ISBN : 2709635798
Éditeur : J.-C. Lattès (2011)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.18/5 (sur 421 notes) Ajouter à mes livres
PRIX RENAUDOT DES Lycéens 2011

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec.
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par OhOceane, le 27 octobre 2011

    OhOceane
    D'emblée, la femme de la couverture est belle. Sa blondeur sage, le col roulé noir, la cigarette à la main… un sourire à peine esquissé et puis ce regard, que vise-t-il ? Vers quel horizon se porte-t-il ?
    Oui, d'emblée on est séduit par cette femme, et le titre du récit, Rien ne s'oppose à la nuit, finit de l'enfermer dans un mystère éternel.
    Cette femme, c'est la mère de l'auteur, une mère particulière, comme elles le sont toutes pour leurs enfants.
    Delphine de Vigan brosse le portrait de sa mère, et de sa famille, remontant les souvenirs comme on remonte un fleuve, avec ce qu'ils charrient de bon et de mauvais. Ces bagages, lourds, légers, qui font le portrait intime et réel des êtres à part.
    Lucile est à part. Et l'est restée jusqu'ou jour où elle a décidé de se donner la mort.
    L'auteur parle de trouble bipolaire, pour décrire les failles de toute une vie. Je ne sais pas si ce diagnostic filiale est juste, peu importe. Il s'agit du regard d'une fille qui porte le souvenir de sa mère, comme un testament, comme l'exécutrice légale d'une vie bleue-noire.
    Il y a des couleurs dans ce récit. Je me suis rappelé Rimbaud avec ses correspondances. Bleue-noire, comme la musique de Bashung qui donne son titre au roman. Bleue-noire comme cette palette de couleurs qui s'impose à moi quand je pense à Lucile, racontée par sa fille. Bleue-noire la vie brûlée par les deux bouts. Bleue-noire comme la culpabilité et la souffrance, et ces épisodes terribles, qu'on lit en s'accrochant aux pages, le vertige accaparant le lecteur comme au bord d'un gouffre d'incompréhension.
    Il est de ces récits qui n'entendent pas se laisser résumer. Que dire ? C'est l'exposé-discussion de toute une famille, un matriarcat imposant, une fourmilière de personnalités, joyeuses et débordantes, tristes et heureuses, et au milieu se dresse, lumineuse, la figure de Lucile.
    J'ai eu du mal, longtemps après sa lecture, à trouver les mots pour en parler, et je les cherche encore. Je sais juste que j'ai une tendresse immense pour ces personnes qui ne savent pas comment vivre. Et l'on peut avoir toutes les meilleures raisons du monde d'être heureux et comblés, il y a de ces failles qui ne s'expliquent pas comme on le voudrait. Il est de ces failles qui font la beauté et la sensibilité des gens les plus intéressants. Mais qui font aussi leur malheur, ainsi que celui de leur entourage.
    J'ai de l'indulgence pour ces failles, qui sont la marque des gens incapables de vivre dans ce monde sans ressentir l'inexplicable poids de toutes les misères humaines. Il n'st pire souffrance que celle qui ne trouvent pas de source rationnelle aux yeux des autres. Comprendre Lucile est la quête de l'auteur, comprendre et se pardonner, lui pardonner peut-être.
    Lire ce récit m'a heurtée, parce que je me suis reconnue, toutes proportions gardées, dans quelques traits de Lucile. Cette incapacité à vivre, ces brusques bouffées d'espérances et de folie, avant de mieux sombrer, autant de raison de lui porter la même indulgence que j'ai à mon égard.
    La différence, c'est peut-être que j'essaie de changer deux ou trois petites choses, pour ne pas laisser le galion sombrer totalement.
    Un récit d'amour pour la Mère, comme la littérature nous en offre quelquefois.
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    Critique de qualité ? (53 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lolokili, le 09 février 2012

