Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2070360288
Éditeur : Gallimard (1972)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.16/5 (sur 1361 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Lorsque Ferdinand Bardamu s’engage dans l’armée, il côtoie la Grande Guerre et ses horreurs. Il y perd ses illusions, en même temps que son innocence et son héroïsme. En Afrique, où le colonialisme lui montre une autre forme d’atrocité, Bardamu s’insurge de cette exploitation de l’homme par l’homme, plus terrible encore que la guerre. En Amérique, où le capitalisme conduit à la misère des moins chanceux, Bardamu refuse toute morale et survit comme il peut, entre son travail à la chaîne et son amour pour Molly, généreuse prostituée. En France, où il exerce comme médecin de banlieue, Bardamu tente d’apaiser les malheurs humains. Au fil de son voyage, étape par étape, il côtoie sans cesse la misère humaine et s’indigne, cynique et sombre comme la nuit.
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (104)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 15 septembre 2012

    NastasiaBuergo
    LE CAS CÉLINE : cela fait un bout de temps que je médite d'écrire un petit billet qui risque fort d'être extrêmement controversé, mal vu ou mal interprété. Mais, comme il n'est pas interdit ni exclu d'être parfois courageux en ce bas monde, je prends sur moi d'assumer toute la hargne ou le mépris qu'il pourrait susciter. J'ai déjà presque failli me brouiller avec l'un de mes meilleurs amis à ce propos, un soir de réveillon de Noël, plombant durablement l'ambiance et avec lequel il m'a fallu plusieurs longs mois pour reparler littérature. Sachant que depuis, nous évitons l'un l'autre, soigneusement et tacitement de nous approcher de près ou de loin du cas Céline.
    Question : Peut-on être considéré comme le plus grand écrivain français du XXème siècle quand on a, non seulement tenu des propos, mais aussi et surtout, publié des propos fortement injurieux, racistes, xénophobes, homophobes et très accablants d'antisémitisme ?
    Cette question n'est pas encore tranchée et nul ne sait aujourd'hui si elle le sera un jour de façon consensuelle. le malaise du ministère de la culture au moment du cinquantenaire de la mort de Céline est là pour l'attester.
    Il nous faut donc nous replier sur des solutions individuelles, locales, idiosyncrasiques et donc fortement teintées de subjectivité pour tâcher, bien modestement, d'y trouver notre propre réponse.
    Puisque nous parlons ici du Voyage au bout de la nuit, faut-il boycotter cette œuvre en raison de ce que l'on sait de son auteur ou lire cette œuvre comme une émanation indépendante d'une personne certes méprisable mais dont, dans un moment de génie, la plume a su sortir une forme de quintessence littéraire ?
    En ce qui me concerne, ni l'un ni l'autre. Une œuvre n'est jamais complètement indépendante de la main qui lui a donné le jour, mais dans le même temps, on peut saluer la réalisation sans adhérer à d'autres réalisations du même bonhomme.
    Je vais risquer un parallèle hasardeux. A-t-on le droit de considérer Napoléon comme le plus grand chef d'état français de Tous les temps en dépit de son triste palmarès de boucher en chef et de ré instigateur de l'esclavage ? En ce qui me concerne, sans problème. Napoléon a fait plus et mieux que n'importe quel roi ou chef d'état en poste avant ou après lui en ce qui concerne la modernisation du pays et l'émancipation du droit ou des citoyens d'humble extraction. Mais dans le même temps, je lui décerne également le prix du plus grand bourreau de l'histoire de France et je l'affuble du plus abject bonnet de calculateur et de bafoueur des droits de l'homme de son temps. Considérer l'homme, c'est le considérer dans son entier, dans ses lumières et dans ses côtés sombres. Il n'est ni un dieu, ni un chien. Il est probablement quelque part entre les deux, ayant été capable de monter très haut dans certains domaines et de descendre très bas, bien plus bas que le commun des mortels, dans d'autres. Nul n'est monolithique et les grands hommes moins que d'autres.
    Revenons à l'ouvrage qui nous occupe. Pour ma part, je considère qu'il serait absurde de ne pas le lire sous le seul prétexte qu'il a été écrit par Céline. Un restant d'épicurisme me pousse à prendre les bonnes choses là où elles sont. Mais dans le même temps, je considère qu'il serait tout aussi absurde de faire « comme si » Céline n'avait jamais été ce qu'il a été et je vais argumenter ce dernier point.
