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Critiques sur Une journée d'Ivan Denissovitch (15)


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    • Livres 5.00/5
    Par Hahasiah le 22/03/2012


    Mon père m'a offert ce livre il y a déjà quelques années en me disant : "Tu vas voir, il ne se passe rien mais c'est remarquablement écrit".
    J'étais peu enthousiaste à l'idée de commencer ce livre...Un énième livre sur les goulags...J'ai oublié de préciser que mon père est féru d'histoire et que je préfère m'adonner, en général, à d'autres lectures.
    Je dois avouer aujourd'hui que j'ai été saisie par la puissance d'écriture de Soljenitsyne et par son don du "racontage". Il réussit, au travers de cette oeuvre, à nous plonger au coeur d'un goulag et à nous faire partager le quotidien sordide de ses prisonniers. 
    Le personnage de Choukhov, sa volonté de survivre et de faire "durer" ce bout de pain, unique ration journalière, demeurent l'un de mes souvenirs de lectures les plus vivants.

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par SimoneDracip le 20/05/2012


    Où et quand qu'il soit, un camp de concentration reste et restera un camp de concentration. Je retrouve dans les descriptions du Primo Levi ou du Georges Semprun. Particulièrement pour tout ce qui a rapport à la nourriture, son manque, la façon de tromper la faim. Également, des similitudes dans cette soif de vivre coûte que coûte, à force de débrouille. Encore, dans cette solidarité / individualisme forcené pour tirer son épingle du jeu.
    Après, les rouages politiques qui ont conduit ces russes au goulag me rappellent plus l'absurdité kafkaïenne : les peines se rajoutent aux peines, sans explication. Les anciens soldats sont là parce qu'ils ont eu le malheur d'être fait prisonniers par les allemands. Chacun a avoué un espionnage inexistant pour fuir l'absurdité du système stalinien où tout le monde est coupable.
    Un livre édifiant, qui comme tous les témoignages admirablement écrits permet d'effleurer l'enfer qu'ils ont vécu. Ici, la force est dans cette journée unique qu'on imagine se répéter à l'infini.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe le 16/08/2011


    "Une journée de passée.Sans seulement un nuage.Presque du bonheur."
    Voilà la philosophie d'Ivan Denissovitch qui a perdu jusqu'à son nom dans l'enfer clos et absurde du camp de travail forcé de la steppe kazakhe.
    Il est Choukov pour ses compagnons d'infortune, il est Matricule CH-854 pour le Tartare qui lui colle trois jours de mitard pour non réveil en cadence, il est vermine,ordure ou cochon pour le corps de garde dont il lave le plancher à grande eau.
    "Merci chef !"
    Il sourit de toute sa bouche édentée par le scorbut lorsque le cachot lui est épargné.
    Faut ouvrir l'oeil! Faut pas se faire remarquer par les salauds!
    Celui qui était un simple paysan de la Russie centrale, deuxième classe condamné pour un espionnage imaginaire à dix ans de bagne, de peur,de froid et de famine, a appris à ses dépens que la survie dans le camp est plus dure que sa vie d'avant, cette douce vie où il travaillait pourtant dur pour élever sa famille.
    Faut trimer pour garder sa dignité malgré l'onglée,les douleurs,la fièvre! Faut marauder un peu de sucre,un bout de pain, un mégot et le planquer dans un trou de sa paillasse pour en ressortir une once de bonheur!
    Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne, qui a vécu onze ans de captivité(de 1945 à 1953) a transmis là un témoignage de la vie des camps sans toutefois parler de sa propre vie,il a su créer un chef d'oeuvre mondialement connu (bien que censuré au départ) avec l'ordinaire d'un bagnard.C'est cet ordinaire où le fouet et le nom de Staline sont juste évoqués qui fait ressortir l'horreur de la situation et l'injustice de la condamnation.
    Nommer l'indicible,dévoiler le caché,décrier l'abject, ce livre, appartenant au mouvement littéraire des années 1960, a sonné comme une délivrance pour ceux qui ont vécu et survécu dans ces camps de travail forcé.
    Les phrases de Soljenitsyne, courtes, émaillées d'argot et de patois russe parlent vrai et accordent encore plus de crédit au récit.Pas de chapitre,pas de souffle,pas de repos ! On les vit ces 17 heures longues et courtes à la fois!
    Ses mots nous touchent.
    C'est tout un pan d'histoire du XX° siècle et une philosophie que transmet ici l'auteur.
    On ne peut qu'admirer le stoïcisme de Choukov, qui prend son petit bonheur du jour dans un quignon de pain rassis,et s'incliner devant sa bonté d'âme alors qu'il ne croit pas en Dieu mais offre sa galette au baptiste Aliocha en prière.
    "Donnez nous notre pain quotidien!"
    Serait il un chrétien charitable ce sans foi dont la loi du coeur est plus forte que la raison?
    Un livre superbe et une belle leçon de courage et de vie!
    Ont suivi Le pavillon des cancéreux,L'archipel des goulags,Le premier cercle. Les chroniques et romans de Soljenitsyne,écrivain soviétique réhabilité en 1957 dénoncent le stalinisme et les atteintes aux droits de l'homme en URSS.
    Déchu de la citoyenneté soviétique et expulsé de son pays en il s'exila aux Etats Unis de 1974 à 1994.Il a obtenu le prix Nobel en 1970.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan le 18/09/2010


