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Critiques sur Jours sans faim (55)


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    • Livres 5.00/5
    Par Lolokili le 19/07/2012


    « Jours sans faim »… délicat jeu de mots pour un texte intense abordant ce sujet à la fois médiatique et impénétrable qu’est l’anorexie mentale.

    Premier roman de Delphine de Vigan publié en 2001 sous le pseudonyme de Lou Delvig, « Jours sans faim » s’impose comme un complément logique et opportun au « Rien ne s’oppose à la nuit » qui ne sera pourtant rédigé que dix ans plus tard. Ces deux œuvres s’interpellent admirablement et se complètent l’une l’autre : la mère, la fille, toutes deux en proie à leur mal-être et à leur lutte inégale contre les blessures du passé et leurs fardeaux héréditaires.

    Car Laure, héroïne de ce livre, c’est elle, Delphine de Vigan. Cette toute jeune femme de dix-neuf ans hospitalisée au dernier stade de son anorexie, c’était elle. Ce mal de vivre et ce saisissant combat livré contre et avec son propre corps ont été les siens.

    D’un trait sobre et précis, force et vulnérabilité intensément mêlées, Delphine/Laure évoque sans concession sa maladie et ses symptômes, ne se refusant aucun sarcasme. Elle raconte également ses rencontres – attendrissantes ou fâcheuses – avec ceux qui auront partagé ses trois mois de quotidien hospitalier… visiteurs, malades, personnel soignant, dont le docteur Brunel, « son sauveur » comme elle aime à le nommer.

    Traitée ici, selon l’auteur, comme un thème littéraire à part entière, l’anorexie mentale n’est pourtant pas une lubie d’adolescente inspirée par la mode, ce texte l’exprime brillamment si besoin en était. Jamais, en tout cas, parmi les titres que j’ai pu lire de Delphine de Vigan, son écriture ne m’aura semblé aussi sensible, musicale et percutante. Deux excellentes raisons, à mon avis, de découvrir ce livre essentiel et juste, que l’on soit touché par le sujet… ou pas.


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    • Livres 5.00/5
    Par marina53 le 19/07/2012


    Un récit poignant, d'une rare intensité et sobriété.
    Malheureusement, je ne serai pas objective par rapport à ce témoignage.
    Ayant atteint les limites que son corps pouvait supporter, Laure, jeune fille de 38 kilos, est hospitalisée pendant 3 mois, dans un service de nutrition. Alimentée grâce à une sonde naso-gastrique et aidée par toute une équipe médicale, elle va réapprendre, à son rythme, à écouter son corps et à s'alimenter.
    Une fois passée cette euphorie et cette jouissance de la maîtrise de son corps, une fois diagnostiquée cette maladie, la voie vers la guérison reste un long combat. Et les séquelles, aussi bien physiques que psychologiques, n'en demeurent pas moins contraignantes.
    Delphine de Vigan se met réellement à nu dans ce récit, comparable à un journal intime. Elle a mis des mots sur ses maux et a réussi à nous faire comprendre que l'anorexie mentale est bel et bien une maladie et non un caprice d'adolescentes qui veulent ressembler aux mannequins.
    Un récit prégnant, bouleversant et thérapeutique...
    Une belle leçon de courage...

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    • Livres 4.00/5
    Par fredho le 08/03/2013


    Laure, 19 ans, 36 kg pour 1m75

    Quand se nourrir devient une douleur,
    Quand le ventre vous fait mal,
    Quand votre apparence prend la forme d'un squelette,
    Quand les autres vous regardent avec la peur,
    Quand l'insomnie accompagne vos nuits,
    Quand votre corps prend le contrôle,
    Quand votre vie n'est plus qu'un vide !
    Et quand une réflexion s'impose à vous : Vivre ou mourir !
    Alors que reste-t-il ?
    Le combat

    « Vous n'avez pas besoin de mourir pour renaître ».
    « Se battre contre soi pour comprendre un jour qu'on se bat pour soi ».
    - Docteur Brunel -

    Légère et délicate Laure qui ne cherche pas réellement à mourir mais à disparaître, à s'effacer et vider son corps pour s'envoler...