    D'où provient l'antisémitisme flagrant de Céline ? de plusieurs raisons qu'il serait long et fastidieux d'égrener ici, mais d'une plus particulièrement : son refus de la guerre. On lit très clairement et très distinctement dans le Voyage que Céline a été écœuré, bouffé, brisé à jamais par les horreurs qu'il a vécues pendant la guerre de 1914. C'est strictement dit dans ce livre et je pense qu'il ne fait pas tellement débat que Céline se place clairement du côté des pacifistes acharnés.
    Replaçons-nous dans le contexte historique, social et politique. Hitler est monté au pouvoir en Allemagne, il a commencé à s'en prendre aux Juifs. Que se passe-t-il en France pendant ce temps et dont Céline est le témoin ? Léon Blum au pouvoir, un afflux massif de réfugiés juifs fuyant le nazisme, bref, un terreau idéal pour ressortir les bonnes théories racistes et antisémites qui ont le vent en poupe à ce moment-là. Sans oublier les bruits, réels ou supposés, de la pression d'un lobby juif français pour pousser Paris à entrer en guerre contre Berlin. le but recherché par le lobby juif est évident : virer Hitler et ainsi redonner un peu de souffle à une communauté fortement lynchée outre-Rhin. Dans la tête de Céline, en revanche, le spectre de telles manœuvres souterraines "des Juifs" (appellation vague et générique, commode car fourre-tout, qui mouille tout le monde au nom de quelques-uns) visant à l'entrée en guerre de la France vont concourir à la pire chose qui soit : la guerre. Toutes ses images de 14-18 lui remontent au cerveau et du coup, son ennemi intime devient LE peuple juif, dans son entier, sans une ombre de nuance. C'est son interprétation de la situation et elle est méprisable.
    Donc le pro-pacifisme affiché de Céline dans le Voyage et qui souvent ne rebute personne est pourtant cause première de ses prises de position ultérieures et que tout le monde dénonce.
    Donc oui Céline a écrit certaines des plus abjectes saloperies qui aient jamais été écrites en français sur les Juifs, mais oui également, il a écrit l'un des plus fantastiques bouquins de Tous les temps. Céline est tout ça. Ni seulement antisémite, xénophobe et homophobe répugnant, ni seulement écrivain génial, juste un homme, tout simplement, avec ses qualités et ses travers, avec son bon sens et ses interprétations inacceptables et ses écrits insoutenables et intolérables.
    J'en terminerai seulement en affirmant que, oui, cet homme était complexe et très border-line, mais c'est justement cette complexité et ce tutoiement de la limite (parfois en dedans, parfois au-delà) qui rendent son œuvre si intéressante.
    Au passage, je rappelle aux quelques matheux qui nous entourent qu'on utilise Tous les jours le coefficient de Pearson ou les droites de régression (rien que le nom en dit long !), Tous ces outils mathématiques et statistiques ayant été mis au point par des notoires antisémites pour "justifier" l'infériorité et la dégénérescence supposée de la "race" juive. Cela n'empêche nullement de considérer ces outils comme de bons outils mathématiques même si les motivations de leurs auteurs ou l'emploi premier qui en fut fait a depuis longtemps été dénoncé et mis au placard.
    Et le livre là-dedans ?
    Fantastique ! Au creux des cimes, au sommet des abysses, il y a toujours dans mes rêves littéraires quelque chose en moi qui me pousse à quêter, à fouiner, à déterrer pour retrouver une ombre, une parcelle, un pastiche, quoi que ce soit d'approchant, de faiblement comparable à ce verbe, à cette vigueur, à cette écorchure, à cette pourriture, à cette brillance-là.
    Je n'ai pas relu "Le voyage" récemment et je puis donc témoigner en toute subjectivité sur le lent travail de ver dans le fruit qu'a accompli cette œuvre dans mon cerveau, sur ce souvenir impérissable et qui croît au cours du temps. Je ne me rappelle pas avoir jamais relu depuis un quelconque ouvrage (même les autres bouquins de Céline) qui m'ait autant laissé une impression de puissance littéraire et "d'éclatement à la gueule".
    Quand bien même vous ne goûteriez rien du scénario, vous détesteriez l'homme et sa réputation hideuse, sulfureuse, vous seriez presque à coup sûr fasciné par l'incomparable style de l'auteur.
