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Note moyenne 3.87 /5 (sur 196 notes)

Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) à : Caerleon , le 3-03-1863
Mort(e) à : Beaconsfield , le 15-12-1947
Biographie :

Arthur Llewelyn Jones-Machen, dit Arthur Machen (Caerleon, Newport, Pays de Galles, 3 mars 1863 - Beaconsfield, Angleterre, 15 décembre 1947) est un écrivain fantastique britannique.

Il fit ses études à la Cathedral School de Heresford, mais appréciait particulièrement les livres de la bibliothèque de son père et les promenades dans la campagne du Gwent. Il publia un poème mystique, Eleusinia en 1881, puis partit pour Londres où il travailla dans diverses maisons d'édition avant de se consacrer totalement à la littérature.

Toutefois, ses livres lui rapportaient peu, et il ne devait sa subsistance qu'à un petit héritage familial.

Après la mort de sa femme, il rejoignit la société secrète de l'Ordre de la Golden Dawn, fut aussi acteur, et se remaria en 1903. A partir de là, il travailla comme journaliste aux Evening News pendant une dizaine d'années.

Il passa la fin de sa vie à Amersham dans le Buckinghamshire, et mourut le 15 décembre 1947 à Beaconsfield.

Son premier roman, Le Grand Dieu Pan, eut une très grande influence sur Paul-Jean Toulet et sur H. P. Lovecraft, notamment pour L'Abomination de Dunwich. Ce livre évoque en effet des contacts directs entre une jeune femme et une entité monstrueuse, Pan.

Les romans d'Arthur Machen ont souvent pour objet le « petit peuple », c'est-à-dire tout un folklore féerique (fées, lutins, etc.) qu'il développe sur le mode de la peur. L'auteur insiste particulièrement sur le caractère autre de ce monde. Ses histoires ont souvent pour cadre le pays de Galles, sa région natale, à laquelle il était très attaché, et connue pour ses nombreuses légendes. Plusieurs de ces nouvelles sont réunies dans le recueil Chroniques du petit peuple, dont certaines sont tirées du semi-roman Les Trois Imposteurs ou les Transmutations.

Son roman La Colline des rêves est largement autobiographique. Il y est question d'un jeune auteur qui tente d'écrire à Londres son chef d'œuvre. Mais la misère, le désespoir et le souvenir d'une vision d'enfance viennent le perturber.
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Source : Wikipédia
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Bibliographie de Arthur Machen   (14)Voir plus

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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Ambages   08 octobre 2016
Le grand dieu Pan de Arthur Machen
Mais je vous dis, moi, que toutes ces choses -oui, depuis l'étoile qui vient de s'allumer au ciel, jusqu'au sol que nous éprouvons du pied-, je vous dis que tout cela n'est que du rêve et des ombres, les ombres mêmes qui nous voilent le monde réel. Il y a un monde réel ; mais il est sous cet éclat et sous ces visions, ces hautes-lices, derrière tout cela comme si un voile nous le cachait. Je ne sais si jamais un être humain a soulevé ce voile ; mais je sais que cette nuit, et devant vous et moi, Clarke, il le sera pour d'autres yeux. Peut-être trouverez-vous tout ceci étrange, insensé même : étrange, soit, mais réel ; et les anciens savaient ce que c'est que de "lever le voile". Ils appelaient cela voir le dieu Pan.
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kuroineko   22 octobre 2018
Le grand dieu Pan de Arthur Machen
La police avait été obligée de se confesser impuissante à expliquer ou à prévenir les crimes sordides de Whitechapel; mais devant les horribles suicides de Picadilly et de Mayfair, elle resta confondue; car la simple férocité, qui servait d'explication aux crimes d'East End, ne se trouvait d'aucun usage dans West End. Chacun de ces hommes qui s'étaient résolus à mourir dans la honte et la douleur était riche et prospère, et goûtait apparemment la vie; mais les plus subtiles recherches ne pouvaient découvrir un motif quelconque à aucun de ces suicides.
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Woland   30 octobre 2010
Le grand dieu Pan de Arthur Machen
[...] ... Un gentleman riche fut trouvé mort auprès d'une maison de Paul Street, à la hauteur de Tottenham Court Road. Naturellement, ce ne fut pas la police qui le découvrit ; passez la nuit, avec de la lumière à vos fenêtres, le constable viendra sonner ; mais qu'il vous arrive d'être étendu, raide, à la porte de n'importe qui, on vous y laisse. En cette occasion, comme en bien d'autres, l'alarme fut donnée par une façon de vagabond ; je ne dis pas un simple rouleur, ou un pilier d'assommoir, mais un gentleman que ses affaires ou ses plaisirs, ou les uns et les autres, faisaient se promener dans les rues de Londres à cinq heures du matin. Cet individu, à ce qu'il affirma, "rentrait chez lui", quoique d'où et vers où, on n'en sut trop rien, ni quelle raison il avait de passer par Paul Street entre quatre et cinq heures du matin. Je ne sais quoi lui fit regarder le numéro 20. Il prétendit une chose assez absurde, que cette maison avait la physionomie la plus déplaisante qu'il eût jamais observée. En tous cas, il regarda dans la cour ; à son grand étonnement, il vit un homme étendu sur le pavé, jambe de ci, jambe de là, et la figure tournée en haut. Notre gentleman trouva cette face singulièrement fantomatique, et se mit à courir, en quête du premier policeman. Le constable prit d'abord la chose assez légèrement, n'y voulant voir qu'une histoire d'ivrogne. Cependant, il y alla, et changea vite de ton quand il eut vu la face du mort. L'oiseau matinal qui avait découvert ce fin vermisseau fut envoyé à la recherche d'un docteur, tandis que le constable tapageait à coups de sonnette et de heurtoir, jusqu'à faire arriver une servante sale, à moitié endormie encore. Il lui montra ce qu'il y avait dans la cour, et elle de pousser des cris à ameuter toute la rue. Mais elle ne savait rien du monsieur, ne l'avait jamais vu à la maison, etc ... Cependant, le premier donneur d'alarme était revenu avec un médecin ; et il ne restait plus qu'à entrer dans la cour. La porte fut ouverte, tout le quartier en profita pour entrer aussi et effacer en piétinant les traces qui s'y pouvaient trouver. Le docteur eut à peine besoin d'un moment d'examen pour déclarer que le pauvre diable était mort depuis plusieurs heures, et le faire transporter provisoirement au poste de police. C'est ici que l'affaire devient intéressante. Le mort n'avait pas été volé, et une de ses poches contenait des papiers l'identifiant à ... , enfin à un homme riche et de bonne famille, très aimé dans la société, à qui on ne connaissait pas un ennemi. Je ne vous dis pas son nom, Villiers, parce qu'il n'a rien à voir avec l'histoire et que ce n'est jamais une bonne chose de fouiller dans les histoires des morts dont les parents vivent encore. Le plus curieux ensuite est que les médecins ne purent se mettre d'accord sur la cause de la mort. Il y avait quelques légères meurtrissures sur les épaules du cadavre, comme s'il avait été poussé rudement par la porte de la cuisine et traîné en bas des marches, plutôt que jeté par-dessus la balustrade ; mais il ne portait aucune marque de violence, certainement aucune qui pût entraîner la mort ; et quand on en vint à l'autopsie, il n'y avait pas trace de poison. Naturellement, la police voulut se renseigner sur les habitants du 20 ; et ici encore, comme je l'ai appris de sources privées, on releva deux ou trois détails curieux.



