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ISBN : 2081285827
Éditeur : Flammarion (2012)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 656 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
À vingt-sept ans, en 1867, Émile Zola ne s’est pas encore attaqué aux Rougon-Macquart, son œuvre géante. Comment s’imposer « quand on a le malheur d’être né au confluent de Hugo et de Balzac » ? Comment récrire La Comédie humaine après ce dernier ? Les grands créateurs ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 17 avril 2013

    fredho
    Thérèse Raquin, fille d'une femme africaine et d'un capitaine français, est recueillie par sa tante Mme Raquin, suite à la mort de sa mère. Mme Raquin vit à Vernon avec son fils Camille, un garçon chétif, de santé fragile, que sa mère couve d'un amour maternel excessif.
    Thérèse grandit au rythme de ce cousin malade, se soumet aux exigences de sa tante sans manifestation, mais sous l'apparence d'une petite fille sage et docile, se cache une personnalité sauvage.
    Les deux enfants vivent comme frère et sœur, ils savent que Mme Raquin a résolu de les marier ensemble, et cette pensée mûrit en eux comme une chose naturelle et familière.
    Les années s'écoulent, et à l'aube des 21 ans de Thérèse, Mme Raquin marie « ses deux enfants ». Quelques jours après le mariage, ils partent Tous les trois vivre à Paris, la tante s'acquitte d'un fonds de commerce, une mercerie qu'elle occupe avec sa nièce, et Camille trouve un poste dans l'administration aux chemins de fer d'Orléans.
    Pendant 3 ans, les jours se suivent et se ressemblent, Thérèse s'ennuie dans cette boutique, et tout en gardant une humeur égale, ses pensées flottent et se perdent dans ses journées vides, Thérèse rêve d'une autre vie.
    Un soir, Camille amène un jeune homme Laurent, ancien camarade d'école, employé aux chemins de fer, curieusement Thérèse éprouve un frisson en sa présence.
    Très vite, ils deviennent amants, la jeune femme s'épanouit dans les bras de Laurent, elle se transforme, se confie et raconte ses années d'abnégation auprès de la famille Raquin, lui, est ensorcelé par cette maîtresse féline et voluptueuse.
    Leur passion est alimentée et exacerbée par l'interdit, et les amants ne supportent plus de s'aimer dans l'ombre.
    Thérèse veut prendre une revanche sur sa vie gâchée auprès d'un mari médiocre, elle va donc pousser Laurent au crime, ce dernier finit par noyer Camille lors d'une balade en barque.
    Afin d'éviter les soupçons, les amants s'éloignent pendant de longs mois, puis finissent par se marier avec l'accord de Mme Raquin, leur plan réussi le couple peut s'aimer dans la lumière.
    Mais l'enfer commence au soir de leur nuit de noces, le fantôme de Camille vient les hanter. Obsédé par leur crime, le couple tombe dans la névrose, les nerfs dominent, les cauchemars secouent leur sommeil, la culpabilité les ronge et le remord les étouffe et les éloigne.
    Les amants meurtriers s'accusent mutuellement de la mort de Camille.
    Leur crime a tué leur passion et leur mariage va virer à la catastrophe...
    La fin du roman démontrera que les amants diaboliques n'ont finalement jamais cessé de s'aimer.
    Zola dépeint les héros de son roman Thérèse et Laurent comme « des brutes humaines », sans âme, au tempérament sanguin, deux désaxés dépourvus de toute moralité, poussés par le besoin irrésistible de se posséder au point de commettre un meurtre.
    La noirceur et la violence de cette œuvre fait de cette histoire d'amour sordide, une tragédie dramatique et envoûtante. Si l'immoralité de Thérèse et Laurent peut provoquer du dégoût, la puissance de leur amour se place à mes yeux, au même rang que les amours mythiques de la littérature.
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  • Par Aela, le 03 mai 2013

