inadmissible injure pour ceux qui furent les victimes de ses semblables et de ses pareils et pour les autres , morts par millions , dont les textes de Céline ont contribué à légitimer en leurs temps, l’assassinat .
    Mais vous êtes bien certainement libre de relativiser cette trouble problématique et par suite d’introniser Céline comme génie de la condition humaine, lui , cet auteur qui fut parmi les plus racistes et les plus collaborationnistes qui furent jamais .
    Lisez l’école des cadavres et vous constaterez que Céline était pacifiste d’une bien curieuse sorte alors qu’il s’en prenait aux juifs qui s’attiraient les foudres de Céline grand patriote , d'un Céline pourfendeur de ces ennemis de la paix , que sont les juifs de France avant-guerre et structurés en supposé lobby .
    Les juifs qui voulaient , donc , utiliser la France comme un bélier contre l’Allemagne nazie , alors que les réfugiés affluaient en France et ailleurs et que l’Allemagne se lançait dans la conquête de l’Europe , que les frontières se fermaient radicalement devant ceux qui allaient mourir , dans l’indifférence des états et celle relative des peuples , et affublés de nom d’oiseaux dont Céline et sa prose est un véritable florilège ambulant .... !?
    Dans L’école des cadavres par exemple , bréviaire francophone de la haine raciale , vous pourrez voir Céline faire l'apologie d'Hitler et de l’Allemagne nazie , ce qui est incontestablement la preuve d'une grande sensibilité humaine , d'un grand patriotisme , des qualités qui auront l'occasion d'ailleurs de briller avec faste , alors que la France sera occupée .
    Pour conclure je laisse la parole L F Céline 1938 : " je me sent très amis d'Hitler , très proche de tous les allemands" .
    Il fut un homme heureux parce que deux ans plus tard , Hitler en personne et la gestapo était à Paris pour faire le ménage dont-il rêvait ...
    Quand ils partiront , il sera dans le train qui servira a évacuer le gouvernement fantoche de la france collaborationiste .
    Son oeuvre doit servir bien à nous rappeler les heures les plus sombres et les plus abjectes de l’histoire contemporaine de notre pays ...
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    • Livres 5.00/5
    Par cricri2025, le 06 avril 2013