    Delphine de Vigan se livre à une narration externe dans son roman autobiographique, « Elle » qui porte le prénom Laure, « Elle » hospitalisée, témoigne de sa maladie l'anorexie mentale, de son mal être, des liens affectifs créés à l'hôpital et rend hommage au médecin qui dit-elle lui a sauvé la vie.
    Un récit poignant et plein d'espoir face à l'anorexie, Delphine de Vigan passe un message positif : l'anorexie peut se vaincre mais la guérison passe par le combat.
    « Elle voudrait que ces kilos pris se transforment en armure »

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    • Livres 5.00/5
    Par Symphonie le 11/03/2013


    Dans " JOURS SANS FAIM " la plume de Delphine de Vigan fait encore merveille. Elle a ce don rare de toucher le lecteur par un vocabulaire simple mais qui fait mouche à chaque fois. Elle a une telle manière de tourner parfois en dérision ce fléau qu'est l'anorexie, un univers attirant, séduisant et tellement destructeur à la fois, souvent incompréhensible pour certaines personnes de son entourage. Elle décrit avec justesse le mal être de Laure, ses rapports avec la nourriture, cette lente descente aux enfers et cette vie qui ne veut pas d'elle, qui veut sa peau. Rien n'est omis. Un témoignage intense et bouleversant qui nous propulse dans le monde de " Lanor " ( l'anorexique ) dans celui de sa famille, sa soeur Louise et des ses parents divorcés. Sa lutte pour s'en sortir, alors qu'elle n'y croit plus ou qu'elle ne veut plus. Et pourtant, il lui reste une toute dernière chance, un infime espoir de guérison. Encore faut-il pouvoir l'accepter.
    Delphine de Vigan est passée maître dans l'art d'une écriture peu commune à ce jour. Après rien ne s'oppose à la nuit, No et Moi, entr'autres, sa notoriété n'est plus à faire pour le plus grand plaisir de ses nombreux lecteurs et lectrices.

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    • Livres 4.00/5
    Par zabeth55 le 13/06/2012


    Laura, anorexique, au bout du rouleau, doit choisir entre mourir ou vivre.
    Elle accepte l'hospitalisation.

    Ce livre est une formidable description du combat mené par Laura.
    Les mots sont justes, forts, précis.
    On souffre, on compatit, on comprend.
    Sans jamais tomber dans le pathos, Delphine de Vigan a su donner une vision exacte et poignante de l'état d'anorexie.

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    • Livres 5.00/5
    Par Bonheur_Lecture le 03/04/2014


    « Jours sans faim » : le titre annonce déjà un sujet difficile, une histoire qui risque d'être poignante et sur ce point, je suis loin d'être déçue !

    Dans un premier temps, ce livre a été publié sous un pseudonyme qui était Lou Delvig et maintenant je peux comprendre pourquoi. Cela a dû être extrêmement difficile pour Delphine de Vigan de ce mettre à nue comme elle le fait ici, dans son premier roman, publié en 2001. Difficile de s'accepter, de se dire que l'on est malade, physiquement mais surtout psychologiquement.

    Ici, l'histoire traite de l'anorexie mentale, un sujet que peu de personnes comprennent.
    Effectivement, Laure, 19 ans, pèse alors 36 kg. Elle est à la limite de la mort. Son corps ne la tient plus, et Laure sait qu'elle va devoir faire la décision de sa vie : vivre ou mourir. Comme l'instinct de survie est plus forte chez cette jeune femme, elle décide donc de vivre et accepte l'hospitalisation, afin de reprendre quelques kilos et que son corps redevienne viable.

    Elle nous raconte donc ses 3 longs mois d'hospitalisation, de doute, de peur, d'angoisse. Elle se met à nue complètement, nous racontant tout ce dont elle est capable pour faire croire que tout va bien, ses tricheries pour faire croire qu'elle mange malgré le pacte convenu avec les médecins pour qu'elle trouve le chemin de la guérison.

    Avec des mots simples, Delphine de Vigan, qui est donc Laure dans « Jours sans faim » nous touche en plein cœur. Elle nous emmène totalement dans le monde de ce qu'elle appelle « Lanor » et nous fait comprendre que malgré tout ce que l'on peut penser, on ne choisit pas de devenir anorexique. Elle met des mots, des phrases, des romans sur le mal qui la ronge, elle et sa famille, parce que nous en apprenons beaucoup sur sa famille, sa sœur Louise mais aussi ses parents. Les raisons qu'ils l'ont conduite à devenir une « morte-vivante ».

