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ISBN : 2266159216
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 1282 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
À vingt-sept ans, en 1867, Émile Zola ne s’est pas encore attaqué aux Rougon-Macquart, son œuvre géante. Comment s’imposer "quand on a le malheur d’être né au confluent de Hugo et de Balzac"? Comment récrire La Comédie humaine après ce dernier? Les grands créateurs sont... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 25 octobre 2014

    Gwen21
    C'est un roman coup de poing que nous offre ici Emile Zola et si un lecteur du XXIème siècle le perçoit tel quel, que penser du lecteur de la seconde moitié du XIXème !
    Roman psychologique assez court mais très violent, "Thérèse Raquin" dissimule entre ses pages un drame passionnel percutant qui catalyse les sept péchés capitaux, provoquant ainsi la chute sans fin de l'homme dans le vice et illustrant l'impossible rédemption des "méchants".
    Thérèse est une orpheline recueillie par sa tante, madame Raquin, et mariée à son cousin maladif, Camille. Venu installer à Paris son commerce de mercerie, le trio Raquin mène une existence assez lugubre, faite d'ennui et d'oisiveté, jusqu'au jour où la paix monotone de leur existence vole en éclats avec l'arrivée dans leur cercle familial de Laurent, un ami d'enfance de Camille. Le ver est dans la pomme et la pomme étant déjà bien farineuse et tavelée, elle n'avait pas vraiment besoin de ça mais comment lutter contre la nature ? Si le ver mange la pomme ; l'homme ronge de même sa propre existence.
    Avec Laurent, c'est la paresse, l'orgueil, la gourmandise, l'envie et une avarice qui s'exprime par un égoïsme aigu qui pénètrent chez les Raquin. Séduite par cet homme qui incarne l'opposé d'un mari qu'elle n'aime pas, Thérèse, croyant enfin naître à la vie, finit par apporter au tableau de ce pseudo-peintre les dernières pierres qui manquaient à l'édifice : la luxure et la colère. Partant de là, le décor est complet ; le crime s'empare de l'existence de ces quatre protagonistes pour mener chacun à sa ruine.
    Zola, comme à son habitude, n'y va pas avec le dos de la cuillère et sa narration, servie par sa plume exceptionnelle, est puissante et grave. Elle fouille la noirceur des sentiments, elle façonne la boue des vices pour ériger des personnages tristement réalistes et cruellement crédibles. Le lecteur suit la lente descente aux Enfers des personnages et voit s'élever les martyrs et s'écrouler les criminels. D'abord spectateur impuissant et presque complaisant des deux complices bien déterminés à supprimer le mari gênant, le lecteur en vient très rapidement à mépriser les meurtriers, suffoqué par leur audace et leur duplicité, et à crier justice sans faillir jusqu'à se réjouir d'un dénouement aussi misérable que miséricordieux.
    De la grande littérature, du Zola.
    Challenge Régions de France
    Ile-de-France
    4/22
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    • Livres 5.00/5
    Par Symphonie, le 12 avril 2013

    Symphonie
    Un roman d'une force exceptionnelle, Un classique d'Emile Zola certes, mais quel ouvrage !
    Madama Raquin se dévoue corps et âme pour son unique fils Camille, qu'elle marie avec sa cousine Thérèse, élevée dans le même cocon familial. Si Thérèse n'aime pas particulièrement cet homme fragilisé par les débordements de soins et d'amour de sa mère, elle accepte son sort, résignée, traînant son ennui derrière le comptoir d'un commerce quelque peu sordide, fréquenté une soirée par semaine de quelques personnes ennuyeuses, jusqu'à sa rencontre avec Laurent, un peintre raté, vivant dans l'oisiveté totale. La passion de ces deux être dépravés, dépourvus de toute moralité va les mener à noyer le mari gênant, lors d'une promenade en barque. Cette complicité diabolique se retournera contre eux. Au lieu de s'aimer librement, une haine farouche va s'initier entre-eux. Thérèse, hantée par le souvenir de Camille, ayant perdu alors son exaltation pour Laurent, la passion des amants se trouve désormais altérée. Chaque jour deviendra le cauchemar de l'autre, se rejetant mutuellement la faute, les menant dans une guerre perpétuelle, jusqu'à une folie sans nom.
    Une Oeuvre bien campée, la relation des deux amants est décrite efficacement et nous montre combien l'amour peut parfois devenir destructeur .
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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 05 février 2014

