ISBN : 2226229868
Éditeur : Albin Michel (2011)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.67/5 (sur 91 notes) Ajouter à mes livres
Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale du début du siècle, Anny Lee à Los Angeles de nos jours. Trois destins, trois aventures singulières, trois femmes infiniment proches tant elles se ressemblent par leur sentiment de différence e... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 02 septembre 2011

    brigittelascombe
    Trois romans en un. Un roman à trois voix.
    Mais une seule et même affirmation:"Je me sens différente".
    Trois époques et trois femmes "différentes".
    Bruges à l'époque de la Renaissance.Anne fiancée à Philippe se voit offrir deux miroirs.Elle fuit au dernier moment, "Anne devinait que le bonheur se cachait derrière un arbre tel un lapin,elle voyait le bout de son nez,elle percevait sa présence,son invite,son impatience" et refuse le saucissonage vengeur d'un fiancé décidé à la soumettre.
    Vienne impériale.
    Hanna, elle aussi va murmurer "Je crains d'être différente".
    Par lettres,elle confie à Gretchen son ressenti durant sa nuit de noces, subie comme un "cours de gymnastique" et face à la glace lorsque chaque matin "elle se déguise en dame" avec jupon,corset et lacets.
    "Son désir me fascine sans me déranger, je ne le partage pas".
    Le Red and blue une boite branchée du Sunset boulevard.Epoque contemporaine.
    "C'est quoi cette pute?" s'effraie Anny, la star saoule de saoule, en contemplant son reflet dans la glace.
    Dire qu'elle a couché avec presque tous les garçons présents!
    "Suis-je un bon coup?" continue-t-elle.
    Dés le début Eric Emmanuel Schmitt ensorcelle ses lecteurs car bien que les trois ambiances, tons et langages soient dissemblables, les histoires s'imbriquent puisque s'alternent les passages successifs,portes ouvertes sur la vie.Tout s'enchaine,tout se suit.
    Breaucoup d'interrogations sur le désir,le plaisir,l'égalité homme et femme.
    Quel que soit leur parcours, la première qui sait lire le coeur des hommes et l'esprit des animaux, plus mystique, évoluera entre deux images, celle qu'elle est et celle qu'elle donne à voir.
    Sainte ou sorcière?
    La deuxième s'intéresse à l'orgasme,à la psychanalyse.Est-elle "la spectatrice d'elle même" ou la disciple de Freud qui agit et mène sa vie tambour battant?
    La troisième, actrice, "consolidée par chaque coup de pinceau du maquilleur" vivra-t-elle sa vraie vie ou celle de ses rôles?
    Et là intervient le talent d'Eric Emmanuel Schmitt, le petit plus qui lie tous les ingrédients d'une excellente recette, le lien qui relie les trois femmes en une,pour leur offrir une âme commune, du grand art de grand chef!
    Petit rappel:Eric Emmanuel Schmitt, auteur français à succés,romancier,nouvelliste,dramaturge essayiste contemporain, obtenteur de nombreux prix est connu entre autres pour:Oscar et la dame en rose,Le sumo qui ne voulait pas grossir,La rêveuse d'Ostende...
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
  • Par Aela, le 20 avril 2012

