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Paul-Jean Toulet (Traducteur)
ISBN : 2277300640
Éditeur : J'ai Lu (01/01/1999)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 94 notes)
Résumé :
Belle mais démoniaque ! Entourée d'un halo d'étrangeté et de mystère...
Telle est la femme qui hante les rues de Londres, mais aussi l'esprit dérangé de ceux qui l'ont rencontrée, des hommes en général fortunés. Tous ont finit leurs jours dans des circonstances ténébreuses, le visage déformé par l'épouvante et l'effroi. Par quelle fatalité cette créature superbe sème-t-elle la mort autour d'elle ? Serait-elle maudite ? Aurait-elle pactisé avec une puissance m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  09 octobre 2016
« La vallée était comme aujourd'hui, moi-même à cette même place, lorsque je vis l'inimaginable gouffre qui bâille entre les deux mondes : le monde de l'esprit, et celui de la matière, s'ouvrir devant moi, tandis qu'au même instant un pont de flamme jaillissait entre la terre et la rive inconnue, comme pour mesurer l'abîme. »
Un médecin fait une expérience pour tenter de sonder les forces de l'ombre, celles qui dépassent l'entendement humain et sont recouvertes d'un voile. Il recherche le « monde réel », autre que celui que nous voyons, touchons. Et pour cela, il ne recule devant rien.
« Si vous voyez de la vase à la surface d'une rivière, vous pouvez être certain qu'elle vient du fond ; j'allai au fond. »
Mais l'expérience tourne court. Des années plus tard, des hommes se suicident dans Londres sans raison apparente. Dès lors, par propos rapportés de différents observateurs, certains recherchent ce qui a pu conduire ces malheureux à cette issue fatale.
« Je me propose de chercher la femme qu'il avait épousée. ''Elle'' est le mystère. »
Cette nouvelle d'Arthur Machen est assez curieuse en ce qu'elle suggère l'angoisse plus qu'elle ne dit de l'épouvante. le lecteur imagine au travers des descriptions relatées par les chroniqueurs. Ceux qui ont eu la malchance de voir l'indicible et ne peuvent exposer avec précision l'horreur qui les tétanise. le lecteur est tenu en haleine au travers des yeux des conteurs.
Par ailleurs, ces conteurs sont eux-mêmes en quête de réponses et nous suivons l'évolution de leurs recherches au même rythme qu'eux, la peur se faufilant à chaque nouvelle découverte, toujours parcellaire, de page en page le lecteur avance à tâtons.
« La forme de l'homme existait encore, mais tout l'enfer l'habitait ; la luxure furieuse, une haine pareille à du feu, et l'angoisse qui semblait hurler dans la nuit malgré les dents serrées, et les ténèbres du désespoir. »
Ce 19ème siècle aimait les choses mystiques et l'écriture de l'auteur est travaillée de manière à rendre les peurs survoltées : « ...les forces secrètes et redoutables qui sont au coeur de toutes choses, les forces devant qui l'âme humaine se fane et meurt, noircie comme le corps même le serait par des courants électriques. »
C'est assez amusant de voir qu'à l'origine de l'expérience point n'est de table tournante ou de médium, mais un scientifique, un médecin qui a une vision complètement folle. Non seulement il considère que son expérience doit se faire sur un être humain qui deviendra ainsi le médium permettant le contact entre les deux mondes, mais que ce cobaye lui appartient « Je pense que sa vie est à moi, pour en user à ma convenance. » Ajoutons à cela que c'est une femme... et voilà « ''Elle'' est le mystère. » La femme de l'expérience s'appelait Mary.
« Je puis créer le courant et établir la communication entre ce monde des sens et... l'avenir nous fournira la fin de la phrase. »
Suspens...
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greg320i
  12 décembre 2015
Complètement passé à côté, désolé .
Pourtant ce récit se veut vertueux, se dit inédit, se prend avec des allures de 'grand'.
C'est que ... le grand dieu Pan quand même ! Non, pas un simple personnage de gnognotte, pas une histoire idiote , pas un livre qu'on trouverez chez Arlequin hein. Pan ! Non mais vous imaginez ? Machen a osé, il a convie le terrible dieu de l'abime dans l'escrime de sa joute littéraire .
A laquelle s'ajoute un culte voué et paraitrez-t-il mythique quand on évoque ce nom.
