Préfacée par l'avocate engagée féministe
Gisèle Halimi, cette bande dessinée pour ados (ou adultes), qui parle de grossesse non désirée (un cas très spécifique puisqu'il s'agit de viol), rappelle la fragilité des droits de la femme et situe son action en 1971, l'année du manifeste des 343 femmes ("ayant une certaine notoriété") défiant la loi en proclamant qu'elles avaient avorté.
Des dessins de Wachs et un scénario de
Richelle.
Libre de choisir est émaillé de mots crus (les filles sont "bandantes" en short de gym et les garçons, lourds de lourds, ont "la trique" lorsqu'ils les reluquent à travers les vitres du gymnase) pour souligner l'irrespect face à du juste bon à baiser (ce qui peut mettre en garde contre une certaine espèce de machos mais qui n'est pas non plus à généraliser).
Isa et Anna sont copines de lycée puis de fac.
La première, délurée, prend la pilule. La deuxième, plus craintive, se fait violer par Julien, play boy de service, après un flirt poussé.
La BD est un peu kitsch mais il faut remettre le contexte quarante ans en arrière(ou plus??) où le curé vendait la mèche, les familles cathos rejetaient leur fille,le père se fâchait tout rouge, coupait les ponts,envoyait sa fille perdue chez de sévères soeurs (pour éviter les critiques de l'entourage avant une éventuelle adoption), le salaud s'en sortait presqu'indemne et l'abusée trinquait marquée à vif dans sa chair et sa dignité. Ceci est évidemment le point de vue non exhaustif de
Gisèle Halimi qui prêche toutefois dans la loi du tout ou rien avec un oeil aigu porté sur les étrennes (douteuses du sacristain) qui relance le débat pro-avortement vers une dénonciation plus complexe.
Isa aidée par Anna prendra, seule sa décision et la direction de sa vie.
A lire, qu'on soit pour ou contre l'avortement, pour comprendre certains combats féministes en toute connaissance de cause tout en se laissant
Libre de choisir son propre point de vue.