    Aela
    Trois femmes. Trois destins. Trois femmes "différentes", en marge de leur époque, trois femmes que rien ne rapproche a priori, ni l'époque, ni les lieux, ni le milieu social. Et cependant, un lien va les réunir bien plus tard.
    Qu'ont-elles en commun?
    Juste cette phrase par laquelle le roman commence:
    - Je me sens différente.
    Différente, Anne de Bruges va l'être en effet. Elle va renoncer à un destin tout tracé, d'épouse d'un bourgeois honnête dans les Flandres du XVème siècle pour connaître un parcours qu'elle a choisi, entre le mysticisme et la communion avec la nature, pour s'installer un temps dans le célèbre béguinage de Bruges, un des premiers lieux "féministes" qui aient jamais été créés pour accueillir les femmes en une époque difficile pour elles.
    Hanna aussi va vivre totalement en rupture avec son milieu d'origine: celui de la haute aristocratie viennoise du tout début du 20ème siècle.
    Elle aussi va renoncer au destin tracé pour elle: le mariage avec un riche artistocrate, pour se découvrir elle-même et se lancer dans la psychanalyse, d'abord en tant que patiente et ensuite en tant qu'analyste.
    Enfin Anny, la jeune star hollywoodienne, tranche un peu dans ce portrait de femmes. Sa psychologie et ses aspirations semblent à première vue moins complexes, elle s'inscrit parfaitement dans son milieu: celui de Hollywood, dont elle épouse toutes les ambitions et aussi... tous les vices: drogue, alcool, sexe à outrance..
    Et enfin, le fil qui va relier ces trois femmes si attachantes.. mais je ne vais pas le dévoiler, ce serait trop dommage.
    C'est un magnifique portrait de femme que nous livre Eric-Emmanuel Schmitt, portrait par trois voix interposées, qui s'entremêlent et se rejoignent à la fin.
    C'est aussi un roman philosophique et une superbe réflexion sur la femme et le destin des femmes qui refusent le rôle que leur imposent les hommes.
    Trois époques, trois femmes.. mais au final c'est la victoire de la Femme.
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 30 novembre 2011

    argali
    J'avais commencé ce livre et lu la 1e partie quand je suis allée à la conversation littéraire de ma librairie, pour y rencontrer Eric-Emmanuel Schmitt.
    J'ai donc laissé dormir volontairement ce roman afin de reprendre ma lecture, vierge de souvenirs (ou presque). Je souhaitais ne pas être influencée par ce que j'avais entendu ce soir-là sur les héroïnes. Mais la mémoire est plus fidèle qu'on ne le pense et il suffit parfois d'une expression, d'une phrase pour qu'elle remette au premier plan, une idée de l'auteur.
    Mon billet sera donc mon avis mais il se peut que l'influence de l'auteur s'y mêle à mon corps défendant.

    Elles sont trois. Trois femmes d'époques différentes. Mais elles ont en commun d'être belles et de se sentir prisonnières de ce physique qui scelle malgré elles leur destin. Chacune est forte et fière et refuse de voir sa vie conditionnée par son image.
    A première vue, rien ne les lie. Mais en y regardant bien, elles ont beaucoup de traits communs.

    Ce sont des femmes, des épouses, des mères exemplaires, admirées. Mais elles rejettent le destin dessiné par les autres pour trouver leur propre place, leur propre chemin dans ce monde. Elles sont douces, aimantes, attentives aux autres mais n'acceptent pas de se définir par rapport à l'homme. On pourrait dire d'elles « qu'elles ont tout pour être heureuses » et pourtant, elles ne le sont pas.
    Aux prises avec leur époque, les conventions, les contraintes qu'on leur impose, elles n'ont de cesse de gagner leur liberté. Y arriveront-elles ?
    Se choisir « soi » plutôt que d'être « selon les autres », c'est prendre le risque de décevoir, de blesser, de déplaire. Pourront-elles assumer ces risques ?

    J'ai été emportée par ces trois destins de femmes si bien mis en mots. Quelle que soit l'époque, elles sont nos contemporaines, nos proches. Qui mieux que nous peut comprendre ces femmes ? A une époque où le paraître prend le pas sur l'être, où la beauté est la norme absolue, où les magazines trichent pour rendre les belles femmes sublimes, il est bon de voir des femmes intelligentes y renoncer pour gagner en indépendance, en naturel.
    En lisant, je pensais à Jeanne Moreau, Simone Signoret ou Brigitte Bardot qui ont lutté contre l'enfermement de leur statut de sex-symbol. C'est courageux d'accepter la vieillesse, ses rides, ses cheveux gris… Combien n'ont pas ce courage ? le courage de quitter le chemin tracé par les autres. Ce jeunisme à tout crin.
    L'estime de soi ne passe pas par le miroir. Il fallait oser le dire. Eric-Emmanuel Schmiit l'a joliment écrit. Et venant d'un homme, cela fait du bien.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par ballad, le 13 mai 2012