    Au Goulag , rien ne vous est epargné !!! Les brimades se suivent sans repit , le but ultime etant bien sur de vous casser , de vous briser afin que votre volonté soit aneantie , lavée de tout residu anti-patriotique faisant ainsi de vous un homme neuf , fidele aux idees du Soviet Supreme.

    Livre glaçant s'il en est..( sans vilain jeu de mot car bosser par -30 , a moins d'etre un ours polaire..) Une fois l'effort d'immersion accompli ,rendu delicat par la redaction argotique de ce recit d'epoque et qui a necessité , pour ma part , un petit temps d'adaptation , l'on se prend d'affection pour Choukhov , et sa resignation ( comment ne pas l'etre) s'apparentant souvent a une certaine philosophie de vie (de survie serait plus appropriée ).

    La faim , le froid , les maladies , les embrouilles entre prisonniers , et ces comptages qui n'en finissent pas sont ainsi le lot journalier , mensuel , annuel..de ces "reeduques" qui , pour les plus chanceux , ressortiront libres alors que leurs camarades , eux , le feront les pieds devant.


    Un livre puissant , dur , d'une immense tristesse au regard de toutes ces vies sacrifiees au profit d'un ideal socialisme omnipotent...
    Un livre necessaire...

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Woland le 31/05/2008


    Odin den'Ivana Denissovitcha
    Traduction : Lucia et Jean Cathala

    Que dire de ce court roman, basé sur des faits authentiques, qui valut à son auteur la reconnaissance mondiale ?

    Tout d'abord qu'il fut remarqué en 1961 par le rédacteur de la revue Novy Mir, Alexandre Tvadorvski.

    Puis que celui-ci, comme beaucoup d'autres, estimait qu'il fallait à tout prix, après la dénonciation des crimes staliniens et du culte de la personnalité par les XXème et XXIIème Congrès du Parti communiste soviétique, évoquer les horreurs du goulag de façon plus hardie que les quelques (rares) scènes d'arrestation montrées (de temps en temps) dans tel ou tel film auquel la censure du Parti n'avait pas bronché.

    C'est ainsi que la manuscrit d'"Une journée d'Ivan Denissovitch" finit par se retrouver entre les mains de Vladimir Lébédiev, conseiller principal de Khrouchtchev à la culture. Or, Lébédiev, fait rare chez un politique, aimait la bonne littérature et, sous réserves de quelques menues coupures dans le texte, il se chargea de lire lui-même le texte au Premier secrétaire. Et peu après, le roman fut édité.

