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Note moyenne 3.87 /5 (sur 112 notes)

Nationalité : Martinique
Né(e) à : Sainte-Marie , le 21/09/1928
Mort(e) à : Paris , le 03/02/2011
Biographie :

Docteur ès lettres, Edouard Glissant « l'un des plus grands écrivains contemporains de l'universel » (Jacques Cellard, Le Monde) est né à Sainte-Marie (Martinique) le 21 septembre 1928. Formé au lycée Schoelcher de Fort-de-France, il poursuit des études de philosophie à la Sorbonne et d'ethnologie au Musée de l'Homme.

Ses premiers poèmes (Un champ d'îles, La terre inquiète et Les Indes) lui valent de figurer dans l'Anthologie de la poésie nouvelle de Jean Paris. Il joue un rôle de premier plan dans la renaissance culturelle négro-africaine (congrès des écrivains et des artistes noirs de Paris en 1956 et de Rome en 1959) et collabore à la revue Les Lettres nouvelles. Le prix Renaudot, remporté en 1958 pour son premier roman, La Lézarde, consacre sa renommée. Co-fondateur avec Paul Niger en 1959 du Front antillo-guyanais et proche des milieux intellectuels algériens, il est expulsé de la Guadeloupe et assigné à résidence en France. Il publie en 1961 une pièce de théâtre, Monsieur Toussaint, et en 1964, un second roman, Le Quatrième Siècle.

Rentré en Martinique en 1965, il fonde un établissement de recherche et d'enseignement, l'Institut martiniquais d'études, et une revue de sciences humaines, Acoma. Son œuvre ne cesse de croître en ampleur et en diversité : une poursuite du cycle romanesque avec Malemort, La Case du commandeur et Mahagony ; un renouvellement de la poétique avec Boises, Pays rêvé, pays réel et Fastes ; et un épanouissement de la pensée avec trois essais majeurs, L'Intention poétique, Le Discours antillais et Poétique de la relation.

De 1982 à 1988, il est Directeur du Courrier de l'Unesco. En 1989, il est nommé « Distinguished University Professor » de l'Université d'État de Louisiane (LSU), où il dirige le Centre d'études françaises et francophones. Depuis 1995, il est « Distinguished Professor of French » à la City University of New York (CUNY).

De nombreux colloques internationaux lui ont été consacrés en des lieux divers : Université de Porto (Portugal), Louvain (Belgique), Université de l'Oklahoma (Norman), Guadeloupe, Martinique, Parme (Italie), Paris et à CUNY (New York).
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Source : www.lehman.cuny.edu
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Vidéo de
Édouard GLISSANT – Les Grands chaos (France Culture, 1995) L’émission « Les Poétiques », par André Velter, enregistré le 19 octobre 1995 au Théâtre du Rond-Point, diffusé le 2 novembre 1995 sur France Culture. Invités : Patrick Le Mauff, Carlo Rizzo et le poète en personne.
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Citations et extraits (145) Voir plus Ajouter une citation
Edouard Glissant
de   29 janvier 2014
Edouard Glissant
Chacun de nous a besoin de la mémoire de l’autre, parce qu’il n’y va pas d’une vertu de compassion ou de charité, mais d’une lucidité nouvelle dans un processus de la Relation. Et si nous voulons partager la beauté du monde, si nous voulons être solidaires de ses souffrances, nous devons apprendre à nous souvenir ensemble.
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LydiaB   16 avril 2014
Tout-monde de Edouard Glissant
On avait commencé, ici aux Antilles, par moquer les fils, ceux qui étaient nés là-bas en France (les sociologues disaient : ceux de la deuxième génération), on racontait à leur propos des histoires de calimordants (leur manière à eux de nommer les crabes et de pérorer le français quand ils revenaient au pays et qu’ils étaient débarqués de ces Boeing 747 où on vous traitait presque comme un bétail ou une cargaison), plus tard on les appela des Négropolitains, ils en revendiquèrent parfois l’appellation, et la question se posa donc, à quoi nul ne porte réponse, de ce qu’ils sont en vérité.
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LydiaB   30 avril 2014
Tout-monde de Edouard Glissant
J'appelle Tout-monde notre univers tel qu'il change et perdure en échangeant et, en même temps, la "vision" que nous en avons. La totalité-monde dans sa diversité physique et dans les représentations qu'elle nous inspire : que nous ne saurions plus chanter, dire ni travailler à souffrance à partir de notre seul lieu, sans plonger à l'imaginaire de cette totalité. Les poètes l'ont de tout temps pressenti. Mais ils furent maudits, ceux d'Occident, de n'avoir pas en leur temps consenti à l'exclusive du lieu, quand c'était la seule forme requise. Maudits aussi, parce qu'ils sentaient bien que leur rêve du monde en préfigurait ou accompagnait la Conquête. La conjonction des histoires des peuples propose aux poètes d'aujourd'hui une façon nouvelle. La mondialité, si elle se vérifie dans les oppressions et les exploitations des faibles par les puissants, se devine aussi et se vit par les poétiques, loin de toute généralisation.
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TREMAOUEZAN   05 septembre 2017
Faulkner, Mississippi de Edouard Glissant
On oublie cette authentique sauvagerie qui fit torturer, pendre, brûler des milliers de Noirs, le plus souvent en présence d’enfants souriants et convaincus, ces courses du Ku Klux Klan à travers les campagnes, ces prétextes obsessionnels de viol de Blanches qui autorisèrent officiellement de telles atrocités, ces clameurs de « white supremacy » poussées par des petits-Blancs à la limite de l’extinction intellectuelle et morale, et par des gens bien mis enchantés de se rassurer un moment sur les incertitudes de leur avenir. Je ne parle pas de la sauvagerie banale du quotidien. Le cinéma aux États-Unis a récemment exploré cette sombre contrée.