    Aela
    "L'œil était dans la tombe et regardait Caïn."
    Tel est le sort qui attend Thérèse Raquin et son amant Laurent, une fois qu'ils ont commis le meurtre de Camille, mari de Thérèse.
    Et pourtant au départ rien ne prédisposait ces jeunes gens à devenir des meurtriers.
    Thérèse est la nièce et fille adoptive de Mme Raquin, mercière laborieuse et économe, venue s'installer à Paris pour y développer son commerce.
    Sa mercerie marche, elle souhaite un mariage entre son fils Camille et sa nièce Thérèse.
    Le mariage va avoir lieu, mariage sans grande passion. Thérèse va vite se sentir dépérir d'ennui auprès de son mari de santé fragile et de tempérament passif.
    Les invités sont nombreux dans la maison et Tous raffolent des parties de dominos du jeudi soir ,
    Malheureusement un jeune ami de la famille, Laurent, apprenti peintre au talent plus qu'incertain, va multiplier ses visites et ses assiduités auprès de la jeune Thérèse.
    Dès lors, tout va s'enchaîner très vite: liaison adultérine, meurtre.
    Les amants complices jouent la parfaite comédie de l'innocence à tel point que leur entourage et surtout les amis de longue date Michaud et Grivet, insistent pour marier les deux amants.
    Et le mariage se fait. Zola nous introduit alors dans la psychologie des deux amants devenus désormais mari et femme.
    Nous plongeons avec eux dans des abîmes de souffrances et de tourments.
    La description de l'état psychologique des héros est d'une précision extrême.
    Une véritable analyse au scalpel de leur descente aux enfers.
    Rien n'y fera; hypocrisie, comédie, remords, plongée dans le vice, rien ne soulagera la conscience des deux amants.
    Seules deux personnes vont découvrir assez vite le crime commis
    : la brave mercière mère du défunt et le chat, ici personnifié et répondant au prénom de François. Un chat qui a un sens particulier et qui a le "dos hérissé d'une colère sourde"..
    La fin sera implacable.
    Un magnifique récit d'une dimension humaine très forte.
    Nous sommes loin des conflits sociaux de Germinal mais la puissance dans les sentiments est d'une intensité incroyable.
    À lire et à relire...
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    • Livres 2.00/5
    Par ahasverus, le 17 mai 2012

    ahasverus
    """Les gens meurent quelquefois, murmura t'elle enfin. Seulement, c'est dangereux pour ceux qui survivent".
    Thérèse, orpheline, est élevée par sa tante, Madame Raquin, dans l'ombre de Camille. Elle devra l'épouser. Camille est une eau stagnante. Thérèse est un torrent contenu. Un torrent que réveille l'irruption de Laurent.
    Thérèse raquin, le roman d'un remords, comme L'Assommoir est celui d'une chûte et Germinal celui d'un chaos.
    Le couple adultère se consume sous les lourds regards de la mère Raquin et du chat François, témoins muets qui savent bien.
    Pris par l'intrigue dès les premières lignes, (construite comme un roman policier - je pensais à Celle Qui N'Etait plus, de Boileau-Narcejac, ou à Crime et Châtiment), mon plaisir était très vite gâché par les commentaires de bas de pages de l'édition le Livre de Poche. Celle-ci révèlait très tôt des points-clé du roman et son dénouement, et me faisait pousser des "ah !" réprobateurs et des "oh !" indignés.
    La construction est annonciatrice des livres à venir, avec des décors intimistes, des personnages secondaires que le désespoir ennuie, (qui rappellent la noce de L'Assommoir), des personnages principaux très denses et des représentations symboliques (le cou de Laurent).
    Bref, les amateurs de Zola connaissent déjà. Les autres commenceront par Germinal ou L'Assommoir.
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    • Livres 4.00/5
    Par spleen, le 09 mai 2013

    spleen
    Je me suis demandée en finissant ce roman depuis combien de temps je n'avais pas lu un livre d' Emile Zola, cela doit se compter en décennies plus qu'en années .
    J'ai, comme beaucoup de lecteurs je pense , cloisonné mes choix de lecture et les œuvres classiques sont restées cantonnées à une catégorie du passé qui finit par devenir assez lointaine en ce qui me concerne ... bien que je n'ai pas du tout de mauvais souvenirs au contraire, poursuivant pour moi-même souvent l' exploration de ces auteurs classiques.
    Bien sûr , la langue est magnifique, la construction de l'intrigue implacable , il n'y a même pas besoin de trouver les héros sympathiques pour aimer cette œuvre !
    J'ai particulièrement apprécié la description de la morgue, non par goût du macabre mais pour l'acuité du regard qui arrive à rendre beau dans le sens esthétique , l'horreur et ce qui tourne autour ...
    J'ai écouté ce livre en CD Audio , une façon tout à fait agréable de redécouvrir Tous ces chefs d'œuvres .
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 01 août 2011