    Céline est grinçant, cinglant, cynique, cruel, déprimant, rebutant mais c'est surtout un faramineux faiseur de phrases, capable de dégager une puissance incalculable des mots.
    Comment expliquer Céline ? À la fois mélange de prose violente et de lyrisme morbide, à la fois désabusé et lucide, à la fois horrible et magnifique. Son style peut être imitable, mais sûrement pas égalable. Il me semble d'ailleurs fort amusant, comme un singulier pied de nez de l'histoire, que le seul auteur francophone contemporain qui puisse être tant soit peu de la carrure de l'antisémite Céline quant au style soit le juif archétypal, le plus juif d'entre Tous, le luminescent Albert Cohen.
    Louis-Ferdinand Destouches, alias Céline était toujours très discret sur ses influences littéraires, mais, au détour d'une ou deux remarques laissées ici ou là, il avoue à demis mots qu'il se situe dans la lignée de Zola, probablement pas n'importe quel Zola, celui de la fin de L'assommoir, dont le style est si particulier, même pour du Zola.
    Le style, (peut-être aurait-il mis une majuscule au mot style, tellement il le tenait en haute estime, dans la lignée très franco-française matérialisée fort tôt par La Bruyère et ses Caractères ou Buffon dans son célèbre Discours Sur le Style, laquelle lignée fleurira les Balzac, les Stendhal, les Hugo, les Flaubert, les Zola, que sais-je encore ?, les Gide, les Proust ou les Drieu La Rochelle) semble être le véritable fil conducteur des romans de Céline. le voyage plus que la destination, comme aurait dit Kerouac, et en ce sens, je pense qu'il en est et demeure le plus grand orfèvre français, voire mondial (mais les armes pour juger d'une telle assertion, sont délicates à maîtriser car il faudrait lire toute la littérature en V.O., or j'ai un peu de mal avec le finnois, l'albanais, le japonais et même un peu le swahili !).
    En une phrase, le héros Bardamu fait son voyage initiatique "en négatif", celui qui l'amènera dans un trou perdu à exercer la médecine parmi la populace, après avoir essuyé les ricochets de la guerre, la sueur des colonies d'Afrique, les boulons des usines américaines aux cadences infernales, l'amour avorté, bref, la définition même du "Voyage au bout de la nuit".
    Pour ceux qui ne connaîtraient pas du tout Céline, même de réputation, je dirais simplement ceci : quand on écoute Pierre Desproges, on pense "C'est osé, c'est bien dit, c'est cru", quand on lit Céline, après on pense "en fait Desproges, c'est du sous-Céline" (et pourtant j'adore Desproges !).
    Je vous conseille aussi une interview en N & B de Céline sur YouTube où il parle un peu de sa biographie. Vous aurez cerné le personnage. Je m'autorise à ne rien dire de plus sur le livre lui-même vu le nombre impressionnant de commentaires. Mais lisez, savourez, délectez-vous de notre plus grand roman français du XXème, malgré ou en raison de toutes les noirceurs de son auteur, de tout ce qu'on en a dit ou médit, (je pense d'ailleurs que rien de ce qui entache Céline ne transparaît directement dans ce livre).
    Mais bien évidemment, aujourd'hui plus que jamais, vous aurez compris que ce que j'exprime ici n'est que mon avis, un tout petit avis noyé sous la foule des centaines d'autres, une goutte d'eau dans l'océan, autant dire, pas grand-chose.
    P.S. : je n'ai mentionné que l'une des raisons de l'antisémitisme profond et installé de longue date chez Céline, car il me semble que c'est cette raison qui l'a poussé à écrire ses fameux pamphlets "Bagatelles pour un massacre" et "L'école des cadavres". Mais rien n'est jamais aussi simple, il semble également que de vieux contentieux avec le monde littéraire et de l'édition tiennent également un grand rôle. Sa conception de la "dégénérescence orchestrée par les Juifs" et sa farouche homophobie semblent également liées à des vieux comptes qu'il règle au monde littéraire qui l'a boudé et critiqué abondamment. N'écartons pas non plus le soutien tout aussi insidieux du lobby anti-juif qui voyait en Céline un fer de lance efficace. Dans ses nébuleux calculs, Céline espérait probablement obtenir une petite rente commode en écrivant les torchons que les antisémites souhaitaient lire. Manque de chance pour lui, il n'a apparemment jamais gagné d'argent grâce à eux.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 83         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par totom, le 25 mars 2010