    Lolokili
    On ne peut que souhaiter bonne route à Delphine de Vigan après qu'elle se soit, on l'espère, allégée d'un pareil fardeau. Car au-delà de ce portrait en creux de Lucile, sa mère, c'est bien sûr aussi sa propre histoire qu'elle nous livre. Et cette famille hors-normes, moi, je ne l'ai trouvée ni touchante ni sympathique. Je n'y ai vu que des individualités occultées, asphyxiées par l'égocentrisme, l'indifférence et les non-dits, au prétexte d'une apparente unité familiale censée forcer l'admiration de tous. C'est mon ressenti essentiel au sortir de ce livre.
    Au-delà de ce sentiment inconfortable, on est touché par l'écriture de cette femme au passé si douloureux. Comme elle le dit si bien, il n'est pas très original d'écrire sur sa mère, mais la façon dont elle évoque ses recherches et ses découvertes, ses errances, ses doutes... en fait un récit plutôt atypique, humble, et surtout très attachant.
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    Critique de qualité ? (40 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 03 décembre 2011

    mariech
    Avis mitigé sur ce livre qui évoque quand même des sujets très durs , je n'ai pas ressenti de compassion pour les personnages , bien au contraire , le couple des grands parents surtout , le père puis grand père incestueux , la grand mère d'une indifférence incroyable .
    J'ai pourtant lu ce livre assez facilement et peut-être que ce thème bouleversant fait blocage . Moi ce qui m'a marqué , c'est l'écriture froide de l'auteur , je suis pourtant passionnée par tout ce qui touche à la psychiatrie et j'ai trouvé que le portrait de la mère bipolaire était très bien , très réaliste mais en même temps j'avais l'impression de lire la description d'un cas clinique et non pas un récit de vie , c'est de qui m'a dérangé , le contraste avec les confidences très personnelles et si difficiles et la froideur , comme si l'auteur avait contrebalancé la lourdeur des thèmes évoqués par une absence de sentiments . je suis peut-être sévère avec l'auteur mais c'est mon ressenti du moment et tant pis si je suis à contre courant de toutes ces critiques si élogieuses .
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    Critique de qualité ? (38 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 31 octobre 2011

    litolff
    Voici un livre que j'ai ouvert avec méfiance, une méfiance double, d'abord en raison de l'engouement général qu'il suscite… (on est parfois déçu !), pour le sujet ensuite, qui peut laisser craindre le déballage impudique… J'ai bien vite oublié ma méfiance : brillant, tendre, pudique et bouleversant, voici ce qui me vient à l'esprit après l'avoir refermé.
    Evoquer la folie de sa mère est une gageure : parler de sa famille, comme le dit Delphine de Vigan, expose au conflit, mais parler de la tragédie qui a ravagé toute sa famille, décortiquer les raisons qui ont pu provoquer cette folie, voilà qui relève de l'acrobatie et suppose une bonne dose de courage, un besoin impérieux de comprendre, de déculpabiliser, de guérir…
    Delphine de Vigan nous raconte sa mère et sa famille, cette famille fantasque, haute en couleurs, improbable, merveilleusement gaie, vivante et pourtant traversée par des tragédies précoces et annonciatrices d'autres drames. Avec beaucoup de justesse, elle nous parle des siens et l'on ne peut que s'attacher à ces grands-parents hors-norme, cette fratrie nombreuse et indisciplinée, cette mère dont elle traque toutes les bizarreries.
    Elle brosse le portrait d'une femme délirante, une mère absente, qui à force de courage deviendra une femme indépendante et une grand-mère farfelue et aimante, et on peut sentir toute la tendresse et l'admiration qui sous-tendent ce portrait en dépit de la souffrance, de la peur de voir revenir les délires…
    J'imagine assez bien le bénéfice thérapeutique d'une telle lecture pour toute la famille de Delphine de Vigan, mais aussi pour tous les lecteurs, et ils sont probablement nombreux, qui ont été confrontés éventuellement à un proche bipolaire ou malheureux simplement de leurs héritages familiaux.
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    Critique de qualité ? (33 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 31 août 2011