    cicou45
    Ah, toujours cette force dévastatrice et pourtant réaliste de Zola...j'adore. Comme il le dit lui-même dans sa préface, ce qu'il a voulu faire dans ce livre, c'est étudier des caractères et non des personnages en particulier. Thérèse Raquin, promise depuis sa plus tendre enfance à son cousin Camille, un homme frêle qui la répugne, trouve consolation, une fois son mariage célébré, dans les bras de Laurent, un homme vigoureux et viril. En se plongeant, la passion les embrase Tous deux pour les mener jusqu'au crime du pauvre Camille. Ils s'imaginaient qu'une fois débarrassé de lui, ils auraient plus de liberté pour assouvir leur désir de chair insatiable et, une fois le deuil de Thérèse terminé, ils pourraient enfin se marier et ne plus se cacher à la face du monde. Cependant, ils ne se doutaient pas qu'un tel crime pouvait se dérouler sans conséquence et que l'amour qui s'était emparé d'eux se trabsformerait bientôt en une haine qui les rongera de l'intérieur et les détruira à petit feu.
    Du Zola comme je les aime, écrit avec une analyse extrêmement détaillée et qui colle au plus près de la nature humaine, que l'on découvre ici dans toute son infamie.
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Citations et extraits

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  • Par Irisa, le 10 août 2009

    Une crainte venait de le prendre : il redoutait de ne pouvoir plus dessiner une tête, sans dessiner celle du noyé. Il voulut savoir tout de suite s'il était maître de sa main. Il posa une toile blanche sur son chevalet ; puis, avec un bout de fusain, il indiqua une figure en quelques traits. La figure ressemblait à Camille. Laurent effaça brusquement cette esquisse et en tenta une autre. Pendant une heure, il se débattit contre la fatalité qui poussait ses doigts. A chaque nouvel essai, il revenait à la tête du noyé. Il avait beau tendre sa vonlonté, éviter les lignes qu'il connaissait si bien ; malgré lui, il traçait ces lignes, il obéissait à ses muscles, à ses nerfs révoltés. Il avait d'abord jeté les croquis rapidement ; il s'appliqua ensuite à conduire son fusain avec lenteur. Le résultat fut le même : Camille, grimaçant et douloureux, apparaissait sans cesse sur la toile. L'artiste esquissa successivement les têtes les plus diverses, des têtes d'anges, de vierges avec des auréoles, de guerriers romains coiffés de leur casque, d'enfants blonds et roses, de vieux bandits couturés de cicatrices ; toujours, toujours le noyé renaissait, il était tour à tour ange, vierge, guerrier, enfant et bandit. [...]
    Il s'imaginait ce qu'aurait été son oeuvre ; il voyait sur les épaules de ses personnages, des hommes et des femmes, la face blafarde et épouvantée du noyé ; l'étrange spectacle qu'il évoquait ainsi lui parut d'un ridicule atroce et l'exaspéra.
    Ainsi il n'oserait plus travailler, il redouterait toujours de ressusciter sa victime au moindre coup de pinceau. S'il voulait vivre paisible dans son atelier, il devrait ne jamais y peindre. Cette pensée que ses doigts avaient la faculté fatale et inconsciente de reproduire sans cesse le portrait de Camille lui fit regarder sa main avec terreur. Il lui semblait que cette main ne lui appartenait plus.
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  • Par MarcBibliotheca, le 20 février 2010

    Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu’on vient des quais, on trouve le passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de la rue Mazarine à la rue de Seine. Ce passage a trente pas de long et deux de large, au plus ; il est pavé de dalles jaunâtres, usées, descellées, suant toujours une humidité âcre ; le vitrage qui le couvre, coupé à angle droit, est noir de crasse.

    Par les beaux jours d’été, quand un lourd soleil brûle les rues, une clarté blanchâtre tombe des vitres sales et traîne misérablement dans le passage. Par les vilains jours d’hiver, par les matinées de brouillard, les vitres ne jettent que de la nuit sur les dalles gluantes, de la nuit salie et ignoble.

    À gauche, se creusent des boutiques obscures, basses, écrasées, laissant échapper des souffles froids de caveau. Il y a là des bouquinistes, des marchands de jouets d’enfant, des cartonniers, dont les étalages gris de poussière dorment vaguement dans l’ombre ; les vitrines, faites de petits carreaux, moirent étrangement les marchandises de reflets verdâtres ; au-delà, derrière les étalages, les boutiques pleines de ténèbres sont autant de trous lugubres dans lesquels s’agitent des formes bizarres.

    À droite, sur toute la longueur du passage, s’étend une muraille contre laquelle les boutiquiers d’en face ont plaqué d’étroites armoires ; des objets sans nom, des marchandises oubliées là depuis vingt ans s’y étalent le long de minces planches peintes d’une horrible couleur brune. Une marchande de bijoux faux s’est établie dans une des armoires ; elle y vend des bagues de quinze sous, délicatement posées sur un lit de velours bleu, au fond d’une boîte en acajou.

