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Critiques sur La femme au miroir (37)


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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 02/09/2011


    Trois romans en un. Un roman à trois voix.
    Mais une seule et même affirmation:"Je me sens différente".
    Trois époques et trois femmes "différentes".
    Bruges à l'époque de la Renaissance.Anne fiancée à Philippe se voit offrir deux miroirs.Elle fuit au dernier moment, "Anne devinait que le bonheur se cachait derrière un arbre tel un lapin,elle voyait le bout de son nez,elle percevait sa présence,son invite,son impatience" et refuse le saucissonage vengeur d'un fiancé décidé à la soumettre.
    Vienne impériale.
    Hanna, elle aussi va murmurer "Je crains d'être différente".
    Par lettres,elle confie à Gretchen son ressenti durant sa nuit de noces, subie comme un "cours de gymnastique" et face à la glace lorsque chaque matin "elle se déguise en dame" avec jupon,corset et lacets.
    "Son désir me fascine sans me déranger, je ne le partage pas".
    Le Red and blue une boite branchée du Sunset boulevard.Epoque contemporaine.
    "C'est quoi cette pute?" s'effraie Anny, la star saoule de saoule, en contemplant son reflet dans la glace.
    Dire qu'elle a couché avec presque tous les garçons présents!
    "Suis-je un bon coup?" continue-t-elle.
    Dés le début Eric Emmanuel Schmitt ensorcelle ses lecteurs car bien que les trois ambiances, tons et langages soient dissemblables, les histoires s'imbriquent puisque s'alternent les passages successifs,portes ouvertes sur la vie.Tout s'enchaine,tout se suit.
    Breaucoup d'interrogations sur le désir,le plaisir,l'égalité homme et femme.
    Quel que soit leur parcours, la première qui sait lire le coeur des hommes et l'esprit des animaux, plus mystique, évoluera entre deux images, celle qu'elle est et celle qu'elle donne à voir.
    Sainte ou sorcière?
    La deuxième s'intéresse à l'orgasme,à la psychanalyse.Est-elle "la spectatrice d'elle même" ou la disciple de Freud qui agit et mène sa vie tambour battant?
    La troisième, actrice, "consolidée par chaque coup de pinceau du maquilleur" vivra-t-elle sa vraie vie ou celle de ses rôles?
    Et là intervient le talent d'Eric Emmanuel Schmitt, le petit plus qui lie tous les ingrédients d'une excellente recette, le lien qui relie les trois femmes en une,pour leur offrir une âme commune, du grand art de grand chef!
    Petit rappel:Eric Emmanuel Schmitt, auteur français à succés,romancier,nouvelliste,dramaturge essayiste contemporain, obtenteur de nombreux prix est connu entre autres pour:Oscar et la dame en rose,Le sumo qui ne voulait pas grossir,La rêveuse d'Ostende...

    critique de qualité ? (18 votes positifs)



  • Par Aela le 20/04/2012


    Trois femmes. Trois destins. Trois femmes "différentes", en marge de leur époque, trois femmes que rien ne rapproche a priori, ni l'époque, ni les lieux, ni le milieu social. Et cependant, un lien va les réunir bien plus tard.
    Qu'ont-elles en commun?

    Juste cette phrase par laquelle le roman commence:
    - Je me sens différente.

    Différente, Anne de Bruges va l'être en effet. Elle va renoncer à un destin tout tracé, d'épouse d'un bourgeois honnête dans les Flandres du XVème siècle pour connaître un parcours qu'elle a choisi, entre le mysticisme et la communion avec la nature, pour s'installer un temps dans le célèbre béguinage de Bruges, un des premiers lieux "féministes" qui aient jamais été créés pour accueillir les femmes en une époque difficile pour elles.

    Hanna aussi va vivre totalement en rupture avec son milieu d'origine: celui de la haute aristocratie viennoise du tout début du 20ème siècle.
    Elle aussi va renoncer au destin tracé pour elle: le mariage avec un riche artistocrate, pour se découvrir elle-même et se lancer dans la psychanalyse, d'abord en tant que patiente et ensuite en tant qu'analyste.

    Enfin Anny, la jeune star hollywoodienne, tranche un peu dans ce portrait de femmes. Sa psychologie et ses aspirations semblent à première vue moins complexes, elle s'inscrit parfaitement dans son milieu: celui de Hollywood, dont elle épouse toutes les ambitions et aussi... tous les vices: drogue, alcool, sexe à outrance..