    brigittelascombe
    Dieu qu'elle était belle! s'exclame-t-on en admirant la photo de couverture.
    "Ma mère était bleue.." de la poésie?
    "d'un bleu pale mélé de cendres..."
    "Morte depuis plusieurs jours.."
    Et là le ton est donné.
    Celle qui se voulait légère au prime abord, qui a fait comme si.. lors d'une remise des prix juste après le suicide de Lucile est en fait bouleversée par cette mère qui "s'est foutue en l'air", cette Lucile fantaisiste,vive,concise,froide qui a érigé des murs de protection insuffisants, qui "triait le mouvement perpétuel dans lequel elle vivait" mais n'est pas arrivée à se relever une dernière fois.
    Delphine le Vigan raconte Lucile dans Rien ne s’oppose à la nuit car ainsi que le chante Bashung "Plus Rien ne s’oppose à la nuit,rien ne justifie" . Rien ne s'oppose à la paix de l'âme et pour ce faire il faut revisiter la mère,remonter son passé lourd de traumatismes et la réhabiliter... enfin!
    Un superbe livre autobiographique,émouvant,déchirant,sur le parcours brisé d'une petite fille modèle,destinée au mannequinat qui arrondit les fins de mois d'une famille de neuf enfants de "bobos" , entre un père aux désirs immenses limite glauque durant l'occuppation et vis à vis de ses filles et une mère dépassée par son ventre continuellement plein.
    Une petite fille solitaire qui vit dans une maison glaciale où vont se succéder les accidents.Antonin noyé,Violette accidentée,Jean Marc étouffé,Tom mongolien,Milo suicidé..
    Lente descente aux enfers vers la folie.
    "La mort des enfants suffit-elle à expliquer la faille,les failles?"
    Beaucoup d'interrogations de la part de l'auteur qui, avec sa soeur Manon, a été livrée à elle même durant sa propre enfance.
    Alors elle va écrire "sensible" Delphine le Vigan, "pudique", et tenter sans tricher, de comprendre,d'expliquer.
    Mais... "L'écriture ne peut rien.Tout au plus permet-elle de poser des questions et d'interroger la mémoire".
    Delphine le Vigan est l'auteur du best seller No et moi, traduit en 24 langues, étudié dans les collèges car évoquant les problèmes des ados et dernièrement été adapté au cinéma. Les heures souterraines a également eu un énorme succés.
    Rien ne s’oppose à la nuit aux Editions J.C Lattes,prix des Lecteurs de la Fnac 2011, un roman sélectionné pour le prix Goncourt 2011!
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Aliette Armel pour le Magazine Littéraire

    Avec Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan enquête sur une femme mystérieuse, bipolaire, fragile qui s'est donné la mort : sa mère. Exprimer les sentiments contrasté... > lire la suite

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Critiques presse (9)


  • Cyberpresse , le 17 octobre 2011
    C'est dans les manques que le roman puise sa force. Au fil des questions qui restent sans réponse, des trous impossibles à combler, se profile un personnage fascinant. Lucile, si fragile, si déterminée aussi, est infiniment émouvante. D'autant plus que Vigan ne la raconte pas comme une mère, mais comme une femme. La dernière partie du livre, récit en détail du suicide, est bouleversante: Lucile emporte avec elle tout le mystère de son mal-être.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • Lexpress , le 23 septembre 2011
    Avec tendresse et douleur, Delphine de Vigan évoque le suicide de sa mère. Sans doute son meilleur livre.
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  • Telerama , le 21 septembre 2011
    Intranquille et opiniâtre, affectif et âpre, empreint d'une vraie justesse, Rien ne s'oppose à la nuit s'est d'ores et déjà imposé comme un des livres importants de cette rentrée, présent dans les premières sélections des prix Goncourt, Médicis et Renaudot, récipiendaire du prix du roman Fnac.
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  • Bibliobs , le 12 septembre 2011
    «Rien ne s'oppose à la nuit» n'est pas attristant, c'est un récit débordant de santé. Vivifiant. Lustral comme toute tragédie.
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  • LeFigaro , le 09 septembre 2011
    Ce roman intrigue, hypnotise, bouleverse. Il interroge, aussi.
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  • LesEchos , le 29 août 2011
    Tout le talent de Delphine de Vigan est d'avoir capté avec sincérité, loin du pathos qu'un tel sujet pourrait induire - le suicide d'une mère -, la part de lumière émise par l'astre maternel à présent éteint.
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  • Lexpress , le 25 août 2011
    Une histoire à la fois solaire et infernale, lourd héritage dont semble enfin s'alléger Delphine de Vigan, à 45 ans, en le livrant avec sincérité et simplicité. Bon sang, quel bouquin.
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  • LeMonde , le 19 août 2011
    Un chemin sinueux mais tendu par la force d'un amour, d'un élan vital.
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  • Lexpress , le 07 août 2011
    Dans cette enquête poignante au coeur de la mémoire familiale, la romancière fait resurgir les souvenirs les plus lumineux comme les secrets les plus enfouis. Un récit sensible et fascinant, qui fait écho aux blessures de chacun...
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par pyrouette, le 19 novembre 2011

