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Bel-Ami de
Guy de Maupassant
La vie est une côte. Tant qu'on monte, on regarde le sommet, et on se sent heureux; mais, lorsqu'on arrive en haut, on aperçoit tout d'un coup la descente, et la fin, qui est la mort. Ça va lentement quand on monte, mais ça va vite quand on descend. A votre âge, on est joyeux. On espère tant de choses, qui n'arrivent jamais d'ailleurs. Au mien, on n'attend plus rien... que la mort.
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Par Sly, le 05/07/2010
Bel-Ami de
Guy de Maupassant
"Je n’attends rien… je n’espère rien. Je vous aime. Quoi que vous fassiez, je vous le répéterai si souvent, avec tant de force et d’ardeur, que vous finirez bien par le comprendre. Je veux faire pénétrer en vous ma tendresse, vous la verser dans l’âme, mot par mot, heure par heure, jour par jour, de sorte qu’enfin elle vous imprègne comme une liqueur tombée goutte à goutte, qu’elle vous adoucisse, vous amollisse et vous force, plus tard, à me répondre : "Moi aussi je vous aime."
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Par Elina, le 24/05/2012
Bel-Ami de
Guy de Maupassant
Les paroles d'amour, qui sont toujours les mêmes, prennent le goût des lèvres dont elles sortent.
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Par marina53, le 21/05/2012
Guy de Maupassant
Aimer beaucoup, comme c'est aimer peu! On aime, rien de plus et rien de moins.
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Par Scoutie, le 21/05/2012
Bel-Ami de
Guy de Maupassant
Vêtue de noir, elle avait poudré ses cheveux, ce qui la rendait charmante. Elle avait l'air, de loin, d'une vieille, de près, d'une jeune et, quand on la regardait bien, d'un joli piège pour les yeux.
"Vous êtes en deuil ?" demanda Madeleine.
Elle répondit tristement :
"Oui et non. Je n'ai perdu personne des miens. Mais je suis arrivée à l'âge où on fait le deuil de sa vie. Je le porte aujourd'hui pour l'inaugurer. Désormais je le porterai dans mon cœur."
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Par sabina, le 20/05/2012
Le Horla de
Guy de Maupassant
Je suis perdu! Quelqu'un possède mon âme et la gouverne! Quelqu'un ordonne tous mes actes, toutes mes pensées. Je ne suis plus rien en moi, rien qu'un spectateur esclave et terrifié de toutes les choses que j'accomplis. Je désir sortir. Je ne peux pas, il ne veut pas; et je reste éperdu, tremblant dans le fauteuil où il me tient assis. Je désir seulement me lever, me soulever afin de me croire maître de moi. Je ne peux pas! Je suis rivé a mon siège; et mon siège adhère au sol, de telle sorte qu'aucune force ne nous soulèverait.
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Par Aela, le 20/05/2012
Maupassant : Contes et nouvelles, tome 1 : 1875 - Mars 1884 de
Guy de Maupassant
De Dieppe au Havre, la côte présente une falaise ininterrompue, haute de cent mètres environ, et droite comme une muraille.
De place en place, cette grande ligne de rochers blancs s'abaisse brusquement et une petite vallée étroite aux pentes rapides, couvertes de gazon ras et de joncs marins, descend du plateau cultivé vers une plage de galets où elle aboutit par un ravin semblable au lit du torrent.
La nature a fait des vallées, les pluies d'orage les ont terminées par ces ravins, entaillant ce qui restait de la falaise, creusant jusqu'à la mer le lit des eaux qui sert de passage aux hommes.
Quelquefois un village est blotti dans ces vallons, où s'engouffre le vent du large.
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Bel-Ami de
Guy de Maupassant
Il arrive un jour, voyez-vous, et il arrive de bonne heure pour beaucoup, où c’est fini de rire, comme on dit, parce que derrière tout ce qu’on regarde, c’est la mort qu’on aperçoit.
[…]
Moi, depuis quinze ans, je la sens qui me travaille comme si je portais en moi une bête rongeuse. Je l'ai sentie peu à peu, mois par mois, heure par heure, me dégrader ainsi qu'une maison qui s'écroule. Elle m'a défiguré si complètement que je ne me reconnais pas. Je n'ai plus rien de moi, de moi l'homme radieux, frais et fort que j'étais à trente ans. Je l'ai vue teindre en blanc mes cheveux noirs, et avec quelle lenteur savante et méchante ! Elle m'a pris ma peau ferme, mes muscles, mes dents, tout mon corps de jadis, ne me laissant qu'une âme désespérée qu'elle enlèvera bientôt aussi.
Oui, elle m'a émietté, la gueuse, elle a accompli doucement et terriblement la longue destruction de mon être, seconde par seconde. Et maintenant je me sens mourir en tout ce que je fais. Chaque pas m'approche d'elle, chaque mouvement, chaque souffle hâte son odieuse besogne. Respirer, dormir, boire, manger, travailler, rêver, tout ce que nous faisons, c'est mourir. Vivre enfin, c'est mourir !
Oh ! vous saurez cela ! Si vous réfléchissiez seulement un quart d'heure, vous la verriez.
Qu'attendez-vous ? De l'amour ? Encore quelques baisers, et vous serez impuissant.
Et puis, après ? De l'argent ? Pour quoi faire ? Pour payer des femmes ? Joli bonheur ! Pour manger beaucoup, devenir obèse et crier des nuits entières sous les morsures de la goutte ?
Et puis encore ? De la gloire ? A quoi cela sert-il quand on ne peut plus la cueillir sous forme d'amour ?
Et puis, après ? Toujours la mort pour finir.
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Par ralbol, le 30/10/2010
Le Horla de
Guy de Maupassant
Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : « amuse-toi. » Il s’amuse. On lui dit : « Vote pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. Et il vote pour la République.
Ceux qui le dirigent sont aussi sots, mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion
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Par marina53, le 20/05/2012
Pierre et Jean de
Guy de Maupassant
Je m'étais donnée à lui tout entière, corps et âme, pour toujours, avec bonheur, et pendant plus de dix ans j'ai été sa femme comme il a été mon mari devant Dieu qui nous avait faits l'un pour l'autre. Et puis, j'ai compris qu'il m'aimait moins. Il était toujours bon et prévenant, mais je n'étais plus pour lui ce que j'avais été. C'était fini ! Oh ! que j'ai pleuré !... Comme c'est misérable et trompeur, la vie !... Il n'y a rien qui dure...