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Jacques Berque (Autre)
EAN : 9782070322404
185 pages
Éditeur : Gallimard (03/06/1983)
4.36/5   11 notes
Résumé :


Edouard Glissant
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Myriam3
  15 mars 2020
Je tourne autour d'Edouard Glissant depuis déjà de longues années, pressentant la difficulté. Je n'avais pas tort, j'avoue avoir séché.
Travaillant la syntaxe tout comme il travaillerait la terre, celle de Martinique et non celle de l'Hexagone, Glissant donne une autre forme à l'écrit, une forme personnelle, révoltée, poétique bien sûr et imprégnée de la nature qui l'entoure: la mer, les mornes, la végétation luxuriante, tout comme le passé d'esclavage, de soumission et de révolte du peuple à travers l'histoire.
Le texte est totalement dans toute cette matière organique vivante qui l'entoure et qu'il a en lui.
Je n'ai pu que lire et laisser les mots entrer en moi en essayant de me laisser aller à la musique de ces phrases déconstruites, mais je suis restée en surface malheureusement. Sans doute m'aurait-il fallu un guide.
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ATOS
  22 janvier 2017
«  Je retrouverai une santé de fruits en flammes » , puisque « la poésie est chair », alors le tout- monde s'ouvre et s'épanouit. Il éveille la vie. Une Revenue. Renaître. Rarement poésie n'aura été aussi intensément , de tout son être, de terre, de ciel, de fleuve, de feu, d'air. « Je brasse la fougère des vagues », « les étoiles envahissent les écluses », regarde. Ouvre ton regard , regarde «  ta peau retournée est un labour rouge. Vivante » . Pulsations. La plage est «  battue d'aurores », tu te tiens devant le monde, le monde est en toi, ce monde est chant, cri, poésie , « l' homme , ce lumineux désir de chant ». Écume, éclair, le sel . Noir. Salines océanes, esprit des sables.
« Nous crions au sel. Il set aux plaies.Il convient au supplice ». le sel, l'or, qui conserve et meurtrit les chairs. Gabelle, trésor. Mémoire poussière , sel cristaux de sueur.
C'est la force, la puissance chez Glissant, tout se met à rouler, tanguer, surgir, à la fois aérien et tellurique. La force et ce courage, cet espoir jamais démenti. «  Et vous aurez beau faire, capitaine, la gymnastique de vos fers rouges sur mes lèvres ne me forcera pas vers ce pain marqué de l'escompte de ma chair ». Force, puissance, limpidité, clarté, liberté. Son chant est une liane, elle court, parcourt, embrasse, gravit, rejoint, grandit.
«  Écume pluie tête clamée battements d'eau pluie », voilà la musique du Chant. « Nous frappions langue ». La vie , la mort, la blesse en corps et puis le jour, la joie du renaître dans l' universalité de toutes les rencontres, nos rencontres avec d'autres mondes, la poétique de la grande transhumance de notre toute collective conscience.
Beauté, espoir, richesse, écrit – roc, écrit- parole, des phrases-racines, «  mamelles fécondes ».
Chant nourricier qui hurle à la vie.
Dans ce recueil le sang rivé, le sel noir, et boises sont réunis.
«  il y va de l'amour », «  Beauté sur vous ».
Lire Glissant c'est toujours aller à la rencontre de l'espoir.
Astrid Shriqui Garain
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Enroute
  18 septembre 2020
Les mots se suivent à l'improviste, c'est l'inattendu ; l'inconnu : les sens se forment et se déforment. Tout remue et se déplace ; c'est aussi l'inconstant. le mouvement, par sauts de pages et bonds de lignes, et le ressort des phrases. Et puis c'est le silence.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   16 août 2015
Afrique


[…]
J’entends l’an marteler sur tes pistes son cri atone
J’entends le tambour lent des terres qu’on des-
souche entends
La terre dans la bouche et le vocable dessillé
Comme un ban de tribus qui vont rouvrir la
guerre, et c’est
Le chaud du sel aux mains païennes d’adversaires.
Sens