    Et enfin, le fil qui va relier ces trois femmes si attachantes.. mais je ne vais pas le dévoiler, ce serait trop dommage.

    C'est un magnifique portrait de femme que nous livre Eric-Emmanuel Schmitt, portrait par trois voix interposées, qui s'entremêlent et se rejoignent à la fin.

    C'est aussi un roman philosophique et une superbe réflexion sur la femme et le destin des femmes qui refusent le rôle que leur imposent les hommes.
    Trois époques, trois femmes.. mais au final c'est la victoire de la Femme.

    critique de qualité ? (17 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par ballad le 13/05/2012


    D'ordinaire, je fais confiance à cet auteur qui déploye souvent dans ses œuvres une dimension humaniste qui dépasse la fiction, et où je me retrouve. La construction de ce roman en trois époques fragmente la lecture, ce qui maintient le suspense, et les trois portraits de femmes, tout en restant captivants et riches, sont très approfondis avant de se rejoindre un peu tard dans les dernières pages, là où le franc tombe et où l'on comprend l'objectif ultime du récit. Malgré tout, on remarque que la lecture a été agréable grâce aux petits rebondissements réguliers du récit, et à notre attachement aux trois femmes à la fois fortes et fragiles, exploratrices de l'inconscient ou bien mystiques proches de la nature, excentriques, saintes ou diablesses. Beaucoup de sujets intéressants agrémentent le récit de ces destins féminins pas comme les autres, comme par exemple la description de la vie des béguines au Moyen-âge pour Anne de Bruges, le milieu artistique du cinéma pour Anny et les détails d'une cure psychanalytique pour Hannah au début du siècle.

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par oops le 20/01/2012


    Trois femmes Anne la Sainte, Hanna la bourgeoise et Alex la people. Trois époques le moyen Âge, les années 1900 et les années 2000. Trois destins féminins qui veulent assumer leurs différences au grand damne de la société qui quelle que soit l'époque aime à formater les femmes dans le même moule tels sont les situations mises en scène par l'auteur. Un roman audacieux qui explore la gent féminine avec réalisme, les rôles de chacune étant parfaitement prédéfinis, conditionnés dans des carcans dignes de leur époque. Chacune de ses femmes va pourtant déjouer les principes ancrés pour affirmer leur différence et vivre leur vie de femme telle qu'elle le souhaite envers et contre tous ! Même si l'auteur comme à son habitude amène une réflexion philosophique ici celle de la place de la femme dans la société, le tout est un peu longuet. La femme vivant au moyen Âge a un destin hors du commun, mais les deux autres portraits sont assez banals. La fin m'a un peu réconciliée avec les longueurs mais si je devais conseiller cet auteur je ne commencerais pas par celui-là !


    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par PLUMAGILE le 15/09/2011


    Très, très beau roman.
    Ces trois femmes dont on suit les histoires en parallèle, vivent une autre vie que celle à laquelle elles aspirent. Elles se sentent « différentes », ne veulent pas donner ce que l'on attend d'elles : une vie de couple, des enfants…. et sont à la recherche de leur réalité, de leur vérité ; lorsqu'elles en prennent conscience, elles n'hésitent pas à tout bouleverser et assument leur choix.
    Eric-Emmanuel Schmitt nous offre une très belle analyse des pensées féminines, avec les réponses que chacune tente de trouver dans sa quête : la nature et l'amour absolu des autres pour Anne, la psychanalyse et l'écriture pour Hannah, les drogues et le jeu cinématographique pour Anny, et où chacune peut s'abstraire d'elle-même et être cette autre, envers d'elle-même dans le miroir.
    Les trois époques sont bien retracées mais j'ai un faible pour Anne de Bruges, à la fois parce qu'elle est à l'origine de tout, mais aussi pour Bruges, cette ville magique et son béguinage. Je revois le lieu, si paisible, arboré, entouré d'eau où cygnes et canards glissent dans le paysage et participent à l'atmosphère de calme et de sérénité.
    Il faut pratiquement arriver à la 400è page pour découvrir le lien entre les trois vies, mais c'est bien vu, alors pas d'impatience ! Juste le plaisir de savourer l'écriture de l'auteur, tellement cela coule, fluide, envoûtant, et d'apprécier ses maximes : *La réalité, c'est le rêve qui revient le plus souvent. (p.311) *Un don, c'est exécuter spontanément ce que les autres doivent apprendre. (p.331) *être riche, c'est se débarrasser du souci de l'argent. *Le pire côtoie le meilleur, tout se vaut sans que rien ne vaille.
    Une lecture de rentrée à ne pas manquer, que je vous recommande vivement.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par argali le 30/11/2011