    Kittiwake
    Le crime ne paie pas . C'est ce que vont comprendre nos deux amants maudits, Thérèse et Laurent.
    Tout avait mal commencé pour Thérèse : confiée à sa tante par son père, elle est élevée en compagnie de son frêle cousin, dix fois sauvé de la mort par sa mère, qui entend bien marier ces deux-la et y parvient. Mais l'irruption de Laurent, parasite et benêt notoire, dans la vie réglée de la famille Raquin, sème le trouble. Thérèse aspire a plus de passion que ne peut lui en proposer son chétif époux. Laurent et Thérèse fautent. Mais cela devient bien vite insuffisant : une seule issue, se débarrasser de l'avorton. Une sortie en barque leur en donne l'occasion, Camille bascule dans l'eau, non sans s'être débattu, mordant profondément son meurtrier au cou . Les amants vont-ils enfin atteindre la félicité? Que nenni! Cauchemars et hallucinations hantent leurs nuits. Il leur semble que le mariage pourraient les délivrer de leurs angoisses. Il faut attendre la fin du veuvage et présenter prudemment l'affaire, sans éveiller les soupçons. La naïveté et la bêtise de leur entourage leur vient en aide. Plutôt que de les apaiser, leurs angoisses unies décuplent et fait de leur vie un enfer.
    Zola analyse et interprète les processus psycho-pathologiques qui conduisent les personnages au passage à l'acte, dans la tradition du roman naturaliste. Certes les théories sont hasardeuses et les descriptions cliniques très subjectives, mais l'ensemble garde une certaine logique et correspond aux connaissances de l'époque; il me semble pourtant que Zola a fait beaucoup mieux lorsqu'il décrit dans L' Assommoir un épisode de delirium tremens.
    Il s'en dégage une impression de destinée funeste, à laquelle aucun des personnages ne peut échapper : chaque tentative accentue la descente aux enfers. Il semble que pour Thérèse en particulier, tout était écrit d'avance. Quant à Laurent, incapable d'anticiper les conséquences de ses actes, il se laisse guider par ses instincts les plus vils. Zola dans sa préface, rendue nécessaire par l'accueil défavorable de la critique, avoue chercher en ses personnages la bête. Il les jette dans un drame et se veut explorateur scientifique de leurs réactions, conformément à leur nature « sanguine » pour Laurent et « nerveuse » pour Thérèse. Il se lance dans une « étude du tempérament et des modifications profondes de l'organisme sous l'influence des milieux et des circonstances ».
    Le thriller psychologique est-il l'héritier du roman naturaliste?


    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2014/02/therese-raquin.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Myriam3, le 20 janvier 2015

    Myriam3
    Récit de la noirceur et de l'effroi, Thérèse Raquin annonce les futurs romans de Zola quant aux thèmes de la misère, du crime et d'un univers médiocre quand il n'est pas morbide.
    Ce roman est donc bien du Zola, à ceci près qu'il est bref et va droit au but. Dans Thérèse Raquin, les descriptions de Paris se concentrent sur le quartier où se déroule l'intrigue, entre le passage du Pont-Neuf et la Seine. de même, le nombre de personnages est minimaliste, et seuls les trois-quatre principaux sont minutieusement décrits, contrairement aux autres qui ne sont tout au plus que des silhouettes esquissées.
    Fataliste et cathartique, ce court roman tient en haleine; on y suit la lente et inexorable descente aux enfers de ce couple, Thérèse et Laurent qui, pour vivre librement leur passion, décident de se débarrasser du mari gênant. S'ensuit hallucinations et terreurs pour ce couple livré au regard immobile de Madame Raquin, mère du mari, et celui de François, le chat, témoin de l'adultère.
    Ce roman est le développement de la nouvelle Un Mariage d'Amour, lui-même inspiré de la Vénus de Gordes de Adolphe Belot et Ernest Daudet. Contrairement aux personnages de la Vénus de Gordes, Thérèse et Laurent échappent à la justice, mais la culpabilité fera son lent travail de gangrène.
    J'ai été emportée par la noirceur de ce récit et la description minutieuse et psychologique des personnages, l'un livré à l'autre, jusqu'au dénouement.
    Il ne me reste plus qu'à découvrir maintenant la libre adaptation qu'en a faite Marcel Carné et qui a l'air très intéressante également.
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 17 avril 2013