    totom
    Ouvrez-le à n'importe quelle page, et lisez-en un passage à haute voix...
    Céline ne mâche pas ses mots, il les mastique jusqu'à en extraire le suc.
    Ca claque, ça grouille, ça pète, ça chie, ça pleure, car "l'existence, ça vous tord et ça vous écrase la face"
    Il y a un avant et un après avoir lu ce livre.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 90         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 16 juin 2011

    Cath36
    Immense coup de coeur ! On a tellement dit du mal de Céline que j'ai longtemps renâclé à le lire, et puis j'ai voulu me faire moi-même ma propre idée. Haineux, Céline ? Certes, mais pas dans "voyage au bout de la nuit", où il démonte au contraire un par un les mécanismes qui conduisent à la haine, et ce avec une lucidité impitoyable. (Le problème du personnage, c'est qu'à force de faire de la provocation, et une provocation odieuse j'en conviens, il a fini par tomber dans les travers qu'il dénonce). Pas d'illusions sur la nature humaine, pas de fioritures, pas de complaisances sur une pseudo-fraternité, mais des tentatives pour prendre du recul face à ce qui détruit l'être humain et tenter d'apprendre à vivre malgré cela ou plutôt avec. Il y a chez cet écorché vif un mélange contradictoire entre désespoir et désir de vivre envers et contre tout que je trouve magnifique et qui pourrait aider la plupart d'entre nous. Car ce n'est pas de se voiler les yeux qui fait avancer, mais de regarder les choses en face et d'en rire si on le peut. Ainsi que le disait Pascal, l'homme est plus grand que ce qui l'écrase parce qu'il est doué de conscience. Je pense que le regard de Céline sur la vie m'accompagnera longtemps, comme celui d'un ami qui aura eu le courage de dire tout haut ce que je pensais tout bas, sauf en ce qui concerne son racisme évidemment et ses prises de position en faveur du nazisme. Oui "voyage au bout de la nuit" est un très grand livre.
    Et tant pis pour le "politiquement correct" ! C'est la vérité qui nous aide, pas le mensonge.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 69         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 30 août 2012