    J'avais commencé ce livre et lu la 1e partie quand je suis allée à la conversation littéraire de ma librairie, pour y rencontrer Eric-Emmanuel Schmitt.
    J'ai donc laissé dormir volontairement ce roman afin de reprendre ma lecture, vierge de souvenirs (ou presque). Je souhaitais ne pas être influencée par ce que j'avais entendu ce soir-là sur les héroïnes. Mais la mémoire est plus fidèle qu'on ne le pense et il suffit parfois d'une expression, d'une phrase pour qu'elle remette au premier plan, une idée de l'auteur.
    Mon billet sera donc mon avis mais il se peut que l'influence de l'auteur s'y mêle à mon corps défendant.

    Elles sont trois. Trois femmes d'époques différentes. Mais elles ont en commun d'être belles et de se sentir prisonnières de ce physique qui scelle malgré elles leur destin. Chacune est forte et fière et refuse de voir sa vie conditionnée par son image.
    A première vue, rien ne les lie. Mais en y regardant bien, elles ont beaucoup de traits communs.

    Ce sont des femmes, des épouses, des mères exemplaires, admirées. Mais elles rejettent le destin dessiné par les autres pour trouver leur propre place, leur propre chemin dans ce monde. Elles sont douces, aimantes, attentives aux autres mais n'acceptent pas de se définir par rapport à l'homme. On pourrait dire d'elles « qu'elles ont tout pour être heureuses » et pourtant, elles ne le sont pas.
    Aux prises avec leur époque, les conventions, les contraintes qu'on leur impose, elles n'ont de cesse de gagner leur liberté. Y arriveront-elles ?
    Se choisir « soi » plutôt que d'être « selon les autres », c'est prendre le risque de décevoir, de blesser, de déplaire. Pourront-elles assumer ces risques ?

    J'ai été emportée par ces trois destins de femmes si bien mis en mots. Quelle que soit l'époque, elles sont nos contemporaines, nos proches. Qui mieux que nous peut comprendre ces femmes ? A une époque où le paraître prend le pas sur l'être, où la beauté est la norme absolue, où les magazines trichent pour rendre les belles femmes sublimes, il est bon de voir des femmes intelligentes y renoncer pour gagner en indépendance, en naturel.
    En lisant, je pensais à Jeanne Moreau, Simone Signoret ou Brigitte Bardot qui ont lutté contre l'enfermement de leur statut de sex-symbol. C'est courageux d'accepter la vieillesse, ses rides, ses cheveux gris… Combien n'ont pas ce courage ? le courage de quitter le chemin tracé par les autres. Ce jeunisme à tout crin.
    L'estime de soi ne passe pas par le miroir. Il fallait oser le dire. Eric-Emmanuel Schmiit l'a joliment écrit. Et venant d'un homme, cela fait du bien.

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par fleurdusoleil le 04/10/2011


    Conquise par l'écriture poétique et philosophique d' Eric-Emmanuel Schmitt, j'attendais ce nouveau roman avec fébrilité. Tout en finesse et simplicité, les mots de cet auteur ont un impact foudroyant sur l'âme de ses lecteurs. Ils transcendent le quotidien, ils magnifient la banalité et font de nos vies sans intérêts de grands moments de béatitude.
    La femme au miroir, quête initiatique et spirituelle, nous entraine dans la vie de trois femmes différentes mais oh combien similaires. Se sentant différentes de leurs contemporaines, elles recherchent frénétiquement le sens profond de leur existence et luttent contre les codes respectifs de leurs époques. Acculées par des obligations instituées par la société, elles rejettent le rôle de femmes qui leur est imposé. Pourquoi devraient-elles n'être simplement que des épouses, des mères ou des trophées pour la gente masculine. Est-ce que leur venue sur Terre se résume à cette superficialité ? Ne pourraient-elles pas être destinées à tout autre chose ? Anne se sent entière auprès de la nature. Elle communie avec elle et s'épanouit au contact des animaux. Hanna, jeune aristocrate excentrique vit le mariage parfait mais ne se sent pas femme auprès de Franz. Sa vie à Vienne est une prison dorée et l'étouffe chaque jour un peu plus. Au plus profond de sa détresse, elle entend parler d'un certain Sigmund Freud et de la psychanalyse. Quant à Anny, star d' Hollywood, vit depuis son enfance au travers de ses personnages. Elle abuse des drogues, de l'alcool et multiplie les amants de passage pour oublier secrètement la femme qui est en elle. Jusqu'au jour où un jeune infirmier entre dans sa vie.
    Ces trois femmes vivent à des époques différentes mais leur destin est lié. Car dans le miroir, elles voient toutes la même chose : l'incompréhension. Faces à leur reflet, elles ne se voient pas réellement, ne distinguent qu'une enveloppe corporelle malléable et étrangère à leur âme. Qu'elles s'appellent Anne, Hanna ou Anny, elles poursuivent un but commun : leur ego.
    Au fil des pages, leurs vies vont se croiser, se décroiser dans un univers intemporel et dans chaque histoire nous retrouvons toujours le reflet de cette femme soumisse aux exigences de la société.

