ISBN : 222618693X
Éditeur : Albin Michel (2008)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Où qu'il aille, dans le cadre de ses fonctions internationales, Jean Ziegler est frappé par l'hostilité de principe que les peuples du Sud manifestent vis-à-vis de l'Occident, rendant parfois impossible l'adoption de certaines mesures d'urgences en faveur des plus démun... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Monarch, le 23 décembre 2011

    Monarch
    Assez bizarrement, ce livre de Jean Ziegler m'a paru incroyablement moins pertinent que ses ouvrages précédents.
    J'apprécie beaucoup cet auteur pour son engagement constant en faveur des populations les plus démunies et sa lutte contre l'économie inhumaine de marché, aussi c'est un petit déchirement que de me voir affirmer que cette "Haine de l'Occident" n'est finalement qu'un ouvrage de Don Quichotte.
    Car là est bien le problème: Jean Ziegler semble se tromper de cible à longueur de temps.
    La culture occidentale pose des problèmes mondiaux: modes de consommation, comportement vis-à-vis des pays non-alignés,politiques économiques délétères. Certes.
    Pourquoi Jean Ziegler, en ce cas, ne semble voir que les effets négatifs, et jamais les effets positifs de l'influence occidentale?
    Pourquoi Jean Ziegler semble ne pas voir que la corruption et les dérives qu'il dénonce sont tout autant le fait des compagnies transcontinentales que des Gouvernements qui pactisent avec elles de leur propre chef?
    A le lire, les peuples d'Afrique et d'Amérique du Sud seraient parfaitement innocents et candides, incapables de percevoir les conséquences des décisions que prennent leurs dirigeants, incapables de prendre en main leur avenir, incapables de résister à une domination économique occidentale.
    Si l'Amérique du Sud a effectivement été sous la coupe américaine via la CIA et ses agents, et si l'Afrique a effectivement été sous la domination européenne, tant sur le plan politique qu'économique, Jean Ziegler oublie de préciser que c'est de moins en moins le cas dans un monde multipolaire. Il ne semble pas voir les exemples cubains, vénézuéliens, sud africains, libyens, soudanais, qui tous démontrent que lorsqu'un Gouvernement désire réellement s'opposer à la politique occidentale, il le fait.
    Jean Ziegler accuse l'Occident de corruption, mais oublie de voir que cette corruption nécessite deux acteurs, le corrupteur et le corrompu.
    Il accuse l'Occident de cautionner les répressions voire les massacres de populations dès lors que ses intérêts économiques sont préservés, en oubliant de mentionner le fait que les premiers à se prévaloir des règles de non-ingérence sont justement ceux qui répriment et qui massacrent sous prétexte de préserver les intérêts politiques et économiques occidentaux.
    Si les pays occidentaux ont indéniablement une responsabilité dans la situation mondiale actuelle, et sont susceptibles de critiques parfaitement fondées, justifier La haine de l'Occident comme cet ouvrage le justifie, c'est faire le jeu des transcontinentales et des oppresseurs contre lesquels Jean Ziegler se bat depuis maintenant quatre décennies.
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    • Livres 5.00/5
    Par Z3D, le 30 janvier 2011

    Z3D
    Ce livre de Jean Ziegler devrait être obligatoire à tous les lycéens, étudiants et tous ceux qui se revendiquent citoyen du monde. Certes, il met assez vite mal à l'aise tous occidentaux normalement constitué ayant un tant soit peu d'égard envers les pays que nous avons opprimés, oppressés et exploités. Ce livre est un devoir de mémoire, c'est une prise de conscience, c'est une claque !
    Ce livre n'a pas vocation à expliquer tous les rouages, toutes les manipulations, tous les coups d'états (d'autres livres s'en chargent) qui ont fait ce que le monde est aujourd'hui. Il expose juste les causes d'un ressentiment puissant et légitime que les pays « non occidentalisés » revendiquent. Certaines actions ou réactions nous paraissent parfois disproportionnées provenant de régions du monde fort trouble comme le moyen orient, les pays du Maghreb, l'Afrique ou l'Amérique du sud. Ce n'est que le résultat de tant et tant d'années de frustration, de pillages de leurs ressources et de condescendance que les occidentaux ont affiché à leurs égards !
    Après cette lecture, comment ne pas être outré par les propos de notre cher président sur le discours de Dakar ? Comment ne pas être outré et un peu honteux par notre société de consumérisme affamant des millions de personnes ? Comment ne pas s'étonner même que les peuples ne se soient pas soulevés bien avant et même avoir basculer dans le terrorisme. le terrorisme n'est rien d'autre qu'un acte ignobles (cf : 11/09/01) en réponses à leurs traitements ignobles. Comment ne pas être également outré par « le cassage » d'ethnie ou de famille ?
    Aucun européen ne peut comprendre ce que ces peuples ont enduré pendant des siècles et des siècles. Pourtant nous en avons eu un court aperçu. Les actes des nazis en 45 fut les pires perpétrés dans la mémoire des européens. Alfred Métraux a dit qu'Auschwitz avait permis aux européens de comprendre ce qu'ils avaient infligés aux Africains lors du commerce triangulaire qui a duré plusieurs siècles !
    Lorsque l'auteur expose les conditions de vie du Nigéria, c'est tout bonnement affolant ! Affolant que pas une ligne ne sorte dans les journaux. Puis, à la fin, nous comprenons que les régions les plus calmes du globe renferment les régions les plus riches d'investissements occidentaux. le peuple est secondaire. Pire nous avons même installé des dictateurs volontairement pour s'assurer d'un interlocuteur conciliant sur le long terme.
    Bien que la situation mondiale paraisse très sclérosée, trop bien contrôlée par les multinationales, il y a tout de même encore un espoir. Cet espoir vient de Bolivie, de l'élection du premier Amérindien. Avec lui, la sagesse séculaire des peuples a pris le pouvoir en nationalisant de manière très intelligente les entreprises privées étrangères. Il augmenta de ce fait le PIB de manière radicale ainsi que le niveau de vie des Boliviens sans discrimination (contrairement à ce qu'il se passait précédemment). La révolte des Boliviens n'a pu se propager à d'autres pays du continent à cause des dollars américains et l'équilibre reste encore fragile mais c'est déjà une victoire pour toutes ces années d'oppressions.
    La révolte que nous vivons à présent dans les pays du Maghreb va, je l'espère, dans le même sens en espérant que quoiqu'il advienne, le futur de ces pays soit leur futur et non pas celui que les occidentaux ont choisi pour eux, cela atténuera les tensions existantes entre les deux « camps ». Une chose est sûre, la colonisation n'a pas été aussi bonne pour les pays colonisés que certains veulent bien le faire croire.
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    • Livres 3.00/5
    Par Madamedub, le 23 janvier 2012

    Madamedub
    L'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis a soulevé un enthousiasme considérable et planétaire : pour la première fois, un homme ayant des origines africaines était porté au plus haut poste de la première puissance mondiale, suscitant l'espoir quant à une évolution allant vers davantage de compréhension et un apaisement des rapports en Occident et pays du Sud. Mais hélas, et de manière assez rapide, cet espoir fut déçu : Obama reste soumis au Pentagone et à la « loi de l'empire », et les Etats-Unis, toujours soumis à leur dépendance au pétrole qui les poussent à maintenir des alliances avec des pays peu respectueux des droits de l'Homme.
    C'est sur ce triste constat que Jean Ziegler entame la préface de son livre « La haine de l'Occident ». La suite nous livre un diagnostic tout aussi tragique : la haine éprouvée par les pays du Sud à l'égard de l'Occident, née d'un passé colonial et esclavagiste, loin de s'apaiser avec le temps, se consolide et se manifeste sous diverses formes, sans que les pays occidentaux ne semblent ni en avoir réellement conscience, ni avoir envie d'y prêter attention.
    L'auteur revient alors sur la genèse de cette haine, et nous explique comment elle s'est mutée en « force mobilisatrice puissante ».
    Ancien rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation, actuel vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l'Homme, Jean Ziegler fréquente de longue date les milieux internationaux. Il nous narre alors des anecdotes frappantes, issues de conversations avec des diplomates du Sud, qui nous montrent la force du ressentiment même chez ces personnalités qui pourtant participent au système des Nations Unies et donc au dialogue international entre les pays. L'Occident est en effet souvent perçu comme « illégitime » à critiquer/dénoncer les pays du sud au regard de ses propres violations des droits de l'Homme dans le passé. Mais les critiques ne concernent à vrai dire pas seulement le passé : les pays occidentaux, tout en consolidant de vraies démocraties chez eux, se montrent peu regardant du respect des grands principes dans leurs relations aux pays du Sud et vis-à-vis du comportement de firmes occidentales (voir à ce propos le très édifiant chapitre consacré au Nigéria). Ce « double langage », cette « schizophrénie », serait en grande partie à l'origine de la paralysie aisément constatable dans les enceintes de l'ONU supposées réguler les rapports mondiaux.
    Ce livre, destiné à frapper les esprits par le poids de mots et d'exemples forts, apparaît en effet comme pertinent dans le contexte d'un occident qui, car il est pourvoyeur d'aide au développement et promoteur de la démocratie, tend à ignorer la force de ce qui se joue au Sud en termes de mouvements identitaires et d'attente de repentance, en même temps qu'il ignore la force de la violence structurelle qu'il continue à faire peser sur le Sud. La haine éprouvée par le Sud se teinte alors d'un mélange entre construction rationnelle et politique, et pulsions pathologiques, d'où les risques pesant sur la stabilité mondiale.
    On regrettera cependant une tendance à offrir une lecture de la trajectoire du Sud et de ses actuels sursauts identitaires essentiellement en termes de réaction à l'Occident, de rejet de sa prétention universaliste et de cristallisation des ressentiments. Chaque peuple n'a-t-il pas sa propre identité, ne connaît-il pas son propre mouvement de société indépendamment de ce qui se joue au Nord et du poids du passé ? Nous ne proposons pas nous-mêmes une réponse à ces questions, mais déplorons simplement qu'elles soient peut-être insuffisamment soulevées par le livre de J. Ziegler, de même que ne sont guère approfondies les destinées des nations du Sud considérées actuellement comme des « pays émergents » et développant leurs propres modèles (un chapitre relativement bref est consacré est consacré à l'Inde et à la Chine par exemple, qui laisse un peu le lecteur sur sa faim).
    Il demeure qu'au final, Jean Ziegler signe un ouvrage mêlant enquête, analyse, informations issues du terrain et issues de l'étude historique, témoignages, qui fascine tout autant qu'il terrifie, informe tout autant qu'il pousse à se questionner et se positionner sur les déterminants et les enjeux actuels des relations entre Sud et Occident. Nous le recommandons à tous ceux qui voudraient approfondir leur réflexion sur les questions internationales ou avoir quelques clés d'interprétation des tensions entre les aires géographiques.

    Lien : http://madamedub.com/WordPresse3/
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Citations et extraits

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  • Par jef1201, le 25 mai 2010

    pagé 122 : Edgard Morin constate : "La domination de l'Occident est la pire de l'histoire humaine dans sa durée et son extension planétaire".
    Depuis plus de cinq cents ans, les Occidentaux dominent la planète. Or, je l'ai rappelé, les Blancs aujourd'hui, ne représentent guère que 12,8 % de la population mondiale. Par le passé, ils n'ont jamais dépassé 24%.
    Domination minoritaire donc, mais domination féroce - et hautement organisée.

    Quatre systèmes de domination se sont succédé dans l'Histoire.

    1) D'abord celui dit des "conquêtes". Dès 1492, les occidentaux ont découvert les Amériques et pris possession des terres. Ils ont détruit ou mis aux fers des populations jusqu'alors inconnues.

    2) Vint ensuite le temps du commerce triangulaire, de la déportation massive d'Africains noirs vers le continent américain dépeuplé par les massacre des Indiens.

    3) Suivit un troisième système d'oppression occidentale : durant tout le XIX siècle se mit en place, surtout en Afrique, mais également en Asie, le système colonial. L'occupation militaire garantit l'accès direct aux ressources minières et agricoles…………

    4) …….Dans la perception des peuples du Sud, l'actuel ordre du capital occidental globalisé, avec ses mercenaires de l'Organisation mondiale du commerce, du fonds monétaire international, de la Banque mondiale, ses sociétés transcontinentales privées et leur idéologie néolibérale, représente le dernier, et de loin le plus meurtrier, des systèmes d'oppression advenus au cours des cinq siècles passés.
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  • Par jef1201, le 23 mai 2010

    page 77 : Le racisme ….. , est l'essence même du colonialisme. Il nie l'humanité du colonisé. Il exclut par avance toute relation de réciprocité et de complémentarité avec le colon. Mais le racisme ne détruit pas que le colonisé. Il ravage aussi le colon. Emmanuel Kant (oeuvres philosophiques) dit : "L'inhumanité infligée à un autre détruit l'humanité en moi."
    Or sans racisme, pas de conquête coloniale? Soumettre à son joug un être humain présuppose la négation de son humanité.
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  • Par jef1201, le 23 mai 2010

    page 34 : Le Nigeria - Le pays le plus peuplé d'Afrique, et l'un des plus riche au monde, est en effet mis aujourd'hui en coupe réglée par les seigneurs occidentaux de la guerre économique mondiale.
    Premier producteur de pétrole en Afrique et huitième plus important du monde, le Nigeria est gouverné depuis 1965 par des juntes militaires successives. Il est à présent la proie impuissante de Shell, BP, Total, Exxon, Texaco et autres prédateurs. Et 70 % de sa population survit dans une misère abyssale. C'est sur cette réalité-là, bien sûr, que prospère la haine de l'Occident.
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  • Par jef1201, le 25 mai 2010

    page 340 : Claude Lévi-Strauss : " Le monde a commencé sans l'homme et il s'achèvera sans lui." Si l'occident ne s'éveille pas à la souffrance, n'entend pas monter la colère des peuples du Sud, s'il ne change pas radicalement de méthode, s'il ne prend pas en compte les désirs, la détermination des opprimés, la haine pathologique l'emportera.
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  • Par jef1201, le 23 mai 2010

    page 34 : En Bolivie, depuis janvier 2006, Evo Morales Ayma, un paysan aymara, est installé au palais Quemado. C'est le premier président indien d'un pays d'Amérique du Sud depuis la dévastation espagnole du XVème siècle.
    Morales à provoqué une rupture tellurique avec l'ordre du monde, infligeant à l'Occident une défaite cruelle. C'est ainsi que la résurrection identitaire des peuples aymara, quechua, moxo, guarani mobilise des forces de combat, de résistance et de création inouïes.
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Rencontre avec Jean Ziegler à la librairie La Galerne, pour la parution de "Destruction massive".








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