ISBN : 2266159216
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 251 notes) Ajouter à mes livres
À vingt-sept ans, en 1867, Émile Zola ne s’est pas encore attaqué aux Rougon-Macquart, son œuvre géante. Comment s’imposer « quand on a le malheur d’être né au confluent de Hugo et de Balzac » ? Comment récrire La Comédie humaine après ce dernier ? Les grands créateurs ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 01 août 2011

    cicou45
    Ah, toujours cette force dévastatrice et pourtant réaliste de Zola...j'adore. Comme il le dit lui-même dans sa préface, ce qu'il a voulu faire dans ce livre, c'est étudier des caractères et non des personnages en particulier. Thérèse Raquin, promise depuis sa plus tendre enfance à son cousin Camille, un homme frêle qui la répugne, trouve consolation, une fois son mariage célébré, dans les bras de Laurent, un homme vigoureux et viril. En se plongeant, la passion les embrase Tous deux pour les mener jusqu'au crime du pauvre Camille. Ils s'imaginaient qu'une fois débarrassé de lui, ils auraient plus de liberté pour assouvir leur désir de chair insatiable et, une fois le deuil de Thérèse terminé, ils pourraient enfin se marier et ne plus se cacher à la face du monde. Cependant, ils ne se doutaient pas qu'un tel crime pouvait se dérouler sans conséquence et que l'amour qui s'était emparé d'eux se trabsformerait bientôt en une haine qui les rongera de l'intérieur et les détruira à petit feu.
    Du Zola comme je les aime, écrit avec une analyse extrêmement détaillée et qui colle au plus près de la nature humaine, que l'on découvre ici dans toute son infamie.
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    • Livres 5.00/5
    Par Sidou-69, le 04 juillet 2011

    Sidou-69
    Moi qui ne suis pas une grande fanatique des classiques, et oui, à mon plus grand défaut ;) Qui sait, peut-être qu'après, le changement pointera le bout de son nez ... J'ai bien aimé l'histoire de Thérèse raquin en elle-même. J'ai aussi aimé le style d'écriture que Zola adopte dans ce roman mais encore, à ma plus grande surprise, la description qui est, il faut le dire, très présente ici. Puis cette atmosphère de suspens est délicieuse ... Enfin bref, à vos classiques !! =)
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    • Livres 3.00/5
    Par Sweet, le 23 novembre 2011

    Sweet
    Je l'ai lu au lycée si je me souviens bien, en lecture obligatoire et ce fut l'un des rares livres scolaires que j'ai apprécié.
    Je ne suis pas très fans des classiques mais celui-ci fait largement exception.
    Zola traite ici de grands sujets touchant directement l'être humain dans ses rapports avec les autres. L'humain capable du plus grand amour comme de la plus grande haine.
    J'ai aimé la passion dégagée par les deux personnages principaux et leur évolution au fil des évènements dont ils étaient à l'origine. L'amour interdit et l'amour libéré sont bien différents et ce dernier remet beaucoup de choses en question.
    J'ai aussi apprécié le petit côté cynique de ce livre et certaines scènes jubilatoires.
    Malheureusement, mes souvenirs sont lointains et je ne peux pas en dire tellement plus de mémoire.
    Ce livre m'a marqué et je pense que je prendrais beaucoup de plaisir à le relire un jour.
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    • Livres 4.00/5
    Par Scriba, le 11 mai 2010

    Scriba
    Comment tuer son mari et pouvoir vivre ensuite le parfait bonheur avec son amant ? C'est ce que tente de faire Thérèse Raquin, croyant trouver ce bonheur dans une nouvelle vie.
    Mais elle et son amant n'avaient pas pensé au remords, le terrible remords qui va leur pourrir la vie : le mari ne sera jamais autant présent dans leur vie qu'une fois mort !
    Du grand Zola, fidèle à lui-même pour le réalisme souvent sordide que l'on retrouve dans ses autres romans (comme Pot-bouille par exemple). Il décortique l'âme et la conscience humaines.
    J'avais beaucoup aimé ce livre et je m'en souviens encore tout à fait bien des années plus tard.
    Un roman qui vous marquera, sans aucun doute...
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    • Livres 1.00/5
    Par Musikant, le 07 février 2010