Oui, mais non . Autant je peux concevoir que l'on touche des sommets de l'art gothique et autres poussiéreuses appellations d'antan pour définir ce style désormais classique , autant je n'en garde pas franchement de souvenir très présent . Tout au plus quelques bribes de suspense ou d'effet un peu compliqué ici ou là.
Mais las, très las de m'être plongé dans cette lecture pourtant facile ( même pas 200 pages) la nouvelle, puisqu'il faut bien la reconnaître et la considérer ainsi ne m'a jamais et à aucun moment traversé l'esprit . Lu avec autant de plaisir qu'un manuel Ikéa : c'est dire si je bricole ou je me colle souvent des histoires de ce genre .
Sidérant non ?
L'âge de sa valeur de renommé aurez-t-elle dépassée sa date de péremption? Sinon atteinte sa limite de fraicheur ?
le grand dieu pan : à consommer de préférence avant le 21ème siècle .
Au rayon charcuterie-lecture, vous le trouverez désormais emballé et troué de petit rond afin d'en dégager son odeur de camphre .
Bref un sacré millésime pour alcoolique, euh pardon, amateur de ce genre de vieux texte prétexte à utiliser des figures de style inusité.
Une note pour moi ? Je m'en garderai bien quand le bouquin n'est pas entré dans mon univers . Peut-être trop grand ce pan ... trop large à mes ..talons.
Passé à côté, défense d'y voir l'intérêt,, désolé .
Mais bon, pour paraphraser l'ami Dutronc :
"des millions de lecteurs déjà , et moi , et moi et moi... " ( c'est à dire pas grand chose dixit Nastasia-B )
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Foxfire
  05 mars 2015
Après ma récente lecture du "tour d'écrou" d'Henry James, "le grand dieu Pan" d'Arthur Machen est une nouvelle occasion pour moi de m'intéresser au fantastique du 19ème siècle.
Ces deux récits partagent la volonté d'instaurer une atmosphère gothique et de jouer sur la suggestion et les non-dits. Mais là où "le tour d'écrou" laissait le doute planer sur la véracité de l'aspect surnaturel et s'interrogeait sur la santé mentale de son personnage principal, Machen ne laisse planer aucun doute. L'aspect fantastique est avéré. L'auteur, même s'il le fait à travers un jeu de non-dits, se plait à évoquer le surnaturel qui s'immisce dans le monde réel pour peu à peu le pervertir.
On n'est guère étonné d'apprendre que ce récit fut jugé scandaleux à l'époque de sa parution en 1894. Par petites touches subtiles et avec un art certain de la suggestion, Machen propose un récit audacieux, au lyrisme lugubre, empreint de poésie macabre, dans lequel Eros et Thanatos se mêlent discrètement sans que rien ne soit vraiment montré.
Cet art du non-dit et ce goût pour les atmosphères étranges et oppressantes a d'ailleurs influencé nombre d'auteurs, en particulier Lovecraft qui voyait en Machen un maître.
L'intrigue en elle-même est assez mince et, si elle est bien menée, son côté trop simple lui donne un aspect désuet.
Mais l'atmosphère délicieusement délétère de conte gothique font de ce "grand dieu Pan" une lecture indispensable à tous les amateurs de fantastique.
Challenge Petits plaisirs 17
Challenge Variété 12 (catégorie "un livre d'un auteur que vous n'avez jamais lu")
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kuroineko
  22 octobre 2018
Avec le Grand dieu Pan, le Britannique Arthur Machen livre ce qui deviendra un des classiques de l'épouvante tout droit issu du XIXème siècle.
Comme chez plusieurs de ses contemporains, la narration ne s'établit pas de façon directe mais passe par le récit de plusieurs intermédiaires. On retrouve ce procédé dans certaines histoires fantastiques de Guy de Maupassant notamment.
Vers 1870, un médecin qui s'est depuis vingt ans voué dans ce qu'il appelle "la médecine transcendantale", mène une expérience sur le cerveau d'une jeune fille, Mary. Comme il l'explique à son ami Clarke, venu assister à titre de témoin, il l'a tirée "du ruisseau et de la faim, dans son enfance. [Il] pense que sa vie est à [lui], pour en user à [sa] convenance." Digne personnage plein de bienveillance gratuite, n'est ce pas? le but de cette expérience, entre positivisme et ésotérisme, est d'inciser une infime partie du cerveau afin de lever le voile qui recouvrirait ce que nous considérons comme la réalité, de permettre de rencontrer Pan, dieu de l'abîme, et ouvrir les yeux sur ce que le monde est réellement. Ce Dr Richard est l'image-même du savant pour qui rien ne doit arrêter le champ d'expérimentation. Son ami lui fait-il remarquer les risques potentiels, tant physiques qu'éthiques, il est targué d'avoir "toujours été un timoré".