    Dans l'oeuvre de Soljenitsyne, ce roman paraît un tour de force. D'abord, il est bref. Ensuite, bien que les événements relatés soient évidemment des souvenirs de l'auteur, celui-ci parvient à prendre - et à conserver - le recul dont rêve tout écrivain hanté par le besoin irrépressible de retracer par écrit les situations les plus douloureuses qu'il a traversées. Enfin, rien qu'en racontant dix-sept heures de la vie d'un zek au goulag, le romancier trouve le moyen d'entraîner son lecteur dans les profondeurs d'un enfer où Les Démons se nomment Routine, Froid, Faim et Peur.

    Pourtant, pas un instant, Soljenitsyne ne tombe dans le mélo sordide. Il ne fait pas pleurer Margot, c'est le moins que l'on puisse dire. La roublardise paysanne dont Ivan Denissovitch Choukhov est bien obligé de faire montre pour survivre dans le camp où il purge sa peine, fait même sourire plus d'une fois le lecteur qui, d'emblée, se sent le frère de cet homme simple, sans grande instruction mais bon ouvrier, à qui une révolution qu'il ne comprend pas (et à laquelle il ne s'intéresse pas vraiment) a volé une partie de son existence pour des raisons aussi absurdes qu'iniques et qui, dans sa misère, réussit à se satisfaire de menues joies et, mieux encore, à partager celles-ci avec moins malin ou moins chanceux que lui.

    Plus qu'à Tolstoï le théoricien, c'est évidemment à Dostoievski que Soljenitsyne fait ici penser. La langue bien sûr, la façon de l'utiliser et la construction du roman appartiennent au XXème siècle mais, par la générosité de la pensée et par la dimension universelle qu'il donne à son Ivan Denissovitch, Soljenitsyne est bien l'héritier de l'auteur des "Frères Karamazov."

    Rien que cela devrait vous inciter à lire "Une journée d'Ivan Denissovitch" - si ce n'est déjà fait, bien sûr. ;o)

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par carre le 05/02/2012


    Ce récit du dissident Soljenitsyne, raconte la vie au quotidien au goulag. On suit Choukov un des détenus de cette vie concentrationnaire ou plutôt la survie dans ce camp ou humiliations, violences, avilissements, tortures sont le lot quotidien de ces hommes que leurs bourreaux s'ingénuent à déshumaniser.
    On pense bien sur au "Si c'est un homme" de Levi.
    Emouvant, éprouvant le texte de Soljenitsyne est malheureusement la preuve de la folie de tout régime totalitaire (la barbarie pour mettre l'homme au pas).
    Un texte qui montre à quoi sert aussi la lecture, témoigner pour ne jamais oublier. A méditer et à faire passer.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



  • Par kathy le 19/10/2011


    La force de son œuvre : Avec "L'archipel du goulag" et "Une journée d'Ivan Denissovitch", Soljenitsyne dénonce l'horreur des camps de travail staliniens. L'écriture est remarquable de sobriété, de fataliste, de gravité mais aussi d'humour.

    Son influence sur le monde : le dissident russe a ouvert les yeux du monde sur les atrocités du régime soviétique.

    Grand écrivain, héritier de la plume pessimiste et tragique des romanciers russes du XIXe siècle, il éveille les consciences des élites (Nikita Khrouchtchev intervient personnellement pour qu'il soit édité) et participe ainsi, à sa mesure, à la glasnost et à la chute du régime. (source l'Internaute Livres)



    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson le 29/06/2011


    La publication de l'ouvrage, bien qu'autorisée par le régime, a eu un fort retentissement, et pour cause, Soljenitsyne, y parle du Goulag, le système concentrationnaire où le régime communiste déportait ses opposants de toute sorte.