(...)

Un documentaire télévisé, réalisé aux États-Unis, en 1995, le dit : le lynchage est une invention des États-Unis. Le lynchage, lieu devenu tellement commun qu’on en oublie l’extraordinaire. Le lynchage, qui est comme une spécification ritualisée du pogrom. Les scènes de lynchage (dans « L’Intrus » ou dans « Lumière d’août ») sont trop rituelles pour qu’elles rendent compte de la barbarie qu’elles signifient. Ce sont, dans la sèche concision de leur récit, comme des cérémonies sacrificatoires. Quant au lynchage de la nouvelle « Septembre ardent », il nous saute au cœur par tout ce qui l’entoure, les préparatifs, la rumeur grandissante, les disputes des hommes blancs, les hésitations de certains, la terreur du lynché, mais rien ne nous est dit de l’acte lui-même, sauf que le chef des lyncheurs, rentré dans sa jolie maison, et maltraitant sa femme qui l’a attendu toute cette nuit, ne peut plus supporter la chaleur en lui et autour de lui.

(...)

Pensait-il* à la réalité de ces scènes, comme celle dont on a une photographie à la page 239 de l’ « Album Faulkner » de la Pléiade, où l’on voit un jeune couple, sans l’ombre d’un doute : amoureux !, une vieille dame honorable même si elle semble ronchonner un peu, des gens du commun, se réjouir, sous les corps de deux Noirs pendus dépenaillés aux branches d’un arbre ? Des gens dont certains à coup sûr vivent encore dans les États-Unis d’aujourd’hui, s’adaptent bien sûr aux transformations de la société, mais portent toujours en eux ce germe indestructible de l’horreur.

(...)

Et cette jeune femme (page 222 du même « Album ») qui crie : »Race mixing is Communism », et ce jeune garçon, un enfant en vérité, qui affiche : « Governor Faubus, save our Christian America », tous deux protestant avec combien d’autres contre l’intégration scolaire des Noirs, sans aucun doute vivent-ils encore en 1995, et, même si aujourd’hui beaucoup par ailleurs apprécient que « The Mix is the Message », portent-ils encore en eux, cette jeune femme, ce jeune garçon, leur invivable proclamation ?

(pages 232 à 235)



*Faulkner
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Edouard Glissant
coco4649   13 mai 2019
Edouard Glissant
Des mages vont, qui mâchent l'herbe et de soja…





Aux trés surit la hâte de six mangues mélaissées

Elles ont, ban aveugle, en leur firmament mis

Les désastres les morts la turbulence le charroi

De Terre qui surgit en ses criées.