    fredho
    Thérèse Raquin, fille d'une femme africaine et d'un capitaine français, est recueillie par sa tante Mme Raquin, suite à la mort de sa mère. Mme Raquin vit à Vernon avec son fils Camille, un garçon chétif, de santé fragile, que sa mère couve d'un amour maternel excessif.
    Thérèse grandit au rythme de ce cousin malade, se soumet aux exigences de sa tante sans manifestation, mais sous l'apparence d'une petite fille sage et docile, se cache une personnalité sauvage.
    Les deux enfants vivent comme frère et sœur, ils savent que Mme Raquin a résolu de les marier ensemble, et cette pensée mûrit en eux comme une chose naturelle et familière.
    Les années s'écoulent, et à l'aube des 21 ans de Thérèse, Mme Raquin marie « ses deux enfants ». Quelques jours après le mariage, ils partent Tous les trois vivre à Paris, la tante s'acquitte d'un fonds de commerce, une mercerie qu'elle occupe avec sa nièce, et Camille trouve un poste dans l'administration aux chemins de fer d'Orléans.
    Pendant 3 ans, les jours se suivent et se ressemblent, Thérèse s'ennuie dans cette boutique, et tout en gardant une humeur égale, ses pensées flottent et se perdent dans ses journées vides, Thérèse rêve d'une autre vie.
    Un soir, Camille amène un jeune homme Laurent, ancien camarade d'école, employé aux chemins de fer, curieusement Thérèse éprouve un frisson en sa présence.
    Très vite, ils deviennent amants, la jeune femme s'épanouit dans les bras de Laurent, elle se transforme, se confie et raconte ses années d'abnégation auprès de la famille Raquin, lui, est ensorcelé par cette maîtresse féline et voluptueuse.
    Leur passion est alimentée et exacerbée par l'interdit, et les amants ne supportent plus de s'aimer dans l'ombre.
    Thérèse veut prendre une revanche sur sa vie gâchée auprès d'un mari médiocre, elle va donc pousser Laurent au crime, ce dernier finit par noyer Camille lors d'une balade en barque.
    Afin d'éviter les soupçons, les amants s'éloignent pendant de longs mois, puis finissent par se marier avec l'accord de Mme Raquin, leur plan réussi le couple peut s'aimer dans la lumière.
    Mais l'enfer commence au soir de leur nuit de noces, le fantôme de Camille vient les hanter. Obsédé par leur crime, le couple tombe dans la névrose, les nerfs dominent, les cauchemars secouent leur sommeil, la culpabilité les ronge et le remord les étouffe et les éloigne.
    Les amants meurtriers s'accusent mutuellement de la mort de Camille.
    Leur crime a tué leur passion et leur mariage va virer à la catastrophe...
    La fin du roman démontrera que les amants diaboliques n'ont finalement jamais cessé de s'aimer.
    Zola dépeint les héros de son roman Thérèse et Laurent comme « des brutes humaines », sans âme, au tempérament sanguin, deux désaxés dépourvus de toute moralité, poussés par le besoin irrésistible de se posséder au point de commettre un meurtre.
    La noirceur et la violence de cette œuvre fait de cette histoire d'amour sordide, une tragédie dramatique et envoûtante. Si l'immoralité de Thérèse et Laurent peut provoquer du dégoût, la puissance de leur amour se place à mes yeux, au même rang que les amours mythiques de la littérature.
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Citations et extraits

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  • Par Myriam3, le 20 janvier 2015