    Je ne sais plus quand est venue l’idée d’écrire sur ma mère, autour d’elle, ou à partir d’elle, je sais combien j’ai refusé cette idée, je l’ai tenue à distance, le plus longtemps possible, dressant la liste des innombrables auteurs qui avaient écrit sur la leur, des plus anciens au plus récents, histoire de me prouver combien le terrain était miné et le sujet galvaudé, j’ai chassé les phrases qui me venaient au petit matin ou au détour d’un souvenir, autant de débuts de romans sous toutes les formes possibles dont je ne voulais pas entendre le premier mot, j’ai établi la liste des obstacles qui ne manqueraient pas de se présenter à moi et des risques non mesurables que j’encourais à entreprendre un tel chantier.
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  • Par vavou, le 22 avril 2012

    L'anorexie ne se résume pas à la volonté qu'ont certaines jeunes filles de ressembler aux mannequins, de plus en plus maigres il est vrai, qui envahissent les pages des magazines féminins. Le jeûne est une drogue puissante et peu onéreuse, on oublie souvent de le dire. L'état de dénutrition anesthésie la douleur, les émotions, les sentiments, et fonctionne, dans un premier temps comme une protection. L'anorexie restrictive est une addiction qui fait croire au contrôle alors qu'elle conduit le corps à sa destruction. J'ai eu la chance de rencontrer un médecin qui avait pris conscience de ça, à une époque où la plupart des anorexiques étaient enfermées entre quatre murs dans une pièce vide, avec pour seul horizon un contrat de poids.
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  • Par segrob, le 03 mars 2012

    Pourtant, il ne se passe rien. Nous continuons d'aller de temps en temps en week-end à Pierremont, personne ne chasse mon grand-père avec un balai, personne ne lui défonce la gueule sur les marches de l'escalier, ma mère elle-même parle avec son père et ne lui crache pas au visage. J'ai douze ans et la logique des choses m'échappe. Comment est-il possible qu'une telle révélation ne soit pas suivie d'effets? Au collège, la grammaire est la seule matière qui m'intéresse. Pourtant à Pierremont, en l'absence de conjonction de coordination - si bien que, par conséquent, à la suite de quoi - il ne se passe rien, ni larmes, ni cri, ma mère va chez ses parents qui s'inquiètent pour elle qui a l'air si fatiguée, elle a maigri, ses traits sont tirés, elle ne dort pas, la vie est si dure pour leur fille qui élève seule ses enfants.
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  • Par Aela, le 30 novembre 2011

    Je ne me suis jamais vraiment intéressée à la psychogénéalogie ni aux phénomènes de répétition transmis d'une génération à une autre qui passionnent certains de mes amis. J'ignore comment ces choses (l'inceste, les enfants morts, le suicide, la folie) se transmettent.
    Le fait est qu'elles traversent les familles de part en part, comme d'impitoyables malédictions, laissent des empreintes qui résistent au temps et au déni.
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  • Par liliba, le 29 février 2012

    La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti.
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