    Bref, ce nouveau chef d'oeuvre d'Eric-Emmanuel Schmitt est un vraiment bouleversant. il est empreint de douceur et de spiritualité où la femme est encore une fois au centre de la vie.


    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/10/la-femme-au-miroir-eric-..

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par canel le 18/08/2011


    Trois époques, trois jeunes femmes d'une vingtaine d'années.
    - Anne : jeune vierge illuminée dans le Bruges de la Renaissance, elle a l'étoffe d'une future sainte et l'âme d'une poète.
    - Anna : épouse oisive d'un bourgeois viennois au début du XXème siècle, elle tâtera de la nouvelle thérapie en vogue dans son milieu - la psychanalyse.
    - Anny : actrice pailletée hollywoodienne d'aujourd'hui. Elle est somptueusement belle et attirante, et, comme il se doit, alcoolique, droguée, nymphomane.

    La problématique est intéressante : l'angoisse féminine à travers les âges, jugulée à l'aide de la spiritualité, de la psychanalyse, ou des psychotropes (alcool, drogues) selon les époques. La forme, en revanche... Tirades mystico-philosophico-illuminées dans la forêt d'Anne, poncifs et clichés à gogo pour Anny qui cache une belle âme sous ses dehors de décervelée brûlant la chandelle par tous les bouts. Seule Anna et ses névroses m'ont un peu intéressée. Je suis restée très sceptique sur plus de la première moitié de l'ouvrage, j'ai failli abandonner, me demandant pourquoi l'auteur n'avait pas opté pour trois nouvelles distinctes. J'ai eu la réponse à la fin, avec une pirouette artificielle et lourdaude qui ne m'a pas convaincue. Bon, malgré tout, le roman se lit facilement et vite, même si on grince des dents sur les grosses ficelles, et si l'on a la nostalgie du génie de l'auteur dans ses pièces du début (Variations énigmatiques, Petits crimes conjugaux...).

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



  • Par LecottagedeMyrtille le 14/03/2012


    C'est un très beau roman, pour moi assez atypique dans l'œuvre d'Eric-Emmanuel Schmitt pour des raisons que je ne saurais pas trop expliquer, peut-être par son thème, le portrait émouvant de trois jeunes femmes à travers les siècles.



    Nous suivons en parallèle trois destins de femmes inscrits dans des époques et des lieux différents, Anne de Bruges à la Renaissance, Hanna à Vienne, au début du XX° siècle et enfin Anny, de nos jours, à Hollywood... Anne et Hanna refusent toutes deux la condition d'épouse et de mère qu'on tente de leur imposer ; Anny vit dans un cage dorée, dans la démesure et les addictions, finalement insatisfaite de son existence et de ses choix de carrière.



    Les parcours d'Anne et Anny sont menés à la 3° personne tandis que Hanna s'exprime à la première personne dans des lettres adressées à son amie et mère de substitution Gretchen, qui constituent peu à peu une sorte de journal. Cette alternance de procédés permet de varier les approches et donc de relancer l'intérêt du lecteur d'un chapitre à l'autre. Si le narrateur nous délivre ses commentaires sur Anne et Anny, en revanche, nous ne connaissons d'Hanna et de son entourage que ce qu'elle veut bien nous confier et ce qu'elle perçoit d'elle-même et des autres.

    L'écriture toujours limpide de l'auteur met en valeur les méandres des interrogations qui agitent ces trois femmes si différentes en apparence, et finalement émues par les mêmes incertitudes.