Quelques années plus tard, en 1888 (année sanglante à Londres avec les crimes de Jack l'Éventreur que l'auteur cite à un moment pour constater l'incapacité de la police dans l'affaire), de curieux événements surviennent dans les beaux quartiers de la capitale. Tous concernent de riches hommes dont la fin est rien moins que ténébreuse. Et ce qui relient ce beau monde est une superbe femme, mystérieuse et au passé trouble.
Ces faits sont narrés par des tiers, proches des victimes d'un curieux sorts et qui cherchent à en savoir plus.
Arthur Machen maintient le suspense en ne dévoilant que quelques bribes à chaque fois. L'inconnu, l'indicible, l'effroi extrême qui marque le visage des défunts et le mystère de cette femme renforcent le malaise. Tout tourne autour de ce qui a été vu qui n'aurait jamais dû l'être. Mais voilà, l'Homme est un animal mû par la curiosité voire l'orgueil (rien ne saurait être tenu hors de sa portée). Relents de judéo-christianisme puisque c'est la femme qui donne à voir, nouvelle Ève de l'ère industrielle anglaise.
Si la novella a aujourd'hui un aspect suranné qui charme plus qu'il n'effraie, le Grand dieu Pan demeure un classique du genre dont plusieurs grands noms actuels du roman horrifique - à commencer par Stephen King - se reconnaissent comme tributaires et héritiers.
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Woland
  30 octobre 2010
Great God Pan
Traduction : Paul-Jean Toulet
Vous qui n'avez jamais lu "Le Grand Dieu Pan", vous ignorez encore ce qu'est la Peur. Vous aurez beau vous targuer d'avoir dévoré l'intégralité de Clive Barker, cela n'y changera rien : "Le Grand Dieu Pan" dominera toujours le plus gore des romans modernes.
Ambrose Bierce pensait que, pour lire une histoire de fantômes ou un conte d'épouvante, il fallait avant tout se placer dans des conditions idéales, à savoir le faire la nuit, à la lueur chancelante d'une bougie, dans une vieille maison au plancher qui craque, et dans la plus parfaite solitude, cela va de soi. Son point de vue se défend mais, pour un ouvrage tel que "Le Grand Dieu Pan", peu importent l'heure, le lieu, les conditions : la Peur, une Peur impériale, celle que Jean Ray, autre fabuleux magicien de l'Angoisse, a su dépeindre, drapée dans les brumes de ses Flandres natales, est toujours au rendez-vous.
Oui, vous aurez beau connaître par coeur les ambitieux projets du Dr Raymond et le témoignage du Dr Clarke, vous aurez beau réciter sur le bout des doigts les noms de tous ceux qui, dans ce court mais fulgurant roman, "ont vu le Grand Pan", au même passage, au même instant, toujours - toujours - l'angoisse vous étreindra le coeur. Pis : le livre refermé, et même s'il fait soleil, vous aussi vous aurez l'impression non pas d'avoir "vu" l'indicible et sinistre majesté du Grand Dieu Pan mais d'avoir perçu au plus profond de vous-même l'un des sombres reflets de son aura.
