> Gerald Messadié (Traducteur)

ISBN : 2709634368
Éditeur : J.-C. Lattès (2009)


Note moyenne : 4.4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Née en Alaska, dans une tribu athabaskane, Velma Wallis a été élevée dans les valeurs traditionnelles de son peuple, bercée des légendes transmises de mère en fille depuis des générations. Parmi elles, Le Cadeau du froid, dont Velma a choisi d'écrire le récit des années... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 05 avril 2011

    chocobogirl
    L'auteur de ce petit conte, Velma Wallis, est originaire d'une des tribu Athabaskans d'Alaska. Elevée dans les traditions de son peuple, en compagnie de ses 12 frères et soeurs, elle a étudié dans une université d'état. Oscillant entre tradition et modernité, Velma souhaitait transmettre une légende que lui contait sa mère. Elle rencontra de nombreuses difficultés pour la publication de son roman. Inconnue et dépeignant les peuples Athabaskans de façon réaliste et presque peu flatteuse, elle finit par réussir à le publier grace au soutien et à la souscription de nombreuses personnes.
    Ce récit, malgré sa dureté, est pourtant un bel hommage à son peuple.
    Lors d'un hiver particulièrement rigoureux, une tribu nomade d'Alaska se meurt de faim. Il n'y a plus de nourriture, la chasse est infructueuse et les membres du clan s'affaiblissent peu à peu alors qu'ils doivent migrer vers des contrées moins difficiles. Les tensions sont exacerbées et le chef de clan doit prendre une décision : abandonner les 2 plus vieilles, Ch'idzigyaak et Sa', charges inutiles qui ne font que se plaindre. le choix est difficile mais personne ne se rebiffe, même la famille des 2 femmes en question.
    Les deux amies se retrouveront donc seules avec leur tente, leurs peaux de moutons et une hachette laissée par le petit-fils de l'une. Après la colère et le découragement, elles décident de se battre et tout du moins d'essayer de survivre dans ce contexte hostile.
    "Mourrons en essayant".
    C'est alors qu'elles se souviennent de leur jeunesse, de leurs techniques d'autrefois et d'un ancien camp qui peut-être les abritera et les sauvera.
    A travers leur parcours, on découvrira la vie en Alaska et ses traditions : la chasse, la pêche, les techniques de survie , l'établissement d'un camp, ... Elles nous raconteront leur jeunesse et leurs parcours jusqu'à cette tribu qui les accueillit, d'autres famines et d'autres abandons de vieilles femmes.
    On est totalement immergé dans une vie dépendante du froid et de la nature. L'humain doit apprendre à s'autosuffire et à moduler ses besoins selon ce que la nature lui donne. Un conseil à méditer dans nos sociétés actuelles...
    Mais plus qu'une découverte de contrées inconnues, ce récit se veut une superbe leçon de vie.
    Les "vieux" dont on veut se débarrasser sont riches d'une culture et d'une expérience que l'on ignore trop souvent. Ils ne sont pas si inutiles que ça et ont beaucoup à nous apprendre. Et parrallèllement, il nous est signifié aussi que ces derniers ne doivent pas se complaire dans un assistanat qui les diminue et continuer
    à oeuvrer pour la communauté tant que cela leur est possible. Ch'idzigyaak et Sa' reconnaitront qu'à force de se plaindre de petits maux et de jouer à la vieille inutile, elles sont en partie responsables de leur abandon.
    " Deux vieilles femmes. Toujours à se plaindre, jamais contentes. Nous nous plaignions de la disette et parlions du bon temps de jadis, alors qu'il n'était pas meilleur. Nous nous croyions bien vieilles. Et maintenant, parce que nous avons passés tant d'années à convaincre les jeunes que nous étions impuissantes, ils ont fini par croire que nous ne servions plus à rien dans ce monde."
    Cette réflexion sur la place des anciens s'accompagnera d'une leçon de courage et de volonté qui met en avant l'entraide.
    L'écriture est simple et sans fioritures, à l'image de ces contrées immaculées où on se doit d'aller à l'essentiel.
    De plus, une introduction et pluseurs postfaces vous expliquent un peu plus le contexte de cette histoire.
    Un petit conte universel à ne pas laisser passer !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-le-cadeau-du-froid-vel..
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    • Livres 5.00/5
    Par Nini82, le 11 octobre 2010

    Nini82
    Je viens juste de finir cette belle histoire, ou plutôt ce conte car cela a été raconté de génération en génération dans le peuple Gwich'in.
    Une belle leçon de vie. C'est pas facile d'en parler sans en gâcher la lecture à ceux qui souhaitent le lire.
    Pour en faire un résumé court, je dirais juste que cela se passe durant un rude hiver parmi le peuple Gwich'in. le chef de la tribu, touché par la famine, décide d'abandonner les deux plus vieilles femmes. Cela se faisait alors dans ces tribus, ce n'est pas la première fois que je lis quelque chose là-dessus, il me semble que c'était dans "Le chemin des âmes" qui se déroule dans le Canada, si ce n'est dans l'Alaska. Des fois la famine et la peur pouvaient entraîner à un autre geste...
    Donc voilà ces deux vielles femmes, de 75 et 80 étés, qui se retrouvent seules, dans le froid, avec peu de provisions. Elles auraient put tomber dans le désespoir. Mais non. Malgré leur grand âge, elles décident de se battre pour leur propre survie. Cela leur coûtera des forces mais l'instinct de vie est là. L'une d'entre elles est plus optimiste et encourage son amie, et décide de prendre leur destin en main. Elles reprennent confiance en elles, apprennent à se connaître, etc.
    Pour la suite, je n'en dirais pas plus. La quatrième couverture décrit très bien le contenu de ce conte et la façon dont il a été écrit.
    Un livre que je recommande à lire pour en apprendre non seulement une leçon mais aussi un beau voyage à travers une autre culture dans le passé.
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    • Livres 4.00/5
    Par BVIALLET, le 20 octobre 2011