    NastasiaBuergo
    Fantastique ! Au creux des cimes, au sommet des abysses, il y a toujours dans mes rêves littéraires quelque chose en moi qui me pousse à quêter, à fouiner, à déterrer pour retrouver une ombre, une parcelle, un pastiche, quoi que ce soit d'approchant, de faiblement comparable à ce verbe, à cette vigueur, à cette écorchure, à cette pourriture, à cette brillance-là.
    Je n'ai pas relu "Le voyage" récemment et je puis donc témoigner en toute subjectivité sur le lent travail de ver dans le fruit qu'a accompli cette œuvre dans mon cerveau, sur ce souvenir impérissable et qui croît au cours du temps. Je ne me rappelle pas avoir jamais relu depuis un quelconque ouvrage (même les autres bouquins de Céline) qui m'ait autant laissé une impression de puissance littéraire et "d'éclatement à la gueule".
    Quand bien même vous ne goûteriez rien du scénario, vous détesteriez l'homme et sa réputation hideuse, sulfureuse, vous seriez presque à coup sûr fasciné par l'incomparable style de l'auteur.
    Céline est grinçant, cinglant, cynique, cruel, déprimant, rebutant mais c'est surtout un faramineux faiseur de phrases, capable de dégager une puissance incalculable des mots.
    Comment expliquer Céline ? À la fois mélange de prose violente et de lyrisme morbide, à la fois désabusé et lucide, à la fois horrible et magnifique. Son style peut être imitable, mais sûrement pas égalable. Il me semble d'ailleurs fort amusant, comme un singulier pied de nez de l'histoire, que le seul auteur francophone contemporain qui puisse être tant soit peu de la carrure de l'antisémite Céline quant au style soit le juif archétypal, le plus juif d'entre Tous, le luminescent Albert Cohen.
    Louis-Ferdinand Destouches, alias Céline était toujours très discret sur ses influences littéraires, mais, au détour d'une ou deux remarques laissées ici ou là, il avoue à demis mots qu'il se situe dans la lignée de Zola, probablement pas n'importe quel Zola, celui de la fin de L'Assommoir, dont le style est si particulier, même pour du Zola.
    Le style, (peut-être aurait-il mis une majuscule au mot style, tellement il le tenait en haute estime, dans la lignée très franco-française matérialisée fort tôt par La Bruyère et ses Caractères ou Buffon dans son célèbre Discours Sur le Style, laquelle lignée fleurira les Balzac, les Stendhal, les Hugo, les Flaubert, les Zola, que sais-je encore ?, les Gide, les Proust ou les Drieu La Rochelle) semble être le véritable fil conducteur des romans de Céline. le voyage plus que la destination, comme aurait dit Kerouac, et en ce sens, je pense qu'il en est et demeure le plus grand orfèvre français, voire mondial (mais les armes pour juger d'une telle assertion, sont délicates à maîtriser car il faudrait lire toute la littérature en V.O., or j'ai un peu de mal avec le finnois, l'albanais, le japonais et même un peu le swahili !).
    En une phrase, le héros Bardamu fait son voyage initiatique "en négatif", celui qui l'amènera dans un trou perdu à exercer la médecine parmi la populace, après avoir essuyé les ricochets de la guerre, la sueur des colonies d'Afrique, les boulons des usines américaines aux cadences infernales, l'amour avorté, bref, la définition même du "Voyage au bout de la nuit".
    Pour ceux qui ne connaîtraient pas du tout Céline, même de réputation, je dirais simplement ceci : quand on écoute Pierre Desproges, on pense "C'est osé, c'est bien dit, c'est cru", quand on lit Céline, après on pense "en fait Desproges, c'est du sous-Céline" (et pourtant j'adore Desproges !).
    Je vous conseille aussi une interview en N & B de Céline sur YouTube où il parle un peu de sa biographie. Vous aurez cerné le personnage. Je m'autorise à ne rien dire de plus sur le livre lui-même vu le nombre impressionnant de commentaires. Mais lisez, savourez, délectez-vous de notre plus grand roman français du XXème, malgré ou en raison de toutes les noirceurs de son auteur, de tout ce qu'on en a dit ou médit, (je pense d'ailleurs que rien de ce qui entache Céline ne transparaît dans ce livre), mais bien évidemment, ce n'est que mon avis, un tout petit avis noyé parmi des foules d'autres Tous aussi importants, c'est-à-dire une goutte d'eau dans l'océan, autant dire, pas grand-chose.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 60         Page de la critique