    Avant de connaître Thérèse, Laurent avait la lourdeur, le calme prudent, la vie sanguine d'un fils de paysan. Il dormait, mangeait, buvait en brute. A toute heure, dans tous les faits de l'existence journalière, il respirait d'un souffle large et épais, content de lui, un peu abêti par sa graisse. A peine, au fond de sa chair alourdie, sentait-il parfois des chatouillements. C'étaient ces chatouillements que Thérèse avait développés en horribles secousses. Elle avait fait pousser dans ce grand corps gras et mou, un système nerveux d'une sensibilité étonnante. Laurent qui, auparavant, jouissait de la vie plus par le sang que par les nerfs eut des sens moins grossiers. Une existence nerveuse, poignante et nouvelle pour lui, lui fut brusquement révélée, aux premiers baisers de sa maîtresse.
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  • Par Myriam3, le 19 janvier 2015

    Assis au fond de la barque qui coulait avec l'eau, ils regardaient les dernières lueurs quitter les hautes branches. Ils approchaient des îles. Les grandes masses rougeâtres devenaient sombres; tout le paysage se simplifiait dans le crépuscule; la Seine, le ciel, les îles, les coteaux n'étaient plus que des taches brunes et grises qui s'effaçaient au milieu d'un brouillard laiteux.

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  • Par Myriam3, le 18 janvier 2015

    Ce profil sortait vaguement des ténèbres qui régnaient dans la boutique. Au front bas et sec s'attachait un nez long, étroit, effilé; les lèvres étaient deux minces traits d'un rose pâle, et le menton, court et nerveux, tenait au cou par une ligne souple et grasse. On ne voyait pas le corps, qui se perdait dans l'ombre; le profil seul apparaissait, d'une blancheur mate, troué d'un oeil noir largement ouvert, et comme écrasé sous une épaisse chevelure sombre. Il était là, pendant des heures, immobile et paisible, entre deux bonnets sur lesquels les tringles humides avaient laissé des bandes de rouille.
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  • Par Myriam3, le 18 janvier 2015

    Et elle restait là, pendant des heures, ne pensant à rien, mordue par le soleil, heureuse d'enfoncer ses doigts dans la terre. Elle faisait des rêves fous; elle regardait avec défi la rivière qui grondait, elle s'imaginait que l'eau allait se jeter sur elle et l'attaquer; alors elle se raidissait, elle se préparait à la défense, elle se questionnait avec colère pour savoir comment elle pourrait vaincre les flots.
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  • Par Irisa, le 10 août 2009

    Une crainte venait de le prendre : il redoutait de ne pouvoir plus dessiner une tête, sans dessiner celle du noyé. Il voulut savoir tout de suite s'il était maître de sa main. Il posa une toile blanche sur son chevalet ; puis, avec un bout de fusain, il indiqua une figure en quelques traits. La figure ressemblait à Camille. Laurent effaça brusquement cette esquisse et en tenta une autre. Pendant une heure, il se débattit contre la fatalité qui poussait ses doigts. A chaque nouvel essai, il revenait à la tête du noyé. Il avait beau tendre sa vonlonté, éviter les lignes qu'il connaissait si bien ; malgré lui, il traçait ces lignes, il obéissait à ses muscles, à ses nerfs révoltés. Il avait d'abord jeté les croquis rapidement ; il s'appliqua ensuite à conduire son fusain avec lenteur. Le résultat fut le même : Camille, grimaçant et douloureux, apparaissait sans cesse sur la toile. L'artiste esquissa successivement les têtes les plus diverses, des têtes d'anges, de vierges avec des auréoles, de guerriers romains coiffés de leur casque, d'enfants blonds et roses, de vieux bandits couturés de cicatrices ; toujours, toujours le noyé renaissait, il était tour à tour ange, vierge, guerrier, enfant et bandit. [...]
    Il s'imaginait ce qu'aurait été son oeuvre ; il voyait sur les épaules de ses personnages, des hommes et des femmes, la face blafarde et épouvantée du noyé ; l'étrange spectacle qu'il évoquait ainsi lui parut d'un ridicule atroce et l'exaspéra.
    Ainsi il n'oserait plus travailler, il redouterait toujours de ressusciter sa victime au moindre coup de pinceau. S'il voulait vivre paisible dans son atelier, il devrait ne jamais y peindre. Cette pensée que ses doigts avaient la faculté fatale et inconsciente de reproduire sans cesse le portrait de Camille lui fit regarder sa main avec terreur. Il lui semblait que cette main ne lui appartenait plus.
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