    ballad
    D'ordinaire, je fais confiance à cet auteur qui déploye souvent dans ses œuvres une dimension humaniste qui dépasse la fiction, et où je me retrouve. La construction de ce roman en trois époques fragmente la lecture, ce qui maintient le suspense, et les trois portraits de femmes, tout en restant captivants et riches, sont très approfondis avant de se rejoindre un peu tard dans les dernières pages, là où le franc tombe et où l'on comprend l'objectif ultime du récit. Malgré tout, on remarque que la lecture a été agréable grâce aux petits rebondissements réguliers du récit, et à notre attachement aux trois femmes à la fois fortes et fragiles, exploratrices de l'inconscient ou bien mystiques proches de la nature, excentriques, saintes ou diablesses. Beaucoup de sujets intéressants agrémentent le récit de ces destins féminins pas comme les autres, comme par exemple la description de la vie des béguines au Moyen-âge pour Anne de Bruges, le milieu artistique du cinéma pour Anny et les détails d'une cure psychanalytique pour Hannah au début du siècle.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par PLUMAGILE, le 15 septembre 2011

    PLUMAGILE
    Très, très beau roman.
    Ces trois femmes dont on suit les histoires en parallèle, vivent une autre vie que celle à laquelle elles aspirent. Elles se sentent « différentes », ne veulent pas donner ce que l'on attend d'elles : une vie de couple, des enfants…. et sont à la recherche de leur réalité, de leur vérité ; lorsqu'elles en prennent conscience, elles n'hésitent pas à tout bouleverser et assument leur choix.
    Eric-Emmanuel Schmitt nous offre une très belle analyse des pensées féminines, avec les réponses que chacune tente de trouver dans sa quête : la nature et l'amour absolu des autres pour Anne, la psychanalyse et l'écriture pour Hannah, les drogues et le jeu cinématographique pour Anny, et où chacune peut s'abstraire d'elle-même et être cette autre, envers d'elle-même dans le miroir.
    Les trois époques sont bien retracées mais j'ai un faible pour Anne de Bruges, à la fois parce qu'elle est à l'origine de tout, mais aussi pour Bruges, cette ville magique et son béguinage. Je revois le lieu, si paisible, arboré, entouré d'eau où cygnes et canards glissent dans le paysage et participent à l'atmosphère de calme et de sérénité.
    Il faut pratiquement arriver à la 400è page pour découvrir le lien entre les trois vies, mais c'est bien vu, alors pas d'impatience ! Juste le plaisir de savourer l'écriture de l'auteur, tellement cela coule, fluide, envoûtant, et d'apprécier ses maximes : *La réalité, c'est le rêve qui revient le plus souvent. (p.311) *Un don, c'est exécuter spontanément ce que les autres doivent apprendre. (p.331) *être riche, c'est se débarrasser du souci de l'argent. *Le pire côtoie le meilleur, tout se vaut sans que rien ne vaille.
    Une lecture de rentrée à ne pas manquer, que je vous recommande vivement.
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Critiques presse (5)


  • Lexpress , le 03 novembre 2011
    A travers ces trois destins singuliers, Eric-Emmanuel Schmitt explore la culpabilité, l'aliénation, le sentiment de ne plus s'appartenir. Il tisse un lien invisible entre les personnages mais, surtout, entre les époques. Une mystique de l'amour à laquelle il importe peu d'adhérer se dégage de ce roman remarquablement construit.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 28 septembre 2011
    Sain­te et sorcière, brillante mondai­ne convertie à la psychanalyse, star déjantée : les trois héroïnes sulfureuses se réuniront magiquement grâce à l'admiration généreuse que porte visiblement l'écrivain au deuxième sexe.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LesEchos , le 06 septembre 2011
    Eric-Emmanuel Schmitt n'écrit pas en mineur. Son livre palpite en mode majeur, simple, carré. Ses tableaux sont vifs, colorés, parfois un peu naïfs.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 29 août 2011
    Le récit, comme le livre tout entier, se transforme ainsi au fil de sa plume en un remarquable manifeste de mentir-vrai romanesque, élégant et sans concessions.
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  • Lexpress , le 14 août 2011
    De retour à la forme romanesque, après des recueils de nouvelles et un livre consacré à Beethoven, Eric-Emmanuel Schmitt signe un étonnant plaidoyer en faveur du beau sexe, de ses failles et de ses forces.
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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 20 avril 2012

    Je visitais la Belgique avec Ulla, une amie de Zurich qui enseigne l'histoire à l'école secondaire de filles.