D'une habileté technique qui laisse pantois et d'une intensité dramatique qui ne faiblit pas un seul instant, "Le Grand Dieu Pan" est un de ces récits qu'on n'oublie jamais. Ouvrez-le et laissez-vous marquer au fer rouge par la Peur qui y dort : tant que vous ne l'aurez pas fait, vous ne pourrez vous prétendre un véritable sectateur de ce genre divin et secret qu'est la littérature d'épouvante ... ;o)
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   30 octobre 2010
[...] ... Un gentleman riche fut trouvé mort auprès d'une maison de Paul Street, à la hauteur de Tottenham Court Road. Naturellement, ce ne fut pas la police qui le découvrit ; passez la nuit, avec de la lumière à vos fenêtres, le constable viendra sonner ; mais qu'il vous arrive d'être étendu, raide, à la porte de n'importe qui, on vous y laisse. En cette occasion, comme en bien d'autres, l'alarme fut donnée par une façon de vagabond ; je ne dis pas un simple rouleur, ou un pilier d'assommoir, mais un gentleman que ses affaires ou ses plaisirs, ou les uns et les autres, faisaient se promener dans les rues de Londres à cinq heures du matin. Cet individu, à ce qu'il affirma, "rentrait chez lui", quoique d'où et vers où, on n'en sut trop rien, ni quelle raison il avait de passer par Paul Street entre quatre et cinq heures du matin. Je ne sais quoi lui fit regarder le numéro 20. Il prétendit une chose assez absurde, que cette maison avait la physionomie la plus déplaisante qu'il eût jamais observée. En tous cas, il regarda dans la cour ; à son grand étonnement, il vit un homme étendu sur le pavé, jambe de ci, jambe de là, et la figure tournée en haut. Notre gentleman trouva cette face singulièrement fantomatique, et se mit à courir, en quête du premier policeman. Le constable prit d'abord la chose assez légèrement, n'y voulant voir qu'une histoire d'ivrogne. Cependant, il y alla, et changea vite de ton quand il eut vu la face du mort. L'oiseau matinal qui avait découvert ce fin vermisseau fut envoyé à la recherche d'un docteur, tandis que le constable tapageait à coups de sonnette et de heurtoir, jusqu'à faire arriver une servante sale, à moitié endormie encore. Il lui montra ce qu'il y avait dans la cour, et elle de pousser des cris à ameuter toute la rue. Mais elle ne savait rien du monsieur, ne l'avait jamais vu à la maison, etc ... Cependant, le premier donneur d'alarme était revenu avec un médecin ; et il ne restait plus qu'à entrer dans la cour. La porte fut ouverte, tout le quartier en profita pour entrer aussi et effacer en piétinant les traces qui s'y pouvaient trouver. Le docteur eut à peine besoin d'un moment d'examen pour déclarer que le pauvre diable était mort depuis plusieurs heures, et le faire transporter provisoirement au poste de police. C'est ici que l'affaire devient intéressante. Le mort n'avait pas été volé, et une de ses poches contenait des papiers l'identifiant à ... , enfin à un homme riche et de bonne famille, très aimé dans la société, à qui on ne connaissait pas un ennemi. Je ne vous dis pas son nom, Villiers, parce qu'il n'a rien à voir avec l'histoire et que ce n'est jamais une bonne chose de fouiller dans les histoires des morts dont les parents vivent encore. Le plus curieux ensuite est que les médecins ne purent se mettre d'accord sur la cause de la mort. Il y avait quelques légères meurtrissures sur les épaules du cadavre, comme s'il avait été poussé rudement par la porte de la cuisine et traîné en bas des marches, plutôt que jeté par-dessus la balustrade ; mais il ne portait aucune marque de violence, certainement aucune qui pût entraîner la mort ; et quand on en vint à l'autopsie, il n'y avait pas trace de poison. Naturellement, la police voulut se renseigner sur les habitants du 20 ; et ici encore, comme je l'ai appris de sources privées, on releva deux ou trois détails curieux.

La maison était occupée par M. et Mme Herbert ; lui, riche propriétaire, à ce qu'on dit, et beaucoup de gens remarquèrent que Paul Street n'est pas précisément le point où l'on irait chercher de l'aristocratie campagnarde ; elle, dont personne ne semblait savoir qui elle était, ni quoi. Entre nous, ceux qui plongèrent dans son existence connurent de drôles d'eaux, j'imagine. Bien entendu, tous deux nièrent savoir quoi que ce fût du défunt et, toute preuve absente, furent déchargés. Mais plusieurs choses étranges ressortirent sur leur compte. ... [...]
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AmbagesAmbages   08 octobre 2016
Mais je vous dis, moi, que toutes ces choses -oui, depuis l'étoile qui vient de s'allumer au ciel, jusqu'au sol que nous éprouvons du pied-, je vous dis que tout cela n'est que du rêve et des ombres, les ombres mêmes qui nous voilent le monde réel. Il y a un monde réel ; mais il est sous cet éclat et sous ces visions, ces hautes-lices, derrière tout cela comme si un voile nous le cachait. Je ne sais si jamais un être humain a soulevé ce voile ; mais je sais que cette nuit, et devant vous et moi, Clarke, il le sera pour d'autres yeux. Peut-être trouverez-vous tout ceci étrange, insensé même : étrange, soit, mais réel ; et les anciens savaient ce que c'est que de "lever le voile". Ils appelaient cela voir le dieu Pan.