    J'ai beaucoup apprécié le personnage d'Anne, son attrait pour la nature, son refus, probablement atypique, de la condition toute tracée des femmes à l'époque et sa foi pure, en communion avec une sorte de dieu-tout, bienfaisant et proche des hommes. J'ai apprécié également le personnage d'Hanna et son ressenti sur la pression familiale et sociale qui exige de toute femme qu'elle « donne » des enfants à son mari ; l'investigation psychanalytique, évidemment sous-tendue par le choix de l'époque et du lieu, donne un point de vue intéressant, voire cocasse, sur la réception des premiers traitements. J'ai moins d'affinités en revanche avec le personnage d'Anny, qui évoque irrésistiblement les jeunes stars en mal de repères qui font la une des magazines de potins, bien que ce choix donne lieu à des commentaires savoureux sur le milieu hollywoodien, avec notamment l'évocation de la chirurgie esthétique et de ses aléas (« visage couturé », « Sac-Vuiton »). Cependant, ce qui pouvait me déplaire en elle est « racheté » par une fin aussi surprenante qu'émouvante.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par CyrielF le 17/04/2012


    Autant être honnête tout de suite : je n'ai pas été aussi emballée par ce roman que je l'avais pensé au départ. L'histoire me plaisait, car je suis très sensible aux questionnements identitaires et aux personnages féminins forts, mais j'ai été déçue sur plusieurs points.
    Je n'ai accroché avec aucune des trois héroïnes, qui m'ont toutes agacée. Anne de Bruges est une jeune fille un peu illuminée qui s'enfuit le jour de son mariage forcé et qui se découvre une passion pour la nature. Après quelques péripéties et la rencontre cruciale d'un moine singulier, elle devient la sainte de Bruges, celle qui apaise tous les esprits et qui fait des miracles. Elle passe des heures en communion avec la terre et les arbres, et elle écrit des poèmes parlant de Dieu, sans savoir qu'elle parle de Dieu. Hanna de Vienne est le personnage que j'ai préféré : elle explore la psychanalyse après s'être rendue compte qu'elle n'était pas heureuse dans son mariage. C'est celle que j'ai trouvé la plus terre-à-terre, la moins énervante, elle a la tête sur les épaules. Quant à Anny Lee, l'actrice, je l'ai détestée ! Accro à toutes les drogues existantes et aux coups d'un soir, elle n'en fait qu'à sa tête et je l'ai trouvé odieuse. Ces trois femmes ont beaucoup de points communs : elles ne se sentent pas à leur place et aspirent à une vie meilleure, elles finissent pas défendre leurs idées et à prendre leur envol, mais cette partie ne survient qu'à la fin du roman. C'est pour cela que je me suis ennuyée à le lecture des 30 premiers chapitres. Ces trois femmes ont également en commun le comportement addictif et passionnel, qui manque de les mener à leur perte.
    La femme au miroir constitue 3 récits en un : le roman roule sur un algorithme de 3 chapitres, celui d'Anne, celui d'Hanna, et enfin celui d'Anny, puis on revient à l'histoire d'Anne, etc. Certains apprécieront ces coupures dans les aventures de chaque personnage, mais moi j'ai souvent perdu le fil, ce qui m'a valu de devoir plusieurs fois retourner en arrière pour retrouver ce qui s'était passé.
    De plus, à a lecture de la quatrième de couverture, j'imaginais quelque chose de fantastique, genre découvrir qu'en fait ces trois femmes ne sont qu'une et qu'elles voyagent au travers d'un miroir, ou quelque chose comme ça (oui, j'ai beaucoup d'imagination...) mais pas du tout ! J'ai été assez déçue de la chute, surtout après avoir laborieusement lu quelques 400 pages...
    J'ai quand même réussi à trouver des points positifs à ce roman (si si, je vous jure !) : c'était ma première expérience avec Eric-Emmanuel Schmitt, et j'ai aimé son style d'écriture, les chapitres se lisent rapidement et facilement quand on est pris dans l'histoire. J'ai également apprécié quelques uns des personnages secondaires qui, selon moi, transmettent plus d'émotions et de leçons que les personnages principaux.
    Au final, je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai trouvé La femme au miroir mauvais, mais ce qui est certain c'est que je ne l'ai pas trouvé extraordinaire non plus ! J'espère quand même ne pas décourager trop de gens, car je sais que beaucoup de lecteurs l'ont apprécié ;)


    Lien : http://tetedelitote.canalblog.com/archives/2012/04/17/24031812.html

    critique de qualité ? (6 votes positifs)






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