    Nous venions de parcourir la riche Wallonie et, par contraste, la Flandre nous semblait pauvre, sauf quand Anvers nous dévoila ses splendeurs et que, par la suite, ce bijou de Bruges nous accueillit le long de ses canaux.

    Alors que nous n'avions plus guère de temps, Ulla tint à passer au béguinage.
    Pour que tu comprennes cette insistance, je dois te préciser qu'Ulla milite pour la libération des femmes, contestant le rôle accessoire que la société nous octroie depuis des siècles.

    Selon Ulla , les béguines ont été les premières femmes émancipées du Moyen Age, puisqu'elles avaient conçu un modèle de vie autonome , sans faire couple, sans fonder famille.
    Elles échappaient aux modèles ordinaires - mariage, maternité, veuvage, galanterie - et rêvaient au-delà des couches et des draps souillés.
    Organisées en communauté non religieuse, elles offraient un modèle alternatif dans ces temps de domination masculine.
    D'ailleurs , très vite,les mâles s'en étaient pris à elles; plus d'une fois ils attentèrent à leur mode de vie, voire le supprimèrent.
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  • Par ballad, le 13 mai 2012

    Comme d’habitude, les trottoirs grouillaient de vieux et vieilles hippies, d’athlètes torse nu, d’éphèbes arc-boutés sur leur skate, de nymphettes nourries au Coca-Cola qui menaçaient d’exploser les coutures de leur jean. A cette population locale se mêlaient des touristes, Japonaises aux jambes raides, Français à l’anglais laborieux, Latinos très à l’aise, Allemands en nage et Britanniques au bord de l’apoplexie.
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  • Par LecottagedeMyrtille, le 13 mars 2012

    Pourquoi a-t-on inventé le cinéma ? Pour persuader les gens que la vie a la forme d'une histoire. Pour prétendre que, parmi tous les événements désordonnés que nous subissons, il y a un début, un milieu, une fin. Ça remplace les religions, le cinéma, ça met de l'ordre dans le chaos, ça introduit de la raison dans l'absurde.
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  • Par Aela, le 20 avril 2012

    Je me vois comme un minuscule maillon d'une chaîne infinie, et cette place infime me suffit; mieux elle me comble; à ma microscopique échelle, je participe au vaste cycle, je m'insère dans le cosmos, je le perpétue. C'est si commode, en fait, de mener à bien mon travail de femme: je donne la vie après l'avoir reçue, et plus tard j'en deviendrai la gardienne jusqu'à ce qu'elle me quitte...
    La vie m'a précédée, la vie me succédera mais durant la période de mon existence, la vie a besoin de moi.
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  • Par Aela, le 20 avril 2012

    Sans doute n'avait-elle jamais été aussi heureuse..

    Depuis qu'elle avait rejoint les béguines, Anne s'épanouissait. Habiter avec des femmes qui acceptaient - voire recherchaient - un destin d'exception l'encourageait à tracer son chemin.

    Oui, on pouvait se donner d'autres buts que balayer, subir la domination du mâle, pondre des enfants et les torcher; celles qui l'entouraient, qu'elles vinssent de l'aristocratie ou des quartiers pauvres, l'entendaient ainsi.

    Le béguinage de Bruges constituait une ville accotée à la ville. Encerclé d'eau, accessible aux canards et aux cygnes plus aisément qu'aux hommes, il s'érigeait telle une île au milieu des maisons.
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Vidéo de Eric-Emmanuel Schmitt


Mr Ibrahim et les fleurs du Coran d'Eric-Emmanuel Schmitt
Extrait vidéo de la représentation théâtrale








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