    BVIALLET
    Au nord de l'Alaska, sur les bords de la rivière Yukon, une tribu athabaskane peine à survivre lors d'un hiver particulièrement rigoureux. La famine menaçant, le chef décide de réduire le nombre de bouches à nourrir. Selon une tradition ancestrale, il désigne deux vieilles femmes que tous considèrent comme étant en fin de vie tant elles semblent faibles et geignardes. La tribu les abandonne persuadée qu'elles ne passeront pas l'hiver. Mais il n'en est rien. Elles ne se résignent pas à mourir, elles chassent, posent des pièges, trouvent de la nourriture et survivent. Au printemps, elles trouvent même un lieu de pêche qui leur permet de constituer des stocks pour l'hiver suivant. Pendant ce temps, la tribu « allégée » n'a pas résolu son problème. Des enfants sont morts, les chasseurs ne ramènent pas assez de vivres pour tout le monde. le chef décide de partir à la recherche des deux femmes abandonnées...
    Un très beau texte sur la vie des tribus au début de l'autre siècle. L'histoire basée sur des faits réels, vécus puis racontés par la grand-mère de l'auteur, peut sembler cruelle à des gens vivants dans le confort et la sécurité. Elle n'est pourtant que le résultat des lois de la nature, de la survie et n'en reste pas moins un hommage vibrant à un peuple fier et courageux et à des traditions aujourd'hui disparues. On ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec le jeune d' « Into the wild », incapable de survivre dans des conditions voisines par manque de préparation, d'organisation et sans doute d'instinct, toutes choses dont ces deux mamies esquimaudes ne sont pas dépourvues, elles. Leur refus de baisser les bras, leur gniaque, leur rage de vivre malgré tout font plaisir à voir. Ce bel hymne au courage et à la solidarité repose sur des mots simples et justes et sur un ton honnête et sincère. Même si ce texte n'atteint pas aux sommets de la littérature, le lecteur ne pourra qu'être touché par cette histoire émouvante.

    Lien : http://etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 26 mai 2011

    canel
    Quelque part en Alaska, longtemps avant l'occidentalisation. C'est l'hiver, une tribu nomade des Gwich'in est une nouvelle fois victime de la disette, à tel point que le chef décide d'abandonner Ch'idzigyaak (80 ans) et Sa' (75 ans), "deux vieilles geignardes". le froid, les animaux sauvages, la solitude et la pénurie alimentaire les vouent à une mort certaine et rapide. Mais Sa' entend lutter, et malgré leur âge, la nature âpre qui les entoure, le climat rude qui les glace de douleur au réveil, elle vont réapprendre les gestes de survie et même se révéler plus habiles que leurs cadets. Grâce au courage, à la dignité et à l'amitié elles vont triompher de ce milieu hostile.
    Un très beau conte sur la vieillesse, l'indépendance, l'entraide, la honte, le pardon... et plein d'autres jolis thèmes. Les pages sur les Gwich'in et la postface de l'éditeur américain à la fin du livre sont également très intéressantes.
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    • Livres 5.00/5
    Par TINUSIA, le 03 janvier 2010

    TINUSIA
    J'aurais voulu être Ch'idzigyaak et Sa' tout au long de ce conte initiatique qui m'a rappelé les débats enflammés que j'animais, naguère (au sens étymologique du terme : "il n'y a guère"), avec mes grands élèves dits "différents".
    ... parce que ces deux vieilles femmes, seules dans le terrible froid de l'Alaska, abandonnées par les leurs parce devenues d'inutiles bouches à nourrir et un fardeau, nous donnent une merveilleuse leçon de COURAGE , d'HUMILITÉ, d'OPINIÂTRETÉ, de VIE...
    ... parce que cette Tribu, après n'avoir qu'appliqué les consensus culturels d'usage (on ne se charge pas de poids morts, ou en passe de l'être), revient sur ses pas (certes longtemps après), culpabilisée par le geste d'ABANDON qu'elle a commis...
    ... parce que la fille de Ch'idzigyaak, soumise aux lois ancestrales et machistes, accepte de laisser sa mère aux griffes d'une MORT certaine et atroce...
    ... parce que Shruh Zhuu, le petit fils de Ch'idzigyaak, ne se résigne pas à CAPITULER devant cette loi cruelle...
    ... parce que ces deux vieilles femmes, DÉTERMINÉES à COMBATTRE pour vivre, puisent dans les RESSOURCES des SAVOIRS-FAIRE ancestraux qui leur permettront de SURVIVRE et de rendre son HONNEUR à la tribu qui les avait rejetées.
    Un conte ? Oui, mais surtout une PARABOLE qui nous emmène dans ce qui constitue le FONDAMENTAL de l'HUMANITÉ.

    Lien : http://lire-lier.blogspot.com/
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