    Musikant
    Contrairement au cycle des Rougon-Macquart, j'ai eu beaucoup de mal avec Thérèse Raquin. Certes j'admire le style et la force de Zola à camper des personnages hors du commun et tourmentés mais j'ai ressenti un certain malaise tout au long de ce roman. Tous les protagonistes du récit sont insupportables et j'en arrivais à espérer une séquence avec un petit rayon de soleil. Mais non, j'ai dû boire le calice jusqu'à la lie. Je ne peux évoquer un manichéisme quelconque car seul le mal existe, mais une certaine complaisance dans le sordide qui virerait presque au grand guignol.
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Citations et extraits

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  • Par Irisa, le 10 août 2009

    Une crainte venait de le prendre : il redoutait de ne pouvoir plus dessiner une tête, sans dessiner celle du noyé. Il voulut savoir tout de suite s'il était maître de sa main. Il posa une toile blanche sur son chevalet ; puis, avec un bout de fusain, il indiqua une figure en quelques traits. La figure ressemblait à Camille. Laurent effaça brusquement cette esquisse et en tenta une autre. Pendant une heure, il se débattit contre la fatalité qui poussait ses doigts. A chaque nouvel essai, il revenait à la tête du noyé. Il avait beau tendre sa vonlonté, éviter les lignes qu'il connaissait si bien ; malgré lui, il traçait ces lignes, il obéissait à ses muscles, à ses nerfs révoltés. Il avait d'abord jeté les croquis rapidement ; il s'appliqua ensuite à conduire son fusain avec lenteur. Le résultat fut le même : Camille, grimaçant et douloureux, apparaissait sans cesse sur la toile. L'artiste esquissa successivement les têtes les plus diverses, des têtes d'anges, de vierges avec des auréoles, de guerriers romains coiffés de leur casque, d'enfants blonds et roses, de vieux bandits couturés de cicatrices ; toujours, toujours le noyé renaissait, il était tour à tour ange, vierge, guerrier, enfant et bandit. [...]
    Il s'imaginait ce qu'aurait été son oeuvre ; il voyait sur les épaules de ses personnages, des hommes et des femmes, la face blafarde et épouvantée du noyé ; l'étrange spectacle qu'il évoquait ainsi lui parut d'un ridicule atroce et l'exaspéra.
    Ainsi il n'oserait plus travailler, il redouterait toujours de ressusciter sa victime au moindre coup de pinceau. S'il voulait vivre paisible dans son atelier, il devrait ne jamais y peindre. Cette pensée que ses doigts avaient la faculté fatale et inconsciente de reproduire sans cesse le portrait de Camille lui fit regarder sa main avec terreur. Il lui semblait que cette main ne lui appartenait plus.
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  • Par MarcBibliotheca, le 20 février 2010

    Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu’on vient des quais, on trouve le passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de la rue Mazarine à la rue de Seine. Ce passage a trente pas de long et deux de large, au plus ; il est pavé de dalles jaunâtres, usées, descellées, suant toujours une humidité âcre ; le vitrage qui le couvre, coupé à angle droit, est noir de crasse.

    Par les beaux jours d’été, quand un lourd soleil brûle les rues, une clarté blanchâtre tombe des vitres sales et traîne misérablement dans le passage. Par les vilains jours d’hiver, par les matinées de brouillard, les vitres ne jettent que de la nuit sur les dalles gluantes, de la nuit salie et ignoble.

    À gauche, se creusent des boutiques obscures, basses, écrasées, laissant échapper des souffles froids de caveau. Il y a là des bouquinistes, des marchands de jouets d’enfant, des cartonniers, dont les étalages gris de poussière dorment vaguement dans l’ombre ; les vitrines, faites de petits carreaux, moirent étrangement les marchandises de reflets verdâtres ; au-delà, derrière les étalages, les boutiques pleines de ténèbres sont autant de trous lugubres dans lesquels s’agitent des formes bizarres.

    À droite, sur toute la longueur du passage, s’étend une muraille contre laquelle les boutiquiers d’en face ont plaqué d’étroites armoires ; des objets sans nom, des marchandises oubliées là depuis vingt ans s’y étalent le long de minces planches peintes d’une horrible couleur brune. Une marchande de bijoux faux s’est établie dans une des armoires ; elle y vend des bagues de quinze sous, délicatement posées sur un lit de velours bleu, au fond d’une boîte en acajou.

    Au-dessus du vitrage, la muraille monte, noire, grossièrement crépie, comme couverte d’une lèpre et toute couturée de cicatrices.