    J'ai beaucoup aimé ce roman, parce que malgré qu'il traite d'un sujet qui de nos jours est ô combien médiatique, avec des préjugés incroyable comme quoi les jeunes filles deviennent anorexique pour ressembler à tel ou tel mannequin ou encore telle ou telle star, le problème est bien plus profond. le Docteur Brunel lui, l'a bien compris et c'est aussi grâce à lui qu'elle a pu rédiger ce livre, parce que oui, elle s'en est sortie, avec volonté, force et courage !

    Une chose aussi que j'ai apprécié, c'est qu'elle nous montre la réalité des choses. Effectivement, nous apprenons par d'autres personnages que tout n'est pas si simple. Fatia, par exemple, qui 30 ans et qui est anorexique aussi, et qui est hospitalisée avec Laure, n'arrive pas à s'en sortir et qu'elle rechute ou encore Anaïs, une jeune femme qui n'est pas prête à s'en sortir et qui décide de quitter l'hôpital.

    Dans ce premier roman, Delphine de Vigan nous invite à partager son intimité. Des choses dont personne n'ose parler et qui pourtant, peuvent être d'une grande aide pour les personnes qui pensent que rien ne peut les sauver. J'ai l'habitude de dire que le mot « impossible » n'existe pas et ici, encore une fois, Delphine de Vigan me l'a démontré.

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    • Livres 4.00/5
    Par Stemili51 le 22/09/2012


    Un très beau livre de Delphine de Vigan, tout en douceur, ou l'on suit Laure, anorexique, qui est hospitalisée alors que la mort veille, si proche... Tout en douceur, elle réapprend à manger, essaye d'accepter les formes féminines qui apparaissent doucement sur son corps. Elle cherche à comprendre l'origine du problème, a peur de guérir, recule parfois en refusant la guérison. Elle réapprend à vivre doucement, au contact des autres patients. le sujet est difficile à traiter, et pourtant l'auteur amène l'histoire de cette jeune fille tout en douceur, on chemine avec elle, et l'espoir de la guérison, timide, se glisse dans notre esprit petit à petit.

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    • Livres 4.00/5
    Par Litterature_et_Chocolat le 30/12/2011


    Autopsie d'un retour à la vie.
    .
    Habituellement, les récits traitant de l'anorexie s'épanchent sur l'apparition de la maladie, l'installation des symptômes et expliquent avec force de détails les privations, vomissements, exercices physiques et comptages de calories. En témoignent dernièrement Sobibor ou Les vaches de Staline, volontairement effrayants et écœurants, s'appesantissant sur des anecdotes peu ragoûtantes. Jours sans faim est d'autant plus remarquable dans le paysage littéraire actuel qu'il ne recèle ni complaisance, ni auto-apitoiement. Ce livre relate le chemin vers la guérison, sans pour autant masquer la souffrance physique quotidienne : le froid qui s'insinue dans chaque pore, les jambes qui ne parviennent plus à porter les maigres 35 kilos de Laure, la peur de la mort.
    .
    Laure et Delphine de Vigan sont une seule et même personne. Si l'auteur a écrit ce roman, c'est aussi parce qu'elle s'en est sortie : derrière la réalité se cache une lueur d'espoir, un optimisme incroyable qui transforme une situation inextricable en un sinueux périple vers la liberté : liberté de vivre, de manger, de ressentir. Peu importent les raisons qui conduisent les malades dans le service hospitalier qui héberge Laure : ce roman s'attache à décrire la lente guérison, sans chercher à décoder les rouages psychologiques qui mènent à l'anorexie, comme si finalement l'auteur avait réalisé qu'arrivée à un certain point, l'essentiel était de décider de vivre et non de chercher à comprendre.
    .
    Delphine de Vigan a tracé une voie qu'il est agréable d'emprunter : celle d'une littérature vraie sans pathos ni narcissisme, sensible mais exempte d'affectation et se sentimentalisme outrancier. Cela ressemble fort à une main de fer drapée dans un gant de velours.


    Lien : http://litteratureetchocolat.wordpress.com/2011/12/30/jours-sans-fai..