    • Livres 1.00/5
    Par finitysend, le 20 septembre 2012

    finitysend
    À en juger par le nombre de textes qui témoignent de la qualité de la prose de Céline je pense qu'il est légitime ici de noter deux ou trois peccadilles , et même c'est un devoir et un droit .
    Je tiens à attirer l'attention de ceux qui serait tentés de prendre des vessies pour des lanternes et qui seraient portés ingénument à faire directement ou indirectement l'apologie de Céline , ou bien seulement l'apologie ségmenté de céline .
    Un auteur qui n'a malheureusement rien d'ambigu , car c'était le cas se serait plus compliqué , mais au contraire , c'est désespérément simple , à pâtir du moment où on considère le tout et où on ne segmente pas cette problématique selon une approche relativiste , qui de ce fait peut se manifester sans complexe comme apologétique , ouvrant indirectement la porte aux légitimations des idées les plus noires.
    Je note que les textes où Céline manifeste ses penchants pour un racisme forcené ou pour l'apologie de l'Allemagne nazie , sont moins commentés . Pourquoi ?
    Et quand il le sont , ils sont approchés le plus souvent selon un angle littéraire pour constater leur moindre qualité , comme si c'était anodin !
    Je trouve très curieux que l'on puisse faire l'apologie de cet écrivain sans mentionner son caractère odieux et nocif . Surtout autour d'un roman qui introniserai potentiellement l'auteur comme un humaniste mâtiné d'une fascinante misanthropie et un pacifisme notoire reposant sur l'expérience .
    A ceux qui prétendraient qu'il est déplacé ici , à ce voyage au bout de la nuit , de noter ce paradoxe , je les inviterais à un autre voyage , un du type : nuit et brouillard .....
    C'est le droit plus strict , de tout démocrate de rappeler ici que Céline est une figure aussi noire que la nuit la plus sombre et que l'apologie inconditionnelle de son œuvre , sans bémols , résonne comme une inadmissible injure pour ceux qui furent les victimes de ses semblables et de ses pareils et pour les autres , morts par millions , dont les textes de Céline ont contribué à légitimer en leurs temps, l'assassinat .
    Mais vous êtes bien certainement libre de relativiser cette trouble problématique et par suite d'introniser Céline comme génie de la condition humaine, lui , cet auteur qui fut parmi les plus racistes et les plus collaborationnistes qui furent jamais .
    Lisez L'école des cadavres et vous constaterez que Céline était pacifiste d'une bien curieuse sorte alors qu'il s'en prenait aux juifs qui s'attiraient les foudres de Céline grand patriote , d'un Céline pourfendeur de ces ennemis de la paix , que sont les juifs de France avant-guerre et structurés en supposé lobby .
    Les juifs qui voulaient , donc , utiliser la France comme un bélier contre l'Allemagne nazie , alors que les réfugiés affluaient en France et ailleurs et que l'Allemagne se lançait dans la conquête de l'Europe , que les frontières se fermaient radicalement devant ceux qui allaient mourir , dans l'indifférence des états et celle relative des peuples , et affublés de nom d'oiseaux dont Céline et sa prose est un véritable florilège ambulant .... !?
    Dans L'école des cadavres par exemple , bréviaire francophone de la haine raciale , vous pourrez voir Céline faire l'apologie d'Hitler et de l'Allemagne nazie , ce qui est incontestablement la preuve d'une grande sensibilité humaine , d'un grand patriotisme , des qualités qui auront l'occasion d'ailleurs de briller avec faste , alors que la France sera occupée .
    Pour conclure je laisse la parole l'F Céline 1938 : " je me sent très amis d'Hitler , très proche de tous les allemands" .
    Il fut un homme heureux parce que deux ans plus tard , Hitler en personne et la gestapo était à Paris pour faire le ménage dont-il rêvait ...
    Quand ils partiront , il sera dans le train qui servira a évacuer le gouvernement fantoche de la france collaborationiste .
    Faut-t-il boycotter Céline et nier la réalité ? certainement pas , en faire un diable ? , non plus .
    Mais au contraire se nourrir de l'intégralité de son œuvre , sans apologétisme naïf afin qu'elle serve bien à nous rappeler les heures les plus sombres et les plus abjectes de l'histoire contemporaine de notre pays ...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 33         Page de la critique

> voir toutes (334)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Zinaida, le 19 mai 2013

    C'est peut-être ça qu'on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir.

