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Note moyenne 4.52 /5 (sur 24 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bucarest , le 09/11/1975
Biographie :

Gabrielle Danoux œuvre en toute indépendance pour la traduction d'auteurs de langue roumaine classiques et, ce faisant, pour la diffusion de leurs livres. Ses traductions : "La Femme chocolat" de Gib I. Mihăescu, "Cœurs cicatrisés" de Max Blecher, "Le Collectionneur de sons" d'Anton Holban et "Au loin un jour / Fernab ein Tag d'Otto Alscher, "Brocs en stock" de Călin Torsan, ainsi que deux volumes de poésie de Ion Pillat, ou le bref texte "1871" de Valeriu Marcu.
Au chapitre retraductions le roman "Europolis" de Jean Bart fait honneur au Danube et à la ville roumaine de Sulina.
Le projet de traduction de la "Pupa russa" de Gheorghe Crăciun a été retenu par les éditions Maurice Nadeau.


Source : Amazon.fr ; BNF
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La voix off des Indés, vous propose de découvrir "Le Chemin du fort" de Gabrielle Danoux... Un bouquin inclassable mais à lire.


Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
Harioutz   11 avril 2020
Le chemin du fort de Gabrielle Danoux
Car quel intérêt pour ses élèves à chercher le savoir, là où d’autres activités sont susceptibles de leur rapporter bien plus d’argent ? Mieux vaut concentrer son attention sur les savoir-être : être beau pour vendre et gagner beaucoup d’argent, voire passer à la télé, se constituer un réseau relationnel, afin d’être pistonné à l’un des nombreux postes moyennement juteux restant (la maison grandit, la voiture grossit), voire même à partager le gâteau ; hériter après des années de plus en plus longues à mesure de l’augmentation de l’espérance de vie à avaler les couleuvres lâchées par les générations précédentes.



Comme beaucoup, il avait vu la dégradation du prestige de sa profession, en interne comme dans la société. Alors que, lorsqu’il avait débuté, un enseignant pouvait s’offrir avec son salaire une vie si ce n’est bourgeoise, tout du moins confortable, au crépuscule de sa carrière, ses jeunes collègues les plus avisés changeaient d’orientation professionnelle. Quant à leur statut social, il équivalait désormais à celui d’un gardien de parking : les uns gardent les voitures, les autres les enfants.



Là où la soif de savoir est absente, des espaces se créent. Les diplômés ont tout le temps au cours de leur carrière pour oublier leurs chères connaissances et s’insérer dans la société de consommation. Leur activité la plus intellectuelle consiste dès lors à programmer leur smartphone, qui l’est devenu à leur place.
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Harioutz   09 avril 2020
Le chemin du fort de Gabrielle Danoux
Les gens riches étonnent en effet souvent par leur ignorance. Mais [le juge] Keating n’appartenait pas à ceux-là : sa mégalomanie l’obligeait à porter un regard lucide sur sa situation.

Le lustre terni de la robe ne pouvait remplacer ce dont il avait cruellement besoin : des revenus une fois et demie à deux fois plus élevés que ceux qu’il pouvait espérer, deux ou trois propriétés immobilières, des placements juteux et surtout nombreux, parfois judicieux, toujours diversifiés, le luxe clinquant dans les biens matériels.



Jour après jour, la frustration grandissait. Dévoré par son ressentiment, il s’investissait avec plus de zèle encore dans l’indépendance de sa profession, multipliant les réponses pénales, traitant les dossiers tant avec célérité qu’avec sévérité, malgré ses décisions retoquées en appel, toujours au sommet statistique afin d’accélérer sa mobilité hiérarchique.

Il s’imaginait sans doute qu’en faisant ce qu’officiellement on lui demandait de faire, ses mérites seraient reconnus à cadence supérieure et son salaire augmenté dans les plus brefs délais.

Subsidiairement à ses illusions de jeunesse, il y trouvait satisfaction : à défaut d’être admiré, il était redouté. Mieux encore : à défaut de posséder les biens matériels et des valeurs comptables immatérielles, il possédait les consciences par tous les moyens.

Lire la crainte dans les yeux des prévenus calmait ses rages mieux encore que les substances qui constituaient en règle générale ni plus ni moins que le florissant fonds de commerce de ces derniers.

De même, contempler un vieil ivrogne manifestement en situation avérée d’indigence, l’avoir indéniablement à sa merci, pouvoir par la simple force de suggestion d’un mot habilement glissé à l’autorité compétente décider du oui ou non, du stop ou encore, comblait son ego au-delà de ses grandes espérances, bien réduites depuis quelque temps. Si cruel, son manque ne s’arrêtait pas là ; il convoitait jusqu’à sa vie la plus intime
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Harioutz   11 avril 2020
Le chemin du fort de Gabrielle Danoux
Même en droit, le condamné ne fait pas disparaître sa peine en la subissant : elle reste inscrite dans ce que l’on nomme son casier judiciaire ou son casier fiscal ; elle laisse une trace indélébile dans son cerveau : avez-vous oublié votre dernier passage au commissariat ?

En réalité, c’est le condamné lui-même qui purifie. Ce détour n’est-il pas constitutif d’une autre lâcheté, étymologique ; du latin purgare, de la même famille que purgatif, synonyme de dépuratif, qui stimule les évacuations intestinales, salutaire délivrance en d’autres termes.

Car que s’agit-il de purifier, si ce n’est l’âme du délinquant ou du criminel ?

Un peu comme on essayait de se purifier de la masturbation par les douches froides. Si l’on en juge par la croissance des productions de l’industrie pornographique, l’efficacité de la méthode est à deux doigts du zéro absolu.