L’ardue nécessité en vain tordre ton corps, famine
Où poussent vents sagaies mers et fureurs, forêts
surprises
La maille du vent lèche le brasier, des enfants
crient
Une case brûle, un guerrier meurt, des herbages
fument
Au ciel brûlé famine, et famine dans ta verdeur

Et dans le mot scellé monotone j’entends famine
Oho mots de nos sangs que voici marteler le
temps
De jours quatorze fois balancés dans le feu ter-
rible
Je vois ce cœur tressé de fer, les jours crépus, le
sang
Et au butin ce rien de sel à goût d’herbe brûlée

p.112
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   27 juillet 2015
LE SANG RIVÉ (1947-1954)/Saisons

MOURIR, NON MOURIR
à Jean Laude


Les parfums ont tari sur les plages de mes étoi-
les. L'écume des hauteurs n'éblouit pas, le livre est
là, et sa moisson.

Livres d'allées où l'eau est rare, livre des Morts et
des Léthés, en ce pays du nord occupé de vendan-
ges, souterraines ô souterraines.

Ouvre, les nuits sont splendides au Livre. (La
mort mesurait ses fruits et son sel. L'été de la nuit
allumait l'été.)

J'apprends, j'apprends qu'il y a eu bataille,
après quoi l'amour ne revient, elle est morte ; et le
champ est désert, il n'y eut pas de combattant, mais
une seule éternelle défaite.

Et vois l'eau de la toilette des morts; l'épouse l'a
nappée sous les pas du clergé.

La Mort et ses nochers sont abjurés
De laisser au cœur la mer immense qui com-
mence.

p.55-56
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coco4649coco4649   16 décembre 2015
L'AVEU


Chaque visage est un appel miroir brisé
Soupesant dans leurs mains le désespoir
D'en face, tremblants ils se taisent.

C'est leur manière de fleurir, l'aveu.

            *

Espace pour ces mains
N'y laissant trace d'amitié,
Secrète si secrète
Qui ose dire si son visage
Tient à son corps ou si sa face
Est transparente ?

Miroir, nul n'y passe ô falaise.

Elle est oiseau mouvement pur
Que vent consume.

p.48
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coco4649coco4649   02 décembre 2015
GORÉE


Vivait son cri à tout un arbre : ses racines
coulèrent en ravines par hèlement.

Il fut nouer dans la gorge du temps le cru des
profonds, et soutint du regard plus d’une voile nue
de vent.

Il n’eut l’espace de héler dépassement, ayant dri-
vé entre rive et haut bord, dans l’île d’amarrage où
les rêves d’hier tuent au garrot les rêves de demain.

p.149
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coco4649coco4649   25 juillet 2015
Plaies VIII


Je t’ai nommée beauté, te commettant ce lourd
cri d’aile où tu passes
Avec les mots qu’entasse en mon brasier l’égal
tourment, je t’ai nommée
Vertige, tu m’élis dans la clarté de tes paroles,
sur la mer agonisant.

Tu pris la vague dans tes doigts, laçant l'écume
au ciel, faisant
Naufrage de ces mots qui te battaient au flanc. Je
te nommais
Beauté, femme, très douce lame, allée sur le cou-
chant, tu fis
Dans l'œil qu'ouvrait ce rivage venir
L'embrun où je connus l'antan de mort, l'azur
Où je te vis — drapée de plaies.

Là je connus le vêtement de plaies.

p.123-124
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Videos de Edouard Glissant (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edouard Glissant
#EdouardGlissant #créolisation #CulturePrime
Avec son idée de la créolisation, le poète et philosophe Edouard Glissant en appelle à un "Tout-Monde" visionnaire, où nos identités dynamiques et ouvertes sont une clé pour penser notre futur. Réinterprétée, réappropriée aujourd'hui par divers courants de pensées, l'idée de créolisation théorisée par Edouard Glissant plonge ses racines - ses rhizomes - dans son expérience singulière des Antilles et de la langue créole.
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