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la citation

  • Par Zinaida, le 16 mai 2013

    On devient rapidement vieux et de façon irrémédiable encore. C'est la nature qui est plus forte que vous voilà tout. Elle nous essaye dans un genre et on ne peut plus en sortir de ce genre -là. Moi j'étais parti dans une direction d'inquiétude. On prend doucement son rôle et son destin au sérieux sans s'en rendre bien compte et puis quand on se retourne il est bien trop tard pour en changer. On est devenu tout inquiet et c'est entendu comme ça pour toujours.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

  • Par EFourn, le 10 mai 2013

    Décidément nous n'adorons rien de plus divin que notre odeur. Tout notre malheur vient de ce qu'il nous faut demeurer Jean, Pierre ou Gaston coûté que coûté pendant toutes sortes d'années. Ce corps à nous, travesti de molécules agitées et banales, tout le temps se révolte contre cette farce atroce de durer. Elles veulent aller se perdre nos molécules, au plus vite, parmi l'univers ces mignonnes! Elles souffrent d'être seulement "nous", cocus d'infini. On éclaterait si on avait du courage, on faille seulement d'un jour à l'autre. Notre torture chérie est enfermée là, atomique, dans notre peau même, avec notre orgueil.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par Malahide75, le 08 mai 2013

    Le soleil qui passe à travers trop de choses ne laisse jamais à la rue qu'une lumière d'automne avec des regrets et des nuages.

    Commenter     J’apprécie          0 14         Page de la citation

  • Par clem, le 20 février 2009

    Le train est entré en gare. Je n'étais plus très sûr de mon aventure quand j'ai vu lamachine. Je l'ai embrassé Molly avec tout ce que j'avais encore de courage dans la carcasse. J'avais de la peine, de la vraie, pour une fois, pour tout le monde, pour moi, pour elle, pour tous les hommes.
    C'est peut-être ça qu'on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir.
    Des années ont passé depuis ce départ et puis des années encore... J'ai écrit souvent à Detroit et puis ailleurs à toutes les adresses dont je me souvenais et où l'on pouvait la connaître, la suivre Molly. Jamais je n'ai reçu de réponse.
    La Maison est fermée à présent. C'est tout ce que j'ai pu savoir. Bonne, admirable Molly, je veux si elle peut encore me lire, qu'elle sache bien que je n'ai pas changé pour elle, que je l'aime encore et toujours, à ma manière, qu'elle peut venir ici quand elle voudra partager mon pain et ma furtive destinée. Si elle n'est plus belle, eh bien tant pis! Nous nous arrangerons! J'ai gardé tant de beauté d'elle en moi et pour au moins vingt ans encore, le temps d'en finir.
    Pour la quitter il m'a fallu certes bien de la folie et d'une sale et froide espèce. Tout de même, j'ai défendu mon âme jusqu'à présent et si la mort, demain, venait me prendre, je ne serais pas, j'en suis certain, jamais tout à fait aussi froid, vilain, aussi lourd que les autres, tant de gentillesse et de rêve Molly m'avait fait cadeau dans le cours de ces quelques mois d'Amérique.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 46         Page de la citation

> voir toutes (31)

Videos de Louis-Ferdinand Céline

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Louis-Ferdinand Céline

Lecture des premières pages du Voyage au bout de la nuit par Michel Simon.








Sur Amazon
à partir de :
8,40 € (neuf)
5,66 € (occasion)

   

Faire découvrir Voyage au bout de la nuit par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (3504)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz