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Note moyenne 4.41 /5 (sur 64 notes)

Nationalité : Roumanie
Né(e) à : Botoșani , le 08/09/1909
Mort(e) à : Roman , le 31 mai 1938
Biographie :

Écrivain roumain, fils d'un commerçant juif, il part étudier la médecine à Paris après l'obtention de son baccalauréat. En 1928, les médecins lui diagnostiquent le "mal de Pott". Il renonce dès lors à ses études afin de se faire soigner.

Il publie un premier texte en 1930 puis contribue à la revue d'André Breton. En 1935, ses parents l'installent dans une maison de Roman, où il continue d'écrire jusqu'à sa mort en 1938.



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Une chronique sur le livre Cœurs cicatrisés, dans la traduction de Gabrielle Danoux.


Citations et extraits (102) Voir plus Ajouter une citation
Max Blecher
Tandarica   04 décembre 2020
Max Blecher
L’idéal de l’écriture serait pour moi la transposition dans la littérature de la haute tension qui se dégage de la peinture de Salvador Dali. Voilà ce que je veux réaliser – cette démence parfaitement lisible et essentielle. Que les explosions se produisent à l’intérieur des murs de la chambre, et non pas loin entre des continents chimériques et abstraits.

(lettre à Sașa Pană)
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Tandarica   14 octobre 2020
Lettres à Pierre Minet de Max Blecher
Je ne peux rester insensible aux pitreries car au plus profond de moi-même je trouve toujours un clown et je voudrais intituler ma vie entière «Entrée comique» (tenez, beau titre de roman !) et je voudrais que tous les hommes autour de moi envoient au diable leurs «personnages» pour nous avouer sincèrement qu'ils sont aussi des clowns, qu'ils ne se prendront plus au sérieux, qu'ils iront danser dans les rues tout nus en agitant le «gugusse d'amour». Vive le cirque de tous les jours ! Et puis voici notre instant de repos, le pauvre, celui qui pèse au clown et dont rien ne paraît recommencer. […] je passe pour un type un peu piqué mais amusant [...].

(p. 50-51)
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Tandarica   12 novembre 2014
Coeurs cicatrisés de Max Blecher
– Que me voulez-vous ? demanda Ernest avec beaucoup de calme.

– Vous me demandez ce que je veux ? Vous buvez, vous vous enivrez – vous tirez au fusil… C’est quoi ici, un sanatorium ou un bistrot ?

– Bordel, s’exclama, imperturbable, Ernest. Et de crier à son tour :

– Que voulez-vous ? Qui vous envoie ? Qui a tiré au fusil ? Avez-vous perdu l’esprit ? Vous voyez bien que je viens à peine de me réveiller à cause des coups de fusil, quelqu’un a tiré dans la rue… C’est à moi de jouer aux gendarmes ? Renseignez-vous sur qui a tiré et laissez-moi en paix !

Dans la pièce d’à côté, on cogna au mur pour que cesse le scandale.

– Les coups de fusil venaient d’ici, s’acharnait à nouveau la voix stridente du dehors. Je vais appeler le directeur…

Ernest déverrouilla la porte et, d’un mouvement brusque, l’ouvrit largement.
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Francharb3   16 septembre 2014
Coeurs cicatrisés de Max Blecher
« – Que ferais-je encore d’une vie ordinaire? Que pourrait-elle encore avoir d’inouï pour moi? Brossage de dents, déjeuner, café au lait le soir, et ça tous les jours, peu importe si dans la journée une catastrophe ferroviaire s’est produite quelque part ou si un membre de ma famille est mort. Plus je me brosserai les dents, plus je prendrai des repas, plus je serai moi-même. Comprends-tu ? Comprends-tu quel animal effroyablement monotone je deviendrai?»
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Tandarica   12 novembre 2014
Coeurs cicatrisés de Max Blecher
Juste en face, sur le banc, de jeunes parents qui emmenaient leur enfant au sanatorium. C’était un garçonnet chétif et pâle, qui portait des habits de marin, et dont la jambe était bandée. Ses bras fins et fatigués pendaient comme ceux d’une poupée de chiffon. Sa mère le tenait dans ses bras. L’enfant promenait du regard une intense expression d’incompréhension à travers la voiture et examinait avec curiosité tous ces inconnus.