    cricri2025
    Céline.... ou le courage de poster une critique sur son livre !!
    Depuis le temps que je voulais le lire, que j'en entendais des louanges de-ci de-là, et la comparaison avec les plus grands dont Proust, j'ai enfin lu le Voyage au bout de la nuit...
    Et je le dis, c'est un chef d'oeuvre !! un chef d'oeuvre qui, une fois lu, ne peut plus être oublié !!!
    Et effectivement il y a un style, que dis-je LE style Céline. Un style parlé, franc, cru, qui touche directement sans artifices, qui décrit tout au plus près de la réalité.
    "La grande fatigue de l'existence n'est peut-être en somme que cet énorme mal qu'on se donne pour demeurer vingt ans, quarante ans, davantage, raisonnable, pour ne pas être simplement, profondément soi-même, c'est-à-dire immonde, atroce, absurde. Cauchemar d'avoir à présenter toujours comme un petit idéal universel, surhomme du matin au soir, le sous-homme claudicant qu'on nous a donné."
    "Les idées aussi finissent par avoir leur dimanche ; on est plus ahuri encore que d'habitude. On est là, vide. On en baverait. On est content. On a rien à causer, parce qu'au fond il ne vous arrive plus rien, on est trop pauvre, on a peut-être dégoûté l'existence ?"
    "Ne croyez jamais d'emblée au malheur des hommes. Demandez-leur seulement s'ils peuvent dormir encore…si oui, tout va bien. Ça suffit."
    On a du mal à croire que quelqu'un arrive à mettre de tels mots sur des sentiments, des situations que l'on a tous senti dans nos vies, mais alors impossibles à décrire.... et bien si, Céline l'a fait, il arrive à tout coucher sur le papier, et si bien...
    "Autant pas se faire d'illusion, les gens n'ont rien à se dire, ils ne se parlent que de leurs peines à eux chacun, c'est entendu. Chacun pour soi, la terre pour tous. Ils essayent de s'en débarrasser de leur peine, sur l'autre, au moment de l'amour, mais alors ça ne marche pas et ils ont beau faire, ils la gardent tout entière leur peine, et ils recommencent, ils essayent encore une fois de la placer."
    "Toute possibilité de lâcheté devient une magnifique espérance à qui s'y connaît. C'est mon avis. Il ne faut jamais se montrer difficile sur le moyen de se sauver de l'étripade, ni perdre son temps non plus à rechercher les raisons d'une persécution, dont on est l'objet. Y échapper suffit au sage."
    Ce livre n'est pourtant pas à mettre entre toutes les mains car tellement criant de vérité, tellement vibrant qu'on en ressort chamboulé par la petitesse de nos existences, et emprunt à chaque instant de doutes... Un homme pessimiste, lâche, bouffé, écoeuré par la vie, cette "tartine de merde", un écorché vif... bref, un homme ... "les hommes y tiennent à leur sales souvenirs, à tous leurs malheurs et on ne peut pas les en faire sortir. ça leur occupe l'âme. Ils se vengent de l'injustice de leur présent en besognant l'avenir au fond d'eux-mêmes avec de la merde."
    "Le pire, c'est qu'on se demande comment le lendemain on trouvera assez de forces pour continuer à faire ce qu'on a fait la veille ? Ou on trouvera la force pour ces démarches imbéciles, ces milles projets qui n'aboutissent à rien, ces tentatives pour sortir de l'accablante nécessité, tentatives qui toujours avortent et toutes pour aller se convaincre une fois de plus que le destin est insurmontable, qu'il faut retomber en bas de la muraille chaque soir, sous l'angoisse de ce lendemain toujours plus précaire, toujours plus sordide ?... C'est l'age aussi qui vient peut-être et nous menace du pire... On n'a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie..."
    "Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit par l'indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes en la guerre venue. S'ils se mettent à penser à vous, c'est à votre torture qu'ils songent aussitôt les autres, et rien qu'à ça. On ne les intéresse que saignants les salauds ! Princhard à cet égard avait eu bien raison. Dans l'imminence de l'abattoir, on ne spécule plus beaucoup sur les choses de son avenir, on ne pense guère qu'à s'aimer pendant les jours qui vous restent puisque c'est le seul moyen d'oublier son corps un peu, qu'on va vous écorcher bientôt du haut en bas.
    Comme elle me fuyait Musyne, je me prenais pour un idéaliste, c'est ainsi qu'on appelle ses propres petits instincts habillés en grands mots."
    "Le rôle du paillasson admiratif est à peu près le seul dans lequel on se tolère d'humain à humain avec quelque plaisir."
    Céline, c'est la puissance littéraire... pessimiste et magnifique, cru et complexe à la fois !
    "Celui qui parle de l'avenir est un coquin, c'est l'actuel qui compte. Invoquer sa postérité, c'est faire un discours aux asticots"
    "La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité de ce monde c'est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer moi."
    'L'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches."
    "La plupart des gens ne meurent qu'au dernier moment ; d'autres commencent et s'y prennent vingt ans d'avance et parfois davantage. Ce sont les malheureux de la terre." "Être seul c'est s'entraîner à la mort."
    J'ai lu cette oeuvre indépendamment de son auteur, et j'ai eu raison de le faire !! Détachez le génie de cette oeuvre de la vie de son auteur. Fi des on-dit... Faites-le et vous vous rendrez compte que Céline est bel et bien un génie de la littérature !
    "Je l'avais bien senti, bien des fois, l'amour en réserve. Y'en a énormément. On peut pas dire le contraire. Seulement c'est malheureux qu'ils demeurent si vaches avec tant d'amour en réserve, les gens. Ca ne sort pas, voilà tout. C'est pris en dedans, ça reste en dedans, ça leur sert à rien. Ils en crèvent en dedans, d'amour."
    "Il faudra endormir pour de vrai, un soir, les gens heureux, pendant qu'ils dormiront, je vous le dis, et en finir avec eux et avec leur bonheur une fois pour toutes. le lendemain on en parlera plus, de leur bonheur, et on sera devenu libre d'être malheureux tant qu'on voudra "
    "Pendant la jeunesse, les plus arides indifférences, les plus cyniques mufleries, on arrive à leur trouver des excuses de lubies passionnelles et puis je ne sais quels signes d'un inexpert romantisme. Mais plus tard, quand la vie vous a bien montré tout ce qu'elle peut exiger de cautèle, de cruauté, de malice pour être seulement entretenue tant bien que mal à 37°, on se rend compte, on est fixé, bien placé pour comprendre toutes les saloperies que contient un passé. Il suffit en tout et pour tout de se contempler scrupuleusement soi-même et ce qu'on est devenu en fait d'immondice. Plus de mystère, plus de niaiserie, on a bouffé toute sa poésie puisqu'on a vécu jusque-là. Des haricots, la vie."
    A lire et relire et relire....
    "Il n'y a de terrible en nous et sur la terre et dans le ciel peut-être que ce qui n'a pas encore été dit. On ne sera tranquille que lorsque tout aura été dit, une bonne fois pour toutes, alors enfin on fera silence et on aura plus peur de se taire. Cà y sera."
    "La trique finit par fatiguer celui qui la manie, tandis que l'espoir de devenir puissants et riches dont les Blancs sont gavés, ça ne coûte rien, absolument rien. Qu'on ne vienne plus nous vanter l'Egypte et les Tyrans tartares ! Ce n'étaient ces antiques amateurs que petits margoulins prétentieux dans l'art suprême de faire rendre à la bête verticale son plus bel effort au boulot. Ils ne savaient pas, ces primitifs, l'appeler "Monsieur" l'esclave, et le faire voter de temps à autres, ni lui payer le journal, ni surtout l'emmener à la guerre pour lui faire passer ses passions."
    "Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit par l'indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes en la guerre venue ."
    "On devient rapidement vieux et de façon irrémédiable encore. on s'en aperçoit à la manière qu'on a prise d'aimer son malheur malgré soi. C'est la nature qui est plus forte que vous voilà tout. Elle nous essaye dans un genre et on ne peut plus en sortir de ce genre là. Moi, j'étais parti dans une direction d'inquiétude. On prend doucement son rôle et son destin au sérieux sans s'en rendre bien compte et puis quand on se retourne il est bien trop tard pour en changer.On est devenu tout inquiet et c'est entendu comme ça pour toujours."
    "Tout notre malheur vient de ce qu'il nous faut demeurer Jean, Pierre ou Gaston coûte que coûte pendant toutes sortes d'années. Ce corps à nous, travesti de molécules agitées et banales, tout le temps se révolte contre cette farce atroce de durer. Elles veulent se perdre nos molécules, au plus vite, parmi l'univers ces mignonnes ! Elles souffrent d'être seulement « nous », cocus d'infini. On éclaterait si on avait du courage, on faille seulement d'un jour à l'autre. Notre torture chérie est enfermée là, atomique, dans notre peau même, avec notre orgueil."
    "Ils rajeunissent c'est vrai plutôt du dedans à mesure qu'ils avancent les pauvres, et vers leur fin pourvu qu'ils aient essayé de perdre en route tout le mensonge et la peur et l'ignoble envie d'obéir qu'on leur a donnée en naissant ils sont en somme moins dégoûtants qu'au début. le reste de ce qui existe sur la terre c'est pas pour eux ! Ça les regarde pas ! Leur tâche à eux, la seule, c'est de se vider de leur obéissance, de la vomir. S'ils y sont parvenus avant de crever tout à fait alors ils peuvent se vanter de n'avoir pas vécu pour rien."
    "Les riches, c'est facile à amuser, rien qu'avec des glaces par exemple, pour qu'ils s'y contemplent, puisqu'il n'y a rien de mieux au monde à regarder que les riches. Pour les ravigoter, on les remonte les riches, à chaque dix ans, d'un cran dans la Légion d'honneur, comme un vieux nichon, et les voilà occupés pendant dix ans encore. C'est tout."
    "Alors on a marché longtemps. Y en avait plus qu'il y en avait encore des rues, et puis dedans des civils et leurs femmes qui nous poussaient des encouragements, et qui lançaient des fleurs, des terrasses, devant les gares, des pleines églises. Il y en avait des patriotes ! Et puis il s'est mis
    à y en avoir moins des patriotes... La pluie est tombée, et puis encore de moins en moins et puis plus du tout d'encouragements, plus un seul, sur la route. Nous n'étions donc plus rien qu'entre nous ? Les uns derrière les autres ? La musique s'est arrêtée. « En résumé, que je me suis dit alors, quand j'ai vu comment ça tournait, c'est plus drôle ! C'est tout à recommencer ! » J'allais m'en aller. Mais trop tard ! Ils avaient refermé la porte en douce derrière nous les civils. On était faits, comme des rats."
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Citations et extraits

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  • Par yaelleangel, le 20 novembre 2014

    On découvre dans tout son passé ridicule tellement de ridicule, de tromperie, de crédulité qu'on voudrait peut-être s'arrêter tout net d'être jeune, attendre la jeunesse qu'elle se détache, attendre qu'elle vous dépasse, la voir s'en aller, s'éloigner, regarder toute sa vanité, porter la main dans son vide, la voir repasser encore devant soi, et puis soi partir, être sûr qu'elle s'en est bien allée sa jeunesse et tranquillement alors de son côté, bien à soi, repasser tout doucement de l'autre côté du temps pour regarder vraiment comment qu'ils sont les gens et les choses.
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  • Par yaelleangel, le 20 novembre 2014

    L'amour c'est comme l'alcool, plus on est impuissant et soûl et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits.

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  • Par yaelleangel, le 20 novembre 2014

    Un cerveau, c'est tyran comme y a pas.

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  • Par yaelleangel, le 20 novembre 2014

    Elle n'en ratait jamais une ma mère pour essayer de me faire croire que le monde était bénin et qu'elle avait bien fait de me concevoir.

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  • Par yaelleangel, le 20 novembre 2014

    C'est par les odeurs que finissent les êtres, les pays et les choses. Toutes les aventures s'en vont par le nez.

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Louis-Ferdinand Céline: Correspondance avec Gallimard. Extrait des correspondances Céline -- Gaston Gallimard -- Jean Paulhan -- Roger Nimier. Fabrice Luchini interprète Céline, Denis Podalydès Gaston Gallimard et Jean Paulhan.








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