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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson le 15/04/2012


    Publié à l'origine sous un pseudonyme, Jours sans faim paraitra ensuite sous la véritable identité de son auteur. Delphine de Vigan se cache derrière Laure, la narratrice, pour expliquer, son combat contre l'anorexie. Ce texte est court ; l'écriture est incisive, presque précipitée. J'ai perçu dans cette façon d'écrire le souffle de vie qu'il manquait à Laure.
    Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle entre ce premier roman, et le dernier ouvrage de l'auteur. Sa mère y est présente, mais de manière radicalement déférente. Ici Laure va s'attacher à comprendre ce qui l'a amenée à l'anorexie ; sa relation avec sa mère, le passé de sa mère y est pour beaucoup. Dix ans plus tard, c'est un rapport apaisé à la mère. C'est comme un cycle qui s'achève, un niveau départ.
    J'ai apprécié l'absence de misérabilisme, la pudeur pour dire les choses, pour faire part de sa souffrance au quotidien, de sa lutte contre son double - Lanor, et, de son envie malgré tout de se sortir de là.
    Ce premier ouvrage, contient déjà la sensibilité et la faculté à émouvoir que j'ai appréciée dans Rien ne s'oppose à la nuit.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2012/04/jours-sans-faim.html

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    • Livres 5.00/5
    Par herveGAUTIER le 31/01/2015


    N°860 – Février 2015

    JOURS SANS FAIM – Delphine de Vigan – J'ai lu.

    C'est le premier roman de Delphine Le Vigan publié en 2001 sous le pseudonyme de Lou Delvig. Il s'agit d’une œuvre autobiographique retraçant le combat contre l'anorexie et la guérison d'une jeune fille de 19 ans, Laure. Au pas de la mort, elle choisit de se laisser guider par un médecin qu'elle idéalise.

    Derrière le jeu de mots, qui veut aussi signifier la longueur de ce combat, ce que je retiens dans ce roman c'est qu'il ne fait pas dans le pathos ni la complaisance comme cela aurait pu être le cas. C'est au contraire un lent itinéraire vers la guérison qui nous est ainsi proposé sans pour autant cacher les souffrances que cette maladie occasionne. C'est aussi un parcours personnel, la recherche raisonnée des causes, le choix de la vie contre le basculement vers la mort quand le mal s'est si bien installé dans le corps qu'il est sur le point de gagner, un ultime sursaut, une fantastique lueur d'espoir... C'est un peu comme la dépression, le mal du siècle, elle est souvent regardée comme une façon d’être à la mode, qu'on a tôt fait de stigmatiser comme la volonté, surtout pour les jeunes filles, de ressembler à un mannequin de magazine. Cela séduit mais aussi détruit, silencieusement... Les médias en parlent beaucoup et la minceur reste encore aujourd'hui un des critères de la beauté féminine. Pourtant, malgré tout ce qu'on peut dire, on ne choisit pas d'être anorexique, c'est l'expression d'un mal-être et les ravages de cette maladie sont autant psychologiques que physiques.

    Ce récit s'étale sur trois mois d'hospitalisation où il est non seulement question de ce mal mais aussi des relations difficiles avec sa famille puisque, comme dans la dépression, le milieu social et familial a une grande importance. Ses parents divorcés, père remarié et mère internée jadis pour folie y ont aussi leur part . Dans cette démarche il y a également un jeu un peu malsain de Laure, une sorte de volonté de tricher, peut-être malgré elle, qui fait croire à son entourage qu'elle mange, qu'elle est donc tirée d'affaire, souhaite s'en sortir et sortir de cet univers protégé. Pour cela elle feint, ment, a recours à des expédients ce qui, finalement met en évidence sa fragilité. C'est aussi un combat contre elle-même, mais peut-être aussi, inconsciemment, une volonté de se livrer aux souffrances de ce mal qu'elle n'a pas choisi mais qui l'a choisit, elle ! Une démarche complexe donc. C'est une sorte de journal intime où l'auteur se livre jusque dans les moindres détails de ce parcours personnel, entre elle et le médecin. Il y a aussi une sorte de confrontation, une démarche différente entre Laure et Fatia, une jeune femme qui ne cesse de rechuter, avec Anaïs qui elle aussi peine et finit par jeter l'éponge et quitter l’hôpital. Je remarque cependant que l'écriture est pour Laure un exutoire, une catharsis à la fois bienvenue et bienfaisante. De cela aussi procède sa guérison, même si elle est précaire.

    Le sujet est grave mais le style est épuré, fluide, un peu comme si les mots étaient calqués sur l’aspect physique de Laure et suivaient la lente progression vers la vie.

    J'avais particulièrement aimé « Rien ne s'oppose à la nuit «  (La Feuille Volante n° 585). La lecture de cette première œuvre confirme cette bonne impression et m'engage à poursuivre dans la découverte de ce réel talent.

    ©Hervé GAUTIER – Janvier 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com


    Lien : http://hervegautier.e-monsite.com

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