    Ce livre se mérite ; il faut savoir prendre le temps et son temps pour l'apprécier mais surtout pour l'apprivoiser. Ce n'est pas tant le style qui est difficile, que le facteur temps qui serait presque un personnage à lui tout seul ; le lecteur rentre dans une autre dimension ; tout se passe à l'échelle de la journée. Alors forcément, cela laisse le temps aux choses et aux personnages.
    En effet, sans être compliqué, Soljénitsyne est fidèle au " style russe ", riche en détails, en petits rien insignifiants qui demande une lecture attentive, une concentration maximum. L'effort vaut la peine. Soljénitsyne avec des mots simples, sobres parvient traduire l'ambiance concentrationnaire du Goulag, des conditions de travail, des difficultés et humiliations en tout genre que les prisonniers subissent.
    Ce livre met en évidence le fatalisme, trait de caractère très russe. On ne sent pas de révolte parmi les personnages, seulement que es choses sont comme cela et qu'il faut les accepter comme elles viennent.
    Et dans cet univers lourd, difficile, froid, l'humour n'est pas en reste.

    « le travail, c'est comme un bâton, ça a deux bouts ; quand on travaille pour des hommes, on en met un coup ; quand c'est pour des cons, on fait semblant. »

    « Une journée de passée. Sans un seul nuage. Presque de bonheur. Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait, d'un bout à l'autre, trois mille six cent cinquante-trois. Les trois de rallonge, c'était la faute aux années bissextiles. »

    Soljenitsyne, après avoir été interdit, emprisonné, banni de son pays, a été réhabilité. Désormais son œuvre est étudié des lycéens russes. J'ai hâte de lire d'autres de ses œuvres, avec notamment l'imposant archipel du Goulag.




    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/06/une-journee-divan-den..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par colimasson le 07/12/2011





    Après Le pavillon des cancéreux, lourd pavé qui s'attachait à décrire chacun de ses personnages dans le moindre détail de ses pensées, grande a été ma surprise de partager une journée avec Ivan Denissovitch.
    Une journée et une centaine de pages devront suffire au lecteur pour s'imprégner de l'univers concentrationnaire des goulags au début des années 1950. A la fresque magnifique et humaine qui s'attardait à détailler les cancéreux du pavillon, ici prévaut l'économie des mots, la distanciation, comme une certaine forme de crainte de l'émotion et du sentiment.
    Ivan Denissovitch est projeté sur le devant de la scène sans que nous ne sachions rien de lui, et après une journée passée en sa compagnie, partageant son quotidien de froid glacial, de famine, de fatigue et de maladie, nous n'en saurons toujours pas davantage (ou si peu) sur son passé ni sur ses valeurs, sur tout ce qui aurait pu le concerner en tant qu'être humain fait d'histoires et de sentiments. Est-ce parce que l'individu est écrasé dans le Goulag que Soljenitsyne refuse de lui donner la moindre singularité ? Les seules caractéristiques qui différencient les prisonniers les uns des autres concernent leurs aptitudes à la survie et à la débrouillardise. Rien à voir avec Le pavillon des cancéreux, qui donnait au moins le droit à ses malades de revendiquer leur passé et leurs sentiments.
    Pour autant que ce style froid et impersonnel traduise à merveille l'inhumanité des Goulags, il m'a rendu ce livre beaucoup plus difficile d'accès que Le pavillon des cancéreux. On a parfois l'impression de lire le planning d'une journée, et même si cette journée est quelque peu particulière puisqu'elle se déroule dans un Goulag, les efforts requis pour ne pas décrocher sont très importants. Et si je suis restée de marbre sur la durée de ma lecture, j'ai toutefois été surprise de me sentir mal à l'aise en tournant la dernière page. La résignation d'Ivan Denissovitch est telle qu'elle ne laisse aucun espoir à l'humanité. La conclusion de ce livre est d'un pessimisme rare et d'autant plus fort qu'il jaillit d'un style journalistique qui tente a priori de rester parfaitement neutre.

    Il faut donc du courage pour entrer dans ce livre, mais il en a fallu certainement davantage à Soljenitsyne pour revenir sur son expérience dans les Goulags. Finalement, le prix à payer pour que tout lecteur puisse s'en imprégner à son tour n'est pas si élevé que ça…


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-une-journee-d-ivan-denissovi..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par patouche le 26/08/2011


    Une journée au goulag décrite avec précision , pratiquement heure par heure.Le regime sovietique vue de l'intérieur dans toute son absurdité et son horreur.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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