Les esprits criminels sont immunisés au moins autant que les plaisirs solitaires.



Peut-être dans un avenir encore lointain saura-t-on, comme on sait désinfecter les plaies, par thérapie génique, par stimulation de la zone adéquate, purifier réellement les cerveaux du crime et de bien d’autres choses.

En attendant, c’est la société qui purge et subit, tandis que le condamné exécute pour elle. Car que dire ou que faire : aurait-il pu faire autrement ? Probablement pas. Peut-il réparer ? Aucune chance.

Dans ce cas, il reste le châtiment. Qui doit chercher la faute : on appelle cela la culpabilité, du point de vue du condamné, le châtiment existe et doit trouver la faute.

Peu importe d’ailleurs que celle-ci soit réelle ou pas, qu’il soit coupable ou innocent, puisqu’il ne peut être que coupable ; la peine satisfait une société qui veut cacher ce qu’elle ne saurait voir : derrière les murs de la prison, tout est invisible.
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Tandarica   22 avril 2021
Poezii de dragoste/Poésie d'amour roumaine de Gabrielle Danoux
Emanoil Bucuța (1887-1946)



À travers le voile de Maia



Une branche d’abricotier en fleurs

des violons qui chuchotent avec peur

une rosée sur l’œil à peine clos

une faible pluie tantôt.



Rivière d’argent sous les peupliers serpentant

dans la solitude un vol d’oiseau

un pré d’herbe où entier t’enterrant

un golf bleu au couchant d’en haut

creux fin d’or de la lune nouvelle.



De cette soirée elle sirote enivrée

et le laisse vide, se coucher, en-dessous de nous

c’est toi, quand tu es là et quand les miroirs tu foudroies

quand tu pars, tu dors, tu ris, tu pleurs ma chérie

quand droite devant moi tu te tiens et tu m’enlaces.
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santorin   02 octobre 2020
Le chemin du fort de Gabrielle Danoux
A son arrivée à l'université, Marco note :

"Moi qui m'attendais à un de ces temples de savoir comme on en connaissait à Rome ou dans la Métropole il y a un ou deux siècles, je ne trouve qu'un bâtiment moderne. Mais d'une modernité sans imagination, d'une architecture au mieux banale : deux blocs carrés reliés par deux passerelles. Elle se retrouve d'ailleurs à bien des endroits que j'ai pu observer : les immeubles des banlieues et des quartiers qu'on dit mal famés ou même du centre-ville, les maisons de retraite, les grands magasins, les usines, les prisons, les hôpitaux modernes. La créativité est réservée aux musées, aux bibliothèques, aux immeubles chics des beaux quartiers et quelques autres bâtiments publics et privés. Tout semble avoir été étudié pour concentrer un nombre maximal d'étudiants dans l'espace le plus réduit possible. Les arbustes sont mal entretenus, les escaliers, rampes et autres abords bien plus obsolètes encore. Les tags envahissent les murs dont les couleurs ont été mises à mal par les oiseaux, la lumière, la pollution, que sais-je d'autre ? ... Certains messages sont intéressants, comme s'ils s'adressaient à moi : "Je ne suis toujours pas revenu du pays des mystères."
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santorin   10 septembre 2020
Le chemin du fort de Gabrielle Danoux
A Brichamps, elles étaient d'ailleurs les mêmes. Adolescentes, elles ne songeaient qu'à en profiter pour "faire des conneries". Moins de cinq ans plus tard, elles se mariaient immanquablement avec un membre de la même classe, l'exogamie n'étant pas plus répandue à Brichamps qu'ailleurs. Quand aux conneries : quelques beuveries, accompagnées ou non de rapports sexuels non protégés et conduites en état d'ivresse. Cinq ans de prétentions creuses pour plus de quarante ans de monotonie dorso-ventrale.
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Marmara   24 avril 2020
Le chemin du fort de Gabrielle Danoux
La justice, rationnellement, est une entreprise maudite : Les coupables n'ont à en attendre que ce qu'ils attendent, voire moins, (de toute façon, s'étant fait prendre, ils n'ont guère le choix), les innocents y ont déjà plus que ce qu'ils méritent.
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Marmara   25 avril 2020
Le chemin du fort de Gabrielle Danoux
En effet, personne ne croirait un petit magasinier de bibliothèque qui n'avait plus depuis longtemps l'illusion d'avoir vraiment des droits.
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santorin   17 septembre 2020
Le chemin du fort de Gabrielle Danoux
Katy désire follement, douloureusement tout contact avec Arielle, même s'il ne lui cause que de la douleur. Arielle la craint et sans doute, la déteste de la distraire de sa passion pour le savoir. Néanmoins, elle ne peut s'empêcher, encore et encore, de la serrer contre elle, d'embrasser, de s'imprégner des parfums, des fluides de cette espèce unique par sa fidélité, son dévouement, sa beauté, belle comme un pissenlit, cette fleur si commune, dont on peut se barbouiller, jusqu'à l'écoeurement le visage de son jaune, jusqu'à devenir (comme) elle.
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santorin   02 octobre 2020
Le chemin du fort de Gabrielle Danoux
Plus loin dans ses notes, j'ai donc trouvé le décret dûment signé, sésame qui procurait à Marco la sécurité première d'un immigré, celle de la patrie, dans la pratique, celle de posséder, de manière suffisamment permanente, sans faire usage de la corruption, des papiers attestant de son appartenance à une nationalité, et lui permettant de ne plus devoir justifier de son séjour....Sans doute avait-il gardé des photocopies un peu partout, même en surnombre, pour être prêt à justifier à tout moment de son identité.
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