La voisine d’Emmanuel, une petite vieille qui portait le deuil, l’interpella soudainement :

– Tu vas à Berck ? demanda-t-elle. Tu es malade ?

Elle criait très fort pour couvrir le double bruit du train et de la conversation généralisée :

– Où est-ce que tu as mal ? Ici ?… Là ?

Elle montra les lombes, ensuite le dos.

– Oui, ici, dans le dos, répondit Emmanuel.
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Tandarica   15 décembre 2019
Corps transparent de Max Blecher
Promenade marine



(à I. Ludo)



Rouge, le sang marin circule dans les coraux

Le cœur profond des eaux siffle dans mes oreilles

Je suis au fond du cercle de vagues

Dans le cellier des eaux profondes

Dans la lumière assassinée de la funeste bouteille

De petits poissons, jouets de platine

Parcourent ma chevelure flottante

De grands poissons, troupeaux de chiens

Aspirent en vitesse les eaux. Je suis seul

Je lève la main et constate son poids liquide

Je songe à une roue dentée, à un palmier

En vain je tente de siffler

On dirait que je traverse la masse d’une mélancolie

Et qu’il en a toujours été ainsi

Mi-beauté, mi-tristesse.
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Tandarica   14 mars 2020
Coeurs cicatrisés de Max Blecher
« L’éréthisme d’un tel homme ne pourrait être autrement que rigoureusement organisé », songea encore Emmanuel avec une infinie tristesse. Une manière comme une autre d’éprouver de l’amour-propre.

(p. 27)
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Tandarica   14 octobre 2020
Lettres à Pierre Minet de Max Blecher
C'est donc sans surprise qu'en plein cœur d'une réflexion sur le salut en ce lieu nommé sanatorium, on trouve mentionné pour la première fois le nom de Blecher dans un carnet de Minet : « À Berck, divers moyens de se sauver. Et d'abord, se sauver de quoi ? - De l'ambiance, de l'ample promiscuité. Il me semble que la première perte que l'on fait en arrivant ici est celle de soi-même. Du moins rapidement a-t-on [en marge : ou moi, Blecher, d'autres sûrement] le sens de s'être perdu, de ne se retrouver plus. Après (après que l'on s'est assimilé l'ambiance) l'on s'efforce de se retrouver, justement. On sent que le salut est en soi. D'où la recherche de ce "soi", difficile et trop violemment poussée pour être constante. »

(p. 92-93)
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Tandarica   28 octobre 2017
Corps transparent de Max Blecher
Amour : phalène

à Geo Bogza

Amour, des noirs ports la phalène

Lumière parfumée des vastes tropiques

Pensée longue et douce de rayon, martyrisant comme la mer

Et l’horizon enflammé, piège hermétique



Amour urbain d’ombres dans des rues à réverbères

Aux secrètes paroles dans la mort ensevelies

Aux pages lentement tournées dans d’inutiles albums

Amour d’après-midi dans de vagues pièces closes



Amour à l’âpre odeur de glaise et de semence sous l’herbe haute

Comme un cheval, de la saison estivale engrossée par les graines

Amour dans des mouchoirs pleuré ou lent, qu’on rit au soleil

À la fine peau blanche ou aux mains vieillies



Amour, réseau du monde dans lequel les gens pris

Dansent : pantins sérieux et fous.
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Francharb3   12 septembre 2014
Coeurs cicatrisés de Max Blecher
« – Celle-là appartient à l’équipe de consolateurs professionnels de Berck, dit Isa dès que la porte se referma. C’est une espèce extrêmement abjecte de personnes qui n’ont absolument rien à faire de leur journée et viennent offrir aux malades quantité de charité bon marché. Je bois un thé par-ci, je mange un casse-croûte par-là. Puis elle revient chez elle, rassasiée, la panse remplie et la conscience satisfaite d’avoir accompli une bonne action…»
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