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WolandWoland   30 octobre 2010
[...] ... Après le repas l'enfant, qui avait environ sept ans, laissa son père à son travail, et, selon son propre récit, se mit à chercher des fleurs dans le bois ; et le père, qui pouvait l'entendre s'exclamer joyeusement de ses découvertes, était sans inquiétude, quand soudain il entendit des cris de terreur du côté où son fils avait disparu. Jetant en hâte ses outils, il courut voir, et, s'orientant au bruit, rencontra le petit garçon qui courait tête baissée et manifestement terrorisé. Aux questions de son père, il finit par répondre qu'après avoir cueilli une brassée de fleurs et se sentant fatigué, il s'était couché sur le gazon et endormi. Il avait été réveillé par un bruit singulier, quelque chose comme un chant, disait-il ; et, regardant à travers les branches, il avait aperçu Hélène V ... [une fillette de la ville, en résidence dans une ferme voisine] qui jouait sur l'herbe "avec un drôle d'homme tout nu" dont il ne pouvait donner une description plus précise. Il ajouta qu'il s'était senti épouvanté, et avait couru en criant vers son père. Joseph W ... s'avança et trouva Hélène V ... assise au milieu d'une aire laissée par des charbonniers. Il l'accusa avec colère d'avoir effrayé son fils, mais elle démentit toute l'accusation et rit beaucoup de l'histoire de l'homme étrange. Joseph n'y ajoutait pas grande foi, et il en arriva à la conclusion que son fils s'était réveillé avec une peur soudaine, comme il arrive aux enfants ; mais Trevor s'obstina dans son récit, et manifesta tant d'angoisse qu'à la fin on le ramena à la maison, dans l'espoir qu'il y pourrait être calmé par sa mère. Pendant plusieurs semaines, l'enfant donna de grandes inquiétudes ; devenu nerveux et bizarre, il refusait de quitter le cottage et souvent, la nuit, réveillait ses parents par les cris de : "L'homme du bois, père, père !"

Peu à peu néanmoins, cette impression parut s'effacer, et environ trois mois après, il accompagnait chez un gentleman du voisinage son père qui y travaillait. L'enfant fut laissé dans le hall, Joseph W ... ayant été appelé au bureau ; quelques minutes après, comme le gentleman lui donnait ses instructions, ils furent tous deux étonnés par un cri perçant et le bruit d'une chute. Ils coururent et trouvèrent Trevor sans connaissance sur le parquet, les traits contractés d'épouvante. Le docteur aussitôt appelé déclara après un premier exament que l'enfant avait eu une sorte d'attaque, à la suite probablement d'une émotion soudaine. On le porta dans une chambre à coucher où il reprit assez vite connaissance, mais pour passer à un état dénommé par le médecin : hystérie violente. ... [...]
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kuroinekokuroineko   22 octobre 2018
La police avait été obligée de se confesser impuissante à expliquer ou à prévenir les crimes sordides de Whitechapel; mais devant les horribles suicides de Picadilly et de Mayfair, elle resta confondue; car la simple férocité, qui servait d'explication aux crimes d'East End, ne se trouvait d'aucun usage dans West End. Chacun de ces hommes qui s'étaient résolus à mourir dans la honte et la douleur était riche et prospère, et goûtait apparemment la vie; mais les plus subtiles recherches ne pouvaient découvrir un motif quelconque à aucun de ces suicides.
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SophiePatchouliSophiePatchouli   11 janvier 2016
(première page)
Vers l'ouest, le soleil couchant surplombait encore les montagnes, mais d'un éclat sombre et rouge qui ne faisait plus d'ombre. L'atmosphère était paisible ; en face d'eux, la forêt épaisse sur le penchant des coteaux exhalait une haleine faible, et, par intervalles, l'appel tendre et murmurant des tourterelles sauvages. Plus bas, au creux de la vallée, la rivière serpentait parmi les collines solitaires, et, tandis que le soleil, un instant suspendu, disparaissait derrière l'horizon, une buée blanche et comme hésitante monta entre les rives.
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