Note moyenne : 3.66/5 (sur 35 notes)
La mort d'Olivier Bécaille et autres nouvelles3Ajouter à mes livres
" C'est un samedi, à six heures du matin, que je suis mort après trois jours de maladie. " Mais est-ce vraiment la mort, ce singulier état de torpeur, cette chair frappée d'immobilité tandis que l'intelligence fonctionne toujours ? Olivier Bécaille semble bien en faire ... > voir plus
Ce texte est magistral. La montée de l'angoisse d'Olivier en particulier est remarquablement décrite. On se met très aisément dans la peau d'Olivier ce qui est à la fois dérangeant et totalement palpitant. le texte est admirablement écrit. le style de Zola est incomparable. Naturaliste, il dépeint toute la mécanique psychologique à L'oeuvre. le texte est raconté à la première personne ce qui ne laisse aucun doute au lecteur sur l'être du narrateur. L'histoire se passe à Paris rue Dauphine, dans un hotel meublé. Elle est racontée des années plus tard, laissant au narrateur le temps de l'encaisser. Par un déterminisme sans faille, le héros est entrainé par "le fatalisme de sa chair". Il est de faible constitution et de nature anxieuse, mélancolique et sombre. Il a conscience de son état, de ce qu'il est et il expérimente la mort qui lui a toujours fait peur. Il est aussi jaloux de M. Simoneau que la nature a gâté davantage. Marguerite est encore une enfant, effarouchable et soumise, tendre et douce. On lui prête volontiers un avenir. La scène de la mise en bière est vue de l'intérieur. Tous les sens d'Olivier sont en éveil. Sans pouvoir agir il a une conscience aigüe de son environnement. Il fait un rêve prémonitoire et rassemble ses forces. le texte contient de nombreux indicateurs de temps. Dans la dernière partie du texte, les ellipses permettent d'accélérer le rythme de la narration très ramassé jusqu'alors. J'ai beaucoup aimé ce récit que je vous recommande.
Quatre nouvelles qui ne dépareillent pas dans l'œuvre de Zola, sauf peut-être la première (qui donne son nom à ce livre), au ton fantastique qui ne ressemble pas au chef de file du naturalisme. C'est toujours le même style, les mêmes préoccupations, mais avec une fin en générale heureuse, ou tout au moins ironique, ce à quoi Zola ne nous a pas habitué. Il est intéressant de voir que Zola maitrise aussi la forme ramassée de la nouvelle, un art de la concision que je ne lui aurais pas prêté de premier abord.
Une bonne façon de lire une petite dose de classique, et de me rappeler que, décidément, il est temps que je me replonge dans ma lecture des Rougon-Macquart !
La mort d'Olivier Bécaille raconte l'histoire d'un homme que l'on croit mort et qui est enterré vivant. Un texte bouleversant dont bien des images nous reste même après des années de lecture.