La maison était occupée par M. et Mme Herbert ; lui, riche propriétaire, à ce qu'on dit, et beaucoup de gens remarquèrent que Paul Street n'est pas précisément le point où l'on irait chercher de l'aristocratie campagnarde ; elle, dont personne ne semblait savoir qui elle était, ni quoi. Entre nous, ceux qui plongèrent dans son existence connurent de drôles d'eaux, j'imagine. Bien entendu, tous deux nièrent savoir quoi que ce fût du défunt et, toute preuve absente, furent déchargés. Mais plusieurs choses étranges ressortirent sur leur compte. ... [...]

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SophiePatchouli   11 janvier 2016
Le grand dieu Pan de Arthur Machen
(première page)

Vers l'ouest, le soleil couchant surplombait encore les montagnes, mais d'un éclat sombre et rouge qui ne faisait plus d'ombre. L'atmosphère était paisible ; en face d'eux, la forêt épaisse sur le penchant des coteaux exhalait une haleine faible, et, par intervalles, l'appel tendre et murmurant des tourterelles sauvages. Plus bas, au creux de la vallée, la rivière serpentait parmi les collines solitaires, et, tandis que le soleil, un instant suspendu, disparaissait derrière l'horizon, une buée blanche et comme hésitante monta entre les rives.
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dourvach   10 avril 2021
Le grand dieu Pan de Arthur Machen
1. UNE EXPERIENCE.



— Je suis très content de vous voir, Clarke, très content ; je craignais qu'il ne vous fut impossible de venir.

— J'ai pu m'arranger pour quelques jours. Les affaires ne vont pas beaucoup, par le temps qu'il fait. Mais vous, Raymond, êtes-vous sans inquiétude pour ce que vous allez essayer, et cela ne présente-t-il aucun danger ?



Le long de la terrasse, qui bordait la maison du docteur, les deux hommes se promenaient sans hâte. Vers l'ouest, le soleil couchant surplombait encore les montagnes, mais d'un éclat sombre et rouge qui ne faisait plus d'ombre. L'atmosphère était paisible ; en face d'eux, la forêt épaisse sur le pendant des coteaux exhalait une haleine faible, et, par intervalles, l'appel tendre et murmurant des tourterelles sauvages. Plus bas, au creux de la vallée, la rivière serpentait parmi les collines solitaires, et, tandis que le soleil, un instant suspendu, disparaissait derrière l'horizon, une buée blanche et comme hésitante monta entre les rives.



[Arthur MACHEN, "The Great God Pan" / "Le Grand Dieu Pan" (1894), chapitre 1. - UNE EXPERIENCE - traduit de l'anglais par Paul-Jean Toulet, éditions EJL (Paris), coll. "Librio", page 9]
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JAsensio   05 juillet 2010
Le Peuple blanc (et autres récits de terreur) de Arthur Machen
– Alors, l’essence du péché est réellement…

– Dans le fait de prendre le ciel d’assaut, il me semble, dit Ambrose. C’est tout simplement une tentative pour pénétrer d’une manière interdite dans une autre sphère plus élevée. Maintenant, vous pouvez comprendre pourquoi il est exceptionnel. Peu de gens, en vérité, éprouvent le désir de pénétrer dans d’autres sphères […]
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batlamb   20 janvier 2021
La colline des rêves de Arthur Machen
The common notion that language and linked words are important only as a means of expression he found a little ridiculous; as if electricity were to be studied solely with the view of “wiring” to people, and all its other properties left unexplored, neglected. Language, he understood, was chiefly important for the beauty of its sounds, by its possession of words resonant, glorious to the ear, by its capacity, when exquisitely arranged, of suggesting wonderful and indefinable impressions, perhaps more ravishing and farther removed from the domain of strict thought than the impressions excited by music itself. Here lay hidden the secret of the sensuous art of literature; it was the secret of suggestion, the art of causing delicious sensation by the use of words. In a way, therefore, literature was independent of thought; the mere English listener, if he had an ear attuned, could recognize the beauty of a splendid Latin phrase.

(...)

“Literature,” he re-enunciated in his mind, “is the sensuous art of causing exquisite impressions by means of words.”



Il se riait de ceux qui réduisent l'importance du langage et des associations de mots à de simples moyens d’expression : comme si l’on devait juste considérer l’électricité dans la perspective d’un « branchement », et se détourner de toutes ses autres propriétés avec négligence. Il comprenait que l’importance capitale du langage résidait dans l’élégance de ses sonorités, dans son répertoire de mots qui résonnaient glorieusement à l’oreille, dans sa capacité (quand on en faisait bon usage) à suggérer de merveilleuses et indéfinissables impressions, peut-être plus ravissantes et plus éloignées du domaine de la pensée pure que les impressions avivées par la musique elle-même. Là résidait, caché, le secret de l’art sensuel de la littérature ; c’était le secret de la suggestion, l’art de susciter de délicieuses sensations par le biais des mots. D’une certaine façon, la littérature était donc indépendante de la pensée : une simple oreille anglaise, pourvu qu’elle soit réceptive, était à même de reconnaître la beauté d’une splendide phrase latine.

(...)

« La littérature, reformula-t-il dans son esprit, est l’art sensuel de susciter des impressions exquises par le biais des mots. »
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oliviersavignat   12 août 2020
Le Peuple blanc (et autres récits de terreur) de Arthur Machen
C'était une nuit d'été sans étoiles. La lune sur son déclin luisait faiblement au-dessus de la Tête du Dragon, de l'autre côté de la baie, l'air était calme. A tel point que Lewis avait remarqué qu'aucune feuille ne bougeait à la cime d'un arbre très élevé se profilant sur le ciel; et pourtant il avait conscience d'entendre un bruit qu'il ne pouvait ni identifier ni définir. Ce n'était pas le vent dans les feuilles, ni le léger clapotis de la mer sur les rochers qu'il distinguait sans difficulté. Non c'était autre chose, à peine un bruit, plutôt une vibration de l'air, ainsi qu'il arrive dans une église quand l'organiste fait intervenir les gros tuyaux.



La terreur
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Julian_Morrow   05 avril 2017
La colline des rêves de Arthur Machen
Et voilà qu'il se trouvait enfin dans la ville aux rues sans cesse murmurantes, atome dans la pénombre turbulente, dans l'obscurité colorée d'ambre. Il semblait qu'une longue période s'était écoulée depuis qu'il s'était agenouillé devant sa bien-aimée dans le sentier, sous les feux de la lune descendant vers eux par-dessus le cercle noir du fort ; l'atmosphère, la lumière et son âme tout entière étaient hantées, et le frisson de l'inconcevable l'avait bouleversé ; et il se tenait désormais dans un affreux "salon-chambre à coucher" de la banlieue ouest, devant une montagne de papiers en désordre répandus sur un vieux bureau délabré.
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dourvach   19 avril 2021
Le grand dieu Pan de Arthur Machen
Voici l'inscription :

"DEVOMNODENTi FLAvIVSSENILIPOSSVit PROPTERNVPTIAs qua SVIDITSVBVMBra"

Au grand dieu Nodens [dieu de la grande profondeur et de l'Abîme] Flavius a élevé ce pilier en souvenir des noces qu'il a vues s'accomplir dans l'ombre.



[Arthur MACHEN, "The Great God Pan" / "Le Grand Dieu Pan" (1894), chapitre 8. - FRAGMENTS - traduit de l'anglais par Paul-Jean Toulet, éditions EJL (Paris), coll. "Librio", page 92]
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