Comme savon lassé de tourner dans sa parenté

Un pan d'écume en ces dalots a fait mémoire

Quand les pavés vaquent aux bancs qu'ils ont nommés.



Avons luné nos fourniments

Imaginé que nous ondoie, levé à la voierie ardente

Quel soleil, qui n'osait en la fosse d'aucun igname ?



Ô non données, ô improbables, lacs.

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LydiaB   19 avril 2010
La lézarde de Edouard Glissant
La jeune fille avait du courage: elle marcha toute la nuit parmi les ombres affolantes, sans entendre les chiens (ou les engagés qui empruntent la forme des chiens, courent la campagne, volent, effrayent, s'amusent d'autrui), sans entendre le bruit multiplié de sa propre marche dans la splendeur noire, sans rien entendre qu'en son cœur un silence encore étonné, un silence qui avait pris corps et qui était maintenant l'âme sans âme de sa chair. C'était une fixité étrange dans la nuit..
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TREMAOUEZAN   16 juin 2017
Faulkner, Mississippi de Edouard Glissant
Il faut tenir compte des scénarios de films, en ces périodes où Faulkner-forçat est mis aux fers par Hollywood, où on se méfie et se moque de son obstination au "littéraire". Alors, il s'échine, se bloque à sa machine à écrire, se soûle à fond, s'acharne à mort. Il y a là quelque chose d'immanquablement damné : car Faulkner ne peut envisager un sujet, un synopsis, un scénario, un dialogue, sans aussitôt l'étendre (...), sans le grossir en totalité, sans le constituer en sujet-monde, alors qu'on lui demande seulement d'être direct, précis, rapide (ce qu'il sait faire à merveille, mais qui lui paraît à chaque fois insuffisant). "Vagabond saisonnier" du cinéma, il n'a jamais été vraiment intéressé par l'adaptation filmique de ses propres livres, dont la réussite fut chaque fois incertaine. Il se contente de ramer sur les histoires des autres. Même quand on le sollicite, après ses inattendus succès de librairie, c'est avec quelque méfiance. Et il laisse aller. On remplace son nom, ou on le supprime des génériques, on biffe et on fait retravailler par d'autres ses scénarios, et on le paie le plus souvent de clopinettes. Dans cet univers, on appelle écrivain quelqu'un qui sait frapper du premier coup, qui ne s'embarrasse d'aucune obscure complexité, qui est un agent d'éclat. Comment Faulkner, qui a élevé l'art du différé à une perfection si sombrement étincelante, aurait-il pu trouver là sa place ? Il y trouvait à peine un subside. C'était au contraire comme un tribut aride qu'il payait à son métier d'écrivain.



(pages 73-74)
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Edouard Glissant
tayo82   23 novembre 2014
Edouard Glissant
Agis dans ton lieu, pense avec le monde.
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coco4649   16 août 2015
Le sel noir de Edouard Glissant
Afrique





[…]

J’entends l’an marteler sur tes pistes son cri atone

J’entends le tambour lent des terres qu’on des-

souche entends

La terre dans la bouche et le vocable dessillé

Comme un ban de tribus qui vont rouvrir la

guerre, et c’est

Le chaud du sel aux mains païennes d’adversaires.

Sens



L’ardue nécessité en vain tordre ton corps, famine

Où poussent vents sagaies mers et fureurs, forêts

surprises

La maille du vent lèche le brasier, des enfants

crient

Une case brûle, un guerrier meurt, des herbages

fument

Au ciel brûlé famine, et famine dans ta verdeur



Et dans le mot scellé monotone j’entends famine

Oho mots de nos sangs que voici marteler le

temps

De jours quatorze fois balancés dans le feu ter-

rible

Je vois ce cœur tressé de fer, les jours crépus, le

sang

Et au butin ce rien de sel à goût d’herbe brûlée



p.112

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coco4649   02 décembre 2015
Le sel noir de Edouard Glissant
GORÉE





Vivait son cri à tout un arbre : ses racines

coulèrent en ravines par hèlement.



Il fut nouer dans la gorge du temps le cru des

profonds, et soutint du regard plus d’une voile nue

de vent.



Il n’eut l’espace de héler dépassement, ayant dri-

vé entre rive et haut bord, dans l’île d’amarrage où

les rêves d’hier tuent au garrot les rêves de demain.



p.149

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