    Le passage du Pont-Neuf n’est pas un lieu de promenade. On le prend pour éviter un détour, pour gagner quelques minutes. Il est traversé par un public de gens affairés dont l’unique souci est d’aller vite et droit devant eux. On y voit des apprentis en tablier de travail, des ouvrières reportant leur ouvrage, des hommes et des femmes tenant des paquets sous leur bras ; on y voit encore des vieillards se traînant dans le crépuscule morne qui tombe des vitres, et des bandes de petits enfants qui viennent là, au sortir de l’école, pour faire du tapage en courant, en tapant à coups de sabots sur les dalles. Toute la journée, c’est un bruit sec et pressé de pas sonnant sur la pierre avec une irrégularité irritante ; personne ne parle, personne ne stationne ; chacun court à ses occupations, la tête basse, marchant rapidement, sans donner aux boutiques un seul coup d’œil. Les boutiquiers regardent d’un air inquiet les passants qui, par miracle, s’arrêtent devant leurs étalages.
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  • Par Couperine, le 30 mai 2010

    Un peu avant dix heures, la vieille dame se réveillait. On fermait la boutique, et toute la famille montait se coucher. Le chat tigré suivait ses maîtres en ronronnant, en se frottant la tête contre chaque barreau de la rampe.

    En haut, le logement se composait de trois pièces. L’escalier donnait dans une salle à manger qui servait en même temps de salon. À gauche était un poêle de faïence dans une niche ; en face se dressait un buffet ; puis des chaises se rangeaient le long des murs, une table ronde, tout ouverte, occupait le milieu de la pièce. Au fond, derrière une cloison vitrée, se trouvait une cuisine noire. De chaque côté de la salle à manger, il y avait une chambre à coucher.

    La vieille dame, après avoir embrassé son fils et sa belle-fille, se retirait chez elle. Le chat s’endormait sur une chaise de la cuisine. Les époux entraient dans leur chambre. Cette chambre avait une seconde porte donnant sur un escalier qui débouchait dans le passage par une allée obscure et étroite.

    Le mari, qui tremblait toujours de fièvre, se mettait au lit ; pendant ce temps, la jeune femme ouvrait la croisée pour fermer les persiennes. Elle restait là quelques minutes, devant la grande muraille noire, crépie grossièrement, qui monte et s’étend au-dessus de la galerie. Elle promenait sur cette muraille un regard vague, et, muette, elle venait se coucher à son tour, dans une indifférence dédaigneuse.
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  • Par Scriba, le 11 mai 2010

    Il tenta encore le sommeil. Alors ce fut une succession d'assoupissements voluptueux et de réveils brusques et déchirants. Dans son entêtement furieux, toujours il allait vers Thérèse, toujours il se heurtait contre le corps de Camille. A plus de dix reprises, il refit le chemin, il partit la chair brûlante, suivit le même itinéraire [...] et à plus de dix reprises, il vit le noyé s'offrir à son embrassement, lorsqu'il étendait les bras pour saisir et étreindre sa maîtresse. Ce même dénouement sinistre qui le réveillait chaque fois, haletant et éperdu, ne décourageait pas son désir ; quelques minutes après, dès qu'il se rendormait, son désir oubliait le cadavre ignoble qui l'attendait, et courait chercher de nouveau le corps chaud et souple d'une femme. Pendant une heure, Laurent vécut dans cette suite suite de cauchemars, dans ce mauvais rêve sans cesse répété et sans cesse imprévu, qui, à chaque sursaut, le brisait d'une épouvante plus aiguë.
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  • Par Sidou-69, le 04 juillet 2011

    " - Je ne sais plus pourquoi j'ai consenti à épouser Camille. Je n'ai pas protesté, par une sorte d'insouciance dédaigneuse. Cet enfant me faisait pitié. Lorsque je jouais avec lui, je sentais mes doigts s'enfoncer dans ses membres comme dans de l'argile. Je l'ai pris, parce que ma tante me l'offrait et que je comptait ne jamais me gêner pour lui ... Et j'ai retrouvé dans mon mari le petit garçon souffrant avec lequel j'avais déjà couché a six ans. Il était aussi frêle, aussi plaintif, et il avait toujours cette odeur fade d'enfant malade qui me répugnait tant jadis ... Je te dis tout cela pour que tu ne sois pas jaloux ... Une sorte de dégoût me montait à la gorge ; je me rappelais les drogues que j'avais bues, et je m'écartais, et je passais des nuits terribles ... Mais toi, toi ... "
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