    Au-dessus du vitrage, la muraille monte, noire, grossièrement crépie, comme couverte d’une lèpre et toute couturée de cicatrices.

    Le passage du Pont-Neuf n’est pas un lieu de promenade. On le prend pour éviter un détour, pour gagner quelques minutes. Il est traversé par un public de gens affairés dont l’unique souci est d’aller vite et droit devant eux. On y voit des apprentis en tablier de travail, des ouvrières reportant leur ouvrage, des hommes et des femmes tenant des paquets sous leur bras ; on y voit encore des vieillards se traînant dans le crépuscule morne qui tombe des vitres, et des bandes de petits enfants qui viennent là, au sortir de l’école, pour faire du tapage en courant, en tapant à coups de sabots sur les dalles. Toute la journée, c’est un bruit sec et pressé de pas sonnant sur la pierre avec une irrégularité irritante ; personne ne parle, personne ne stationne ; chacun court à ses occupations, la tête basse, marchant rapidement, sans donner aux boutiques un seul coup d’œil. Les boutiquiers regardent d’un air inquiet les passants qui, par miracle, s’arrêtent devant leurs étalages.
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  • Par LydiaB, le 30 mai 2010

    Un peu avant dix heures, la vieille dame se réveillait. On fermait la boutique, et toute la famille montait se coucher. Le chat tigré suivait ses maîtres en ronronnant, en se frottant la tête contre chaque barreau de la rampe.

    En haut, le logement se composait de trois pièces. L’escalier donnait dans une salle à manger qui servait en même temps de salon. À gauche était un poêle de faïence dans une niche ; en face se dressait un buffet ; puis des chaises se rangeaient le long des murs, une table ronde, tout ouverte, occupait le milieu de la pièce. Au fond, derrière une cloison vitrée, se trouvait une cuisine noire. De chaque côté de la salle à manger, il y avait une chambre à coucher.

    La vieille dame, après avoir embrassé son fils et sa belle-fille, se retirait chez elle. Le chat s’endormait sur une chaise de la cuisine. Les époux entraient dans leur chambre. Cette chambre avait une seconde porte donnant sur un escalier qui débouchait dans le passage par une allée obscure et étroite.

    Le mari, qui tremblait toujours de fièvre, se mettait au lit ; pendant ce temps, la jeune femme ouvrait la croisée pour fermer les persiennes. Elle restait là quelques minutes, devant la grande muraille noire, crépie grossièrement, qui monte et s’étend au-dessus de la galerie. Elle promenait sur cette muraille un regard vague, et, muette, elle venait se coucher à son tour, dans une indifférence dédaigneuse.
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  • Par Claire-una-volta, le 21 février 2013

    Camille était ignoble. Il avait séjourné quinze jours dans l’eau. Sa face paraissait encore ferme et rigide ; les traits s’étaient conservés, la peau avait seulement pris une teinte jaunâtre et boueuse. La tête, maigre, osseuse, légèrement tuméfiée, grimaçait ; elle se penchait un peu, les cheveux collés aux tempes, les paupières levées, montrant le globe blafard des yeux ; les lèvres tordues, tirées vers un coin de la bouche, avaient un ricanement atroce ; un bout de langue noirâtre apparaissait dans la blancheur des dents. Cette tête, comme tannée et étirée, en gardant une apparence humaine était restée plus effrayante de douleur et d’épouvante. Le corps semblait un tas de chairs dissoutes ; il avait souffert horriblement. On sentait que les bras ne tenaient plus ; les clavicules perçaient la peau des épaules. Sur la poitrine verdâtre, les côtes faisaient des bandes noires ; le flanc gauche, crevé, ouvert, se creusait au milieu de lambeaux d’un rouge sombre. Tout le torse pourrissait. Les jambes, plus fermes, s’allongeaient, plaquées de taches immondes. Les pieds tombaient.
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  • Par alicia.gardies, le 26 octobre 2012

    Il y avait eu, à la même heure, chez cette femme et chez cet homme, une sorte de détraquement nerveux qui les rendait, pantelants et terrifiés, à leurs terribles amours. Une parenté de sang et de volupté s’était établie entre eux. Ils frissonnaient des mêmes frissons ; leurs cœurs, dans une espèce de fraternité poignante, se serraient aux mêmes angoisses. Ils eurent dès lors un seul corps et une seule âme pour jouir et pour souffrir. Cette communauté, cette pénétration mutuelle est un fait de psychologie et de physiologie qui a souvent lieu chez les êtres que de grandes secousses nerveuses heurtent violemment l’un à l’autre.
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